Biographie nationale de Belgique/Tome 2/BOS, Corneille

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
◄  Tome 1 Tome 2 Tome 3  ►



BOS (Corneille), BUS, BOSCH et aussi BOISSENS, selon Chrétien Kramm, le minutieux biographe néerlandais. Dessinateur, graveur au burin et éditeur-marchand d’estampes. Corneille Bos est né à Bois-le-Duc (ancien Brabant), vers 1510, et mourut à Rome, septuagénaire. Jeune encore, il partit pour l’Italie et s’établit dans la cité papale, où il se livra, en même temps, à la pratique de son art et à sa profession mercantile. Une estampe représentant des Femmes occupées à divers ouvrages de main, avec une inscription allemande, qui commence ainsi : Allen die ein from bidert weib uber kompt.... (A tous ceux à qui il échoit une bonne et brave femme) a fait présumer à De Heinecken, dit le Manuel des curieux et des amateurs de l’art, que Corneille Bos est allemand et qu’il a changé en Italie son nom en Bus; néanmoins l’opinion la plus généralement adoptée est qu’il est natif de Bois-le-Duc, et que, peut-être, la véritable orthographe de son nom est Bosch. Pour former sa manière, il semble s’être stylé sur Marc de Ravenne et Enée Vicus. Il y a visiblement imitation; mais il est loin d’avoir atteint le degré de perfection de la gravure de ses modèles. Son burin est, d’ailleurs, plus dur et l’effet est souvent manqué. Il a gravé d’après les peintres flamands et italiens, ainsi que d’après ses propres compositions dessinées. Ses reproductions de Raphaël Sanzio et de Jules Romain sont fort appréciées et regardées comme ses meilleures gravures. Charles Le Blanc compte dans son œuvre jusqu’à soixante-douze planches, en y comprenant quatre sujets de l’Histoire de Saül, 1546, seize pièces d’une suite de Trophées, armures et grotesques, quinze de la collection de Cariatides et Thermes, aux millésimes de 1550-1533. La première de ses productions est de 1530 : Le Jugement dernier, marqué de son chiffre composé des initiales C B., qui tantôt sont accouplées par un trait horizontal ou bien posé en triangle supérieur, surmonté d’une étoile, et tantôt figurent son monogramme dans un encadrement en guise de tablette. Parmi les estampes gravées d’après les peintres des Pays-Bas, on cite : Le Concert, 1543; Vulcain et les Cyclopes forgeant les foudres de Jupiter, 1546, et le Mauvais riche, trois tableaux de Martin van Heemskerke; l’Eusevelissement du Christ, par Frans Floris (De Vriendt), planche marquée Cornellius Bus fecit A. D. 1554; la Conversion de saint Paul, par Michel van Coxcie, sans signature ni monogramme au chiffre du graveur, tous morceaux de dimension in-folio. De ses reproductions italiennes on mentionne particulièrement : Le Triomphe de Bacchus, 1543, par Jules Romain, deux feuilles en travers, se réunissant; le Combat des Centaures et des Lapites, 1550, par Luc Penni, grand in-folio oblongo; Loth et ses filles, 1550; Moïse hrisant les tables de la Loi (adoration du veau d’or), 1550, et Moïse donnant aux Hébreux les nouvelles tables de la Loi, 1551, par Raphaël Sanzio d’Urbin; les Géants escaladant l’Olympe, par Rosso di Rossi; Vénus et Adonis, par le Titien, en formats in-folio ordinaire.

Des biographes ont confondu le graveur Corneille Bos, Bus ou Bosch avec le peintre-graveur Jérôme Van den Bosch, alias Jérome van Aken, né aussi à Bois-le-Duc (S’hertogen-Bosch), pendant la seconde moitié du XVe siècle, vers 1470 vraisemblablement, et qui y mourut en 1516.

Edm. De Busscher.

Huber et Rost, Manuel des curieux et des amateurs de l’art. — Brulliot, Dict. des monogrammes, chiffres et marques des graveurs et des peintres. — Charles le Blanc, Manuel de l’amateur d’estampes. — Chrétien Kramm, Levens en werken der Hollandsche en vlaamsche schilders, beeldhauwers, graveurs, etc.