Biographie nationale de Belgique/Tome 1/BARTHÉLEMI DE MAESTRICHT

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BARTHÉLEMI DE MAESTRICHT, théologien, naquit au chef-lieu du Limbourg néerlandais, dans la seconde moitié du xive siècle, et mourut le 12 juillet 1446. Après des études solides comprenant tout le programme de l’enseignement littéraire de son temps, il embrassa l’état ecclésiastique et obtint une chaire de théologie à Heidelberg, où il remplit même, pendant quelques mois, les importantes fonctions de recteur de l’université. Son enseignement et ses écrits lui avaient donné une grande notoriété, lorsque, poussé par le désir de se livrer à une vie plus austère, il entra dans l’ordre des Chartreux. Il devint bientôt prieur du couvent de Bethléem à Ruremonde, où il eut sous sa direction le célèbre Denis de Ryckel, qui jeta plus tard, sous le titre de Docteur extatique, tant d’éclat sur l’institut de saint Brunon. Élevé, l’année suivante, à la dignité de visiteur de la province du Rhin, il fut plusieurs fois appelé, en cette qualité, à prendre part au chapitre général de son ordre, qui se réunissait à la grande Chartreuse, près de Grenoble[1]. Il s’y rendait à pied, un bâton de chêne à la main, et, allant de couvent en couvent, il franchissait avec un courage inébranlable la distance de plus de deux cents lieues qui séparait Buremonde des montagnes du Dauphiné. Dorlandus, dans son Chronicon cartusiense, nous apprend que tous les pères du chapitre général le recevaient « comme un ange de Dieu, » et que ses avis exerçaient une influence souveraine sur toutes leurs décisions. Son zèle, sa piété, sa science et sa modération étaient universellement reconnus. Il mourut à la chartreuse de Cologne, laissant plusieurs ouvrages qui, à la fin du dernier siècle, étaient encore conservés dans ce monastère. Petræus (Bibliotheca cartusiana) lui attribue les traités suivants : 1° De Passionibus animæ. — 2° De Virtutibus. — 3° De Septem peccatis capitalibus. — 4° De Oratione. — 5° Oratio longa et devota. — 6° Tractatus excitans ad devote celebrandum. — 7° De Excellentiis Divæ Virginis. — 8° De humilitate. — 9° De omnibus Sanctis. — 10° De fraterna correctione. — 11° Instuctio quo pacto religiosus in publicis se habere tractatibus debeat. — 12° Liber collectaneorum ex diversis Sanctorum dictis. — 13° De Auctoritate concilii supra Papam. — 14° Sermones septem de obedientia, dilectione, humilitate, pœnitentia, oratione. — 15° De Laudibus religiosorum, observationeque silentii. — 16° De non esu carnium apud Cistercienses. Paquot, dans ses Mémoires, ajoute à cette liste cinq autres traités, dont voici les titres : 1° De Judiciis temerariis. — 2° De Juramento et voto. — 3° Dialogus de consolatione novitiorum. — 4° De proclamationibus capitularibus. — 5° Opusculum de modo ordinandi animam.

J.-J. Thonissen.

Dorlandus, Chronicon cartusiense. — Petræus, Elucidatio in septem Petri Dorlandi chronici cartusiensis libros. — Petræus, Bibliotheca cartusiana. — Trithemius, Scriptores ecclesiastici. — Possevinus, Apparatus sacer. — Sutorius, De Viris illustr. ordinis cartus. — Paquot, Mémoires. — Sweertius, Athenæ Belgicæ. — Fabricius, Bibliotheca latina mediæ et infimæ ætatis.


  1. La province du Rhin de l’ordre des chartreux comprenait les treize monastères dont les noms suivent : Saint-Michel, près de Mayence ; Saint-Alban, près de Trèves ; Saint-Béat, près de Conflans ; Sainte-Barbe, à Cologne ; Sainte-Marie, près de Strasbourg ; Mont-Saint-Jean, près de Fribourg en Suisse ; Bethléem, à Ruremonde ; Saint-Paul, près de Berne ; Val Sainte-Marguerite, à Bâle ; Regina cœli, près de Wesel ; Saint-Sixte, à Pettel sur la Moselle ; Notre-Dame, près de Juliers ; Château de la Vierge, près de Dulmen, en Westphalie. — Driscart, Chronique de l’ordre sacré des Chartreux, p. 409. Tournai, 1644.