Biographie universelle ancienne et moderne/2e éd., 1843/LEURECHON (le P. Jean)

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Michaud - Biographie universelle ancienne et moderne - 1843
Tome 24 page 383 à 384

LEURECHON (le P. Jean)


LEURECHON (le P. Jean), mathématicien, né vers 1591, dans le duché de Bar, était fils d’un professeur en médecine à l’université de Pont-à-Mousson. Ayant, à dix-huit ans, embrassé la règle de saint Ignace, ses parents, qui n’avaient pas d’autres enfants, accusèrent les Jésuites de rapt et de séduction, et obtinrent que leur fils fût transféré dans le couvent des Minimes à Nancy, pour y être éprouvé sur sa vocation. Mais le jeune Leurechon, insensible aux larmes de sa mère, persista dans ses desseins, et les Jésuites, pour éviter de nouvelles tentatives, l’envoyèrent achever son noviciat à Tournay. Dans la suite il parvint à se réconcilier avec ses parents, et il recueillit même leur succession. Après avoir consacré seize ans à l’enseignement de la philosophie et des mathématiques, il fut fait recteur du collège de Bar, et sut mériter la confiance du duc de Lorraine Charles III, qui le nomma son confesseur. Il mourut à Pont-à-Mousson, le 17 janvier 1670. On a de lui : des Thèses, des Observations sur la comète de 1618, un petit traité sur la Gnomonique, ou l’art de tracer des cadrans solaires, etc. [1]. ; mais tous ces ouvrages sont oubliés depuis longtemps. Le seul que l’on recherche encore est : La récréation mathématiques, ou Entretien facétieux sur plusieurs plaisants problèmes, en fait d’arithmétique, de géométrie, etc., Pont-à-Mousson, 1624, in-8°, fig. Ce volume que le père Leurechon publia sous le nom de H. Van Etten [2], est postérieur de quelques

années à l’ouvrage de Bachet de Meziriac : Problèmes plaisants qui se font par les nombres (voy. Meziriac, XXVIII, 512). Mais comme son devancier, le P. Leurechon ne se borna pas aux problèmes mathématiques, il en donna plusieurs de physique amusante; et ce furent ceux qui firent le succès de son livre, dont les réimpressions se multiplièrent rapidement (1)[3]. L’édition que les amateurs semblent préférer est celle de Pont-à-Mousson, 1629, petit in-8°. Cl. Mydorge et dom Henrion se sont exercés successivement sur l’ouvrage de Leurechon, que les Récréations mathématiques d’Ozanam, quoique bien supérieures, n’ont point fait entièrement oublier (voy. MYDORGE).

W-s.


  1. On trouvera les titres des ouvrages de Leurechon dans la Bibl. Soc. Jesu du P. Southwell, p. 469, et dans la Bibl. de Lorraine de D. Calmet, p. 585.
  2. Et non pas Van Essen, comme on l’a dit à l’art. Mydorge, d’après D. Calmet, l’abbé Mercier de St-Léger, et la première édition du Dictionnaire des Anonymes, de Barbier. Voy. la 2e édition de ce Dictionnaire, n° 15403 et 15 414.
  3. (1) La 2e édition, Paris, 1626, in-12°, 838 pages, est accompagnée de notes critiques signées D.A.L.G.