Biographie nationale de Belgique/Tome 1/ALDEGONDE, Sainte

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ALDEGONDE (Sainte), première abbesse de Maubeuge et sœur de sainte Waudru, naquit, vers l’an 630, au bourg de Coursolre (Curtisorra), dans l’ancien Hainaut et qui fait partie aujourd’hui de l’arrondissement d’Avesnes (France). Son père, Walbert, et sa mère, Bertilie, appartenaient à la première noblesse du pays. Jeune, riche et vertueuse, Aldegonde fut de bonne heure recherchée en mariage par plusieurs seigneurs des environs ; toutefois décidée à se consacrer à Dieu, elle refusa constamment les plus illustres alliances. Ses parents respectèrent cette volonté ; mais après leur mort, elle se vit exposée aux plus grands dangers. Un prince, que les historiens du temps nomment Eudo, prétendait l’épouser. Ne pouvant vaincre la résistance de la sainte, il résolut de s’emparer de vive force de sa personne. Pour éviter ses poursuites, Aldegonde fut obligée de s’enfuir de son domaine de Coursolre et de se cacher dans le bois de Maubeuge (Malbodium) sur la Sambre.

Ce fut là qu’elle apprit l’arrivée de saint Amand et de saint Aubert au monastère de Haumont. Elle s’y rendit aussitôt et reçut d’eux le voile monastique. Elle retourna ensuite au bois de Maubeuge et y bâtit un monastère. Deux de de ses nièces, Adeltrude et Madelberte, filles de sainte Waudru, et plusieurs autres personnes de condition vinrent s’y mettre sous sa direction. Telle fut l’origine du célèbre chapitre de chanoinesses nobles, qui y subsista jusqu’à la révolution française. Des détails historiques précis nous manquent sur la vie de sainte Aldegonde. Après avoir été de longues années abbesse de Maubeuge, elle y mourut paisiblement au milieu de ses sœurs, vers 685 ou 689.

Le corps de sainte Aldegonde fut transporté d’abord à Coursolre, puis placé, dans une châsse magnifique, dans l’église du chapitre de Maubeuge. Cette châsse, précieuse pour l’histoire de l’orfévrerie belge au xvie et au xviie siècle périt, à la révolution française, et les reliques de la sainte reposent aujourd’hui dans une nouvelle châsse, à l’église paroissiale de Maubeuge.

Le testament de sainte Aldegonde, tel que Foppens l’a publié dans les Opera diplomatica de Miræus, t. III, p. 557, est, d’après Le Glay (Revue des Opera Diplomatica de Miræus, p. 165), un document, sinon entièrement apocryphe, du moins en grande partie interpolé.

Il ne reste plus à Coursolre aucun vestige du temps de sainte Aldegonde, sinon un caveau où, d’après la tradition, la sainte se retirait pour prier. Un faubourg de Maubeuge porte encore aujourd’hui son nom, et on y voit une fontaine et une chapelle qui lui sont consacrées.

Eugène Coemans.

Acta SS. Januarii, t. II. — Mabillon, Acta SS. Ord S. Bened., t. II. — Ghesquiere, Acta SS. Belgii, t IV. — Molanus, Nat. SS. Belgii, p. 19. — Le Glay, Cameracum christianum, p. 246. — De Ram, Hagiographie nationale, t. I.