Ave Maria

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Œuvres de Théophile Gautier — PoésiesLemerrePoésies vol. 2 (p. 324-325).


Ave Maria[1]


––––Ave Maria ! Reine des cieux,
––––Vers toi s’élève ma prière !
––––Je dois trouver grâce à tes yeux,
C’est en toi, Vierge sainte, en toi que j’espère !
––––Mon fils consolait ma misère :
––––Il souffre, hélas ! il est mourant !
––––Comprends mes pleurs, toi qui fus mère ;
––––Rends-moi, rends-moi mon pauvre enfant !

––––Ave Maria, mon fils est beau
––––Et de lui je suis déjà fière ;
––––Bénis son modeste berceau.
C’est mon bien, mon unique bien sur la terre !

––––Si Dieu me frappe en sa colère,
––––Protège du moins l’innocent !
––––Exauce-moi, c’est une mère
––––Qui veut mourir pour son enfant !

––––Ave Maria ! — Mais, ô bonheur !
––––L’enfant renaît à sa prière
––––Ainsi qu’une brillante fleur !
Doux bienfait ! — Touchante bonté ! — Saint mystère !
––––« Regarde-moi pour que j’espère ;
––––Mon fils ! ton front est souriant ! »
––––Merci, merci, divine Mère,
––––C’est toi qui sauves mon enfant !


  1. Autant que nos souvenirs sont fidèles, nous nous rappelons que Théophile Gautier, en nous remettant l’autographe de cette pièce, nous aurait dit qu’elle était une traduction destinée à être adaptée à l’Ave Maria de Schubert. Le rythme et les rimes en auraient été déterminés par la forme de la pièce originale et par les nécessités de la musique. (Note de l’éditeur.)