Après un rêve

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Après un rêve
1870


Dans un sommeil que charmait ton image
je rêvais le bonheur ardent mirage.
Tes yeux étaient plus doux, ta voix pure et sonore,
tu rayonnais comme un ciel éclairé par l'aurore;

tu m'appelais et je quittais la terre
pour m'enfuir avec toi vers la lumière,
les cieux pour nous entr'ouvraient leurs nues
splendeurs inconnues, lueurs divines entrevues;

Hélas! hélas, triste réveil des songes,
je t'appelle, ô nuit, rends-moi tes mensonges,
reviens, reviens radieuse,
reviens, ô nuit mystérieuse!


Extrait de Trois mélodies, Op.7, de Gabriel Fauré (IMSLP)