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Astronomie populaire (Arago)/XXVI/02

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GIDE et J. BAUDRY (Tome 4p. 182-216).

CHAPITRE II

aérolithes


De tous les météores cosmiques le plus rare est celui de la chute de pierres à la surface de notre globe. En consultant les historiens de l’antiquité on trouve des récits plus ou moins positifs de pareils phénomènes. Cependant on a longtemps nié qu’il fût réellement possible que des pierres tombassent du ciel. Ce sont surtout les travaux persévérants de Chladni qui ont démontré par des faits nombreux l’existence incontestable de petites masses qui, errant dans les espaces planétaires, sont venues à plusieurs reprises rencontrer la Terre.


§ 1. — Composition chimique des aérolithes.


L’analyse chimique a jeté un jour nouveau sur l’histoire des pierres météoriques en faisant connaître leur composition. Chose remarquable, les travaux successifs de Howard, Klaproth, Thenard, Vauquelin, Proust, Berzelius, Stromeyer, Laugier, Dufrénoy, Gustave et Henry Rose, Boussingault, Berthier, Cordier, Barthold, Rammelsberg et Shepard, n’ont révélé dans les aérolithes que des substances connues à la surface de la Terre. Selon M. Rammelsberg, cité par mon illustre ami Alexandre de Humboldt dans son Cosmos, les corps simples dont on a jusqu’ici reconnu l’existence dans les pierres météoriques sont les suivants : « L’oxygène, le soufre, le phosphore, le carbone, le silicium, l’aluminium, le magnésium, le calcium, le potassium, le sodium, le fer, le nickel, le cobalt, le chrome, le manganèse, le cuivre, l’étain et le titane ; nombre total : dix-huit. Les éléments les plus immédiats sont, parmi les composés métalliques : le fer allié de nickel, une combinaison de phosphore avec du fer et du nickel, du sulfure de fer et des pyrites magnétiques ; parmi les substances oxydées : le fer magnétique et le chromate de fer ; parmi les silicates : l’olivine, l’anortite, le labrador et l’augite. »

Parmi les métaux dont on a découvert l’existence dans les pierres météoriques, Howard a reconnu le nickel, Stromeyer le cobalt, Laugier le cuivre et le chrome, Berzelius l’étain.

On voit que les aérolithes sont formés de matières extrêmement variées. Lors même que d’après leur aspect on est porté à les considérer comme des masses de fer, ils ne sont pas formés de ce seul corps, mais ils ont une composition en général très-complexe.

Chladni, Bigot de Morogues, MM. Hoff, Kæmtz, Quetelet et quelques autres ont dressé des catalogues des chutes de pierres connues depuis les temps historiques.

J’ai chargé M. Barral de compléter ces catalogues, autant que possible. Le signe d’interrogation (?) indique les chutes que l’on ne doit pas considérer comme parfaitement constatées. Nous distinguons les chutes d’aérolithes proprement dits qui ont eu des témoins, celles de masses qui doivent être, d’après leur aspect, regardées comme étant tombées du ciel, et les chutes de poussières.


§ 2. — Chutes d’aérolithes avant le commencement de notre ère.


? 1478 ans avant notre ère, en Crète ; la pierre de foudre dont Malchus parle, probablement regardée comme le symbole de Cybèle. (Chronique de Paros, lig. 18 et 19.)

La pluie de pierres dont parle Josué n’était peut-être que de la grêle.

1460. « Dieu envoya de grandes pierres du ciel. » (Conrad Lycosthène, Prodigiorum ac ostentorum chron.)

1200. Pierres conservées à Orchomène. (Pausanias.)

? 1168. Une masse de fer sur le mont Ida, en Crète. (Chronique de Paros, ligne 22.)

? 705 ou 704. L’Ancyle, probablement une masse de fer, à peu près de la même forme que celles du Cap et d’Agram (voir plus loin). (Plutarque.)

654. Pluie de pierres sur le mont Albain. (Tite Live, i, 31.)

644 (au printemps). Cinq pierres dans le pays de Song, en Chine. (De Guignes.)

465. Chute d’une grande pierre près du fleuve Ægos, en Thrace. (Plutarque, Pline et autres.) Une pierre près de Thèbes. (Scholiaste de Pindare.)

459. Il pleut des pierres dans le Picenum (Marche d’Ancône). (Lycosthène.)

403. Chute d’une pierre considérée comme un présage. (Lycosthène.)

343. Pluie de pierres à Rome. (Julius Obsequens.)

211. Chute d’une pierre en Chine. (De Guignes et Histoire générale de la Chine.)

De 206 à 205. Pierres ignées. (Plutarque, Fab. Max., c. 2.)

200. Il pleut des pierres. (Lycosthène.)

192. Une pierre en Chine. (De Guignes.)

176. Une pierre dans le lac de Mars. (Tite Live, xli, 9.)

90 ou 89. Lateribus coctis pluit. (Pline et Julius Obsequens.)

89. Deux pierres à Yong, en Chine. (De Guignes.)

54. Fer spongieux, en Lucanie. (Pline.)

? 46. Pierres à Acilia, en Afrique. (César.)

38, 29, 22, au printemps ; 19, 12, 9, 6. Chutes de pierres en Chine. (De Guignes.)


§ 8. — Aérolithes tombés à des époques qu’on ne peut pas déterminer.


La Mère des Dieux, tombée à Pessinunte.

L’Élagabale, à Émisa, en Syrie.

La pierre conservée à Abydos, en Asie Mineure, et celle de Cassandrie, en Macédoine. (Pline, ii, 59, 3.)

La pierre noire et encore une autre qui se trouvent dans la Kaaba de la Mecque.

La pierre conservée dans le siége de couronnement des rois d’Angleterre, n’est pas, comme on l’avait pensé, une pierre météorique.

§ 4. — Chutes d’aérolithes depuis le commencement de notre ère.


Dans les années 2, 106, 164, 310 et 333, des pierres tombèrent en Chine. (Abel Rémusat, Journal de phys., mai 1819.)

La prétendue pierre tombée du ciel en 416, à Constantinople, dont Sethus Calvisius fait mention dans sa Chronologie, n’était qu’une pierre de la grande colonne de Constantin, qui, par sa chute, avait endommagé le piédestal.

… Une pierre dans le pays des Vocontiens. (Pline, liv. ii, 59, 3.)

452. Trois grandes pierres en Thrace. (Cedrenus et Amm. Marcellinus.)

vie siècle. Pierres sur le mont Liban, et près d’Émisa, en Syrie. (Damascius.)

? 570 à peu près. Pierres près de Bender, en Arabie. (Le Coran, viii, 16 ; cv, 3 et 4, et les commentateurs.)

616. Pierres en Chine. (Abel Rémusat.)

? 648. Une pierre ignée à Constantinople. (Quelques chroniques.)

823. Chute de pierres à Frihsazi, en Saxe. (Annales Fuldenses.)

? 837. On assure que de grandes pierres sont tombées du ciel mêlées avec de la grêle. (Lycosthène.)

839. Pierres dans le Japon. (Abel Rémusat.)

852. en juillet ou août. Une pierre dans le Tabéristan. (De Sacy et Quatremère.)

856. en décembre. Cinq pierres, en Égypte. (Les mêmes.)

885. Pierres dans le Japon. (Abel Rémusat.)

897. À Ahmed-Dad, près de Koufah, chute de pierres. (Quatremère, suivant la Chron. syr., en 892.)

921. De grandes pierres à Narni. (Chronique manuscrite du moine Benedictus de Saint-Andrea, qui se trouve dans la bibliothèque du prince Chigi à Rome.)

954. Une pierre à Augsbourg. (Alb. Stadius et autres.)

956. « Une pierre d’une grosseur extraordinaire a été lancée du ciel sur la terre. » (Lycosthène.)

963. « Une grande pierre est encore tombée du ciel. » (Lycosthène.)

965 à 971, sous le pape Jean XIII. Une pierre en Italie. (Platina.)

998. Pierres à Magdebourg. (Cosmas et Spangenberg.)

1009, ou peu de temps après. Masse de fer dans le Djorjan. (Avicenne.)

1021. entre le 24 juillet et le 21 août. Pierres en Afrique. (De Sacy.)

? 1057. « Des pierres d’une grosseur étonnante tombent avec de la grêle. » (Dom Bouquet, tome xi, page 22.)

1057. Une pierre en Corée. (Abel Rémusat.)

1093. 4 avril. « On vit, au lever de l’aurore, un grand nombre d’étoiles tomber du ciel sur la Terre, et même une très-grande d’entre elles fut trouvée sur le sol. » (Chasles.)

1112. Pierres ou fer, près d’Aquileja. (Valvasor.)

1135 ou 1136. Une pierre à Oldisleben. (Spangenberg, Chron. sax.)

1164. À la fête de Pentecôte, pluie de fer en Misnie. (Georg. Fabricius.)

1186, 8 juillet. Chute de pierres à Mons. (Mém. de l’Acad. de Bruxelles, t. vii.)

? 1194. Des pierres tombent du ciel avec la pluie. (Lycosthène.)

? 1197. Des pierres tombèrent du ciel avec la pluie. (Lycosthène.)

1198, 8 juin. Chute de pierres aux environs de Chelles, près de Paris. (Sauval.)

1198, vers la fête de Saint-Jean-Baptiste (24 juin). Des pierres d’une grosseur étonnante tombèrent du ciel. (Lycosthène.)

1198, juillet. On vit tomber du ciel des pierres grosses comme de fortes noix, comme des œufs en certains lieux, et, assure-t-on, plus grosses encore. (Recueil des Historiens des Gaules.)

1249, 26 juillet. Pierres à Quedlinbourg, etc. (Spangenberg et Rivander.)

? xiiie siècle. Une pierre à Würtzbourg. (G. Schott.)

Entre 1251 et 1363. Pierres à Véliki-Oustioug, en Russie. (Annales de Gilbert, tome xxxv.)

? 1280. Une pierre à Alexandrie, en Égypte. (De Sacy.)

1300 environ. De grandes pierres en Aragon, d’après une chronique manuscrite conservée dans le Musée national de Pest, en Hongrie, faisant la continuation de celle de Martinus Polonus.

1304, 1er octobre. Pierres à Friedland ou Friedberg. (Kranz et Spangenberg.)

1328, 9 janvier. Chute de pierres dans le Mortahiah et Dakhahiah. (Quatremère.)

1358. Une pierre en Chine. (Édouard Biot.)

? 1368. Dans le pays d’Oldenbourg, une masse de fer. (Siebrand Meyer.)

1379, 26 mai. Une pierre à Minden, en Hanovre. (Lerbecius.)

1421. Une pierre dans l’île de Java. (Sir Thomas Stamford Raffles, vol. ii, p. 137.)

1438. Pierres spongieuses, à Roa, près de Burgos, en Espagne. (Proust.)

1474. Près de Viterbe, deux grandes pierres. (Biblioteca italiana, tome xix, p. 461, septembre 1820.)

1491, 22 mars. Pierre près de Crema. (Simoneta.)

1492, 7 novembre. À Ensisheim (Haut-Rhin). Énorme pierre tombée près de Maximilien Ier, roi des Romains. (Vauquelin et Fourcroy.)

1496, 26 ou 28 janvier. Pierres à Césène, etc. (États-Romains). (Buriel et Sabellicus.)

? Dans le même siècle. Une pierre près de Lucerne. (Cysat.)

1511, vers le milieu de septembre. Grande chute de pierres à Crema, et sur les bords de l’Adda. (Giovanni del Prato et autres.)

1516. En Chine, deux pierres. (Abel Rémusat.)

1520, en mai. Pierres en Aragon. (Diego de Sayas.)

? 1528. De grandes pierres à Augsbourg. (Chronique saxonne de Dresser.)

? 1540, 28 avril. Pierres dans le Limousin. (Bonaventure de Saint-Amable.)

1540, 14 juin. Quatre pierres en Chine. (Édouard Biot.)

1540 à 1550. Masse de fer dans la forêt de Neuhof. (Chronique des mines de Misnie.)

1540 à 1550. Fer en Piémont. (Mercati et Scaliger.)

1552, 19 mai. Pierres en Thuringe, aux environs de Schleusingen. (Spangenberg.)

1559. Cinq pierres à Miskolz, en Hongrie. (Ittuanfi, dans son Historia Hungariœ.)

1561, 17 mai. À Torgau et Eilenburg. (C. Gesner et de Boot.)

1564, 1er mars. Pluie de pierres entre Malines et Bruxelles. (Ann. de Gilbert.)

1565, 3 juillet. Pierres noires en Chine. ( Éd. Biot.)

1580, 27 mai. Pierres près de Gœttingue. (Bange.)

1581, 26 juillet. Pierre en Thuringe. (Binhard, Olearius.)

1583, 9 janvier. Une grosse pierre à Castrovillari, en Calabre. (Mercati et Imperati.)

1583, 2 mars. Une pierre en Piémont. (Mercati.)

1585. Chute de pierres en Italie. (Imperati.)

1591, 9 juin. Chute de grandes pierres à Kunersdorf. (Angelus.)

1596, 1er mars. Pierres à Crevalcuore. (Mittarelli.)

1603. Une pierre dans le royaume de Valence. (Cæsius et les jésuites de Coïmbre.)

1618, en août. Grande chute de pierres en Styrie. (Mines de l’Orient, par M. de Hammer.)

1618, 12 novembre. Une pierre en Chine. (Édouard Biot.)

1618. Masse métallique en Bohême. (Kronland.)

1620, 17 avril. Masse de fer près de Lahore. (Jean Guir, empereur du Mogol.)

1622, 10 janvier. Pierre en Devonshire. (Rumph.)

1628, 9 avril. Près de Hatford, en Berkshire. (Gentleman’s Magazine.)

1634, 27 octobre. Pierres en Charolais. (Morinus.)

1635, 21 juin. À Vago, en Italie. (Francesco Carli.)

? 1635, 7 juillet. Pierre à Calce. (Valisneri.)

1636, 6 mars. Une pierre entre Sagan et Dubrow, en Silésie. (Lucas et Cluverius.)

1637, 27 novembre. En Provence, sur le mont Vaisien. (Gassendi ; quelques auteurs portent à tort 1627.)

1642, 4 août. En Suffolk. (Gentleman’s Magazine.)

? 1643 ou 1644. Pierres en mer. (Wurfbain.)

1647, 18 février. Une pierre près de Zwickau. (Schmid.)

1647, en août. Pierres à Stolzenau, en Westphalie. (Annales de Gilbert.)

Entre 1647 et 1654. Une masse en mer, qui tua deux hommes. (Willmann.)

1650, 6 août. Une pierre à Dordrecht. (Sanguerd.)

1654, 30 mars. Pierres dans l’île de Fune, en Danemark. (Bartholinus.)

… À Varsovie, une grande pierre. (Petr. Borellus.)

… À Milan, une petite pierre qui a tué un Franciscain. (Museum septalianum.)

? 1667. Pierres à Chiraz, en Perse.

1668, 19 ou 21 juin. Grande chute de pierres à Vérone. (Valisneri, Montanari, Fr. Carli.)

1671, 27 février. Pierres en Souabe. (Ann. de Gilbert, tome xxxiii.)

1674, 6 octobre. Pierres près de Glaris, en Suisse. (Scheuchzer.)

? Entre 1675 et 1677. Pierres près de Copinsha. (Wallace et Gentleman’s Magazine, juillet 1806.)

1677, 28 mai. Pierres à Ermendorf (Saxe), qui probablement contenaient du cuivre. (Miscellanea naturœ curiosorum, 1677, app.)

1680, 18 mai. Pierres à Londres. (King.)

1690, 2 janvier. Chute de pierres à Iéna. (Kæmtz.)

1697, 13 janvier. Chute de pierres, près de Sienne. (Soldani, d’après Gabrieli.)

1698, 19 mai. Pierre à Waltring, canton de Berne. (Scheuchzer.)

1704, 25 décembre. Chute de pierres à Barcelone, en Espagne. (Kæmtz.)

1706, 7 juin. Pierre à Larisse, en Thessalie. (Paul Lucas.)

1715, 11 avril. Des pierres non loin de Stargard, en Poméranie. (Ann. de Gilbert, tome lxxi, p. 215.)

1722, 5 juin. Pierres près de Schefftlar, en Freisinge. (Meichelbeck.)

1723, 22 juin. Chute de trente-trois pierres à Plescowitz, en Bohême. (Rost et Stepling.)

La prétendue chute de métal, en 1731 (Mém. de l’Acad. des sc.), à Lessay, n’était qu’une phosphorescence électrique des gouttes de pluie, car dom Halley ne dit pas : Il tombait des gouttes de métal embrasé et fondu, mais il tombait comme des gouttes, etc.

1727, 22 juillet. Chute près de Liboschitz, en Bohême. (Stepling.)

1731, 12 mars. Chute d’une grosse pierre à Halstead, dans le comté d’Essex, en Angleterre. (Kæmtz.)

1738, 18 octobre. Pluie de pierres près de Carpentras. (Castillon.)

1740, 25 octobre. Pierres à Rasgrad, en Turquie. (Ann. de Gilbert, tome l.)

1740 ou 1741, en hiver. Une grande pierre dans le Groënland. (Egede.)

? 1743. Pierres à Liboschitz, en Bohême. (Stepling.) Peut-être la même qui est indiquée à l’année 1723.

1750, 1er octobre. Pierre à Nicor, près de Coutances. (Huard et Lalande.)

1751, 26 mai. Deux masses de fer à Hradschina, près d’Agram, en Croatie. (Klaproth.)

1753, 3 juillet. Pierres à Plaw, près du mont Tabor, en Bohême. (Stepling et Mayer.)

1753, en septembre. À Luponas, près de Pont-de-Veyle (Ain). (Lalande et Richard.)

1755, en juillet. Pierre en Calabre. (Domin. Tata.)

? 1759, 13 juin. Chute d’une pierre à Captieux, près de Bazas (Gironde).

1766, en juillet. Pierre à Alboreto, près de Modène. (Troili, Vassali.)

? 1766, 15 août. Pierre à Novellara. (Troili.) Peut-être une pierre fondue par la foudre.

1768, 13 septembre. Un aérolithe à Lucé (Sarthe). (Mém. de l’Académie des sciences pour 1769.)

1768. Une pierre à Aire (Pas-de-Calais). (Idem.)

1768, 20 novembre. Pierre à Maurkirchen, en Bavière. (Imhof.)

1773, 17 novembre. Pierre à Sena, en Aragon. (Proust.)

1775, 19 septembre. Pierres près de Rodach, en Cobourg. (Ann. de Gilbert, tome xxiii.)

1775 ou 1776. Pierres à Obruteza, en Volhynie. (Ann. de Gilbert, tome xxxi.)

1776 ou 1777, en janvier ou février. Grande chute de pierres près de Fabbriano, ancien duché de Camerino. (Soldani et Amoretti.)

1779. Pierre à Petris-wood, en Irlande. (Gentleman’s Magazine.)

1780, 11 avril. Chute de pierres près de Beeston, en Angleterre. (Lloyd’s Evening Post.)

1780 environ. Des masses de fer dans le territoire de Kinsdale, entre West River Mountain et Connecticut. (Quarterly Review, avril 1824.)

1782. Pierres près de Turin. (Tata et Amoretti.)

1785, 19 février. Pierres à Eichstædt. (Pictet et Stutz.)

1787, 1er octobre. Dans la province de Charkow, en Russie. (Ann. de Gilbert, tome xxxi.)

1788, 13 juillet. Plusieurs pierres en France. (King.)

1789, en juillet. Chute d’un grand nombre de pierres à Barbotan, près de Roquefort, dans les landes de Bordeaux. (Vauquelin, Annales de chimie, t. xlv.)

1790, 24 juillet. Chute de pierres à Juliac (Lot-et-Garonne). (Idem.)

1791, 17 mai. Pierres à Castel-Berardenga. (Soldani.)

1791, 20 octobre. Pierres à Menabilly, en Cornwall. (King.)

1794, 16 juin. Chute de pierres aux environs de Sienne (Toscane). (Hamilton.)

1795, 13 avril. Chute d’une pierre à Ceylan. (Le Beck.)

1795, 13 décembre. Grosse pierre à Wold-Cottage, en Yorkshire. (Howard.)

1796, 4 janvier. Chute de pierres près de Belaja-Zerkwa, en Russie. (Ann. de Gilbert, tome xxxv.)

1796, 19 février. Chute d’une pierre en Portugal. (Southey.)

1798, 8 ou 12 mars. Pierres à Sales, près de Villefranche (Rhône). (De Drée, etc.)

1798, 19 décembre. Pierres à Krak-Hut, près de Bénarès, au Bengale. (Howard, lord Valentia.)

1800, 1er avril. Chute d’une pierre à Bumstead, dans le comté d’Essex. (Kæmtz.)

1801, Chute de pierres dans l’île des Tonneliers. (Bory de Saint-Vincent.)

1802, en septembre. Pierres en Écosse. (Monthly Magazine, octobre 1802.)

1803, 26 avril. Pierres aux environs de l’Aigle (Orne). (Biot.)

1803, 4 juillet. Chute d’une pierre à East-Norton, en Angleterre. (Philos. Magaz. et Bibl. Brit.)

1803, 8 octobre. Une pierre à Saurette, près d’Apt (Vaucluse).

1803, 13 décembre. Chute d’une pierre près de Eggenfelde, en Bavière. (Imhof.)

1804, 5 avril. Une pierre près de Glasgow (Écosse). (Philos. Magaz. et Bibl. Brit.)

De 1804 à 1807. À Dordrecht. (Van Beck-Calkoen.)

1805, 25 mars. Pierres à Doroninsk, en Sibérie. (Ann. de Gilbert, tomes xxix et xxxi.).

1805, en juin. Chute d’une pierre à Constantinople. (Haïr-Kougas-Ingizian.)

1806, 15 mars. Chute de deux aérolithes, l’un à Saint-Étienne-de-Lolm, l’autre à Valence, villages situés aux environs d’Alais (Gard). (Pagès et d’Hombres-Firmas, Ann. de phys., t. lxii

1806, 17 mai. Pierre en Hampshire. (Monlhly Magaz.)

1807, 13 mars. Pierre près de Timochin, dans le gouvernement de Smolensk. (Ann. de Gilbert.)

1807, 14 décembre. Pierres près de Weston, dans le Connecticut. (Silliman.)

1808, 19 avril. Chute de pierres à Borgo San-Donino, près de Parme. (Guidotti et Sgagnoni.)

1808, 22 mai. Chute de pierres près de Stannern, en Moravie. (Klaproth.)

1808, 3 septembre. Chute de pierres à Lissa, près de Prague, en Bohême. (De Schreibers.)

? 1809, 17 juin. Chute de pierres en mer, près de l’Amérique septentrionale. (Médical Repos. et Bibl. Britannique.)

1810, 30 janvier. Pierre à Caswell, en Amérique. (Phil. Magaz. et Medical Reposit.)

1810, dans la nuit du 20 au 21 avril. Chute d’une énorme masse de fer météorique à Santa-Rosa (Nouvelle-Grenade). (Boussingault.)

1810, en juillet. Une grande pierre à Shabad, dans l’Inde. Le météore a causé de grands dégâts. (Philos. Magaz., tome xxxvii.)

1810, en août. Une pierre dans le comté de Tipperary, en Irlande. (William Higgins.)

1810, 23 novembre. Pierres à Charsonville, près d’Orléans. (Bigot de Morogues.)

1811, 13 mars. Une pierre dans la province de Pultawa, en Russie. (Ann. de Gilbert, tome xxxviii.)

1811, 8 juillet. Pierres à Berlanguillas, sur la route d’Aranda à Roa, en Espagne. (Général Dorsenne.)

1812, 10 avril. Chute abondante de pierres près de Toulouse. (De Puymaurin.)

1812, 15 avril. Une grosse pierre à Ersleben, dans le duché de Brunswick. (Annales de Gilbert, t. xl et xli.)

1812, 5 août. Grosse pierre à Chantonnay (Vendée). (Brochant.)

1813, 14 mars. Pierre à Cutro, en Calabre, pendant la chute d’une grande quantité de poussière rouge. (Bibl. Brit., octobre 1813.)

? 1813, en été. Beaucoup de pierres près de Malpas, non loin de Chester. (Thomson, Ann. of Philosophy, novembre 1813.) La relation ne me paraît pas digne d’une entière confiance, parce qu’elle est anonyme et surtout parce qu’il n’y a pas eu d’autres notices de cet événement.

1813, 10 septembre. Pierres près de Limerick, en Irlande. (Philos. Magaz. et Gentlem. Magaz.)

1813, 13 décembre, d’après Nordenskiold (Annales de Chimie, tome xxv, p. 78), ou

1814, en mars, d’après un rapport communiqué à l’Académie de Pétersbourg. Pierres aux environs de Lontalar et Sawitaipal, non loin de Wiborg, en Finlande. Ces pierres ne contiennent pas de nickel.

… M. Murray fait mention dans le Philosophical Magazine, juillet 1819, page 39, d’une pierre tombée à Pulrose, dans l’île de Man, sans préciser la date. Il dit que l’événement est certain et que la pierre était très-légère et semblable à une scorie. Elle devait donc ressembler aux pierres tombées en Espagne en 1438.

1814, 3 février. Pierre près de Bachmut, dans le gouvernement d’Ékaterinoslaw, en Russie. (Ann. de Gilbert, tome l.)

1814, dans le milieu de mars. Chute de pierres à Sawotaipola, en Finlande. (Kæmtz.)

1814, 5 septembre. Nombreuses pierres près d’Agen (Lot-et-Garonne). (Ann. de chim., t. xcii.)

1814, 5 novembre. Chute de pierres dans le Doab, aux Indes orientales. (Phil. Mag., Bibl. Brit., Journal of sciences.)

1815, 18 février. Une pierre à Duralla, aux Indes orientales. (Philos. Magazine, août 1820, page 156.)

1815, 3 octobre. Aérolithe à Chassigny, près de Langres (Haute-Marne). (Ann. de chim. et de phys., 2e série, t. i.)

1816. Pierre à Glastonbury, en Somersetshire. (Philos. Magaz.)

1816. Aérolithe à Confolens (Aude). (France pittor., tome i.)

? 1817, entre le 2 et le 3 mars. Probablement des masses sont tombées dans la mer Baltique : après l’apparition d’un grand météore à Gothenbourg, on a vu, à Odensée, une pluie de feu descendre très-rapidement vers le sud-est. (Journaux danois.)

? 1818, 15 février. Une grande pierre paraît être tombée à Limoges, dans un jardin au sud de la ville. Après l’explosion d’un grand météore, une masse qui tomba fit dans la terre une excavation d’un volume égal à celui d’une grande futaille. (Gazette de France et Journal du commerce, du 25 février 1818.) Il aurait fallu et il serait encore convenable de déterrer la masse.

1818, 30 mars. Une pierre près de Zaborzyca, en Volhynie, analysée par Laugier. (Annales du Muséum, 17e année, 2e cahier.)

1818, 10 août. Une pierre est tombée à Slobodka, dans la province de Smolensk, en Russie, d’après plusieurs journaux.

1818, 6 septembre. Aérolithe à Kilkel, en Prusse. (Kæmtz.)

1819, 13 juin. À Jonzac, département de la Charente-Inférieure, des pierres ne contenant pas de nickel.

1819, 13 octobre. Pierres près de Politz, non loin de Géra ou Kostritz, dans la principauté de Reuss. (Ann. de Gilbert, tome lxiii.)

1820, entre le 21 et le 22 mai. Pierres dans la nuit, à Œdenburg, en Hongrie. (Hesperus, t. xxvii, cah. 3.)

1820, 12 juillet. Pierres près de Likna, dans le cercle de Dünaborg, province de Witepsk, en Russie. (Théodore Grothus, Ann. de Gilbert, tome lxvii).

1820, 29 novembre. Chute abondante de pierres aux environs de Cosenza, en Calabre. (M. Capocci, Comptes rendus de l’Académie des sciences, t. xi, p. 357.)

1821, 15 juin. Pierres près de Juvénas, à 4 lieues d’Aubénas (Ardèche). Elles ne contiennent pas de nickel. (Ann. de chim. et de phys., 2e série, tome xvii.)

1822, 3 juin. Aérolithe tombé à Angers. (Ann. de chim. et de phys., 2e série, t. xx, p. 89.)

1822, 10 septembre. Chute de pierres près de Carlstadt, en Suède.

1822, 13 septembre. Chute d’un aérolithe près de la Baffe, à 2 lieues d’Épinal (Vosges). (Ann. de chim. et de phys., 2e série, t. xxi, p. 17.)

1822, en novembre. Aérolithe à Futtehpore dans l’Hindoustan. (Kæmtz.)

1823, 7 août. Près de Nobleborough, État du Maine, en Amérique. (Silliman’s American Journ., tome vii.)

1824, le 13 ou le 15 janvier. Beaucoup de pierres près d’Arenazzo, dans le territoire de Bologne. Une d’elles, pesant 6 kilogrammes, est conservée dans l’Observatoire de Bologne. (Diario di Roma.)

1824, 18 février. Grande pierre dans la province d’Irkutsk, en Sibérie. (Quelques journaux.)

1824, 14 octobre. Près de Zibrak, cercle de Béraun, en Bohême. La pierre est conservée au Musée national de Prague.

1825, 16 janvier. Pierre à Malwate, dans la partie occidentale de l’Hindoustan.

1825, 10 février. Chute de pierres à Nangimoy, dans l’État de Maryland.

? 1825, 12 mai. Masse de fer à Bayden, dans le Wiltshire, en Angleterre.

1825, 14 septembre. Chute de pierres aux îles Sandwich.

1826, 15 mars. Chute de pierres près de Lugano.

1826, 19 mai. Chute de pierres dans le district de Paulogrod, dans le gouvernement d’Ékaterinoslaw, en Russie.

? 1826, en août. Grosse pierre météorique, qui serait tombée pendant un orage sur le mont Galapian, dans le département de Lot-et-Garonne.

1827, 27 février. Chute de pierres près du village de Mhow, dans le district d’Azimo-Gesh (Hindoustan).

1827, 9 mai. Chute de pierres, à Drak-Creek, dans l’État de Tennessee (Amérique du nord).

? 1827, août. Très-grosse pierre dans la province de Kuld-schu, en Chine.

1827, 5 ou 8 octobre. Chute de pierres près du village de Knasti-Knasti, à quatre lieues de Bialystock.

1828, 4 juin. Chute de pierres près de Richmond, en Virginie (États-Unis).

1829, 8 mai. Chute de pierres près de Forsyth, en Géorgie (Amérique du nord).

1829, 14 août. Chute de pierres près de Deal, dans le New-Jersey (Amérique du nord).

1829, 9 septembre. Aérolithe à Krasnyi-Ugol, dans le gouvernement de Kasan. (Kæmtz.)

1829, 19 novembre. Chute d’une pierre à Prague.

1831, 18 juillet. Chute d’un aérolithe à Vouillé, dans le département de la Vienne.

1831, 9 septembre. Chute de pierres près de Wessely, dans le cercle de Hradisch, en Moravie.

1831, décembre. Chute de pierres en Moravie. (Plieninger.)

1833, 16 juillet. Chute d’aérolithes près du village Nachratschinsk, dans le gouvernement de Tobolsk.

1833, 25 novembre. Chute de pierres près de Blansko, en Moravie.

1834, avril. Pluie de pierres, dans la ville de Kandahar (Afghanistan).

1835, 13 novembre. Aérolithe tombé dans l’arrondissement de Belley (Ain). (Comptes rendus de l’Académie des sciences, tome i.)

1836, 11 décembre. Grande chute de pierres au village de Macao, à l’entrée du rio Assu (Brésil). (Comptes rend. de l’Acad. des sciences, t. v, p. 211.)

1837, août. Chute d’une pierre à Esnande (Charente-Inférieure).

1839, 13 février. Aérolithe dans le Missouri (États-Unis). (Quetelet.)

1839, 29 novembre. Chute de pierres près de Naples. (M. Cappocci.)

1840, 17 juillet. Chute d’une grosse pierre à Ceresetto, dans la province de Casal-Montferrat, à l’ouest de Milan.

1841, 12 juin. Chute d’un aérolithe dans la commune de Triguères, aux environs de Château-Renard (Loiret). (Comptes rend. de l’Académie des sciences, t. xii.)

1841, 17 juillet. Aérolithe dans le Milanais. (Quetelet.)

1841, 10 août. Aérolithe en Hongrie. (Quetelet.)

1842, 5 décembre. Chute d’un aérolithe aux environs de Langres. (Comptes rendus de l’Acad. des sciences, tome xv.)

1843, 2 juin. Chute de deux aérolithes aux environs d’Utrecht. (Comptes rendus de l’Acad. des sciences, tome xvi.)

1843, 16 septembre. Chute d’un grand aérolithe, à Kleinwenden, en Thuringe. (Comptes rend. de l’Acad. des sciences, tome xxv.)

1844, 21 octobre. Chute d’un aérolithe aux environs de Lessac (Charente). (Comptes rend. de l’Acad. des sciences, tome xix.)

1847, 14 juillet. Chute d’un gros aérolithe à Braunau (Bohême). (Comptes rend. de l’Acad. des sciences, t. xxv.)

La chute des aérolithes a été très-souvent accompagnée de violentes explosions. Il ne serait peut-être pas cependant exact de conclure de ce fait que tout météore qui, avant de disparaître, produit de fortes détonations, est un véritable aérolithe. Avec Chladni, je n’ai admis comme certaines que les chutes d’aérolithes dont on a pu retrouver les fragments, et j’ai rejeté les nombreux cas, relatés par divers auteurs, de globes de feu ayant éclaté dans l’atmosphère avec un grand bruit, lorsqu’on n’a découvert aucune pierre ayant les caractères de ces météores. L’ouvrage de Ma-touan-lin, auteur chinois du xiiie siècle, traduit par M. Abel Rémusat, aurait par exemple fourni quatre-vingt-seize citations de ce genre. Selon ce que rapporte M. Rémusat, les Chinois et les Japonais notaient avec beaucoup d’exactitude toutes les circonstances relatives à l’apparition de ces singuliers phénomènes. Ils avaient remarqué que les pierres tombent quelquefois par un temps parfaitement serein. Ils comparaient les détonations qu’elles font entendre à celles du tonnerre, au bruit d’un mur qui s’écroule, au mugissement d’un bœuf ; le sifflement qui accompagne leur chute au bruissement des ailes des oies sauvages ou d’une étoffe qu’on déchire. Suivant eux, les pierres sont toujours brûlantes au moment où elles atteignent le sol ; leur surface extérieure est noire ; quelques-unes résonnent comme des substances métalliques quand on les frappe. Le nom qu’ils leur donnent veut dire : étoiles tombantes changées en pierres.

Les Chinois croyaient que les apparitions des aérolithes étaient liées aux événements contemporains, et c’est pour cela qu’ils en formaient des catalogues. Je ne sais pas, au reste, si nous aurions trop le droit de rire de ce préjugé. Les savants d’Europe étaient-ils plus sages lorsque, se refusant à l’évidence des faits, ils affirmaient que des chutes de pierres, venant de l’atmosphère, étaient impossibles ? L’Académie des sciences ne déclarait-elle pas, en 1769, que la pierre ramassée au moment de sa chute, près de Lucé, par plusieurs personnes qui l’avaient suivie des yeux jusqu’au point où elle atteignit le sol, n’était pas tombée du ciel ; enfin, le procès-verbal de la municipalité de Juliac, constatant que, le 24 juillet 1790 (voir plus haut), il tomba dans les champs, sur les toits des maisons, dans les rues du village, une grande quantité de pierres, ne fut-il pas traité, dans les journaux de l’époque, de conte ridicule fait pour exciter la pitié, non-seulement des savants, mais de tous les gens raisonnables ? Les physiciens qui ne veulent admettre que des faits dont ils entrevoient une explication nuisent certainement plus à l’avancement des sciences que les hommes auxquels on peut reprocher une trop grande crédulité.


§ 5. — Masses de fer auxquelles ou peut attribuer une origine météorique.


Les masses de fer probablement météoriques se distinguent par la présence du nickel, par leur tissu, par leur malléabilité et par leur gisement isolé.

Quelques-unes de ces masses sont spongieuses ou cellulaires ; les cavités se trouvent remplies d’une substance pierreuse, semblable au péridote. Dans ce nombre il faut ranger :

La masse trouvée par Pallas, en Sibérie, dont les Tartares connaissaient l’origine météorique ;

? Un morceau trouvé entre Eibenstock et Johanngeorgenstadt ;

Une masse conservée dans le cabinet impérial de Vienne, provenant peut-être de la Norvége ;

Une petite masse, pesant 2 kilogrammes, qui se trouve maintenant à Gotha.

D’autres masses sont à tissu solide et serré. Le fer consiste alors en rhomboèdres ou en octaèdres, composés de couches ou feuilles parallèles. La seule chute bien connue de masses de ce genre est celle qui eut lieu à Agram, en 1751 (voir plus haut).

Quelques autres masses semblables ont été trouvées :

Sur la rive droite du Sénégal (Compagnon, Forster, Golberry) ;

Au cap de Bonne-Espérance (Van-Marum et de Dankelmann) ;

Au Mexique, dans différents endroits (Sonneschmidt, de Humboldt) ;

Au Brésil, dans la province de Bahia (Wollaston et Mornay) ;

Dans la juridiction de Santiago del Estero, dans la confédération Argentine (Rubin de Celis) ;

À Elbogan, en Bohême (Ann. de Gilbert, tomes xlii et xliv) ;

Près de Lénarto, en Hongrie (Ann. de Gilbert, t. xlix) ;

Près de la rivière Rouge. La masse a été envoyée de la Nouvelle-Orléans à New-York. (American Mineralogical Journal, vol. i.) Le colonel Gibbs l’a analysée et y a trouvé du nickel. Il y a encore d’autres masses semblables dans le même pays, d’après The Minerva de New-York, 1824 ;

Aux environs de Bitbourg, non loin de Trèves, une masse qui pèse 1650 kil. ; elle contient du nickel. L’analyse faite par le colonel Gibbs se trouve dans l’American Mineralogical Journal, vol. i ;

Près de Brahim, en Pologne, des masses qui, d’après les analyses de Laugier, contiennent du nickel et un peu de cobalt ;

Dans la république de Colombie, sur la cordillère orientale des Andes, dans le voisinage de la saline de Zipaquira (Boussingault et Mariano de Rivero, Ann. de chimie et de physique, tome xxv).

À quelque distance de la côte septentrionale de la baie de Baffin, dans un endroit nommé Sowallik, il y a deux masses du même genre, selon le capitaine Ross : l’une paraît être solide ; l’autre est pierreuse et mêlée de morceaux de fer, avec lesquels les indigènes fabriquent leurs armes.

Peut-être faut-il ranger dans cette classe une grande masse d’environ 15 mètres de haut, qui se trouve dans la partie orientale de l’Asie, non loin de la source de la rivière Jaune, et que les Mongols, qui l’appellent khadasulfilao, c’est-à-dire roche du pôle, disent être tombée à la suite d’un météore de feu. (Abel Rémusat.)

Il existe encore des masses d’une origine problématique. De ce nombre sont :

Une masse à Aix-la-Chapelle, qui contient de l’arsenic (Ann. de Gilbert, tome xlviii) ;

Une masse trouvée dans le Milanais (Ann. de Gilbert, tome l) ;

Une masse trouvée à Groskamsdorf, contenant, d’après Klaproth, un peu de plomb et de cuivre. Il paraît qu’on l’a fondue, et que les morceaux conservés à Freiberg et à Dresde ne sont que de l’acier fondu qu’on a substitué aux fragments de la masse primitive.

Nous ajouterons que, d’après l’analyse faite par Brandes, le fer dont sont formés les couteaux et les harpons des Esquimaux, dans la baie de Baffin, contient 3 pour 100 de nickel, circonstance qui assigne à ce fer une origine météorique.

§ 6. — Chutes de poussières.


L’observation attentive des chutes de poussières fait présumer qu’elles ne diffèrent pas essentiellement des chutes d’aérolithes ordinaires. Quelquefois elles ont été accompagnées de chutes de pierres, comme aussi d’un météore de feu. Les poussières paraissent contenir à peu près les mêmes substances que les pierres météoriques. Il semble qu’il n’y a d’autre différence que dans la rapidité avec laquelle ces amas de matière chaotique dispersés dans l’univers, arrivent dans notre atmosphère. Probablement dans la poussière rouge et noire, l’oxyde de fer est la principale matière colorante. Dans la poussière noire, on trouve aussi du carbone. On doit regarder les pierres noires et très-friables tombées à Alais en 1806 comme formant en quelque sorte le passage de la poussière noire aux aérolithes ordinaires. Je dois dire cependant que l’on a recueilli de la neige rouge qui devait sa coloration à des causes tout à fait différentes. Ainsi, sir Charles Blagden rapporte que de la neige rouge, recueillie à la baie de Baffin, était colorée par de l’acide urique provenant sans doute des déjections des nuées d’oiseaux que l’on rencontre dans ces parages ; la couche de neige rouge n’était pas, il est vrai, à la surface ; au-dessus et au-dessous la neige était parfaitement blanche. Thomson pense que la coloration de la neige peut être due à une matière organique, à quelque cryptogame, par exemple.

Quoi qu’il en soit, voici le catalogue de toutes les chutes de pareilles poussières que l’histoire a enregistrées jusqu’à ce jour. Le signe d’interrogation (?) indique encore ici les chutes douteuses.

L’an 472 de notre ère (suivant la chronologie de Calvisius, Playfair, etc.), le 5 ou le 6 novembre, grande chute de poussière noire (probablement aux environs de Constantinople) ; le ciel semblait brûler. Procope et Marcellin ont attribué cette chute au Vèsuve.

652. À Constantinople, pluie de poussière rouge. (Théophane, Cedrenus, Matthieu Eretz.)

742. Pluie de poussière en Égypte. (Quatremère.)

743. Un météore et poussière dans différents lieux. (Thèophane.)

Au milieu du xie siècle. Poussière rouge et matière semblable au sang coagulé. (Monachus, Kazvvini, Elmazen.)

869. Pluie rouge pendant trois jours, aux environs de Brixen. (Hadrianus Barlandus.) Peut-être ce phénomène est-il celui qu’ont rapporté les auteurs précédents.

929. À Bagdad, rougeur du ciel et chute de sable rouge. (Quatremère.)

1056. En Arménie, neige rouge. (Matthieu Eretz.)

1110. En Arménie, dans la province de Vaspouragan, durant une nuit obscure de l’hiver, chute d’un corps enflammé dans le lac de Van. L’eau devint de couleur de sang, et la terre était fendue dans différents endroits. (Matthieu Eretz.)

1219 ou 1222. Pluie rouge aux environs de Viterbe. (Biblioteca Italiana, tome xix.)

1416. Pluie rouge en Bohême. (Spangenberg.)

? Dans le même siècle, à Lucerne, chute d’une pierre (voir plus haut) et d’une masse semblable à du sang coagulé, avec apparition d’un dragon igné ou météore de feu. (Cysat.)

1501. Pluie semblable à du sang dans différents lieux, suivant quelques chroniques.

1543. Pluie rouge, en Westphalie. (Suni commantarii.)

1548, 6 novembre. À Mansfeld, en Thuringe, chute d’un globe de feu avec beaucoup de bruit. On trouva ensuite sur le sol une substance rougeâtre semblable au sang coagulé. (Spangenberg.)

1557. En Poméranie, grandes plaques d’une substance semblable au sang coagulé. (Martin Zeiler.)

1560. Jour de la Pentecôte, pluie rouge à Emden et à Louvain, etc. (Fromond.)

1560, 24 décembre. À Lillebonne, en Normandie, météore de feu et pluie rouge. (Natalis Comes.)

? 1582, 5 juillet. À Rockhausen, non loin d’Erfurt, chute d’une grande quantité d’une substance fibreuse, semblable à des crins humains, à la suite d’une tempête horrible, analogue aux ouragans qu’amènent les tremblements de terre. (Michel Bapst.)

1586, 3 décembre. À Verde, en Hanovre, chute de beaucoup de matière rouge et noirâtre, avec éclairs et tonnerre (météore de feu et détonation). Cette matière brûlait les planches sur lesquelles elle tombait. (Manuscrit de Salomon, sénateur à Brême.)

1591. À Orléans, à la Madeleine, pluie d’une matière semblable à du sang. (Lemaire.)

1618, en août. Chute de pierres, météore de feu et pluie d’une matière semblable à du sang, en Styrie. (De Hammer.)

1623, 12 août. À Strasbourg, pluie rouge. (Élias Habrecht, dans un Mémoire imprimé à Strasbourg, en 1623.)

1637, 6 décembre. Chute de beaucoup de poussière noire dans le golfe de Volo et en Syrie. (Philosophical Transactions, tome i, page 377.)

1638. Pluie rouge à Tournay.

1640, 6 octobre. Pluie rouge à Bruxelles. (Kronland et Wendelinus.)

1643, en janvier. Pluie d’une matière semblable à du sang à Vachingen et à Weinsberg, suivant une chronique manuscrite de la ville de Heilbronn.

1645, 23 ou 24 janvier. Chute de poussières à Bois-le-Duc, dans les Pays-Bas.

1652, en mai. Masse visqueuse, à la suite d’un météore lumineux, entre Sienne et Rome. (Miscellanea Acad. naturœ curiosorum pour 1690.)

? 1665, 23 mars. Près de Laucha, non loin de Naumburg, en Saxe. Chute d’une abondante substance fibreuse, ressemblant à de la soie bleue. (Johannes Prætorius.)

1678, 19 mars. Neige rouge, près de Gênes. (Philosophical Transactions, 1678.)

1686, 31 janvier. Près de Rauden, en Courlande, et en même temps en Norvége et en Poméranie, chute d’une grande quantité d’une substance membraneuse, friable et noirâtre, semblable à du papier demi-brûlé. (Miscell. Acad. nat. cur., 1688, append.) Le baron Théodore de Grothus a analysé une portion de cette substance, qui avait été conservée dans un cabinet d’histoire naturelle, et y a trouvé de la silice, du fer, de la chaux, du carbone, de la magnésie, des traces de chrome et de soufre, mais point de nickel.

1689. Poussière rouge à Venise, etc. (Vallisneri.)

1704, 4 janvier. Globe de feu sur la tour de l’église du Quesnoy, qui rejaillit sur la place environnante en pluie de feu.

1711, 5 et 6 mai. Pluie de poussière à Orsion, en Suède. (Act. lit. Sueciœ, 1731.)

1718, 24 mars. Matière gélatineuse trouvée à la suite de la chute d’un globe de feu dans l’île de Lethy, aux Indes. (Barchewitz.)

1719. Chute de sable dans la mer Atlantique (lat. sept. 45°, longit. 322° 45′), accompagnée d’un météore lumineux. (Mémoires de l’Académie des sciences, 1719, part. hist., page 23.)

1721, vers le milieu de mars, à Stuttgard. Météore et pluie rouge en grande quantité, d’après une notice écrite le 21 mars par le conseiller Vischer.

1737, 21 mai. Chute de terre attirable à l’aimant, sur la mer Adriatique, entre Monopoli et Lissa. (Zanichelli, Opuscoli di Calogera, tome xvi.)

1744. Pluie rouge à Saint-Pierre d’Aréna, près de Gênes. (Richard.)

1755, 20 octobre. Sur l’île de Getland, l’une des Orcades, chute d’une poussière noire, qui n’était pas venue de l’Hécla. (Philosophical Transactions, vol. l.)

1755, 13 novembre. Rougeur du ciel et pluie rouge dans différents pays. (Nova acta nat. cur., tome ii.)

1763, 9 octobre. Pluie rouge à Clèves, à Utrecht, etc. (Mercurio historico y politico de Madrid, octobre 1764.)

1765, 14 novembre. Pluie rouge en Picardie. (Richard.)

1781. En Sicile, poussière blanche, qui n’était pas volcanique. (Gioeni, Philos. Trans., tome lxxii)

1792, 27, 28 et 29 août, sans interruption. Pluie d’une substance semblable à de la cendre, dans la ville de la Paz, en Bolivie. Ce phénomène ne pouvait pas être attribué à un volcan. On avait entendu des explosions et vu le ciel tout éclairé. La poussière occasionna de grands maux de tête et donna la fièvre à plusieurs personnes. (Mercurio Peruano, t. vi, 1792.)

1796, 8 mars. On a trouvé en Lusace, après la chute d’un globe de feu, une matière visqueuse ayant la consistance, la couleur et l’odeur d’un vernis brunâtre desséché. (Ann. de Gilbert, t. lv.)

1803, 5 et 6 mars, en Italie. Chute de poussière rouge, sèche dans quelques lieux et humide dans d’autres. (Opuscoli scelti, t. xxii.)

1811, en juillet, près de Heidelberg. Chute d’une substance gélatineuse, à la suite de l’explosion d’un météore lumineux. (Ann. de Gilbert, t. lxvi.)

1813, 13 et 14 mars, en Calabre, Toscane et Frioul. Grande chute de poussière rouge et de neige rouge, avec beaucoup de bruit. Il tomba en même temps des pierres à Cutro, en Calabre. (Bibl. Brit., octobre 1813 et avril 1814.) Sementini a trouvé dans la poussière : silice, 33 ; alumine, 15 1/2 ; chaux, 11 1/4 ; fer, 14 1/2 ; chrome, 1 ; carbone, 9. La perte de l’analyse a été de 15 pour 100 ; son auteur n’a sans doute pas cherché la magnésie et le nickel.

1814, 3 et 4 juillet. Grande chute de poussière noire, au Canada, avec une apparition de feu qui rend cet événement semblable à celui de 472, cité plus haut. (Philos. Magaz., vol. xliv.)

1814. Dans la nuit du 27 au 28 octobre, pluie rouge dans la vallée d’Oneglia, près de Gênes. (Giornale di fisica, t. i, p. 32.)

1814, 5 novembre. On a trouvé dans le Doab, aux Indes, que chaque pierre tombée, ainsi qu’il est rapporté plus haut dans le catalogue des aérolithes, était formée d’un petit amas de poussière. (Philosophical Magazine.)

1815, vers la fin de septembre, la mer, au sud des Indes, fut couverte de poussière sur une très-grande étendue, probablement à la suite d’une chute cosmique. (Philosophical Magazine, juillet 1816.)

1816, 15 avril. Neige rouge en différents lieux de l’Italie septentrionale. (Giornale di fisica, tome i, 1818, p. 473.)

1819, 13 août, à Amherst, en Massachusetts. Chute d’une masse gélatineuse et puante, à la suite d’un météore lumineux. (Silliman’s Journal, ii, 335.)

1819, 5 septembre, à Studein, en Moravie, dans la juridiction de Teltsch, entre onze heures et midi, le ciel étant serein et tranquille, pluie de petits morceaux de terre, provenant d’un petit nuage isolé et très-clair. (Hesperus, novembre 1819, et Ann. de Gilbert, tome lxviii.)

1819, 5 novembre. Pluie rouge en Flandre et en Hollande. (Ann. générales des sciences phys.) On a trouvé dans cette pluie du cobalt et de l’acide chlorhydrique.

1819, en novembre, à Montréal et dans la partie septentrionale des États-Unis. Pluie et neige noire accompagnées d’un obscurcissement du ciel extraordinaire, de secousses analogues à celles ressenties pendant les tremblements de terre, de détonations semblables à des explosions d’artillerie et d’apparitions ignées, qu’on a prises pour des éclairs très forts. (Ann. de chimie, t. xv.) Quelques personnes ont attribué le phénomène à l’incendie d’une forêt ; mais le bruit, les secousses et toutes les circonstances de cette apparition, montrent que c’était un véritable météore, comme ceux de 472, de 1637, de 1792 et de juillet 1814. Il paraît que les pierres noires et friables tombées à Alais, en 1806, étaient à peu près la même substance dans un état de coagulation plus avancée.

1821, 3 mai, à 9 heures du matin, pluie rouge dans les environs de Giessen. M. le professeur Zimmermann, ayant analysé le sédiment brun rougeâtre laissé par cette pluie, y a trouvé du chrome, de l’oxyde de fer, de la silice, de la chaux, du carbone, une trace de magnésie et des parties volatiles, mais point de nickel.

1824, 13 août, à Mendoza, dans la république de Buenos-Aires. Poussière qui tombait d’un nuage noir. À une distance de 40 lieues, le même nuage se déchargea encore une fois. (Gazette de Buenos-Aires, 1er novembre 1824.)

? 1824, 17 décembre. Chute d’une matière brûlante à Neuhausen, en Bohême. (Annales de Poggendorf, t. vi.)