Biographie nationale de Belgique/Tome 1/ANSÉGISE (Chèvremont)

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ANSÉGISE, mort vers 673, était fils de saint Arnould, seigneur neustrien, et de la bienheureuse Dode. On ignore le lieu et la date précise de sa naissance. Il s’attacha de bonne heure à Pepin de Landen, maire du palais sous Chlotaire II et de plusieurs de ses successeurs, et épousa sa fille, sainte Begghe, dont il eut un fils, Pepin de Héristal, père de Charles Martel et aïeul de Pepin le Bref, roi de France et souche de la race carlovingienne.

Anségise, propriétaire de grands biens dans le pays qui prit plus tard le nom de duché de Brabant, résidait habituellement au château de Chèvremont, près de Liége. C’est cependant à tort que plusieurs historiens lui donnent le titre de duc de Brabant : ce duché ne fut constitué que beaucoup plus tard. Voyez De Vaddere (Traité de l’origine des ducs de Brabant, part. I, pp. 88-106). Anségise étant un jour à la chasse, trouva un enfant nouveau-né que l’on avait abandonné. Il le recueillit, lui donna le nom de Gondouin, le fit élever et le combla de faveurs. Mais il en fut récompensé par la plus noire ingratitude. Gondouin convoitait en secret les grands biens de son père adoptif et même la main de sainte Begghe. Pour parvenir à son but, il eut recours à l’assassinat, si fréquent dans ces temps barbares, et tua Anségise à la chasse. Sainte-Begghe dut fuir devant le meurtrier de son mari et se réfugia dans la Hesbaie ; elle quitta ensuite le monde. Pepin de Héristal vengea plus tard la mort de son père.

Quelques hagiographes donnent à Anségise le titre de bienheureux et de martyr, parce qu’il périt victime de sa charité et de sa bienfaisance ; on ignore cependant s’il a été honoré quelque part d’un culte public.

Eugène Coemans.

Haræus, Ann. Duc. Brabant., t. I, p. 15. — Ghesquiere, Acta SS. Belgii, t. V, p. 71. — Dom Bouquet, Recueil des hist. de France, t. II. — Dom Calmet, Histoire de Lorraine, preuves, t. I.