Aller au contenu

Au milieu de la guerre, en un siecle sans foy

La bibliothèque libre.
Au milieu de la guerre, en un siecle sans foy
Les Amours, Texte établi par Hugues VaganayGarnier2 (p. 328).

XXXIX

Au milieu de la guerre, en un siecle sans foy,
Entre mille procez, est-ce pas grand folie
D’escrire de l’Amour ? De manotes on lie
Des fols, qui ne sont pas si furieux que moy.
Grison et maladif r’entrer dessous la loy
D’Amour, ô quelle erreur ! Dieux, mercy je vous crie.
Tu ne m’es plus Amour, tu m’es une Furie,
Qui me rend fol, enfant, et sans yeux comme toy :
Voir perdre mon pays, proye des adversaires,
Voir en noz estendars les fleurs de liz contraires,
Voir une Thebaïde, et faire l’amoureux.
Je m’en vais au Palais : adieu vieilles Sorcieres.
Muses, je prens mon sac, je seray plus heureux
En gaignant mes procez, qu’en suivant voz rivieres.