Biographie nationale de Belgique/Tome 1/AYE, Sainte

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AYE (Sainte), nommée aussi AYA ou AGIA, épouse de saint Hydulphe, morte à Mons en 708 ou 709. Les anciens hagiographes font descendre cette sainte en ligne directe de Clodion, roi des Francs, et, par sa mère, des anciens rois de la Grande-Bretagne ; mais l’authenticité de ces généalogies est loin d’être établie. Il est certain toutefois qu’elle appartenait à l’une des plus illustres familles de l’ancienne Belgique, comme le prouve sa proche parenté avec sainte Waudru et sainte Aldegonde. Elle était fille de Brunulphe, riche seigneur heunuier et de Vraie ou Vraye (Freya), fille du seigneur ou comte de Boulogne-sur-Mer. Ses parents la donnèrent en mariage à Hydulphe, puissant seigneur australien. Cette union fut heureuse et marquée par une longue suite de fondations pieuses ou charitables ; aussi trouvons-nous les noms d’Hydulphe et d’Aye dans l’histoire de la fondation des monastères de Mons (Castrilocus), de Lobbes, d’Aulne, de Wallers et de Crépin, qui contribuèrent si largement, au viiie siècle, à la civilisation de l’ancien Hainaut et de la Belgique orientale. Après de longues années de mariage, Aye et Hydulphe se séparèrent pour se donner entièrement à Dieu. Hydulphe entra à l’abbaye de Lobbes et son épouse prit le voile au monastère de Sainte-Waudru (Castrilocus et plus tard Mons). Il n’est cependant pas certain qu’elle ait succédé à sainte Waudru en qualité d’abbesse.

Plusieurs historiens donnent à sainte Aye les titres de duchesse de Lotharingie, comtesse de Hainaut, de Cambrai et d’Ardenne. Nous ferons remarquer simplement que ces principautés n’existaient pas encore au temps où vivait notre sainte. Elle et son mari possédaient de grands biens dans le pagus Hainoensis et dans les territoires que nous venons de nommer et devaient y exercer nécessairement une grande autorité, mais cela ne suffit pas pour légitimer ces titres pompeux.

Eugène Coemans.

Choquet, Vie de sainte Aye. Mons, 1640. — Coret, Triomphe de sainte Aye. Mons, 1674. — Vinchant, Ann. du Hainaut, t. II, p. 91 (Édition Biblioph. belg.). — Act. SS. Junii, t. IV, p. 582. — Ghesquière, Act. SS. Belgii, t.V, p. 553. — De Bossu, Hist. de Mons, p. 18.

AYNSCOM (François-Xavier), d’origine anglaise, naquit à Anvers en 1624, et mourut dans la même ville, âgé de trente-six ans seulement. Il avait commencé de bonne heure la carrière scientifique ; dès l’âge de quatorze ans il entra dans l’ordre des Jésuites. Il devint ensuite professeur de belles-lettres et de sciences mathématiques. Ce fut en 1656 qu’il publia l’ouvrage dans lequel il entreprit de défendre, ainsi que l’avait déjà fait le père Sarapa, le fameux ouvrage de Grégoire de Saint-Vincent sur la quadrature du cercle. Sa tâche eût été facile, s’il n’avait eu qu’à faire valoir le nombre et l’importance de vérités nouvelles que renfermait ce recueil de mathématiques, d’un des savants les plus ingénieux de cette époque ; mais il prétendait soutenir une proposition erronée dont plusieurs géomètres démontraient la fausseté. Il est juste de reconnaître, d’ailleurs, que ce qui aujourd’hui, grâce à la marche des sciences, se trouve pleinement démontré, pouvait autrefois arrêter encore les géomètres les plus exercés.

Les admirateurs du talent de Grégoire de Saint-Vincent étaient nombreux ; mais les attaques de ceux qui croyaient qu’il s’était trompé sur la question de la quadrature du cercle n’en furent que d’autant plus vives. Le père Aynscom entreprit, en 1656, de répondre aux plus habiles. Neuf ans après la publication du grand ouvrage de Grégoire de