Biographie nationale de Belgique/Tome 2/BONHOMME, Henri-Damase

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BONHOMME (Henri-Damase), général limbourgeois, naquit à Maestricht, le 10 novembre 1747. Entré à dix-huit ans au service des Provinces-Unies, il avait obtenu, en 1787, le grade de major, quand un conflit survenu entre les États généraux et les États particuliers de la province de Hollande faillit briser sa carrière militaire. Les derniers, qui avaient pris à leur solde une division commandée par le général Van Ryssel, s’attribuaient le droit de disposer seuls de ces troupes, tandis que les premiers réclamaient la direction suprême de toutes les forces armées de la nation. Bonhomme et la plupart des officiers, ayant obéi aux ordres des États de Hollande, furent blâmés et suspendus de leurs emplois par un décret des États généraux. Il ne paraît pas toutefois que ce fâcheux épisode ait nui à son avancement; car, en 1795, après l’expulsion du Stadhouder et l’établissement de la république batave, nous le retrouvons général-major au service du nouveau gouvernement. Il resta fidèle à celui-ci, lorsque les Anglais et les Russes, après la défection de la flotte hollandaise, envahirent le pays, en 1799, dans l’espoir de le soulever au nom du prince d’Orange. Placé à la tête de la première brigade de l’armée gallo-batave commandée par Brune, il prit une part active au combat de Warmenhuisen et aux batailles de Bergen, d’Alkmaar et de Kastrikum. Le général Dumonceau ayant été blessé à l’attaque de la digue de Zyp, Bonhomme le remplaça dans le commandement d’une division, depuis le 10 septembre jusqu’au 9 octobre. A la fin de la campagne, Brune, dans un rapport spécial, signala sa conduite énergique et brillante à l’attention de l’Assemblée nationale de Hollande. Il devint général de division en 1803. En 1806, à l’avénement de Louis Bonaparte au trône de Hollande, il ne tarda pas à gagner l’estime et la confiance du nouveau souverain, qui lui remit le portefeuille de la guerre. L’année suivante, il fut nommé colonel-général de la cavalerie, grand-croix de l’ordre de l’Union, capitaine de l’une des compagnies de la garde royale et gouverneur général de la Frise orientale, que Napoléon Ier venait de céder à la Hollande, en échange de Flessingue. En 1812, il se retira au village de Surhuizom , où il remplit pendant quelques années les fonctions de chef de l’administration locale. Il mourut le 1er février 1826, après avoir légué une grande partie de sa fortune à des établissements de bienfaisance.

J.-J. Thonissen.

Vander Aa, Biographisch Woordenboek der Nederlanden. — Wouters, Histoire chronologique de la République et de l’Empire. — Bosscha, Nederlandsche heldendaden te land, t. III. — Louis Bonaparte, Documents historiques et réflexions sur la Hollande, t. I.