Biographie nationale de Belgique/Tome 1/BAERT, François

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BAERT (François), hagiographe, né à Ypres, en 1651, mort le 27 octobre 1719. Ses parents, qui habitaient la ville de Bailleul, s’étaient réfugiés, durant la guerre, dans la capitale de la Flandre occidentale. A l’âge de dix ans, il commença ses humanités chez les Pères Jésuites, qui le reçurent comme novice après qu’il eut terminé ses études. Il débuta dans l’enseignement des humanités, à Bruges et alla étudier la théologie à Louvain, dans la maison de son ordre. On apprécia bientôt ses grandes capacités, et il fut associé, en 1681, aux Bollandistes, qui résidaient alors à Anvers. Ceux-ci, guidés par le Père Papebroch, venaient de terminer le 7e volume du mois de mai, qu’ils dédièrent à l’archevêque de Cologne, Maximilien-Henri. Le Père Baert fut adjoint au Père Janning pour aller offrir la dédicace du nouveau volume à ce prélat, dont ils sollicitèrent la protection pour obtenir l’accès dans les bibliothèques de Cologne, de Prague, de Vienne et d’autres villes de l’Allemagne.

Ils furent parfaitement accueillis à la cour de l’empereur Léopold, qui leur donna aide et protection pour continuer leurs savantes recherches. Ils revinrent en Belgique munis de documents nouveaux et importants. Baert continua ses travaux d’investigation, surtout pour ce qui concernait l’hagiographie écossaise ; il corrigea lui-même les épreuves et fut chargé de la confection des tables analytiques et alphabétiques de plusieurs volumes des Acta Sanctorum. Notre bollandiste s’occupa non-seulement de ces travaux arides, mais il publia encore plusieurs vies de saints et notamment dans le tome I de juin : Vita S. Aldalgisi, S. Evemyreni, Acta Sanctæ Ninocæ, dans le tome II de juin, Acta SS. Pauli et Colmani, Acta SS. Columbi et Baithæni, Acta S. Basilii magni ; dans le tome III de juin, Acta SS. Huvini et Molingi ; dans le tome IV, Acta S. Majani, S. Eusebii et SS.Zenonis et Zenæ.

Durant différents voyages qu’entreprit le père Baert, dans l’intérêt de l’œuvre bollandienne, il recueillit quantité de matériaux propres à être insérés dans ce vaste ouvrage, et étudia tout à la fois les mœurs et les coutumes des peuples qu’il visita.

Il montre dans ses écrits une vaste érudition et une critique sûre, surtout en ce qui concerne les pièces apocryphes et les documents douteux. Ses dissertations sur le schisme écossais, relativement à la célébration de la fête de Pâques, et ses données historiques sur l’Écosse ancienne et moderne n’ont été traitées par aucun de ses devanciers avec la lucidité et les détails qu’il a donnés à cette œuvre. Une paralysie, suite d’une apoplexie, dont il fut atteint, en 1716, l’empêcha de continuer ses travaux. Il succomba à son mal dans la maison professe de son ordre, à Anvers, après avoir subi l’amputation du pied droit, devenu incurable par suite de la gangrène.

F. Vande Putte.