Aucassin et Nicolette (Mario Roques)/Index des noms propres

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Texte établi par Mario RoquesLibrairie ancienne Édouard Champion (p. 49-51).

INDEX DES NOMS PROPRES



Alemaigne II 39, Allemagne.
Amor II 15, le dieu Amour.
Aubriés XXI 4, diminutif d’Aubri, nom de berger.
Aucasin titre, Aucasins II 10, VII 1, XII 1, XIX 18, XLI 22, Aucassin XI 2, XXXVII 10, XXXIX 17, 23, Aucassins I 4, XI 8, XXVII 1, 9, XXIX 1, XXXI 1, 11, XXXIII 18, XXXVI 1, XXXIX 32, XLI 1, 12, 18 ; partout ailleurs, et notamment dans les parties en prose, le nom est abrégé, le plus souvent en auc’, plus rarement en au., deux fois en .a. (II 36 et IV 2), une fois en auss’. (XXXIX 2), aucas’. (III 1) et ac’ (XXIV 29); toutes ces abréviations ont été transcrites Aucassins ou Aucassin suivant la syntaxe. — Héros de l’histoire, fils unique et héritier du comte Garin de Beaucaire. « Pour l’origine du nom d’Aucassin, avait dit G. Paris (Romania, VIII, 293), on serait tenté de songer à l’arabe, s’il y avait dans notre poème quelque chose qui rappelât le monde musulman. » H. Brunner précise, et voit dans Aucassin le nom arabe Al-Kâsim, porté entre autres par un roi maure de Cordoue du début du XIe siècle ; identification trop facilement acceptée et qu’aucun autre trait d’A. et N. ne vient appuyer ; voir L. Jordan et W. Suchier et cf. Romania, LII, 215, et LIV, 289, — Sur aucassin, « étoffe de soie », dans Girart de Roussillon (ms, d’Oxford, v. 2665) voir P. Meyer, Girart de Roussillon, § 155, p. 89 et n. 3.
Aucasinet XXI 6, diminutif d’Aucassin, employé par les bergers avec d’autres diminutifs.


Biacaire VIII 10, Biaucaire II 2, 7, III 1, VI 5, XII 8, 30, XVIII 15, XXXIV 11, 13, XXXV 2, XXXIX i, Biaucare IV 1, abrégé en Biauc’. XXXIV 16, XXXVIII 22, Beaucaire (Gard, arr. Nîmes), sur la rive droite du Rhône. En dehors des cas ou B. figure dans le titre du comte Garin (cf. Garin), il est question de ville même, p. ex. XII 30, mais aussi du castel de Biaucaire (XXXIV 11, 15, XXXVIII 22), qui, d’après d’autres passages (XII 29, XIV 22–7, XVI 5 sq.), serait à l’intérieur dé la ville ; or le château de B. a toujours dû être situé hors de la ville, sur la roche qui domine B. au nord et où sont encore les restes importants du château du xiiiexive s. Même fantaisie pour la vaste forêt qui serait près de la ville (X) et pour la situation au bord de la mer (XXXIV 10–11).
Borgars X 73 (abrégé en bor.), Bougars II 1, VIII 2, abrégé en b. X 31, comte de Valence, ennemi de Garin de Beaucaire. Le nom paraît être le même que Burchard ; il est ici toujours accompagné du titre de « comte » ; aucun comte de Valence n’a porté de nom analogue.


Cartage III 9, XXXVI 2, 8, 12, XXXVII 7, XXXVIII 1 (abr. en cart’.), 5, XXXIX 25, XL 7, 8 (cartag’), Carthagène, ville d’Espagne (prov. de Murcie), cf. XL 10 et Anseïs de Cartage.
Colstentinoble II 38, graphie équivalente à Coustentinoble, Constantinople.


Damedix XVIII 11, le Seigneur.
Diu X 66, XVI 3, XVII 15, XVIII 37, XIX 17, XXII 26, XXIII 16 (dix), XXX 7, XXXV 5, 12, XXXIX 33 ; Dix II 23, VIII 20, 34, X 2, 22, 48, 52, 56, 73, XIV 29, XVI 3, XVIII 12, 17, XXI 6, 16, XXII 4, 5, 21, 41 (dx), XXIV 25, 26, 27, 69, 78, XXV 5, XXVI 10, XXXVII 14 (cf. Glossaire s. v. cuerbé, enondu, sires), Dieu ; — Diu V 23, Dix X 17, XVI 11, Dieu le Fils.


Engleterre II 39, Angleterre.
Esmerés XX 3, nom de berger.
Espaigne XL 10, Espagne.


France II 35, 39, France.
Fruelins XXI 3, nom de berger.


Garin II 2, Garins II 7, IV 1, XI 1, abrégé en .G. IV 17, VI 4, VIII 10, XII 8, 10, XIV 25, XVIII 15, XX 7, 8, XXII 17, toujours accompagné du titre de « comte » et souvent de la mention « de Beaucaire ». — Garin, comte de Beaucaire, père d’Aucassin ; le titre de « comte de Beaucaire » n’a jamais eu de réalité historique.


Jhesum XVII 4 (jh’m), Jésus (forme latine, rég. dir.), cf. Dix et Marie.
Johanés XXI 3, diminutif de Johan, nom de berger.


Limosin XI 17, Limousin.


Marie V 23, la Vierge ; le fil Marie, Jésus.
Martinés XXI 2, diminutif de Martin, nom de berger.


Nichole XXXIII 2, XXXVII 1, XXXIX 11, Nicholete I 4, II 26, XXXV 7, XXXIX 8, 18, XLI 8, 23, Nicole V 1, Nicolete titre, III 8, XI 4, 12, XIII 1, XVII 1, XVIII 1, XIX 1, XXIII 9, XXV 3, XXXIX 24, 30 ; partout ailleurs, et notamment dans les parties en prose, le nom est abrégé, le plus souvent en nic’, plus rarement en .n. ; dans trois cas (III 8, 15, XXXVI 9) l’ i est surmonté de la barre de nasalisation ; les formes abrégées ont été transcrites Nicolete, sauf III 3 où le vers exigeait Nicole. — Héroïne de l’histoire, fille du roi sarrasin de Cartagène cf. Cartage) ; son nom est un nom de baptême chrétien. La fille au roi de Cartage représente dans Conon de Béthune, X 44, une femme « riche et de haut parage ».


Provence (terre de) XXXVIII 21, Provence.


Robeçons XXI 4, diminutif de Robert, nom de berger.
Roget XXIV 52, diminutif de Rouge, nom d’un bœuf.


Saisne III 10, Saxon, ici : païen, Sarrasin, cf. II 30 et VI 16.
Sarrasins II 30, VI 16, XXXIV 4 ; dans le dernier exemple, et sans doute aussi dans les deux autres, il s’agit d’Arabes d’Espagne.


Torelore (castel de) XXVIII 8, XXXII 17, XXXIV I, 14 ; — (dongon) XXXIX 21 ; — (roi de) XXVIII 9, XXXIII 1. Nom de fantaisie (cf. tirelire, toureloure, turlure) pour pays de chimère ; le pays de Torelore est le monde renversé : les hommes y gardent le lit quand leur femme a un enfant, l’armée y est conduite par une femme, on s’y bat avec des projectiles mous et inoffensifs et la guerre n’y consiste pas à tuer. On comprend qu’il soit vain de tenter une identification de ce pays, encore qu’on s’y soit quelquefois essayé ; tout au plus peut-on montrer que les singularités du pays de T. ne sont pas nécessairement de l’invention de l’auteur d’A, et N. : ainsi, nous pouvons trouver dans le trait de la reine chef d’armée un écho lointain de la légende des Amazones et dans le repos du mari un souvenir, traditionnel ou livresque, d’une coutume signalée déjà par des auteurs anciens, connue de la littérature hébraïque au moyen âge, constatée au xiiie siècle en Asie par Marco Polo, et depuis un peu partout par les explorateurs ; voir W. Hertz et cf. S. Feist, Kultur… der Indogermanen, 365. Il se peut aussi que l’idée et le nom de ce pays de l’invraisemblable soient antérieurs à A. et N. ; en tout cas, ils se retrouvent après ; Carpentier a recueilli (addition à Du Cange, s, v. rex), dans une lettre de rémission de 1405, l’expression roi de Torlore employée par moquerie, et Sainte-Palaye a noté que, de son temps, Aigues-Mortes aurait encore été appelé pays de Turelure en raison de singularités qui pouvaient exciter l’étonnement ou la raillerie.


Valence II 1, VII 2, X 31, 59, Valence (Drôme), sur la rive gauche du Rhône ; apparaît seulement dans le titre du comte Borgart.