Biographie universelle ancienne et moderne/2e éd., 1843/LESLEY (Jean)

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Michaud - Biographie universelle ancienne et moderne - 1843
Tome 24 page 304 à 305

LESLEY (Jean)


LESLEY (Jean), évêque écossais, né en 1527, était à l’âge de vingt ans chanoine de l’église cathédrale d’Aberdeen et de Murray. Il voyagea ensuite en France, et prit le degré de docteur en droit à l’université de Paris. En 1554, la reine régente le rappela en Écosse, et le nomma official et vicaire général du diocèse d’Aberdeen. Les progrès de la réformation allumèrent le zèle et développèrent les talents de Lesley. Il se montra l’un des plus habiles défenseurs de la doctrine catholique dans une controverse solennelle qui eut lieu entre les deux partis à Édimbourg, en 1560. La reine Marie Stuart était allée en France, et pleurait à Vitry la mort du roi de France,son mari, lorsque les troubles religieux qui agitaient l’Écosse engagèrent catholiques et protestants à demander le retour de cette princesse. Lesley fut chargé de la ramener, et ils partirent de Calais en août 1561. Aussitôt après son arrivée, il fut élu un des sénateurs du collège de justice, conseiller privé, et depuis abbé de Lundores et évêque de Ross. Marie ayant cherche un refuge en Angleterre contre la fureur de ses sujets, Élisabeth la retient prisonnière, et nomma des commissaires à York pour examiner leurs différends. Marie, de son côté, nomma aussi des commissaires : Lesley fut du nombre et se distingua dans sa défense ; mais toute son éloquence et ses efforts furent inutiles. Il ne réussit pas davantage comme ambassadeur : ses plaintes ne furent pas écoutées. Résolu cependant de délivrer sa souveraine, il négocia pour elle un projet de mariage avec le duc de Norfolk, espérant lui procurer par là les moyens de s’échapper secrètement. Mais le projet fut découvert : le duc, convaincu de trahison, fut exécuté, et le négociateur fut renfermé successivement dans l’île d’Ély et à la Tour de Londres. Mis en liberté en 1573, sous la condition de quitter l’Angleterre, Lesley alla implorer en vain l’assistance des rois d’Espagne et de France, de tous les princes d’Allemagne et du pape, en faveur de Marie. Ayant été élu en 1579 suffragant et vicaire général de l’archevêché de Rouen, à peine était-il arrivé dans son diocèse, qu’il fut arrêté et mis en prison, d’où il ne sortit qu’en payant trois mille pistoles pour sa rançon. Emprisonné une seconde fois en 1590, il ne fut délivré qu’à la même condition. En 1593, il fut élevé à l’évêché de Constance, mais il ne put en prendre possession. Il apprit à Bruxelles la mort de la malheureuse Marie, et l’établissement de la réformation en Écosse vint lui ravir toute espérance de recouvrer l’évêché de Ross. Il se retira dans un monastère à Guirtenbourg, près de Bruxelles, et y mourut en 1596. Lesley fonda pour les Écossais trois séminaires (à Rome, à Paris et à Douai), et exerça pendant sept ans les fonctions épiscopales dans le diocèse de Malines. Indépendamment des écrits qu’il publia pour la défense de Marie Stuart, ouvrages savants, éloquents et dictés par le plus courageux dévouement, c’est à lui que les Écossais doivent le premier recueil de leurs lois, ayant observé que toute l’ancienne jurisprudence tombait en désuétude faute d’être réunie en un corps, il représenta cet inconvénient à la reine Marie, qui lui adjoignit cinq autres commissaires autorisés à ordonner et faire imprimer ce recueil, qui parut à Édimbourg en 1566, et qui, étant imprimé en caractères gothiques saxons, este vulgairement appelé les Actes gothiques du parlement. Les principaux ouvrages de Lesley sont : 1° Afflicti anima consolationes et tranquilli anima consolatio, Paris, 1574, in-8°, composé pour la consolation de la reine captive ; 2° De origine, moribus et rebus gestis Scotorum, Rome, 1578, in-4°. La dernière moitié du volume est consacrée à l’apologie de la reine Marie. 3° Défense de l’honneur de Marie, reine d’Écosse. Liège, 1571, in-8° ; 4° Traité où l’on démontre que le gouvernement des femmes est conforme à la loi de Dieu et de la nature. Le jésuite Parsons attribue les deux ouvrages précédents à Morgan Philips. Le dernier paraît surtout composé pour réfuter les insolentes déclamations de Knox contre Marie Stuart (voy. KNOX). 5° De Titulo et Jure Mariae Scotorum Reginae, quo regni Angliae successionem sibi vendicat, Reims, 1580, in-4°. On cite encore de Lesley des lettres et autres ouvrages restés inédits.

L.