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Biographie. — Brun-Rollet

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BIOGRAPHIE.


BRUN-ROLLET


Brun-Rollet (Antoine), voyageur en Afrique, sur le nom et les travaux duquel les derniers voyages entrepris aux sources du Nil ont ramené l’attention du public, est né dans la petite ville de Saint-Jean de Maurienne en 1810. La France peut donc le réclamer pour un de ses enfants. Pauvre à son entrée dans la vie, il ne reçut que l’éducation des pauvres, et il dut refaire lui-même plus tard toutes ses études. Il fut aidé dans cette tâche par ses relations avec M. Belley, archevêque de Chambéry. Naturellement porté à l’enthousiasme, il prit en dégoût la vie étroite imposée à son pays ; il n’aspira plus qu’à émigrer sous un autre ciel, et, n’ayant pas assez de ressources pour aller à Paris, il saisit une occasion qui se présenta d’aller tenter la fortune plus loin et partit pour l’Égypte. M. Brun-Rollet remonta le Nil, pour la première fois, en octobre 1831, et arriva à Collabad, sur les confins de l’Abyssinie, le 21 mars 1832. Encouragé par les résultats de cette excursion, il prit pour point de départ et pour centre d’opérations Khartoum, capitale de la Haute-Nubie, au confluent du Nil Bleu et du Nil Blanc. Ensuite il fit, sous le nom de marchand Yacoub, de longues et nombreuses pérégrinations en dehors des frontières des domaines turcs, et pénétrant jusqu’au delà du 4e degré sud à Béténia, il recueillit des données exactes sur les Denkas, les Barys, les Chellouhs et une infinité d’autres tribus indépendantes échelonnées le long du Nil Blanc, et dont on connaissait à peine les noms.

Brun-Rollet, dessin de Fath d’après une photographie.

Le livre qu’il publia à Paris en 1855 sous ce titre : le Nil Blanc et le Soudan, Études sur l’Afrique centrale, mœurs et coutumes des sauvages, etc., etc., fit faire un grand pas à la question si controversée des sources du Nil. Il lui valut d’être admis dans la Société de géographie et d’être nommé consul de Sardaigne dans le Soudan oriental, en remplacement de M. Vaudey, assassiné en 1854 sur le Nil Blanc. Cette position officielle devait l’aider puissamment dans les excursions qu’il méditait et qu’il entreprit aussitôt après son retour dans le pays, avec la résolution d’aller aussi avant que possible. Quelques mois après son départ de Khartoum pour le Sud, il adressa, des bords du Misselad ou Bahr-el-Gazal, au ministère des affaires étrangères, à Turin, un rapport daté du 1er février 1856. Il avait parcouru le lac de deux cents kilomètres de long par lequel le Nil Blanc communique avec le Misselad, et remonté sans difficulté déjà pendant cent soixante kilomètres, cette belle et large rivière, qui se dirige vers les monts Kombirat et lui paraissait être le vrai Nil.

Il essuya dans cette exploration de telles fatigues, que sa constitution, éprouvée cependant par de longues années de séjour dans les régions du haut Nil, ne put y résister. Rentré malade à Khartoum, il y mourut le 27 septembre 1857, inscrivant ainsi un nom de plus sur le martyrologe de la géographie africaine.