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Avènement du jeune roi de Naples

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AVÈNEMENT DU JEUNE ROI DE NAPLES.

Ferdinand ii, par la grâce de Dieu, etc.

Dieu nous ayant appelé à occuper le trône de nos augustes ancêtres, en conséquence de la mort de notre père très-chéri, le roi François Ier, de glorieuse mémoire, en même temps que notre cœur est vivement pénétré de la perte irréparable que nous avons faite, nous sentons l’énorme fardeau que le suprême dispensateur des royaumes a voulu nous imposer en nous confiant le gouvernement de ce royaume. Nous sommes persuadés qu’en nous investissant de son autorité, Dieu n’a pas voulu qu’elle restât inutile dans nos mains, ni que nous en fissions un mauvais usage. Il veut que notre règne soit un règne de justice, de vigilance et de sagesse, et que nous accomplissions envers nos sujets tous les devoirs que sa providence nous impose.

Intimement convaincus des desseins de Dieu sur nous, et résolus à nous y conformer, nous tournerons toute notre attention sur les besoins principaux de l’état et de nos sujets bien-aimés, et nous ferons tous nos efforts pour cicatriser les plaies qui, depuis plusieurs années, affligent ce royaume.

En premier lieu, étant convaincus que notre sainte religion catholique est la source principale de la félicité des royaumes et des peuples, notre premier et principal soin sera de la protéger et de la conserver intacte dans nos états, et d’employer tous les moyens en notre pouvoir pour faire observer exactement ses divins préceptes. Les évêques étant, par la mission spéciale qu’ils ont reçue de Jésus-Christ, les principaux ministres et gardiens de cette religion, nous comptons sur eux pour seconder par leur zèle nos justes intentions, et pour remplir exactement les devoirs de leur épiscopat.

En second lieu, considérant qu’il ne peut y avoir dans le monde aucune société bien ordonnée sans une juste et impartiale administration de la justice, ce sera le second objet sur lequel nous tournerons notre ardente sollicitude. Nous voulons que nos tribunaux soient autant de sanctuaires qui ne puissent jamais être profanés par les intrigues, les protections injustes, ni par aucun égard ou intérêt humain. Aux yeux de la loi, tous nos sujets sont égaux, et nous ferons en sorte que la justice soit impartialement rendue à tous.

Enfin, la branche des finances réclame notre attention particulière comme étant celle qui donne la vie et le mouvement à tout le royaume. Nous n’ignorons pas qu’il y a dans cette partie des plaies profondes que l’on doit guérir, et que notre peuple attend de nous quelque soulagement aux charges qui nous ont attiré les troubles passés. Nous espérons, avec l’aide et l’assistance de Dieu, satisfaire à ces deux objets si précieux pour notre cœur paternel, et nous sommes prêts à faire toute espèce de sacrifices pour y parvenir. Nous espérons que chacun, en ce qui le concerne, imitera notre exemple, afin de rendre à ce royaume la prospérité qui doit être l’objet des désirs de toutes les personnes vertueuses et honnêtes.

Quant à notre armée, à laquelle depuis plusieurs années nous avons donné nos soins particuliers, nous reconnaissons que, par sa discipline et son excellente conduite, elle s’est rendue digne de toute notre estime ; nous lui assurons que nous ne cesserons de nous occuper d’elle et de son bien-être, espérant que de son côté elle nous donnera, dans toutes les occasions, des preuves de sa fidélité inviolable, et qu’elle ne laissera jamais ternir l’éclat de ses bannières.

Ferdinand.
Naples, 8 novembre 1830.