Bulletin de la société géologique de France/1re série/Tome II/Séance du 23 janvier 1832

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Bulletin de la société géologique de France1re série - 2 - 1831-1832 (p. 108-119).



Séance du 23 janvier 1882.


M. Alexandre Brongniart occupe le fauteuil.

M. Desnoyers tient la plume comme secrétaire en fonction.

Après la lecture et l’adoption du procès-verbal de la précédente séance, le président proclame membres de la Société :

MM.

Puzos, ancien sous-intendant militaire à Paris, présenté par MM. de Roissy et Deshayes ;

Lehmann, officier des mines, à Saint-Pétersbourg, présenté par MM. de Roissy, Brongniart et Boué ;

D’Abbadie, à Paris, présenté par MM. Boué et Régley.

On passe à la correspondance.

M. Lockhart annonce à la Société qu’il va lui envoyer une suite de fossiles de l’Orléanais.

M. Keferstein, de Halle, après avoir exprimé tout l’intérêt qu’il attache au Bulletin de la Société, annonce qu’il va lui adresser le dernier cahier de son journal, auquel il joindra la collection complète des années antérieures ; savoir : 10 volumes avec 12 cartes et coupes géologiques.

M. le président charge le secrétaire d’exprimer spécialement à M. Keferstein les remercie mens de la Société.

Il est fait hommage à la Société des ouvrages suivans :

1° De la part de M. Boué :

A. Une revue des observations géognostiques faites dans l’Odenwald (Gedranzte Ubersicht der Ergebnisse einer geognostischen Erforschunz der Odenwalder), par le docteur A. Klipstein. — In-4°, de 18 pages. Darmstadt, 1829.

B Protogœa de Leibnitz. — In-4°, de 1749 pages, avec a 12 planches.

C. Description de trois genres nouveaux de coquilles fossiles du terrain tertiaire de Bordeaux ; savoir : Spiricella, par M. Ranz ; Gratelupia et Jouannetia, par M. Ch. Desmoulins. — In-8°, 1828.

D. Traité élémentaire de Géologie, par J. A. de Luc. — In-8°. Paris, 1809.

E. Distribution technique des pierres précieuses avec leurs caractères distinctifs, par M. le comte G. Razoumowsky. — In-8°. Vienne, 1825.

F. Second voyage de deux Anglais dans le Périgord et leur pèlerinage à Rocamdour, par M. Jouannet. — Petit in-8°. Périgueux, 1828.

G. Supplément aux observations géognostiques (Nachtrag zu den geognostischen Beobachtungen, etc.), par M. G. Ch. Sartorius, avec une carte de hauteur du cercle d’Eisenach. — In-8°. Eisenach, 1823.

H. Essai d’une description géognostique des contrées des bords inférieurs du Necker, près de Heidelberg (Versuch einer geognostischen Derstellunz, etc.), par M. le docteur H. Bronn. — In-8°, avec une carte géologique. Carslruhe, 1827.

M. Boué offre en outre à la Société deux portraits, l’un de M. de Humboldt, et l’autre de M. le professeur Mohs, à Vienne. Ces deux portraits sont destinés à être réunis à la collection de lettres autographes dont la Société a autorisé la fondation.

2° De la part de M. Desnoyers, les mémoires suivans dont il est l’auteur :

A. Notice sur le Tartuffite, ou bois fossile à odeur de truffes. ─ In-4°, avec deux planches. 1822.

B. Observations sur quelques systèmes de la formation oolithique du N. O. de la France, et particulièrement sur une oolithe à fougères de Mamers, département de la Sarthe ; suivies d’observations de M. Prévost sur Stonesfield. — In-8° de 71 pages, avec une carte et deux planches. 1825.

C. Mémoire sur la craie et sur les terrains tertiaires du Cotentin. — In-4°, de 85 pages, avec carte et coupes. 1825.

D. Observations sur un ensemble de dépôts marins, plus récens que les terrains tertiaires du bassin de la Seine, et constituant une série de formations géologiques distinctes (Form. quaternaires), avec un Aperçu de la non simultanéité des bassins tertiaires. ─ In-8° de 136 pages. 1828.

E. Deux cartes doubles des terrains du Cotentin.

F. Deux planches, l’une des principaux fossiles de Stonesfield, l’autre des empreintes de plantes de l’oolithe de Mamers.

M. Desnoyers fait encore hommage à la Société, pour sa bibliothèque, des neuf ouvrages et mémoires suivans.

A. Essai sur la théorie des volcans d’Auvergne, par M. de Montlosier. — In-8° de 184 pages. 1802.

B. Aperçu général des mines de houille exploitées en France, par M. Lefebvre. — In-8° de 157 pages, avec carte 1803.

C. Observations minéralogiques et géologiques sur les principales substances des départemens du Morbihan, du Finistère et des Côtes-du-Nord, par M. Bigot de Morognes. — In-8° de 157 pages. 1810.

D. Mémoire sur les bitumes, leur exploitation et leurs emplois utiles, par M. Payen. — In-8° de 64 pages. 1824.

E. Lettres sur la minéralogie, la géologie, et sur divers autres objets de l’histoire naturelles de l’Italie, écrites par Ferber à de Born, trad. de l’allemand par Dietricht. — In-8° de 507 p. 1776.

F. De Systematibus mineralogicis, par Wallerius. ─ In-8° de 152 p. 1778 : C’est la première et la plus complète histoire des systèmes minéralogiques antérieurs au 19e siècle.

G. Traité des pierres de Théophraste, trad. du grec par Hill. — In 12 de 287 pages. 1754.

H. Mémoire sur un nouveau genre de coquilles de la famille des Solénoïdes, par Mesnard de la Groye. — In-4° avec une planche.

I. Observations et réflexions sur l’état et les phénomènes du Vésuve, pendant une partie des années 1815 et 1814, par le même, extrait du Journ. de phys. — In-4° de 112 pages. 1815.

3° De la part de M. de Caumont :

A. Son Essai sur la topographie géognostique da département du Calvados. ─ In-8° de 512 pages, avec un atlas in-4° contenant sept planches de coupes. Paris, 1828. Chez Lance. libraire.

B. Sa carte géologique du département du Calvados, dressée en 1825, et publiée en 1828.

C. La troisième partie du premier volume de la Revue Normande, rédigée sous la direction de M. de Caumont. — In-8°. Caen, 1831.

4° Le numéro 15 du Mémorial encyclopédique et progressif Les connaissances humaines, sous la direction de M. Bailly de Merlieux. Janvier 1831. ─ In-8°, en échange du Bulletin de la Société.

5° Les numéros 6 et 7 du Bulletin des Sciences naturelles et de Géologie, sous la direction de M. de Férussac. Juin et juillet 1831. — In-8°.

6° Les numéros 203 et 204 (novembre et décembre 1831) du Bulletin de la Société de Géographie de Paris. — In-8°.

7° Le numéro 11 du Journal des travaux de l’Académie de l’industrie agricole, manufacturière et commerciale, fondée à Paris par M. César Moreau. — In-4°. 1831.

8° Les numéros 6, 7 et 8 de l’Européen, journal des sciences morales et économiques, paraissant tous les samedis. — In-4°.

9° De la part de M. Deshayes, son Tableau d’une classification méthodique des Mollusques acéphalés (Bivalves), extrait de l’Encyclopédique méthodique.

10° De la part de M. J. Steininger, Observations sur les fossiles du calcaire intermédiaire de l’Eiffel. — In-4° de 44 p. Trèves, 1831.

M. de Férussac envoie le prospectus de la continuation de son Histoire naturelle générale et particulière des Mollusques, et annonce qu’il va publier sept livraisons de 12 planches chacune de la classe des Céphalopodes.

M. la professeur Georges Jan et M. Joseph de Christophori envoient l’annonce de la fondation qu’ils viennent de faire à Milan d’un Musée d’histoire naturelle et d’une bibliothèque. Leurs collections consistent en 10,000 échantillons de minéraux, 4,000 espèces de coquilles, 17,000 de plantes, etc. Ils vont en publier les catalogues, et proposent de céder leurs doubles par action de 100 et 50 fr., à un tiers au-dessous du prix courant.

Il est encore fait hommage à la Société par M. Desnoyers, de la Description de l’Îlot volcanique de Sicile, visité par M. Prévost. — Brochure in-8°, avec deux planches.

Il est présenté à la Société :

1° Par M. le docteur Turman, un cahier de Vues de cette même île, publiées à Naples le 10 décembre 1831, par M. Marzolla. — In-12 oblong.

M. Turman communique en même temps deux échantillon de ce volcan et de l’eau contenue dans le cratère.

2° Par M. Boué,

A. Le troisième cahier des Petrifications de M. le professeur Goldfuss, où l’on remarque la même perfection de dessins que dans les précédentes livraisons.

A. Conchiologie fossile et aperçu géognostique des formations du plateau Volhyni-Podolien, par M. de Dubois de Montperheux. — In-4°, avec une carte et 8 pl. Berlin, 1831.

On annonce que M. de la Bèche va publier une seconde édition de son Traité de Géologie, ainsi que M. Lyell une seconde édition du premier volume de ses Principes de Géologie. Le deuxième volume de ce dernier ouvrage vient de paraitre.

Il est enfin fait hommage à la Société de la part de M. de la Bèche, de deux fougères arborescentes de la Jamaïque, longues de 17 pieds, et garnies de leurs feuilles et racines.

La Société vote des remerciemens à M. de la Bèche, et adopte la décision du conseil qui détermine que ces beaux échantillons seront déposés dans la salle de ses séances.

M. Clément-Mullet présente à la Société la table du premier volume du Bulletin, qu’il a bien voulu se charger de rédiger. Cette table sera imprimée après l’examen de la commission d’impression.

M. Boubée propose qu’on adresse le Bulletin de la Société à l’Académie royale de Toulouse, en en demandant l’échange contre les Mémoires de cette Académie. Cette question est renvoyée au conseil.

M. Desnoyers communique les extraits suivans de deux lettres de M. Constant Prévost, adressées à MM. Brongniart et Cordier, la première de Syracuse, et l’autre de Palerme :


Syracuse, le 29 octobre 1831.

(Du Lazaret où M. Prévost a fait quarantaine de 21 jours.)

« Je rapporte de Malthe une collection très-nombreuse de roches et de fossiles. Je me bornerai à vous dire par anticipation qu’après avoir parcouru l’île dans tous les sens, je la regarde comme formée de terrains très nouveaux et qui entrent dans le groupe que Desnoyers a si judicieusement établi sous la dénomination de terrains quaternaires. Ce sont, ainsi que moi-même je l’avais avancé dans mon mémoire sur Vienne, des formations intermédiaires entre les anciens terrains tertiaires parisiens et les formations que je suppose (à bon droit, je crois) se déposer encore dans les bassins des mers actuelles. Seulement ici j’ai retrouvé les dépôts pélasgiques, contemporains des dépôts littoraux, dont le crag de Norfolk, les faluns de Touraine, du Cotentin, ceux de Dax, du littoral de la France méridionale, du bassin de Vienne en Autriche, etc., sont des exemples.

Aussi la pierre de Malte, les argiles qui alternent avec les bancs calcaires, ont-elles, par leurs caractères généraux, par leurs facies, la plus grande analogie avec certaines parties des terrains secondaires, au point qu’un géologue qui s’en rapporterait aux caractères minéralogiques des roches, à la puissance des bancs, à la manière d’être des fossiles, etc., pourrait se croire sur les côtes de la Normandie ou de l’Angleterre. Il trouverait sans peine. les glauconies crayeuse et grossière, le green-sand, l’iron-sand, les argiles de Dives, celles d’Hornfleur, le calcaire de Caen, le coral-rag, etc., etc. ; mais sous des bancs presque entièrement composés de débris de polypiers, de térébratules, de plusieurs espèces d’oursins, et même d’encrines ; il verrait des sables et des argiles qui enveloppent les coquilles subapennines roulées, les grandes dents de squales, des os de lamantins, et peut-être même de mammifères, etc. Au milieu de ces dépôts de sédiment, on trouve plusieurs fois des bancs, ou plutôt des masses étendues de polypiers en place ; et le sommet ouest de Malte et de Goze est un banc de polypiers de plus de 25 pieds d’épaisseur qui a l’aspect caverneux et la consistance de nos meulières, ou plutôt du calcaire siliceux ; je l’avais pris d’abord pour un dépôt de calcaire traversin ; mais je me suis assuré que son origine est marine et qu’il est dû au travail des polypes. J’ai retrouvé également, autour de ce témoin d’un sol qui avait une bien plus grande étendue, les marques du séjour prolongé de la mer à différend niveaux, observation analogue à celle que j’ai déjà eu l’occasion de faire dans le bassin de Vienne, où j’ai indiqué une ligne horizontale à plus de 200 pieds au-dessus du Danube, le long de laquelle les roches calcaires sont percées par des mollusques lithophages…

J’ai retrouvé dans la bibliothèque de la cité Lavallette les débris des collections faites par Dolomieu ; ils étaient oubliés depuis bien des années, et l’abbé Bellanti, homme aussi éclairé qu’obligeant, a bien voulu les faire sortir de la poussière pour les mettre à ma disposition. J’ai séparé tout ce qui appartient au sol de Malte ; j’ai obtenu quelques fossiles que je n’avais pas trouvés, en échange d’autres que la collection ne possédait pas ; j’ai dessiné tous ceux qui n’existaient pas en double ; j’ai mis des numéros d’ordre qui correspondent avec ceux de mes échantillons ou de mes dessins, afin de pouvoir, à mon retour, envoyer les noms des espèces, ou demander celles qu’il serait le plus important d’avoir à Paris. J’espère que les géologues qui viendront après moi à Malte me sauront gré de ce travail que j’ai fait en courant. Je me suis ménagé, au reste, les moyens d’obtenir de l’obligeance de M. Miege, notre consul, et de celle du capitaine du génie anglais M. Barry-Jones, tout ce qui pourrait nous manquer… »

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Extrait de la seconde lettre de M. G. Prévost, adressée à M. Cordier, de Palerme, le 18 décembre 1831.

Après avoir parcouru toute la côte sud-est et nord de la Sicile, depuis le cap Passaro, et avoir fait une excursion de dix jours dans les îles d’Éole, M. Prévost arriva à Palerme. Il a soigneusement comparé dans cette seule course des effets et des produits volcaniques d’époques évidemment bien distinctes.

« Le cap Passaro, dit-il, est un des points les plus intéressans ; mais au lieu de ces alternances nombreuses de basalte de calcaire dont on a parlé, je n’ai vu qu’une grande formation basaltique qui (probablement sous les eaux) a soulevé, pénétré de mille manières des calcaires de différens âges, depuis la craie jusqu’à un terrain tertiaire moderne. Cette action volcanique a eu lieu, par conséquent, à une époque très récente, et elle n’a été suivie que par le dépôt d’un terrain qu’il faudra nommer quaternaire, dépôt très puissant lui-même et qui renferme un très grand nombre de fossiles analogues aux animaux actuellement existans dans la Méditerranée. C’est ce dépôt qui forme une ceinture tout autour de la Sicile, et dont on retrouve des lambeaux dans l’intérieur de l’ile. Il me sembla analogue au crag et à nos faluns, comme M. Desnoyers l’a déjà très bien remarqué. C’est lui qui constitue en partie le sol de Malte.

Contre l’opinion de MM. Daubeny et Lyell, je crois que le calcaire de Passaro est de la craie semblable à celle d’Angoulême, avec hippurites, et à celle du midi de la France. Il ne faut pas confondre ce calcaire avec celui du val di Noto, qui lui-même n’est pas semblable, peut-être, à celui de Syracuse. J’ai recueilli un grand nombre de notes, de dessins, d’échantillons, afin de pouvoir discuter cette opinion des alternances des basaltes et des calacaires. À Millili, j’ai visité le gisement du dussodyle qui se trouvent contact des roches volcaniques boueuses et des calcaires plus récens.

Malgré la saison avancée, et grâces aux bonnes directions de MM. Gemellaro, notre course à l’Etna a été heureuse. Il faisait très froid, et de sept que nous étions, je suis arrivé, moi troisième, au bord du cratère, malgré la neige et les vapeurs qui se disputaient l’honneur de nous arrêter. Le reste de la caravane a été forcé de rester dans la maison de M. Gemellaro. J’ai marché sur une petite coulée qui, dans le mois de mars dernier, est sortie par la bouche même du cratère. Je me suis particulièrement attaché à recueillir les produits d’époques différentes, et à constater les effets des influences postérieures aux diverses éruption.

De Catane à Messine, la route est très intéressante. Aux environs de Taormine commence un nouveau système de roches anciennes sur lesquelles reposent encore les formations récentes dont la brèche de Spallanzani fait partie, selon moi ; car, malgré. le désir que j’aurais eu de trouver dans cette roche un dépôt qui continuerait à se former, les faits que j’ai observés me forcent à croire que Spallanzani a été trompé par les apparences, comme plusieurs personnes du pays le sont encore.

À Messine, j’avais retrouvé le brick : j’espérais pouvoir faire avec lui mon excursion dans les îles d’Éole ; mais le capitaine m’a fait craindre qu’il ne lui fût impossible de débarquer, et surtout de rester dans ces parages dangereux, si la mer devenait mauvaise. Je me suis décidé en censéquence à partir pour Melazzo, afin de prendre une barque qui pût me conduire d’une île à l’autre ; pendant huit jours j’ai été retenu par les vents. Heureusement que la presqu’île de Melazzo m’a offert des faits tellement curieux que je n’ose en parler sans avoir des pièces de conviction à faire voir en même temps. Cette presqu’île est formée par trois pitons de roches anciennes (pegmatite, gneiss, granite) que recouvre un calcaire quaternaire. Mais, ces roches inférieures ont été évidemment bouleversées à une époque postérieure au dépôt du calcaire, qui les a pénétrées jusqu’à une profondeur de plus de 200 pieds dans tous les sens ; de manière que dans beaucoup de cas il est difficile de décider si c’est le calcaire qui à pénétré les roches feldspathiques, ou bien si ce sont celles-ci qui ont passé à travers une vase calcaire, de même qu’au cap Passare le basalte a traversé la craie. Le calcaire a contracté la plus forte adhérence avec le gneis ; il a acquis une très grande dureté au contact des roches micacées. J’ai employé dix jours à visiter en détail les îles de Lipari, Vulcano, Stromboli, et autres îlots volcaniques de cette côte.

De Palerme, je vais aller à Sciacca, à Girgenti, et reviendrai par le centre de l’île. Je ne compte pas pouvoir partir avant le 15 janvier pour Naples.


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La société approuve les décisions suivantes prises par le conseil les 7 et 21 janvier 1832.

La société formera une collection des autographes et portraits de tous les géologues connus.

Elle accepte l’échange contre le Bulletin, 1° du Journal du travaux de l’Académie d’industrie, fondée à Paris par M. César Moreau ; et 2° de l’Européen, journal des sciences morales et économiques (paraissant tous les samedis).

Le conseil décide qu’on nommera un secrétaire pour l’intérieur en remplacement de M. de Beaumont, démissionnaire, et que ses fonctions dureront deux ans à partir du 1er janvier. Le second secrétaire deviendra de droit secrétaire pour l’étranger.

M. Boué propose que désormais la société tienne trois séances dans le mois de janvier, dont l’une serait spécialement destinée aux élections et discussions du budget. — Le conseil adopte cette proposition, et détermine une troisième séance extraordinaire pour le 30 janvier.

En conséquence de ces décisions, la société procède à l’élection d’un secrétaire pour remplacer M. de Beaumont, démissionnaire. M. Desnoyers, vice-secrétaire, obtient la majorité, et est proclamé secrétaire.

On procède ensuite à l’élection d’un vice-secrétaire en remplacement de M. Desnoyers ; la majorité des suffrages se porte sur M. Delafosse.

Les secrétaires sont donc M. Desnoyers pour la France, et M. Boué pour l’étranger. Les vice-secrétaires, MM. Dufrénoy et Delafosse.

M. le trésorier présente le budget pour 1832 tel qu’il a

été adopté par le conseil.
Budget présenté pour l’année 1832.
RECETTE.


NATURE DES RECETTES. Somme
admises par
la société
Art. 1er. Reliquat de 1831 2,158 60
Art. 2. Arriéré de 1830 Droits d’entrée 400 »
Cotisations annuelles 300 »
Art. 3. Arriéré de 1831 Droits d’entrée 140 »
Cotisations annuelles 1,780 »
Art. 4. Arriéré de 1832 Droits d’entrée 300 »
Cotisations annuelles 5,250 »
Art. 5 Vente du premier volume du bulletin 45 »
Totaux 10,353 60


DÉPENSES.


NATURE DES DÉPENSES. budget
de
1831
Somme
admises par
la société
Art. 1er. Impressions divers et lithographies 200 » 200 »
Art. 2. Bulletin 1,140 » 1,500 »
Art. 3. Mobilier 200 » 200 »
Art. 4. Affranchissements, ports de lettres et paquets 250 » 300 »
Art. 5. Agent 400 » 800 »
Art. 6. Loyer 1,000 » 1,000 »
Art. 7. Chauffage et éclairage 200 » 260 »
Art. 8. Dépenses diverses et imprévues 200 » 250 »
Art. 9. Bibliothèque A. Abonnemens existans, reliure et ports de livr. » » 200 »
B. Acquisitions pour la bibliothèque. » » » »
(Ne pourront être faite que sur décision de la société)        
Art. 10. Collection A. Acquisition de meubles et ports des envois » » 600 »
B. Acquisitions d’objets utiles à la société. » » » »
(N’auront lieu que sur décision spéciale)        
Art. 11. Impressions des mémoires » » 2,000 »
Totaux 3,590 » 7,310 »


RÉSULTAT.
La Recette présumée étant de 10,553 60
La dépense autorisée étant de 7,510 »
─────────
L’excédant de la recette sur la dépense serait de 3,043 60

Ainsi adopté en séance, le 23 janvier 1832.

Une longue discussion s’engage au sujet des collections et de l’esprit dans lequel la société doit les faire.

Plusieurs membres (MM. Dufrénoy, de Bonnard, de Beaumont, etc.) regardent comme inutiles les collections que pourrait former la société, à raison des riches et nombreuses collections qui existent déjà à Paris ; ils les regardent comme pouvant entraver la publication des mémoires, en diminuant trop les fonds nécessaires à ce dernier objet, et enfin comme pouvant embarrasser promptement la société, par suite de choix indiscrets d’échantillons. Ils demandent donc que la société ne forme point de collections, ou du moins qu’elle y apporte la plus grande réserve.

D’autres membres (MM. Deshayes, Boué, Michelin) pensent au contraire que la société doit former des collections les plus étendues en espèces de fossiles et en échantillons de roches de toutes les localités, particulièrement de la France ; que ces collections, surtout celle des fossiles, seront de la plus grande utilité, soit pour la comparaison d’espèces de localités différentes, soit pour faciliter des échanges.

Un membre (M, de Roissy) propose que tout envoi d’échantillons soit précédé d’un avis au conseil, qui ne les accueillerait qu’accompagnes d’observations ou d’un mémoire.

D’autres membres enfin (MM. de Blainville, Pâris, etc.) proposent que la société en restreigne le cercle dans de petites collections méthodiquement classées de roches et de fossiles, et dans la réunion des pièces à l’appui des mémoires, ces deux premières sortes de collections pouvant être particulièrement utiles aux membres qui n’ont point fait encore une étude spéciale de la géologie.

M. Desnoyers rappelle qu’on doit aussi former, d’après une précédente décision, une collection de fossiles classés par terrains.

M. le président, résumant la discussion, propose à la société interpréter ainsi qu’il suit l’article 1er du chapitre 7 de son règlement. La plupart des membres se rangent à cette opinion, et la société décide que ses collections se composeraont :

Des échatillons à l’appui des mémoires on communications verbales ;

D’une petite collection fondamentale de roches classées méthodiquement ;

D’une petite collection paléontologique également fondamentale et distribuée par genres ;

4° Enfin, d’une série d’espèces des fossiles les plus caractéristiques, groupées par formations géologiques.