Biographie nationale de Belgique/Tome 2/BEYERLINCK, Laurent

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BEYERLINCK (Laurent), polygraphe, né à Anvers, le 12 avril 1578, décédé dans la même ville, le 7 juin 1627, fit ses humanités au collége des jésuites. Il entra d’abord dans la carrière du commerce ; mais bientôt, dégoûté des opérations arides et monotones auxquelles il fut forcé de se livrer, il alla étudier la philosophie à l’Université de Louvain. Il ne tarda pas à y prendre l’habit ecclésiastique, et, tout en scrutant avec ardeur les problèmes de la théologie et du droit canon, il accepta les fonctions de professeur de rhétorique au collége de Vaulx, devenu plus tard le collége de la Sainte-Trinité. Malgré sa jeunesse, il fut ensuite curé de Hérent, près de Louvain, professeur de philosophie chez les chanoines réguliers du couvent de Bethléhem, situé dans sa paroisse, et coadjuteur du doyen du district. En 1605, il subit avec éclat les épreuves requises pour l’obtention du grade de licencié en théologie. Quelques mois après, ayant à peine atteint sa vingt-septième année, il fut appelé à Anvers par l’évêque Jean le Mire et y devint successivement président du séminaire, chanoine de la cathédrale, censeur des livres, archiprêtre du district rural et archiprêtre de la ville, titres auxquels le pape Paul V ajouta celui de protonotaire apostolique. Pieux, savant, modeste, prédicateur distingué, rigide pour lui-même, indulgent pour les autres, Beyerlinck partageait son temps entre les fonctions du saint ministère et la composition de ses livres, jusqu’à ce que, épuisé par un travail excessif, il succomba, à l’âge de quarante-neuf ans, emportant les sympathies et les regrets de tous ceux qui l’avaient connu. Il a laissé les ouvrages suivants : — 1° Apophthegmata christiana. Antv., Jean Moretus, 1608, in-8°. — 2° Seminarii Antverpiensis parentalia in funere R. D. Joannis Mirœi, Antverpiensium episcopi, suique institutoris ; perorante L. Beyerlinck, ejusdem seminarii prœside, VII kal. april. MCXI. Antv., vid. et fil. J. Moreti, 1611, in-8°. — 3° Chronici opmeriani auctarium ab anno MDLXX ad annum MDCXII. — Pierre van Opmeer avait rédigé une espèce de chronique très-remarquable pour son époque, sous le titre de Opus Chronographicum orbis universi à mundi exordio usque ad annum MDLXIX, continens historiam, icones et elogia summorum pontificum, imperatorum, regum ac vivorum illustrium. Beyerlinck continua l’ouvrage jusqu’en 1612, et ce supplément parut, la même année, à la suite du livre d’Opmeer, à Anvers, chez Verdussen, in-fol. — 4° Promptuarium morale super Evangelia communia et particularia quædam festorum tolius anni, additis nonnulis argumentis, a pastoribus nonnunquam proponi solitis, ad instructionem conciniatorum, reformationem peccatorum, consolationem piorum ; ex S. scriptura, SS. patribus et optimis quibusdam scriptoribus studiose collectum. Ce livre, qui obtint plusieurs éditions, fut publié en trois parties : Pars œstiva. Colon., Ant. Hieratus, 1613, in-8° ; pars hiemalis, ibid., 1615, in-8° ; pars tertia et miscllanea, ibid., 1616, in-12. — 5° Biblia sacra variarum translationum, tribus tomis distincta. Antv., Joan. Keerberg, 1616, in-folio. Pour l’Ancien Testament, on trouve dans ce recueil, outre la Vulgate, la version de Pagnin, la traduction latine du texte des Septante faite par ordre de Sixte V et celle de Léon de Juda, corrigée par les inquisiteurs d’Espagne. Pour le Nouveau Testament, il renferme les traductions de Guidon Fabricius, d’Arias Montanus et d’Érasme. — 6° Laurentius Beyerlinck, archipresb. Antverpiensis, profectionis Marci-Antonii de Dominis, quondam archiepiscopi Spalatenisis, consilium examinat. Antv., Bath. et Jos. Moretus, 1617, in-12. Beyerlinck traduisit lui-même cet écrit en flamand et le fit paraître, en 1618, chez Guillaume van Tongeren. — 7° Oratio in funere III. ac Rev. B. Matthiæ Hovii, archiepiscopi Mechlinensis, habita in exequiis ejusdem, celebratis per Reverend. B. Jacobum Boonen, episc. Gandavensem et IV archiepiscopum mechliniensem designatum, die VII julii MDCXX, in cœnobio Affligemensi, ubi ille diem suum obiit XXX mai, anno eodem. Antv., offic. Plant., 1620, in-4°. — 8° Laudatio funebris D. Philippi III, Hispaniarum et Indiarum regis, dicta in exequiis ejusdem solemniter celebratis in ecclesia cathedrali Antverpiensi, die XXII mensis maï MDCXXI. Antv., Balth. Moretus, 1621, in-4°. — 9° Serenissimi principis Alberti, Austriæ archiducis VII, Brabantiæ ducis I, laudatio funebris : dicta à L. Beyerlinck, canonico et archipr. ecclesiæ cathedralis Antverpiensis, in exequiis ejnsdem ibi honorifice celebratis ab universo clero, senatu et populo, die XIX augusti anni MDCXXI, postquam ille vivere desiisset julii prœcedentis die XIII. Antv.,offic. Plant., 1621, in-4°. — 10° Het leven en de mirakelen van de heylige bisschoppen Eligius, Willebrordus, Norbertus, apostelen van de Nederlanden, ende principalyck der stadt Antwerpen ; met oock een kort verhael van het beginsel van de religie der zelver stadt. Antw., Verschueren, 1622, in-4°. Une autre édition, accompagnée d’une version latine, parut chez le même éditeur, en 1651. — 11° Magnum theatrum vitæ humanæ, hoc est rerum divinarum humanarumque Syntagma, catholicum, philosophicum, historicum et dogmaticum : nunc primum ad normam polyantheæ cujusdem universalis, per locos communes juxta alphabeti seriem, sublata classium et historiarum iteratarum varietate, in tomos VII per libros XX dispositum : novis titulis, et catholicæ fidei dogmatibus, rerum quarumvis definitionibus, apophthegmatibus, hieroglyphicis, nominum etymologiis, historiarum et exemplorum cujusvis argumenti pluribus centuriis locupletatum. Insuper ab hœresi, variisque erroribus repurgatum, ac copiosissimo indice rerum, verborum et exemplorum, cum generali, tum singularum tomorium speciali, illustratum. Colon., Ant., et Arn. Hierati, 1631 ; 8 vol. in-folio.

Cette compilation colossale, qui fut réimprimée à Lyon, en 1678, et à Venise, en 1707, eut une destinée étrange. Conrad Lycosthènos, diacre de Saint-Léonard à Heidelberg, avait légué à Th. Zwinger, célèbre médecin de Bâle, une immense collection d’extraits et de réflexions, en le priant de les faire imprimer après les avoir mis en ordre. Zwinger accepta ce legs, ajouta ses propres recherches à celles de son ami et publia ainsi à Bâle, en 1565, le Theatrum vitæ humanæ, en cinq volumes in-folio. Trois éditions parurent de son vivant et, après son décès, son fils Jacques Zwinger, médecin et philologue comme lui, en fit paraître une quatrième avec de nombreuses additions. Beyerlinck s’empara à son tour de cet énorme recueil et lui consacra six années de sa vie. Il classa les matériaux par ordre alphabétique, y ajouta une quantité considérable de nouveaux articles, corrigea d’innombrables erreurs et s’attacha surtout à en élaguer soigneusement toutes les traces de protestantisme. Un licencié en théologie de Louvain, Gaspar Prinetius, y joignit une table des matières de six cent quatre-vingt-sept pages, et l’ouvrage atteignit ainsi les vastes proportions de huit volumes in-folio. C’est un indigeste amas de faits et de doctrines, une effrayante accumulation de matières religieuses, politiques, historiques et morales, où l’on rencontre çà et là, au milieu d’un déluge de détails inutiles, quelques indications précieuses sur l’état des lettres, des sciences et des mœurs au xvie siècle.

Outre les ouvrages dont nous avons donné la liste, Beyerlinck a publié, en 1609, un traité de controverse en langue flamande, que nous n’avons pu nous procurer et dont Paquot traduit ainsi le titre : Réponses catholiques aux questions ordinaires de ceux de la religion prétendue réformée. Anvers, J. Verdussen, in-12.

J.-J. Thonissen.

Paquot, Mémoires. — Val. Andreas, Bibliotheca Belgica. — Sweertius, Athenæ belgicæ. — Préfaces des ouvrages de Beyerlinck.