Biographie nationale de Belgique/Tome 1/BAURSCHEIT, Jean-Pierre VAN (le vieux)

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BAURSCHEIT, Jean-Pierre VAN



*BAURSCHEIT (Jean-Pierre VAN), le Vieux, sculpteur et architecte, né à Würmerdorff près de Bonn, le 8 décembre 1669. Immerzeel lui consacre quelques lignes en le nommant Pierre van Baursheit ; cet auteur ne fait aucune mention de son fils et néglige plusieurs particularités importantes de la vie du père, particularités qui ont été recherchées et publiées par les auteurs du catalogue du Musée d’Anvers. Van Baurscheit quitta jeune sa patrie et vint à Anvers où il entra dans l’atelier du celèbre sculpteur Pierre Scheemaeckers. Décidé à se fixer définitivement dans la ville artistique par excellence, Jean-Pierre se fit recevoir dans la corporation de Saint-Luc et y fut inscrit comme franc-maître, en 1695. Non-seulement le jeune artiste voulait devenir sculpteur, mais, il s’était en même temps adonné à l’architecture ; il consacra son adoption d’une nouvelle patrie, en épousant, la même année de sa réception à Saint-Luc, Marie-Catherine Baets, fille d’un marchand de tableaux et dont les frères, Pierre et Marc, étaient tous deux peintres. Trois enfants naquirent de cette union, deux filles et un fils, l’architecte et statuaire dont on parlera plus loin. Malheureusement Van Baurscheit perdit sa femme peu de temps après la naissance de ce fils. En 1704, il se remaria avec Isabelle de Coninck qui, à son tour, lui donna trois enfants, deux fils et une fille. Par son talent comme par les qualités honorables de son caractère, Baurscheit avait su se faire à Anvers, quoique étranger, un grand nombre d’amis ; ses alliances honorables, sa conduite, lui attirèrent la protection de l’autorité et il fut nommé sculpteur et architecte du roi ; en même temps, le souverain le chargea de diriger les travaux publics. De 1709 à 1713, il exerça les fonctions de contre-waradin de la monnaie de Brabant, à Anvers. Dans cette dernière année il transmit cette place à son fils, Jean-Pierre le jeune. Nous ferons remarquer qu’on n’obtenait le titre de contre-waradin que grâce à une protection toute spéciale, car divers priviléges fort importants y étaient attachés. « Jean-Pierre van Baurscheit, le vieux, dit le catalogue du Musée d’Anvers, mourut en mai 1728, dans la maison dite Reuzenhuys (maison des géants), rue des Nattes, à Anvers. Cet édifice, dont la façade était ornée d’une statue de Salvius Brabo, le vainqueur du fabuleux géant d’Anvers, Druon Antigon, appartenait, à cette époque, à la commanderie de Pitsenbourg, de l’ordre Teutonique, établie à Malines ; il fut détruit par un incendie, au mois de juillet 1856. »

C’est dans l’église de Sainte-Walburge qu’on déposa les dépouilles mortelles de Van Baurscheit, sous une simple pierre ne portant que son nom de famille. C’est à Anvers que se trouvent naturellement les principales œuvres de notre artiste. Au Musée se voit le buste de Philippe V d’Espagne, successeur de Charles II, en perruque, en cuirasse et en haubert, un ample manteau jeté sur ses épaules, l’ordre de la Toison d’or sur la poitrine, celui du Saint-Esprit sortant de dessous le manteau, à droite ; le personnage est fièrement campé, la tête expressive a beaucoup de noblesse, la bouche respire la fierté et le dédain. L’œuvre est signée : J. P. Van Baurscheit ad vivum F. A. MDCC. Le modèle avait donc dix-sept ans. A l’église de Saint-Paul, autrefois les Dominicains, on trouve plusieurs morceaux de Van Baurscheit, le père. Un autel en marbre, celui du Saint-Rosaire, est orné de plusieurs statues ; on remarque celles de la Vierge, de l’Enfant Jésus, de sainte Catherine et de saint Dominique. Une Mater dolorosa, en marbre blanc, dans la même église, passe pour un chef-d’œuvre du maître. Un autre temple d’Anvers doit également une partie de son ornementation au sculpteur Van Baurscheit, c’est l’ancienne église des Jesuites dédiée à saint Charles Borromée. Les statues du portail et la chaire de vérité méritent surtout d’être citées ; on y admire les confessionnaux, les boiseries et les bas-reliefs de la partie gauche du chœur. M. Chrétien Kramm dit avoir vu de notre artiste une statuette sur un piédestal, au-dessus d’un bénitier, et représentant une Vierge avec l’Enfant, de mérite peu transcendant et signée comme suit : Nobil. P. V. Baurscheit statuarius et architectus Cæsaris inventor et fecit 1723.

Ad. Siret.