Biographie nationale de Belgique/Tome 2/BOUT, Pierre

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BOUT (Pierre), peintre de figures, paysagiste et graveur, né à Bruxelles et baptisé en l’église de Notre-Dame de Finisterræ, le 5 décembre 1658, fils de Henri et de Jeanne Denayer. Cet artiste ne paraît pas avoir quitte sa patrie. En 1695, dans l’église de Saint-Nicolas, à Bruxelles, il épousa Christine de Kerpel. Un enfant, une fille, semble avoir été l’unique rejeton de ce mariage; elle s’appelait Anne-Marie et naquit en mai 1702. Voilà les seules données biographiques que l’on possède sur cet excellent peintre. On ignore la date de son décès et aucun renseignement sur sa carrière artistique n’est parvenu jusqu’à nous. On sait seulement qu’il fut le collaborateur assidu de Boudewyns, dès le retour de celui-ci à Bruxelles, en 1677, probablement. Weyerman, qui dit quelques mots d’éloge de cet artiste, ne lui donne de prénom que la lettre N, signe adopté par lui pour désigner l’inconnu. Descamps, on ne sait pourquoi, s’avisa de l’appeler François Baut et de là naquirent une foule d’erreurs, de fausses attributions. Félix Bogaerts copie Descamps et assure que Baut florissait en 1660. Immerzeel le fait naître à Bruxelles vers 1660. Kramm débrouille les erreurs de Descamps et de Bogaerts, mais il commet à son tour une nouvelle inexactitude en acceptant l’assertion qui fait étoffer par notre Bout les tableaux de Daniel van Heil. En effet, celui-ci, né en 1604 et mort en 1662, ne pouvait collaborer avec Pierre Bout, né en 1658 et âgé de quatre ans lors de la mort de Van Heil. Il peignit les figures dans les tableaux de Boudewyns, qui sont aux Musées d’Anvers, de Madrid, de Vienne, de Dresde et de Paris. A Dresde, un beau paysage attribué à Corn. Poelenburg est (suivant l’auteur du catalogue) étoffé par lui. C’est encore une chose impossible, Poelenburg étant mort en 1667, alors que Bout n’avait que neuf ans. La gravure de ce tableau existe à la collec-tion du Musée de Dresde. On peut dire que si Boudewyns produisit des œuvres si estimées, il le doit en grande partie à son collaborateur. Celui-ci était doué d’une grande richesse d’invention; ses petites figures, spirituellement touchées, surpassent souvent celles de Breughel de Velours : elles sont moins raides. Son pinceau, plein d’intelligence, rappelle parfois celui de Teniers, son dessin est correct, sa touche savante, son coloris harmonieux, son effet animé et agréable; rien de plus vivant que ses petits joueurs de boule, ses paysans attablés ou dansant, ses foires, ses kermesses. Bout était un charmant dessinateur; ses productions en ce genre sont fort recherchées; on en cite une, ornée de figures à la plume et à l’encre de Chine, vendue cent onze florins, et la Vue d’un port, également riche en ordonnance, vendue cent quarante et un florins, toutes deux en Hollande, à la vente Eijl Sluijter.

Bout a gravé à l’eau-forte. Le Blanc cite de lui : 1° Les Marchandes de poissons; — 2° Les patineurs; — 3° Le traîneau, tous trois signés ; — 4° Les chasseurs, anonyme. Puis une pièce gravée par Bargas, d’après un dessin de Bout et intitulée : la Jetée. Le Blanc, dans sa note historique, dit que Bout, graveur à l’eau-forte et au burin, travaillait en Hollande au XVIIIe siècle. On voit que notre artiste n’était pas beaucoup plus connu que sou collaborateur Boudewyns. On s’accorde à dire que Bout mourut jeune et que sa réputation aurait été bien plus grande s’il avait pu vivre quelques années de plus. L’auteur du catalogue du Musée de Vienne le fait naître en 1660, à Bruxelles, et ajoute qu’il vivait encore en 1710. Nous ne savons sur quel document il appuie cette dernière assertion; elle est probablement aussi fautive que celle qui se rapporte à la naissance.

Ad. Siret.