Biographie nationale de Belgique/Tome 1/AUSSAY, Pierre D’

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*AUSSAY (Pierre D’) ou D’AUXY, évêque de Tournai, était bourguignon de naissance, comme Philippe d’Arbois à qui il succéda. Docteur en droit et chanoine de Tournai, il fut choisi par le chapitre, en 1378. Son entrée eut lieu l’année suivante. On fit grâce, à cette occasion, aux bannis pour un an. Malheureusement, les divisions religieuses du xive siècle, résultant de la coexistence de deux papes, Urbain et Clément, dont l’un résidait à Rome et l’autre à Avignon, diminuaient fort le diocèse de Tournai. L’évêque clémentiste était réduit à Tournai et au Tournaisis, son compétiteur, urbaniste, ayant pour lui tous les Flamands. Ceux-ci d’ailleurs, détestaient dans l’évêque un partisan de leur comte, auquel ils faisaient alors une guerre acharnée. Le prélat en subit sa part de désastres. Le château d’Helchin, sorte de forteresse qui servait en même temps à la villégiature des évêques tournaisiens, fut brûlé par les Gantois pendant le siége d’Audenaerde : il n’en resta que les murailles. Pierre d’Aussay fit de louables démarches pour réconcilier ses ouailles rebelles avec Louis de Male. Une lettre qu’il écrivit aux Gantois (1383) les engagea à entrer en pourparlers de paix. L’évêque envoya des délégués à Eename, où ils se rencontrèrent avec ceux de l’évêque de Liége et ceux des révoltés. Déjà en 1382, il y avait eu dans la ville épiscopale une réunion entre les députés des deux partis. Philippe d’Artevelde y parut ; mais on lui fit de si dures conditions, qu’il préféra tenter un suprême effort. La fortune qui lui donna la victoire à Beverhout lui réservait la mort à Roosebeke. Au retour de cette victoire, Charles VI se reposa dans la ville fidèle aux rois de France. En cette circonstance, l’évêque hébergea l’oncle du monarque, le duc de Berry. Plus tard, il eut pour hôtes le duc et la duchesse de Brabant, qui réussirent enfin, mais non sans peine, à mettre d’accord l’orgueilleux duc qui succédait au comté de Flandres et les intraitables bourgeois de Gand (1385). Il avait assisté, l’année précédente, en l’église Saint-Pierre de Lille, avec l’archevêque de Reims, les évêques de Paris, de Cambrai et d’Arras, et cinq abbés, aux funérailles de Louis de Male. Il paraît que, las des dissensions religieuses qui lui aliénaient la plus grande et la plus riche partie de son diocèse, il s’était retiré à Paris, où les prélats tournaisiens possédaient un hôtel. C’est là qu’il mourut en 1387 ; et l’on raconte que, privé de son bien durant sa vie, l’évêque défunt fut encore dépouillé par des serviteurs sacriléges.

F. Hennebert.

Cousin, Histoire de Tournai. — Froissart. — Catulle. — Kervyn, Hist. de Flandre.