Biographie nationale de Belgique/Tome 2/BOUILLON, Godefroid DE

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BOUILLON (Godefroid DE), duc de Lothier, naquit en 1061[1], à Baizy[2],village sur la Dyle, près de Genappe, dans le Brabant wallon, dans un château dont on voyait encore les derniers vestiges à la la fin du XVIIIe siècle. Il mourut à Jérusalem, le 17 ou le 18 juillet 1100. Il était fils puîné[3] d’Eustache II, comte de Boulogne et de Lens, et d’Ide d’Ardenne, fille de Godefroid, duc de la Basse-Lotharingie et de Bouillon; il descendait de Charlemagne par les femmes du côté paternel, car son père Eustache II se rattachait à ce tronc illustre du chef de sa mère Mathilde ou Mehaud de Louvain[4].

Sa mère Ide, princesse aussi remarquable par son esprit que par ses vertus, eut soin de lui donner une éducation solide est sévère; elle lui fit enseigner le latin, le français et le thiois qu’il parla bientôt avec une grande facilité; elle voulut que dès l’enfance, il se familiarisât avec les exercices de la guerre; enfin, cette tendre et pieuse mère fit de son fils un homme distingué par les qualités morales, plein de bravoure, de générosité et d’une piété sincère, mais exempte de bigoterie. Au physique, la nature l’avait admirablement doué : une taille élevée, une force de corps extraordinaire, un air noble; enfin il réunissait dans sa personne tous les signes extérieurs de la puissance.

De très-bonne heure, Godefroid eut l’occasion de montrer son énergie, sa valeur et sa sagesse : son oncle Godefroid le Bossu était mort le 15 février 1076 et lui avait légué le marquisat d’Anvers, le duché de Bouillon et les autres fiefs dépendants de la maison d’Ardenne; mais la femme de Godefroid le Bossu, la célèbre Mathilde de Toscane, ne voulut point reconnaître la validité du testament de son époux, et tenta de priver le jeune Godefroid de la succession de son oncle. Elle parvint à mettre dans ses intérêts le pape Grégoire VII et Ménasses, évêque de Reims. Excité par les intrigues de cette princesse. Ménasses, qui possédait le haut domaine du duché de Bouillon, en investit Albert, comte de Namur. D’un autre côté Thierry, évêque de Verdun, également poussé par la princesse Mathilde, s’empara de sa ville épiscopale, et la donna en fief à Albert. Ce dernier réclamait en outre le duché de Bouillon du chef de sa mère Regelinde, sœur aînée de la mère de Godefroid.

Thierry et Albert réunirent leurs forces et vinrent mettre le siége devant Bouillon (1077). Godefroid n’avait alors que seize à dix-sept ans et sa jeunesse semblait favoriser l’injuste entreprise des deux alliés; mais dans un âge encore aussi tendre, il fit déjà entrevoir les brillantes et solides qualités qui distinguèrent plus tard le héros de la première croisade : soutenu par Henri, évêque de Liége, il se renferma dans Bouillon et s’y défendit avec tant de vigueur, qu’il força ses adversaires à opérer leur retraite. Une fois débarrassé de ses ennemis, Godefroid reprit l’offensive, éleva une forteresse à Stenay, la pourvut d’une nombreuse garnison et porta le ravage dans les terres du Verdunois. L’année même de la mort de son oncle, Godefroid avait assisté aux conférences de Fosses, ouvertes pour terminer définitivement les différends auxquels avait donné lieu la succession de Baudouin de Mons, comte de Flandre et de Hainaut; il donna dans cette circonstance une preuve de sagesse et de modération à laquelle on ne pouvait s’attendre de la part d’un si jeune prince : il renonça aux prétentions que Godefroid le Bossu, son oncle, avait élevées sur la Hollande, prétentions qui l’eussent infailliblement entraîné dans des guerres interminables.

Cependant Godefroid n’avait point obtenu de l’Empereur Henri IV la dignité ducale; elle fut conférée au fils de ce dernier, Conrad d’Allemagne, de sorte que Godefroid, bien qu’il fût un prince puissant qui devait hériter du comté de Bruxelles et de Louvain, ce qui faisait à peu près tout le Brabant actuel, dut se contenter du titre de Marchio ou marquis d’Anvers, marquisat que l’empereur détacha, en sa faveur, du grand fief dont il l’avait privé. Ce ne fut qu’en 1089 qu’il fut créé duc de Lothier, en récompense des services qu’il avait rendus à l’empereur dans les guerres contre ses vassaux et contre le pape.

Ces guerres avaient commencé en 1080; Godefroid n’avait pu se dispenser de prendre part à l’expédition de son suzerain, l’empereur Henri IV, contre Rodolphe de Rhinfeld, duc de Souabe; il assista à la bataille de Volksheim, en Saxe, le 15 octobre 1080, et s’y comporta vaillamment; mais rien ne prouve que la veille de cette bataille, il ait été, comme le plus digne entre tous, proclamé porte-étendard de l’empire; rien ne constate non plus qu’il ait déterminé le succès de cette journée en tuant Rodolphe de Souabe de sa propre main, rien enfin n’autorise à croire que lorsque l’armée de Henri assiégea et prit Rome en 1084, Godefroid soit entré le premier dans la ville éternelle. Tous ces hauts faits exagérés lui ont été attribués par la légende et la poésie, lorsqu’il se fut illustré par ses exploits dans la terre sainte[5].

On doit aussi ranger parmi les fables inventées par les chroniqueurs et répétées par l’ignorance et la superstition, le prétendu vœu qu’aurait fait Godefroid, de se rendre dans la terre sainte pour expier le sacrilége d’avoir fait la guerre contre le pape. Godefroid, en allant au siége de Rome avec l’armée impériale, n’avait fait que céder à son devoir féodal et, d’après les idées du temps, nul ne pouvait lui en faire un grief; il ne put donc en éprouver lui-même aucun remords.

Après la prise de Rome, Godefroid revint à Bouillon où il eut bientôt à lutter de nouveau contre les prétentions ambitieuses des princes voisins : l’évêque de Verdun n’avait pu lui pardonner la construction du château de Stenay; il renouvela son alliance avec le comte de Namur, et ces deux princes vinrent ensemble assiéger Stenay (1086). Ils livrèrent à Godefroid une bataille dont le succès resta indécis : néanmoins, apprenant que les deux frères de Godefroid, Eustache et Bauduin, amenaient des renforts de France et d’Allemagne, ils se décidèrent à lever le siége de Stenay. Quelque temps après, l’évêque de Liége ménagea la paix entre les parties et la propriété de Bouillon et de Verdun fut désormais assurée à Godefroid, qui s’empressa de se joindre aux princes de la Belgique pour conclure la trêve de Dieu, ou paix de Liége, dans le but de réprimer les mœurs sauvages de cette époque toute barbare encore[6]. Par sa valeur et sa fermeté le jeune prince maintint les grands vassaux de la Lorraine et devint l’ar- bitre du duc de Limbourg et de l’abbé de Saint-Hubert dans leurs différends avec l’évêque de Liége, Obert (1095). Lui-même eut quelques contestations avec ce prélat ambitieux relativement à l’abbaye de Saint-Trond[7].

Lorsque le pape Urbain II résolut de faire un appel à la chrétienté pour délivrer Bysance de la présence des Mahométans et pour chasser les infidèles de la Syrie et de l’Asie Mineure où les chrétiens étaient traités avec la dernière cruauté, Godefroid de Bouillon ainsi qu’une foule de princes et de seigneurs belges répondirent à la voix de Pierre l’Ermite et prirent la Croix. Ce fut dans le concile de Clermont, en Auvergne (1095), que Godefroid adopta la résolution de s’associer à la croisade prêchée par le pape Urbain. Il s’occupa aussitôt à organiser son armée et à se procurer les ressources qu’exigeait un pareil armement : il vendit ses châteaux de Stenay et de Mouzon à l’évêque de Verdun, auquel il remit le comté dont cette ville était le chef-lieu; il accorda aux habitants de Metz le rachat de la suzeraineté qu’il exerçait sur leur ville et vendit la Veluwe à Otton de Nassau, premier comte de Gueldre; enfin il engagea à l’évêque de Liége, moyennant la somme de mille trois cents marcs d’argent pur et trois marcs d’or, la seigneurie de Bouillon, sous condition de pouvoir, lui ou ses héritiers, en opérer le retrait pendant le terme de quatorze années[8]. Il vendit encore d’autres domaines tels que le château de Ramioul, situé sur la Meuse, entre Liége et Huy, et pour assurer le repos de son âme, il fit aux églises de nombreuses donations et constitua une multitude de fondations pieuses. Toutefois il conserva la dignité ducale, mais sa mère, dans le but d’augmenter encore les ressources de son fils pour soudoyer son armée, vendit au chapitre de Nivelles les alleux de Genappe et de Baizy. C’est donc avec raison qu’on a dit que les princes de l’Église et les établissements religieux s’enrichirent des dépouilles des chrétiens qui allèrent mourir pour la défense de la Croix.

Godefroid partit pour la croisade le 10 août 1096, avec dix mille cavaliers et soixante-dix mille fantassins[9]; ses deux frères, Eustache et Bauduin, ainsi que son cousin Bauduin du Bourg, l’accompagnaient; les deux derniers, qui devaient un jour devenir rois de Jérusalem, servaient en simples chevaliers dans l’armée chrétienne qui contrastait, par sa discipline, avec les bandes désordonnées courant pêle-mêle vers la Syrie et semant partout le pillage et le meurtre. La réputation de sagesse et de bravoure de Godefroid était si grande, que tous les croisés des provinces belges et lorraines, qui ne lui devaient aucune obéissance, s’étaient empressés de le reconnaître pour chef.

L’armée traversa l’Allemagne, la Hongrie, la Bulgarie et fut accueillie partout avec faveur, grâce au bon ordre que Godefroid faisait observer; elle arriva, le 23 décembre, sous les murs de Constantinople où elle devait attendre les princes des autres nations qui arrivaient avec leurs armées par la voie d’Italie.

Alexis Commène, qui régnait alors à Constantinople ne voyait pas sans effroi s’avancer cette armée au cœur de ses États; il avait cru se garantir contre les entreprises des croisés en retenant comme otage le comte de Vermandois, frère du roi de France, jeté par la tempête sur les côtes de l’Epire. Godefroid venait d’arriver à Philippopoli lorsqu’il apprit la captivité du comte de Vermandois; il considéra cet acte comme un outrage et en réclama énergiquement la réparation. Sur le refus de l’empereur grec, il ordonna de traiter la Thrace en pays ennemi et pendant huit jours ces paisibles campagnes devinrent le théâtre de la guerre. Après plusieurs combats sanglants où les Grecs furent battus, Alexis promit de rendre la liberté à son captif. Godefroid, apaisé, se remit alors en marche et traita de nouveau les Grecs comme des alliés. Toutefois la bonne harmonie ne dura guère. Alexis, qui avait obtenu du comte de Vermandois, avant de lui rerdre la liberté, une promesse d’obéissance et de fidélité, voulut que Godefroid consentit également à devenir son vassal. Cette prétention fut naturellement repoussée avec fierté et dès ce moment les croisés se trouvèrent privés des vivres que le gouvernement grec leur avait fournis en abondance jusqu’alors. Ils eurent de nouveau recours aux armes; après quelques jours de combat on se réconcilia cependant, mais de nombreux motifs de discorde existaient entre des peuples aussi différents de mœurs que les Grecs et les Latins; d’un autre côté, Alexis cherchait toujours, quoique sans succès, à obtenir de Godefroid le serment de vassalité; l’irritation de part et d’autre était arrivée au point que l’on devait s’attendre à une rupture éclatante et définitive lorsqu’une circonslance imprévue vint rétablir la paix. Bohémond, prince de Tarente, dont le père, Robert Guiscard, avait aspiré jusqu’à sa mort à faire la conquête de l’empire d’Orient et qui lui-même nourrissait des projets de conquête, venait d’arriver à Durazzo, avec les croisés de la Calabre, de la Pouille et de la Sicile; averti des motifs de mésintelligence qui s’étaient produits entre Alexis et Godefroid, il crut le moment venu de réaliser ses espérances ambitieuses; il fit conseiller à Godefroid de s’emparer de Byzance dont les croisés occupaient déjà un des faubourgs, promettant de venir à son aide avec les forces considérables dont il disposait. Godefroid, qui s’était armé pour combattre les infidèles et délivrer le Saint Sépulcre, eût cru manquer à son serment en secondant les projets ambitieux de Bohémont; il repoussa sa proposition d’une manière absolue. Alexis fut informé du danger qu’il avait couru et résolut alors de chercher de bonne foi à se réconcilier avec Godefroid; il lui envoya son propre fils comme otage et convoqua tous les chefs des croisés dans son palais. Godefroid s’y rendit environné d’un cortége imposant de princes et de chevaliers, et l’empereur, vaincu non moins par la générosité de Godefroid que par la force de ses armes, revêtit le prince Lorrain du manteau impérial, l’adopta pour fils, mit l’empire sous la protection de ses armes, promit d’aider les croisés par terre et par mer, de leur fournir des vivres, enfin de partager les périls et la gloire de leur expédition. Godefroid de son côté promit que toutes ses conquêtes sur les infidèles seraient des fiefs de l’empire d’Orient.

L’armée chrétienne se rassembla sur la rive asiatique du Bosphore; elle se composait de dix-neuf nations différentes de mœurs et de langage; elle se mit en marche au mois de mars 1097, entra en Bithinie, s’empara de Nicomédie, arriva dans le meilleur ordre en vue de Nicée, le 5 mai, et investit cette place que défendaient une double enceinte et une garnison nombreuse. Dès le début des travaux de siége, les chrétiens furent attaqués par le sultan David, à la tête d’une formidable armée sarrasine (14 mai). Après une bataille meurtrière qui dura deux jours, la victoire resta aux croisés, grâce aux sages dispositions et à la bravoure de Godefroid, dont le nom, à partir de ce jour, devint la terreur de l’Orient. Son adresse et son sang-froid avaient fait l’admiration des deux camps: du pied des murailles il avait frappé au cœur, avec une flèche, un Sarrasin qui du haut des remparts jetait la confusion parmi les assaillants par sa force et par son audace.

Après un siége de plus de six semaines et lorsque les croisés se croyaient à la veille de triompher de la résistance des assiégés, la ville se rendit par trahison à l’empereur Alexis (20 juin). L’armée des croisés vit dans cet acte une perfidie de la part de l’empereur grec et elle ne dissimula pas son mécontentement; on craignit même de voir se reproduire les démêlés sanglants qu’on avait eu à déplorer quelques mois auparavant dans la Thrace; heureusement l’armée chrétienne s’éloigna; mais Godefroid voulut répondre à un trait de perfidie en gardant fièrement la foi due au serment et il prit possession de la ville au nom de l’empereur. Après s’être reposée pendant quelque temps dans le voisinage de Nicée, l’armée se mit en marche vers la Syrie et vers la Palestine (25 juin). Une des colonnes qui avaient pénétré en Phrygie fut tout à coup assaillie, dans la vallée de Gorgoni, par une nuée de cavaliers sarrassins (1er juillet). Sa destruction complète semblait inévitable; elle y échappa par l’arrivée inopinée de Godefroid qui, averti du danger immense que couraient ses compagnons, avait devancé la seconde colonne entraînant avec lui sa cavalerie seulement. Son arrivée rendit la confiance et l’audace aux croisés et fut le signal de la victoire : « Les bataillons musulmans qui reçurent la première attaque du duc Godefroid, dit le chroniqueur Robert le Moine, qui assistait à ce combat, purent croire que la foudre tombait au milieu d’eux. » Un affreux massacre s’ensuivit; plus de vingt mille musulmans furent tués; les croisés, de leur côté, eurent quatre mille morts, mais les chemins de l’Asie Mineure leur étaient désormais ouverts.

On eut bientôt à lutter contre un autre ennemi non moins terrible que les Turcs. Le sultan de Nicée avait dévasté tout le pays, de sorte que la faim et la soif firent d’horribles ravages dans les rangs des chrétiens qui perdirent jusqu’à cinq cents hommes par jour. Godefroid montra dans ces tristes conjonctures un dévouement, une générosité et une patience qui soutinrent le courage de ses compagnons. Enfin, après mille souffrances on atteignit Antiochette, capitale de la Pisidie, qui ouvrit ses portes sans résistance. Pendant que l’armée des croisés réparait, autour de cette ville hospitalière, les désastres de ses dernières marches, Godefroid se trouvant un jour à la chasse, rencontra un pèlerin poursuivi par un ours, d’autres disent un lion. Il terrassa cet animal féroce qui le blessa grièvement à la cuisse. Il se vit donc obligé de laisser partir l’armée sans lui. Ce fut un grand malheur, car en son absence la discorde se glissa parmi les chefs des chrétiens et l’on vit plusieurs d’entre eux abandonner momentanément la cause commune pour des intérêts particuliers. L’armée déjà réduite de moitié se dirigea en plusieurs colonnes sur Antioche. Godefroid la rejoignit le 18 octobre et trois jours après arriva avec elle sous les murs de cette immense et riche cité qui était défendue, paraît-il, par vingt mille fantassins et sept mille cavaliers. Les travaux du siége de cette place, qui, d’après ce que dit Guillaume de Tyr, « donnait frayeur à ceux qui la regardaient pour le nombre de ses amples et fortes tours que l’on y comptait jusqu’à trois cent soixante, » durèrent environ sept mois et demi. L’armée, commandée à tour de rôle par Godefroid de Bouillon, Raymond de Toulouse, Robert de Flandre, Robert de Normandie et Étienne de Chartres, y soutint une multitude de combats et y subit de déplorables revers, conséquences naturelles de l’indiscipline et de la licence. La voix de Godefroid fut parfois impuissante à rappeler ses compagnons au sentiment de leur devoir. Vaincus par les séductions de toute espèce que leur offrait le voisinage d’une ville célèbre entre toutes par ses richesses et par sa corruption, ils négligèrent les précautions nécessaires à leur sûreté et seraient tous tombés sous le fer des Turcs si la vigilance et la valeur de Godefroid et de quelques soldats restés fidèles au devoir ne les avaient préservés d’une perte certaine. Le noble caractère de ce prince, qui, selon l’expression de Guillaume de Tyr, ne cessa d’être la colonne unique (columna singularis) de l’immense armée des croisés, ne se démentit jamais, au milieu des situations les plus périlleuses et des circonstances les plus graves : terrible pour les ennemis il ne l’était pas moins pour ceux de ses compagnons qui oubliaient trop souvent le rôle de guerrier pour celui de brigand. Dans le nombre infini des combats qui eurent lieu pendant le siége d’Antioche, il ne cessa de montrer l’habileté d’un grand capitaine et de signaler sa bravoure et sa force physique par des actions que l’histoire et la poésie ont célébrées. Aucune armure, dit-on, ne pouvait résister à la force de son bras; il faisait voler en éclats les casques et les cuirasses; on assure même que d’un seul coup de sa redoutable épée il partageait en deux le corps d’un ennemi!

Enfin, dans la nuit du 3 au 4 juin 1098, la riche Antioche tomba au pouvoir des croisés, par la trahison d’un renégat. Les vainqueurs entrèrent dans la ville et y firent couler des flots de sang au cri de Dieu le veut!

Mais la terreur et le deuil succédèrent bientôt à la joie du triomphe : le troisième jour après la prise d’Antioche, on aperçut du haut des remparts la cavalerie musulmane qui parcourait la plaine et l’on apprit que c’était Korboga, sultan de Mossoul qui, après avoir rassemblé sur les bords de l’Euphrate et du Tigre les contingents de tous les princes de l’Orient, accourait au secours d’Antioche avec une armée innombrable. Les chrétiens allaient donc se trouver assiégés à leur tour dans cette immense cité complètement dépourvue de vivres. Quelques combats glorieux où Godefroid se montra terrible aux musulmans ne purent empêcher le blocus d’Antioche. La disette devint chaque jour plus cruelle et bientôt la famine commença son œuvre de destruction; les rangs des assiégés furent décimés.

Au milieu de la confusion et de la défaillance de tous, Godefroid, que son courage et sa piété avaient sans cesse soutenu, conservait encore tout son sang-froid; mais ses conseils n’étaient plus écoutés; le désespoir amolissait tous les cœurs, les uns fuyaient lâchement, d’autres reniaient leur foi pour sauver leur vie. Godefroid eut alors recours à une fraude pieuse : il répandit le bruit qu’il était en possession du fer de lance qui a percé le flanc de Jésus-Christ. Le malheur rend superstitieux; les croisés se persuadèrent que Dieu, touché de leurs misères, voulait les sauver; ils reprirent courage et consentirent à livrer une dernière bataille.

Le 27 juin 1098, l’armée chrétienne formée en six corps sortit d’Antioche; le deuxième corps était commandé par Godefroid de Bouillon; les croisés attaquèrent avec fureur les Sarrasins, mais ils furent accablés par le nombre et la déroute allait commencer lorsque l’arrivée inopinée d’un corps de cavalerie ranima l’espoir des vaincus. L’évêque Adhémar utilisa adroitement cet incident; il s’écria que c’était là une intervention divine; que saint Georges, saint Martin et saint Démétrius venaient assister les chrétiens; ceux-ci se crurent dès lors invincibles et, disent les chroniques, cent mille infidèles tombèrent sous leurs coups.

Après une victoire tellement extraordinaire qu’on ne put l’expliquer que par l’intervention directe de plusieurs saints, on espérait qu’aucune résistance sérieuse ne pouvait plus désormais arrêter la marche des croisés vers Jérusalem. Malheureusement la discorde, que la présence de Korboga avait contenue un moment, ne tarda pas à éclater de nouveau parmi les chefs des croisés; plusieurs d’entre eux étaient parvenus à se faire de riches positions. Bohémont était devenu prince d’Antioche, Bauduin, frère de Godefroid, avait conquis la souveraineté d’Edesse. Ces exemples, en éveillant l’ambition des autres princes, leur faisaient oublier le but pieux de leur entreprise, de sorte qu’ils différaient le départ de l’armée pour Jérusalem.

Un nouveau fléau vint bientôt les faire repentir de cet ajournement; la peste se déclara dans le camp des croisés et plus de cinquante mille pèlerins moururent en un mois. Pour échapper à la contagion qui dévorait l’armée, les princes résolurent de s’éloigner d’Antioche et de s’occuper à soumettre les provinces voisines. Godefroid de Bouillon, qui était allé visiter son frère Bauduin à Edesse, reçut à cette époque un témoignage de la confiance universelle qu’inspiraient sa sagesse et son courage. Un prince musulman, l’émir de Hazart, se trouvant menacé par les forces supérieures du souverain d’Alep, sollicita l’alliance du duc Godefroid. Comme la ville de Hazart, par sa situation entre Edesse et Antioche, était d’une grande importance, comme d’ailleurs elle renfermait un nombre considérable de prisonniers chrétiens, Godefroid consentit à secourir l’émir, battit l’armée du prince d’Alep dans plusieurs rencontres, puis se dirigeant vers l’Euphrate, il enleva les châteaux de Tell Bascher, Aïntab et Ravendan. Les princes croisés ayant décidé de se réunir à Antioche vers la fin d’octobre pour aviser au départ pour Jérusalem, Godefroid s’empressa de quitter Edesse; il se mit en route avec une faible escorte de douze cavaliers et fut attaqué par cent cinquante musulmans; il les battit et rentra dans Antioche en se faisant précéder par trente prisonniers dont chacun portail la tête d’un de ses compagnons tués dans le combat.

Après de nouveaux retards qui eurent pour effet déplorable de déterminer beaucoup de croisés à retourner en Occident, l’armée, réduite désormais à cinquante mille combattants, se mit en route pour Jérusalem vers la fin du mois de mai 1099. Elle s’avança entre la chaîne du Liban et la grande mer, protégée de ce côté et surtout approvisionnée par les flottes des Pisans, des Génois et des pirates flamands que Bohémont avait délivrées à Laodicée et que Guinemer devait conduire en longeant la côte Syrienne. Elle traversa les terres de Berithe, de Tyr, de Sidon, passa sous les murs d’Accron (Saint-Jean d’Acre), s’empara de Ramla et de beaucoup d’autres villes qui se trouvaient sur sa route; enfin, le 7 juin 1099, elle arriva devant la cité sainte, qui était défendue par soixante mille hommes, tandis que l’armée des croisés se trouvait réduite à vingt mille combattants. Elle ne se disposa pas moins à l’attaque. Godefroid de Bouillon occupa le poste le plus périlleux. Le 14 juillet eut lieu une attaque furieuse qui fut repoussée par les assiégés. Le lendemain, l’assaut recommença et Jérusalem tomba au pouvoir des chrétiens. La tradition attribue à Godefroid de Bouillon l’honneur d’être monté le premier sur les remparts de la ville conquise. On peut, sans diminuer la gloire de l’illustre héros de la croisade, douter de l’exactitude de ce détail. La vérité est que pendant le dernier assaut, Godefroid se trouvait sur la plate-forme supérieure d’une tour qu’il avait fait construire et qu’on était parvenu à rapprocher de la muraille. C’était la position la plus exposée au danger car, pour écarter à coups de flèches les défenseurs des remparts, Godefroid devait nécessairement se trouver à découvert. Cette position explique l’impossibilité où il fut d’entrer le premier dans la ville. Dès que la tour fut assez rapprochée des murailles pour qu’on pût laisser tomber le pont-levis sur le rempart ou parapet, les plus ardents se précipitèrent en avant et ce fut alors seulement que Godefroid et Bauduin, son frère, abandonnant la plate-forme supérieure, purent descendre à l’étage intermédiaire et se mettre à la tête de leurs compagnons.

Quoi qu’il en soit, dès que Godefroid put faire entendre sa voix au milieu du tumulte épouvantable qui suivit l’entrée des assiégeants dans la ville conquise, il s’éleva avec énergie contre la barbarie du traitement que ses compagnons firent subir aux vaincus; il exposa sa vie pour arracher quelques victimes à la furie des vainqueurs, puis dépouillant ses armes, il entra pieds nus dans le Saint Sépulcre et courut demander au Sauveur des hommes le pardon des crimes dont venaient de se souiller ses compagnons.

Dix jours après la prise de Jérusalem, le 25 juillet 1099, les princes chrétiens se réunirent en conseil pour délibérer sur le choix à faire d’un roi qui pût défendre et garder Jérusalem au milieu des périls qui l’environnaient de toutes parts. On décida que l’on élirait le plus sage, le plus brave et le plus prudent entre tous les princes croisés. Après de longues et minutieuses investigations, le choix tomba sur Godefroid de Bouillon; mais ce héros pieux refusa d’accepter une couronne royale dans cette ville où le Sauveur du monde avait porté une couronne d’épines; il prit le simple titre d’avoué et baron du Saint-Sépulcre et s’occupa immédiatement de l’organisation de son gouvernement. Il avait à pourvoir à la défense du nouvel État, sans cesse exposé aux attaques des mahométans; il devait aussi lui donner des lois. Il ne négligea aucun de ses nouveaux et nombreux devoirs et l’esprit reste frappé d’admiration en présence de l’immensité des travaux que ce grand homme accomplit dans l’espace de moins d’une année.

En effet, il élève des fortifications sur les principaux points du pays; il fait face aux ennemis qui ne cessent de le harceler; il vole à la rencontre d’une armée innombrable commandée par le calife du Caire, lui livre bataille dans la plaine d’Ascalon (15 août) et l’anéantit au premier choc. Il tente ensuite de s’emparer du port d’Ascalon dont la possession lui paraît importante pour la sécurité du nouvel État; il met le siége devant Arsur, port sur la Méditerranée qui, dans sa pensée, doit plus tard faciliter l’arrivée de renforts venant de l’Occident; des jalousies, d’odieuses trahisons font échouer une partie de ses vastes projets, mais ne le découragent point et il amène adroitement les émirs de Césarée, de Saint-Jean d’Acre, d’Ascalon à se soumettre à un tribut. L’Ouest se trouve pacifié; il se tourne vers le Nord, franchit le Liban, marche contre le sultan de Damas pour punir le meurtre de ses ambassadeurs, en tire une éclatante vengeance et force cet orgueilleux sultan à acheter la paix.

Mais, ni les travaux de la guerre, ni les préoccupations politiques ne l’absorbent au point de lui faire oublier l’organisation intérieure de sa conquête: il faut des lois appropriées aux besoins de la terre sainte et aux usages des différentes nations dont se compose son gouvernement; il est indispensable aussi d’assurer l’ordre et la félicité publique. Godefroid pourvoit à tout: des tribunaux sont institués, des lois sont formulées, les Assises de Jérusalem sont écrites.

Ce code important, qui est le premier essai législatif qui ait été fait pendant le moyen âge, traitait d’abord du pouvoir souverain et des dignités du royaume; puis du pouvoir judiciaire, en définissant l’action des différents tribunaux; enfin il réglait les services militaires que les barons et les vassaux devaient à l’État. « C’est dans ces Assises, a dit excellemment M. Raepsaet, que nous devons chercher et que nous trouvons le code complet du droit public et civil de l’Europe; il a été rédigé immédiatement après le moyen âge, de concert, de l’aveu et de l’approbation de tous les souverains et grands vassaux de l’Europe; il a été rédigé sur le record des personnes les plus instruites de ce temps et suivant la jurisprudence générale de l’Europe, qui était fondée sur les usages dérivant des Capitulaires, dont les collections étaient égarées et qui n’ont été retrouvées que depuis. C’est le duc Godefroid de Bouillon qui fit le premier rédiger ces Assises en 1099; elles furent corrigées en 1250 et finalement arrêtées en 1369; saint Louis en tira ses Établissements en 1270, Beaumanoir, ses Coutumes et usages du Beauvoisis en 1285, qui renferment la jurisprudence du XIIIe siècle, et les compilateurs des Consueitudines feudorum ou corps de droit, y ont puisé les principes qu’ils nous ont transmis[10]. »

Une année à peine s’était écoulée depuis la prise de Jérusalem, lorsque Godefroid revenant d’une expédition contre les Sarrasins tomba malade inopinément. Il s’était arrêté chez l’émir de Césarée, où il avait mangé, dit-on, une pomme de cèdre dont il se trouva incommodé. Il se fit transporter à Joppé, puis à Jérusalem. Mais bientôt tout espoir fut perdu et après cinq semaines de maladie, ce grand homme, âgé de trente-neuf ans seulement, rendit le dernier soupir, laissant inachevée l’œuvre pieuse et héroïque à laquelle il s’était voué.

Il fut enterré au pied du Calvaire, près du tombeau de Jésus-Christ; la tombe qui lui fut érigée plus tard portait l’épitaphe suivante :

Hic jacet inclytus dux Godefridus de Bullon qui totam istam terram acquisivit cultui christiano, cujus anima regnet cum christo. Amen.

Cette épitaphe fut détruite en 1808. Les religieux de Saint-François conservent dans l’église du Saint-Sépulcre la gigantesque épée du héros de la première croisade; peu de bras peuvent la soulever.

L’imposante figure de Godefroid de Bouillon nous apparaît sous deux aspects différents: il y a en lui le personnage légendaire qui a été transmis d’âge en âge par la tradition, qui a été célébré par la poésie; il y a le personnage historique, le prince distingué par ses qualités physiques, ainsi que par ses vertus, sa bravoure, sa générosité, sa piété, mais qui s’est trouvé mêlé aux violences de son siècle barbare et qui a lui-même payé son tribut aux faiblesses de la nature humaine.

Le personnage légendaire est un être d’une nature supérieure, doué de toutes les perfections, placé en quelque sorte en dehors de l’humanité et prédestiné au sort le plus glorieux; venant au monde avec l’image d’une épée empreinte sur la partie extérieure du bras droit, depuis l’épaule jusqu’à la poitrine[11]. C’est un géant, rien ne peut résister à sa force musculaire; il étouffe un ours dans ses bras[12]; d’un seul coup de sa formidable épée, non-seulement, il abat des têtes de chameaux, mais il fend en deux un gigantesque Sarrasin, de telle sorte qu’une moitié du corps tombe aux pieds du vainqueur, tandis que l’autre moitié, emportée par le cheval, va jeter l’épouvante dans les rangs ennemis[13].

Une moitié chéy sur le pret verdoiant
Et ly aultre moitiet demeura sur Bauçant.

dit le poëte[14]. Rien ne peut non plus être comparé aux exploits de cet Hercule[15] : c’est lui qui tue de sa main, sur le champ de bataille de Volckheim, le comte Rodolphe de Rhinfeld[16]; c’est lui qui entre le premier dans Rome[17]; c’est lui nécessairement qui entrera le premier dans Jérusalem[18]. Dieu lui témoigne manifestement ses desseins et sa protection en lui envoyant pour l’aider à vaincre ses ennemis, saint Georges, saint Denis, saint Martin et autres saints.

Couviers de blanques armes as croix d’or reluisant[19].

Quant au personnage historique, celui dont nous avons voulu tracer l’esquisse biographique, c’est un héros illustre, mais c’est un homme. « La nature, » dit M. le baron De Reiffenberg, dont l’autorité doit être ici invoquée, « la nature lui avait donné tous les signes qui annoncent la puissance aux yeux de la multitude : un air noble et chevaleresque, une haute stature, une force musculaire presque fabuleuse, uu courage héroïque, une aptitude extraordinaire à se jouer des fatigues et des privations; espoir de ses compagnons d’armes dans les crises inattendues d’une expédition sans exemple; leur modèle sur le champ de bataille. A tant d’avantages, il joignait cette piété fervente et rigide qui désigne au vulgaire l’homme investi d’une mission divine. Austère et plein de constance, doué de l’éloquence naturelle qui persuade et subjugue, ambitieux, ne méprisant pas la politique des intérêts, mais couvrant ses projets des formes de la modestie, patient, modéré, non moins fertile en expédients qu’en moyens de conciliation, persévérant, impénétrable, sachant à propos céder et se faire obéir; tour à tour iudulgent et inflexible, il se montrait à la fois, dans un siècle de violence, grand capitaine et profond politique. »

Ajoutons à ce magnifique portrait du héros de la première croisade, que ce fut à l’ensemble de ses grandes qualités qu’il dut la suprématie morale qu’il exerça réellement dans l’armée des croisés. S’il fut incontestablement le chef de l’armée chrétienne, titre que la postérité lui a décerné sans hésitation, il n’exerça cependant aucun commandement effectif[20]; tout son pouvoir résulta de l’influence personnelle que son caractère, sa sagesse et sa valeur lui avaient donnée sur ses compagnons. « Au milieu de leurs divisions et de leurs querelles, dit l’historien des croisades, les princes et les barons implorèrent souvent la sagesse de Godefroid; et, dans les dangers de la guerre, toujours dociles à sa voix, ils obéissaient à ses conseils comme à des ordres suprêmes[21]. »

Godefroid de Bouillon rendit à la religion d’incontestables services, lit à l’Église d’immenses largesses et montra toujours une piété sincère. Il ne fut pas canonisé cependant. Un écrivain contemporain faisant allusion à l’étonnement que cet oubli fait naître chez Juste Lipse[22], s’écrie que « l’Église ne se laisse point guider en cela par des considérations exclusivement terrestres, que, toujours sage et prudente, elle s’en est tenue sur le compte de Godefroid de Bouillon à la réalité et ne se laisse pas entraîner par l’enthousiasme des masses[23]. » Cette explication paraît peu concluante et peut-être le baron De Reiffenberg est-il plus près de la vérité lorsqu’il dit que « la croix rouge du croisé n’effaçait pas la tache indélébile du Gibelin. "» L’Église, en effet, immuable dans sa politique comme dans ses desseins, a placé les devoirs envers le pape bien au-dessus des devoirs envers le prince; rien n’autorise donc à douter qu’elle ne se ressouvint toujours que Godefroid entra dans Rome avec les légions impériales.

Quoi qu’il en soit, le sentiment des masses, qui parfois est aussi l’expression de la volonté de Dieu, a suppléé à l’abstention de l’Église et il a rangé Godefroid de Bouillon au nombre des bienheureux[24].

Une magnifique statue équestre du héros de la première croisade, due au ciseau de M. Eugène Simonis, orne depuis 1848 la place Royale de Bruxelles.

Général Guillaume.

Michaud, Histoire des Croisades; Bibliothèque des Croisades: Correspondance d’Orient. — Van Hasselt, Les Belges aux croisades. — De Reiffenberg, Monuments pour servir à l’histoire, etc., t. IV. — Von Sybel, Geschichte des ersten Kreuzzugs. — Borgnet, Histoire du comté de Namur. — Ernst, Histoire du Limbourg. — Hody, Description des tombeaux de Godefroid de Bouillon — Les diverses biographies de Godefroid de Bouillon, par Th. Juste, Van Hasselt et Al. Henne. — Bulletins de la Comm. d’histoire et de l’Académie royale de Bruxelles, 1846 et 1857, etc.


  1. De Ram, Bulletin de l’Acad. royale, 1857. t. II, p. 148.
  2. Ibid., 1846,t. I, p. 356.
  3. Henschenius, Vie d’Ide dans les Acta Sanctorum. — Hody, Description des tombeaux de Godefroid, etc.
  4. Reiffenberg, Le chevalier du Cigne et Godefroid de Bouillon, p. cxxxiii.
  5. Von Sybel, Geschichte des ersten Kreuzzuqs.
  6. Borgnet, Histoire du comté de Namur.
  7. Ernst, Histoire du Limbourg.
  8. Chapeauville, t. II, p. 40.
  9. Anne Commène.
  10. Recherches sur l’origine et la nature des inaugurations des princes souverains des Pays-Bas.
  11. Valère André, Bibl. Belg., p. 291.
  12. Guillaume de Tyr. — Albert d’Aix.
  13. Albert d’Aix.
  14. Le chevalier du Cigne, V. 6329.
  15. Guillaume de Waha, Labores Herculii Christiani Godefredi Bullioni.
  16. Sigeberti, Gemblacinsis chronog.
  17. Diericxens, Antv. Christ., etc.
  18. Michaud, Hist. des Croisades.
  19. Le chevalier du Cigne, V. 9555 et 9610.
  20. Le comte de Blois fut plutôt que Godefroid le chef officiel de l’armée, car il présidait le conseil des chefs qui décidait de toutes les opérations militaires. (Albert d’Aix.)
  21. Michaud.
  22. Quem mirari aliquando subiit non et ipsum relatum in divorum numerum, tam claris testatisque meritis. (Monita et exempla politica)
  23. Le baron Hody, Description des tombeaux de Godefroid de Bouillon, etc.
  24. Gazet, Histoire ecclésiastique des Pays-Bas. Acta Sanctorum, julii, t. IV, p. 345.