Biographie nationale de Belgique/Tome 2/BOEYENS, Adrien, fils de Florent

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BOEYENS, Adrien, fils de Florent



*BOEYENS (Adrien, fils de Florent), plus connu sous le nom d’Adrien VI, pape, né à Utrecht le 1er mars 1459, et décédé à Rome le 14 septembre 1523.

On a cru, à tort, que le nom patronymique d’Adrien était Boeyens. Cette qualification rappelle tout simplement le nom de baptême de son aïeul paternel. Florent, père d’Adrien, se nommait, selon l’usage de l’époque, Florijs Boeydens soen, Florens Boydijn, Boeyens ou Boyens, c’est-à-dire fils de Bandouin[1], comme Adrien lui-même était désigné par le nom de Meester Adriaen Floris, Florisze ou Florens van Uytrecht, et, en latin, magister Hadrianus Florentii de Trajedo. Adrien appartenait, par sa naissance, à une famille aisée et honorable de la ville d’Utrecht. Sa mère, Gertrude, devenue veuve, confia de bonne heure son jeune fils aux Hiéronymites de Delft. Il acheva ses humanités dans la célèbre école latine de Deventer, ou, selon d’autres, à celle de Zwolle. A l’âge de dix-sept ans, il fut envoyé à l’Université de Louvain, et immatriculé le 1er juin 1476 par le recteur Robert Vande Poele ou de Lacu. Il y suivit le cours biennal de la Faculté des Arts dans la pédagogie du Porc. Au concours général de 1478, il fut proclamé primus et admis, après dix années, comme membre de la Faculté des Arts, au conseil de l’Alma Mater, puis chargé de l’enseignement de la philosophie au collége du Porc.

Promu, en 1491, au grade de licencié en théologie, il obtint le canonicat de l’autel de Saint-André à l’église collégiale de Saint-Pierre, et, peu après, la cure du Grand-Béguinage à Louvain. Le 21 juin de l’année suivante, il reçut les insignes du doctorat. Marguerite d’York, sœur du roi Edouard IV d’Angleterre et veuve de Charles le Téméraire, supporta les frais de cette promotion doctorale. Six ans plus tard (1497), maître Adrien, comme on l’appelait, succéda au docteur Jean Vander Heyden (de Thymo, alias Vander Malen) en qualité de doyen du chapitre de Saint-Pierre, et, à deux reprises, il se vit élevé aux honneurs du rectorat académique. En 1507, l’empereur Maximilien lui confia l’éducation religieuse et scientifique de son petit-fils l’archiduc Charles d’Autriche, qui devint plus tard l’empereur Charles-Quint. Ce fut sans doute par l’entremise de sa bienfaitrice, Marguerite d’York, morte en 1503, qu’il eut l’avantage d’être connu à la cour. Comme le jeune archiduc résidait d’ordinaire au Château-César, à Louvain, son précepteur put continuer à donner ses leçons de théologie, et prendre une part active aux travaux littéraires de l’Université. Quant au bénéfice paroissial de Goeree, en Zélande, que Marguerite lui avait fait également conférer, il en remit la direction à un prêtre aussi savant que pieux, théologien gradué de l’Université de Louvain. Lui-même, néanmoins, alla chaque année, pendant les vacances, visiter les ouailles dont il était le pasteur, et leur donner en personne les soins du ministère sacré.

Le décanat de la collégiale de Saint-Pierre, à Louvain, ne fut pas le seul bénéfice dont jouit Adrien. Nous trouvons, en effet, qu’il fut en outre chanoine de Saint-Pierre à Anderlecht, prévôt de Saint-Quentin à Maubeuge, doyen de Notre-Dame à Anvers, chanoine-trésorier de Sainte-Marie et prévôt de Saint-Sauveur (Oude Munster) à Utrecht. Le cumul des bénéfices ecclésiastiques était alors un usage admis, usage fâcheux auquel le concile de Trente devait porter remède. D’ailleurs, Adrien employait religieusement le revenu de ses prébendes au soulagement des pauvres dont il était le père, à l’entretien d’étudiants dépourvus de ressources et à d’autres œuvres de charité. Ce fut vers 1513 qu’il acheta une maison située à Louvain, dans la rue du Mayeur, afin d’y recevoir et nourrir des jeunes gens qui se destinaient à l’étude des sciences ecclésiastiques. Parvenu au souverain pontificat, il dota richement cet institut, qui fut ouvert en 1523, et porte encore aujourd’hui le nom de Collége du Pape (Paus-Kollegie).

La nature de la position qu’il occupait mit le docteur Adrien en rapports fréquents avec Marguerite d’Autriche, tante de l’archiduc Charles et gouvernante des Pays-Bas. Cette femme distinguée le nomma, au commencement de l’année 1515, membre de son conseil et maître des requêtes. Il ne remplit pas longtemps ces fonctions; son désintéressement et sa clairvoyance blessaient trop quelques courtisans avides, eu particulier le sire de Chièvres, Guillaume de Croy, gouverneur militaire du jeune Charles. Tout fut mis en œuvre pour écarter Adrien de la cour, et l’intrigue réussit au gré des envieux. Adrien, d’abord envoyé dans la province de Hollande pour des affaires d’État, dut enfin abandonnera jamais le sol qui l’avait vu naître et la capitale du Brabant, où il avait vécu heureux pendant l’espace de quarante ans[2]. Il se mit en route pour l’Espagne, le 1er octobre 1515, afin d’y traiter devant Ferdinand le Catholique des affaires secrètes de haute importance. Le but avoué de cette mission était de négocier le mariage du souverain des Pays-Bas avec la princesse Renée, fille du roi Louis XIII; mais, en réalité, il s’agissait d’observer soigneusement ce qui se passait à la cour du vieux roi d’Aragon, et, dès que Ferdinand aurait rendu le dernier soupir, de prendre, au nom de Charles, la régence du royaume.

Assez froidement accueilli par Ferdinand et son entourage, l’envoyé néerlandais trouva un protecteur dans la personne du célèbre cardinal Ximénès, administrateur du royaume de Castille, depuis la mort de Philippe le Beau. La défiance soulevée contre Adrien ne tarda pas à s’évanouir, et le roi se montra bientôt plein de bienveillance pour celui que le cardinal appelait un homme vertueux et instruit. Au décès du roi, arrivé le 23 janvier 1516, Ximénès et Adrien administrèrent ensemble le royaume d’Aragon en qualité de régents, jusqu’à l’arrivée du nouveau roi Charles. Celui-ci, cédant aux désirs et aux instances de la reine Germaine d’Aragon, proposa son ancien précepteur à la confirmation du Saint-Siége pour le riche évêché de Tortose (Derthusium), en Catalogne. La préconisation eut lieu au mois de juin 1516. Le 14 novembre suivant, Adrien fut nommé, par bref apostolique, inquisiteur général de la foi pour l’Aragon et la Navarre. Le 1er juillet 1517, le pape Léon X, sur la demande formelle du roi d’Espagne, lui décerna la pourpre cardinalice avec le titre des Saints-Jean-et-Paul. Par un bref du 4 mars 1518, il lui conféra, en outre, la charge d’inquisiteur général pour les royaumes de Castille et de Léon.

Le jeune roi Charles se rendit, au mois de septembre 1517, dans la péninsule ibérique, où l’appelaient les instances de Ximénès, les vœux de la nation et la nécessité de raffermir le trône ébranlé par la faction des Communeros. Le vertueux Ximénès, qui, jusqu’alors, avait porté presque tout le poids des affaires, étant mort quelques mois avant l’arrivée du roi, le cardinal de Tortose resta seul chargé du gouvernement intérimaire, et l’administra aidé de quelques seigneurs espagnols.

Lorsqu’en 1519 la mort de Maximilien ouvrit à son petit-fils la voie de l’empire germanique, le nouvel empereur, prêt à se rendre en Allemagne pour les cérémonies du couronnement, remit au cardinal Adrien l’administration de tous les royaumes et états espagnols. L’acte impérial qui lui conférait ces pouvoirs est daté de Zamora, le 17 mars 1520.

Le pape Léon X décéda inopinément à la fleur de l’âge, le 1er décembre 1521. Le conclave, ouvert le 27 du même mois, réunit ses suffrages (à l’exception d’un seul), le 9 janvier 1522, sur le cardinal Adrien, évêque de Tortose, que l’on regardait généralement comme un saint. Ce fut à Vittoria, en Biscaye, qu’Adrien reçut, un peu plus tard, la nouvelle officielle de son élévation au souverain pontificat. L’élu, contrairement à l’usage reçu depuis le milieu du Xe siècle, conserva son nom de baptême en devenant chef de l’Église. Il quitta le port de Tarragone, le 4 août, et fit son entrée solennelle à Rome, le 29 du même mois. La prise de possession du siége basilical de Saint-Jean de Latran et le couronnement d’Adrien VI eurent lieu deux jours après. C’est ainsi que le précepteur de Charles-Quint ceignit la tiare. Les Pays-Bas, comme l’observe fort à propos M. Gachard, eurent l’insigne honneur de voir à la fois deux de leurs enfants devenus, l’un, le chef spirituel de toute la chrétienté, l’autre, le représentant le plus élevé en Europe du pouvoir temporel.

Charles-Quint, qui n’avait exercé aucune influence sur les délibérations du conclave, s’empressa d’envoyer à Vittoria le commandeur Lopez Hurtado de Mendoça, chargé d’exprimer à Sa Sainteté toute la joie de l’empereur et son respect filial pour elle. Adrien VI y répondit par une lettre pleine d’humilité et de dignité apostolique.

Autant Léon X avait déployé de magnificence dans sa cour, autant son modeste successeur y montra de simplicité et de frugalité. Ce contraste, il faut bien le dire, ne plaisait guère aux Romains, quoique édifiés de la vie exemplaire du pontife. Ajoutons qu’Adrien VI avait pour chambellan un Belge, Adrien de Marselaer, et pour secrétaire intime le pieux prêtre Thierry Hezius, natif de Heeze, près d’Eindhoven.

Nous sortirions du cadre de la Biographie nationale si nous voulions exposer ici ce que fit le pape Adrien VI pour réconcilier entre eux les princes chrétiens de l’Europe, étouffer la prétendue réforme naissante en Allemagne, et délivrer l’Europe des Turcs qui s’étaient rendus maîtres de Constantinople.

Adrien VI, épuisé par les fatigues du gouvernement d’Espagne et les travaux du pontificat romain, tomba malade, au mois d’août 1523. Il rendit pieusement son âme à Dieu, le 14 septembre, âgé de soixante-quatre ans et demi. Il n’avait occupé la chaire de Saint-Pierre que pendant un an, huit mois et cinq jours, à compter de son élection. Quatre jours avant sa mort, il avait donné l’institution épiscopale à Eustache de Croy pour l’évêché d’Arras, et conféré le chapeau de cardinal à Guillaume Enckevoirt. Il fut enterré, presque sans pompe, dans la basilique de Saint-Pierre. Son tombeau portait cette modeste inscription : Hadrianus sextus hic situs est, qui nihil sibi infelicius in vita duxit quam quod imperaret[3]. Le cardinal Enckevoirt fit transporter les restes de son bienfaiteur dans l’église nationale des Allemands, Santa Maria dell’ anima, et lui éleva un magnifique mausolée de marbre, qui est l’œuvre de Michel-Ange de Sienne, du Florentin Nicolas Tribolo et de Balthazar Peruzzi. La base du mo- nument porte l’inscription suivante :

Hadrano. vi. pont. max. ex Traiecto insigni infer. Germaniæ vbbe qvi dvm bervm hvmanar. maxime aversatvr splendorem vltro a procerib. ob incomparabilem sacrar. disciplinar. scientiam ac prope divinam castissimi animi moderationem Carolo. v. caes .avg. præceptor Eccle. dertvsensi antistes sacri senatvs patribvs collega Hispanar. regnis præses Reipvb. deniq christ. divinitus pontif. absens adscitvs Vix. ann. lxiiii. men. vi. d. xiiii decessit. xviii. kl. octob. an. a partv virg. mdxxiii. pont. svi anno. ii Wilhelmvs Enckenvoirt illvs benignitate et avspiciis TT. S. 10 et pavli presb. card. dertvsen. facivndvm cvr.

Adrien VI était un théologien érudit; les écrits qu’il nous a laissés se distinguent par de vastes connaissances et un jugement des plus solides. Il était également appréciateur des belles-lettres. Les éloges qu’il reçut d’Érasme, l’ennemi acharné des théologastres (c’était le nom qu’Érasme donnait aux théologiens qui, de son temps, faisaient usage, dans leurs écrits et dans leurs discours, d’un latin barbare), nous en fourniraient au besoin, la preuve irréfragable: Adrianus, dit-il en parlant d’Adrien VI, favebat scholasticis disciplinis; nec mirum si illis favebat in quibus a teneris unguiculis educatus, longo intervallo præcedebat omnes : sed ita favebat tamen, vt apud eum prima esset pietatis ratio, satis etiam æquus et candidus erga bonas literas ac linguas. Voici les principaux écrits sortis de la plume d’Adrien VI : — 1° Questiones Quotlibetice Excellentissimi viri : artium : et sacre theologie professoris loge celeberrimi. M. Hadriani Florentii de Trajecto : Prepositi insignis ecclesie sancti Salvatoris Trajectensis : atque preclariss. academie Lovaniensis Cancellarii. Venumdantur Lovanii e regione Scholæ ju. civi. in ædibus Theodorici Martini Alustensis. — A la fin du volume, on lit : Absolute sunt hee questiones anno a partu virgineo M.D.XV. Mense Martio; vol. in-folio de 134 feuillets. Cet ouvrage fut réimprimé à Louvain, par Thierry Martens, en 1518, in-folio de 158 feuillets; à Venise par Luc Antoine de Giunta, en 1522, in-folio de 81 feuillets; à Paris, vers 1525, par Jehan Frellon et de Marnef, in-folio de 109 feuillets; à Paris, par Claude Chevallon , en 1527, in-8° de 114 feuillets; à Paris, par Nicolas Savetier, en 1527 et 1531, in-8° ou in-folio; à Lyon, par Guillaume Rovilius, en 1546, in-8° de 343 feuillets; et enfin à Lyon, par Jacques Gionta, en 1547. Les Quæstiones quodlibeticæ sont des discours, en forme de thèses publiques, prononcés aux réunions solennelles qui, tous les ans au mois de décembre, se tenaient pendant huit jours à l’École de la Faculté des Arts, sous la présidence d’un membre de cette Faculté. — 2° Quæstiones in quartum Sententiarum præsertim circa sacramenta Magistri Hadriani Florentii Trajectensis Cancellarii Lovaniensis theologiæ ac pontificii juris doctissimi. Venumdantur in ædibus Jodoci Badii. Finis ad Calendas Aprilis MDXVI; vol. in-folio de 177 feuillets. Cet ouvrage qui est un traité complet sur les sacrements plutôt qu’un commentaire sur le Maître des Sentences, eut plusieurs éditions; il fut réimprimé, entre autres, par le même éditeur, en 1517 et 1518, in-folio : à Venise, par Jordan de Dinslaken, en 1522, in-folio; à Rome, par Marcellus, en 1522, in-folio de 229 feuillets ; à Paris (?), par H. F., en 1525, in-folio de 140 feuillets; à Paris, par Claude Chevallon, en 1530, in-8°; et à Lyon, par Guillaume Rovilius, en 1546, in-8° de 443 feuillets. Les Quæstiones in IV Sententiarum furent publiées à l’insu de l’auteur par quelques-uns de ses amis. Adrien s’est plaint très-amèrement du zèle précipité qu’on mit à livrer au public, pendant qu’il était en Espagne, un travail auquel il n’avait pu mettre la dernière main. — 3° Sermo paræneticus in computum hominis christiani agonizantis. — Sermo de sacculo pertuso sive de superbia. Ces deux discours, composés par Adrien, lorsqu’il était évêque de Tortose, ont été imprimés d’abord à Anvers, en 1520, et puis à Venise et à Rome, en 1522, à la suite des Quæstiones quodlibeticæ et des Quæstiones in IV Sententiarum. Le premier traité est dédié à Adrien van Heyleweghen, receveur de Charles-Quint dans le quartier de Louvain. — 4° Regvle Ordinationes et Constitutiones Cancellariæ Sanctissimi domini nostri Domini Adriani divina providentia Pape VI. — Regvle Ordinationes et Constitutiones Cancellariæ domini nostri Domini Adriani divina providentia Pape VI. Die. XI. Octobris publicatæ. — Impressum Antverpiæ; in intersignio Rapi, in ædibus Michaëlis Hillenii Hoochstratani. Anno Domini. M.D.XXII. Die vero Decima sexta Decembris; vol. in-8° de 27 feuillets, réimprimé à Rome en 1523, et à Anvers, par Guillaume Vorsterman, en 1531; vol. in-12 avec les signatures A-Iiij. — 5° Declaratio super collatione beneficiorum et officiorum basilicarum Principis Apostolorum, S. Joannis Lateranensis et S. Mariæ Majoris, ac ecclesiarum S. Maria Rotundæ et S. Celsi de Urbe, publicata die XXIV novembris 1522. Romæ, typis Marcelli Silber, 1522; vol. in-8°. — 6° Decretum de expediendis literis super concessionibus gratiarum et aliarum facultatum tam per Leonem X quam per Sanctitatem Suam ante illius in Urbem adventum factarum publicatum die XXVII novembris 1522, vol. in-8°. — 7° Commentarius sive expositiones in Proverbia Salomonis, cap. I-XIII, 6. Ce commentaire, qu’Adrien composa à l’occasion de sa promotion au doctorat en théologie, ne fut jamais imprimé; le manuscrit autographe en est conservé à la riche bibliothèque du grand séminaire de Malines. Nous en avons publié le Prologus dans les Anecdota Adriani Sexti, Louvain, 1862, in-8°, pages 78 et suivantes. — 8° Adrien VI prononça plusieurs discours aux promotions solennelles des docteurs en théologie; il fit également, pendant qu’il était doyen du chapitre de Saint-Pierre, plusieurs sermons latins pour le clergé confié à sa garde; il répondit aussi, par écrit, à un grand nombre de consultations juridiques et théologiques qui lui étaient adressées de toutes parts. Il nous serait impossible d’énumérer tous ses écrits; nous en avons reproduits quelques-uns dans les Anecdota Adriani Sexti. — 9° Jacques de Saint-Charles affirme, dans sa Biblioteca pontificia (p. 107), qu’on conservait, de son temps, à la bibliothèque du cardinal Briscia, un manuscrit d’Adrien VI intitulé : Professio fidei et pollicitationes Adriani VI. — 10° La correspondance d’Adrien VI mérite aussi d’être signalée. On peut en voir le résumé, par ordre chronologique, dans l’ouvrage cité plus haut. C’est M. Gachard qui a publié la collection la plus importante des lettres d’Adrien dans la Correspondance de Charles-Quint et d’Adrien VI, Brux., 1859; 1 vol. in-8°.

E.-H.-J. Reusens.

E.-H.-J. Reusens, Syntagma doctrinæ theologicæ Adriani Sexti. Lovanii, 1862, in-8°. — Anecdota Adriani Sexti. Lovanii, 1862, in-8°. — Les auteurs cités dans ce dernier ouvrage, pp. XVIII et XIX. — Claessens, Le pape Adrien VI, articles publiés dans la Revue catholique, 1862. — Delvigne, Le pape Adrien VI, articles publiés dans la Revue belge et étrangère, 1862. — Paquot, Fasti academici, Mss., t. I; Manuscrit de la Bibliothèque royale, n° 17567, p. 47 et suiv.


  1. Voyez les documents concernant la famille d’Adrien VI, reproduits par Burmannus, Hadrianus VI sive Analecta historica de Hadriano VI, p. 512 et suiv.
  2. Adrien conserva toujours un souvenir d’amour et de gratitude pour sa ville natale. Le 16 juillet 1517, il écrivit de Madrid à Jean Dedel, d’Utrecht : Etiamsi summus pontifex essem, domum œdificare vellem, et in Trajecto residere. Et de fait, l’année suivante, il y fit construire une vaste maison qui fut achevée vers 1523. Il parait qu’il la destinait à servir de collége. Voyez J. Van Liefland, Utrechts Oudheid, 1857.
  3. Le grand poëte néerlandais Vondel fait allusion à cette inscription dans les vers suivants :

    Daar hij (Adriaan) door ’t noodloth krijgt het hoogste ampt op aarde,
    Des Paus driedubble kroon van heil, van magt en waarde;
    Sijn deugt, godvrugtigheid en ootmoed was zoo groot
    Dat hem niet meerder als dit groot bestier verdroot.