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Bibliographie de la poésie symboliste/Introduction

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Jouve et Cie, éditeurs (p. vii-xii).

INTRODUCTION



Plan de la bibliographie. — Cette bibliographie est divisée en deux parties : l’une concernant les généralités relatives au mouvement poétique dit « symbolisme », l’autre réservée aux poètes mêmes de cette école.

Chaque article y est numéroté de 1 à 2612. Comme il importait de faire dans chaque rubrique une bibliographie complète de la question particulière qu’elle traitait, il devenait obligatoire de répéter bon nombre d’indications bibliographiques qui avaient déjà trouvé place dans une rubrique précédente. Pour éviter ces surcharges, la référence susceptible de répétition n’est mentionnée qu’une seule fois dans son détail à la rubrique qui l’a nécessitée la première. Elle n’est représentée ensuite que par un numéro d’ordre renvoyant à son texte entier.

Chaque rubrique est ordonnée d’après le plan suivant :

I. — Œuvres originales.
II. — Ouvrages en collaboration.
III. — Traductions.
IV. — Préfaces.
V. — Réimpressions.
VI. — Morceaux choisis.
VII. — Œuvres complètes.
VIII. — À consulter.
A. Ouvrages écrits
: 1o En français.
: 2o En langue étrangère.
B. Périodiques
: 1o De Paris.
: 2o De Province.
: 3o De l’Etranger.

Relativement aux paragraphes I, II, III, V, VI, VII, les indications bibliographiques ont été exactement relevées sur la première édition de chaque ouvrage. Noms d’auteurs, litres et remarques sont collationnés dans l’ordre même où ils figurent sur les éditions d’origine.

En ce qui concerne le paragraphe VIII, on a groupé dans chaque section les ouvrages par ordre alphabétique des noms d’auteurs, les articles par ordre alphabétique des titres de journaux.

Peut-être s’étonnera-t-on que nous n’ayons pas fait suivre immédiatement les premières éditions des réimpressions. La division adoptée nous a paru présenter deux avantages : d’abord, elle permet de se rendre compte du premier coup de l’effort original réalisé par l’écrivain ; elle fait saisir ensuite de façon plus rapide quels sont, parmi les ouvrages de l’auteur, ceux qui ont trouvé auprès du public un accueil plus chaleureux. Notre ambition première avait été d’établir une bibliographie critique de la poésie symboliste, du moins en ce qui touche les références. À l’essai, nous avons dû y renoncer. Il n’y a pas de période littéraire qui ait autant que le symbolisme suscité ce qu’on appelle « des articles de camaraderie ». Si le paragraphe des « à consulter » présente ici plus d’abondance que de valeur, c’est d’une part que nous avons voulu être aussi complet que possible, c’est d’autre part que l’expérience nous a démontré combien juste restait ce conseil de Boileau :

Un fat quelquefois ouvre un avis important.

Cependant pour éviter aux chercheurs la peine de refaire après nous l’examen complet des références, nous avons indiqué par :

** Les ouvrages ou les articles de première utilité.

* Les ouvrages ou les articles intéressants.

? Les ouvrages ou les articles d’une partialité inquiétante.

Remarques sur la première partie. — La première partie de cette bibliographie comprend sept paragraphes :

1o Les manuels, répertoires et articles de bibliographie qui peuvent orienter des recherches générales.

2o Des anthologies ou morceaux choisis : la plupart de ces extraits sont précédés de notices biographiques et quelquefois bibliographiques d’un excellent secours.

3o Critique générale, où se trouvent groupés les manuels littéraires donnant une étude d’ensemble sur le symbolisme et les recueils de critiques particulières sur les auteurs dits symbolistes.

4o, 5o et 6o. Nous avons cru nécessaire de faire des paragraphes spéciaux pour les décadents, les symbolistes et les verslibristes, non que le domaine propre à chacun d’eux soit nettement délimité et qu’il y ait entre les uns et les autres des différences absolument caractérisées, mais cette division est l’œuvre de la critique qui reconnaît parmi ces écrivains : des poètes plus intéressés à varier le fond, les décadents ; d’autres plus soucieux de réformes syntaxiques, les symbolistes ; d’autres enfin dont l’effort a spécialement porté sur la rythmique et la versification, les verslibristes. À vrai dire, il n’est pas de décadent qui n’ait été symboliste ou verslibriste et réciproquement. Mais un manuel destiné à faciliter les recherches doit pouvoir prévenir le lecteur que, si l’intelligence complète des auteurs de cette période exige l’examen des trois paragraphes, cependant chacun d’eux le renseignera avec plus de précision, le premier sur l’évolution des sentiments exprimés par la poésie, le deuxième sur la forme, le troisième sur la métrique.

7o Revues. — Ce paragraphe est assez court. À part l’ouvrage de M. de Gourmont, recueil d’ailleurs incomplet, il n’existe presque rien sur les jeunes revues de l’époque. Il n’eût pas été inutile de dresser à cette rubrique le catalogue de toutes les feuilles qui eurent alors, tant à Paris qu’en province, une floraison aussi spontanée qu’éphémère. Pratiquement, l’entreprise est vouée à l’insuccès. Beaucoup de ces revues n’ont laissé qu’un souvenir dans l’esprit des derniers symbolistes et il est impossible, au moins pour celles de province, d’en retrouver trace. La bibliographie de ce recueil ne renvoie donc forcément qu’aux plus importantes.

Remarques sur la deuxième partie. — Ici nous avons donné place aux écrivains qui, sans être nettement symbolistes, ont été, en poésie, les promoteurs du mouvement et sont avoués par les maîtres même de l’école comme les précurseurs les plus immédiats. Nous disons les plus immédiats, car à remonter un peu plus haut, — et ceci fait, du reste, l’objet d’un chapitre de notre autre étude, — il ne serait pas difficile de trouver ailleurs qu’en Nerval, Baudelaire, Barbey d’Aurevilly ou Villiers de l’Isle-Adam, des ancêtres plus ou moins éloignés du symbolisme. Mais alors que chez ces derniers le symbolisme n’est qu’un accident, il apparaît chez les autres comme un effort voulu vers la nouveauté. À cet égard, ils méritaient de figurer dans cette bibliographie. La rubrique qui les concerne y porte un titre en italique, pour éviter de les confondre avec les protagonistes de l’école.

Quant aux auteurs symbolistes eux-mêmes, le choix présentait quelques difficultés. On peut les répartir en trois catégories :

1o Ceux qu’on a coutume de faire figurer dans les recueils des poètes contemporains et que pour cette raison le public regarde à tort comme symbolistes. Sans être hostiles à la jeune école, souvent même en éprouvant pour ses adeptes de franches sympathies, ces écrivains ont néanmoins protesté contre le symbolisme, soit par la forme classique ou parnassienne de leurs vers, soit par la précaution jalouse qu’ils ont mise à ne jamais figurer dans les manifestations symbolistes de l’époque.

2o Ceux qui, au début de leur carrière, ont manifestement subi l’influence nouvelle, mais qui se sont rapidement évadés de la jeune école.

3o Ceux qui ont ouvertement fait profession de symbolisme dans leurs ouvrages, leurs manifestes ou leurs discours.

À la première classe appartiennent des indépendants, Barbusse, Despax, Fontainas, Lecomte, Le Roy, Magre, Roinard, Signoret et quelques poètes de « la Conque », Pierre Louys en tête. Nous les avons volontairement écartés de cette bibliographie.

Pour ceux de la deuxième catégorie, nous nous sommes borné à donner la bibliographie des œuvres qui appartiennent au symbolisme, en omettant délibérément les autres. Ainsi pour Bataille, illustre au théâtre dans un genre qui n’a rien de symboliste et qui se trouve être en poésie un disciple assez émancipé de Jammes.

Ceux de la troisième catégorie ont fait l’objet de toute notre attention et nous espérons avoir réussi à établir pour chacun d’eux une bibliographie à la fois exacte et complète.

A. B.