Biographie nationale de Belgique/Tome 1/BALDÉRIC II

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BALDÉRIC II, aussi nommé Baldric ou Baudry, quarante-septième évêque de Liége, décédé à Heremandout, le 29 juillet 1017. La mort venait d’enlever à l’Église de Liége le grand Notger, et il semblait difficile de trouver un successeur à un prélat qui avait réuni à un si haut degré les brillantes qualités du prince aux vertus et au savoir d’un évêque accompli ; Baldéric fut trouvé digne de cet honneur, et l’on peut dire à sa gloire que son règne ne fut qu’une continuation de l’administration sage et ferme de Notger. La généalogie de Baldéric est fort obscure et on ne saurait dire avec certitude de qui il descendait. Il résulte cependant de divers diplômes, qu’il était frère de Gislebert, troisième comte de Looz, et proche parent d’Arnould, comte de Valenciennes, et de Lambert le Barbu, comte de Louvain. A l’exemple de Notger, Baldéric s’appliqua constamment à développer la puissance du pays de Liége. Il obtint plusieurs augmentations de territoire de l’empereur Henri II, et reçut de Gérard, évêque de Cambrai, et de son frère Godefroi, la ville et le monastère de Florennes. Il hérita également de son parent Arnould, comte de Valenciennes, un château fort et divers alleux, probablement situés sur la limite de l’ancien comté de Flandre. Gilles d’Orval et tous les historiens qui l’ont suivi, ont cru que cet Arnould était comte de Looz et que ce fut son château et le comté de Looz qu’il légua à l’Église de Liége ; mais ils paraissent s’être trompés (Voir J. Daris, Bulletin de la Société du Limbourg, t. III, p. 37), et on ne sait plus au juste où se trouvait ce domaine.

Le nom de Baldéric se rattache à plasieurs anciens monuments de Liége. Ce fut lui qui consacra, en 1015, en présence de saint Heribert, archevêque de Cologne, la cathédrale de Saint-Lambert et qui bénit, peu de jours après, l’église de Saint-Barthélemy, due à la générosité de Godescalc de Morialmé, prévôt de Saint-Lambert. Ce fut encore lui qui jeta les fondements de Saint-Jacques, cette magnifique église qui, pendant les siècles suivants, devait s’enrichir, avec tant de profusion, de chefs-d’œuvre de tout genre.

Durant un règne d’environ dix ans, Baldéric fut entraîné dans deux guerres ; mais ses armes furent moins heureuses que celles de Notger. Il avait construit, vers l’an 1010, un château fort dans son alleu de Hougaerde, pour se mettre à l’abri des déprédations de Lambert, comte de Louvain. Celui-ci se plut à y voir une provocation et une menace, et il s’ensuivit une guerre qui se termina par la bataille de Hougaerde (1013). Ce combat fut fatal aux Liégeois. Au commencement de l’action, l’évêque remporta quelque avantage, mais Robert, comte de Namur, son allié, ayant passé, au fort de la mêlée, du côté des Brabançons, les Liégeois furent entièrement défaits et laissèrent trois cents morts sur le champ de bataille. Baldéric pleura longtemps la mort de ses sujets, et fouda le couvent de Saint-Jacques, afin qu’on y priât perpétuellement pour l’âme de ses défenseurs. En 1017, Baldéric dut suivre Godefroi de Lorraine dans une expédition contre Théodoric, comte de Frise, qui venait d’être mis au ban de l’Empire à cause de ses brigandages. Déjà malade au début de la campagne, il ne put en supporter les fatigues et mourut au village de Heremandout. Son corps fut transporté à Liége et enterré dans la crypte de l’église Saint-André. Baldéric avait été pendant sa vie le protecteur zélé des écoles fondées par Notger ; il légua, en mourant, une partie de ses biens aux pauvres de sa ville épiscopale, et l’on peut dire qu’il fut l’un des meilleurs évêques de Liège.

Eugène Coemans.

Anselmus, Vita Balderici in Chapeaville, t. I, pp. 222-242. — Fisen, Hist. Leod., pp. 255-261. — Foullon, Hist. Leod., t. I, pp. 208-212. — Daris, Hist. de Looz, t. I, pp. 385 et 386.