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Astronomie populaire (Arago)/XXI/35

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GIDE et J. BAUDRY (Tome 3p. 510-512).

CHAPITRE XXXV

de l’influence de la lune sur le nombre des jours de pluie


En discutant vingt-huit années d’observations météorologiques faites en Allemagne savoir :

A Munich de 1781 à 1788,
A Stuttgard de 1809 à 1812,
A Augsbourg de 1813 à 1828,

M. Schùbler est arrivé aux résultats suivants :

Le maximun du nombre de jours pluvieux a lieu entre le premier quartier et la pleine Lune ; le minimum entre le dernier quartier et la nouvelle Lune.

Le nombre de jours de pluie entre le dernier quartier

et la nouvelle Lune est au nombre de jours de pluie entre le premier quartier et la pleine Lune :: 696 : 845 ou :: 100 : 121,4, ou enfin en nombres ronds :: 5 : 6. Les moyennes par intervalles de quatre années donnent des rapports analogues.

Il semble donc avéré qu’il pleut plus fréquemment durant la période de la croissance de la Lune que durant celle de son déclin.

Il paraît difficile d’après l’ensemble de ces résultats de ne pas conclure que la Lune exerce une influence sur notre atmosphère. Mais avant de s’occuper de la nature de cette influence, il semble indispensable de rechercher ce qu’il peut y avoir de local dans les faits déterminés, dans les conclusions déduites des calculs de Schubler.

La discussion des observations faites à Paris conduit aux conséquences suivantes :

Le maximum du nombre de jours pluvieux se trouve entre le premier quartier et la pleine Lune, le minimum entre le dernier quartier et la nouvelle Lune, et le dernier nombre est au premier comme 100 est à 126.

La concordance des résultats obtenus par les observations allemandes et par celles de Paris est, comme on voit, frappante. Mais je dois ajouter que mon confrère, M. de Gasparin, a trouvé, à Orange, que le minimum des jours pluvieux a lieu entre la pleine Lune et le dernier quartier. En outre un travail analogue, fait sur dix années d’observations, en 1777, par Poitevin, sur le climat de Montpellier, conduit à des conclusions en désaccord avec celles qu’ont fournies celles de Stuttgard et les observations de Paris. Ainsi Poitevin trouvait :

Dans les
nouvelles Lunes 
 1
jour de pluie sur 4
premiers quartiers 
 1
7
pleines Lunes 
 1
5
derniers quartiers 
 1
4

On se rappellera qu’à Stuttgard, il pleut moins souvent à la nouvelle Lune qu’à la pleine Lune ; le contraire aurait donc lieu à Montpellier. En Allemagne, les jours pluvieux sont plus nombreux au premier quartier qu’au second ; dans le midi de la France ce serait l’opposé. La question aura donc besoin d’un nouvel examen.

Le lecteur trouvera, du reste, sur cette question des détails développés dans la Notice spéciale que je lui ai consacrée[1].

  1. Voir t. VIII des Œuvres, t. V des Notices scientifiques.