Calligrammes/Deuxième Canonnier conducteur

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Calligrammes
Poèmes de la paix et de la guerre (1913-1916)
Mercure de France (p. 74-76).
2e CANONNIER CONDUCTEUR

Me voici libre et fier parmi mes compagnons
Le Réveil a sonné et dans le petit jour je salue
La fameuse Nancéenne que je n’ai pas connue

Calligramme p.74
Les 3 servants bras dessus bras dessous se sont endormis sur l’avant-train

Et conducteur par mont par vol sur le porteur
Au pas au trot ou au galop je conduis le canon
Le bras de rofficier est mon étoile polaire

Il pleut mon manteau est trempé et je m’essuie parfois la figure

Avec la serviette-torchon qui est dans la sacoche du sous-verge

Voici des fantassins aux pas pesants aux pieds boueux
La pluie les pique de ses aiguilles le sac les suit

Calligrammes p. 75, 2e Cannonier

Fantassins
Marchantes mottes de terre
Vous êtes la puissance
Du sol qui vous a faits
Et c’est le sol qui va
Lorsque vous avancez
Un officier passe au galop
Comme un ange bleu dans la pluie grise
Un blessé chemine en fumant une pipe
Le lièvre détale et voici un ruisseau que j’aime
Et cette jeune femme nous salue charretiers
La Victoire se tient après nos jugulaires
Et calcule pour nos canons les mesures angulaires
Nos salves nos rafales sont ses cris de joie
Ses fleurs sont nos obus aux gerbes merveilleuses
Sa pensée se recueille aux tranchées glorieuses


J’ENTENDS CHA
L                                                        N
E                                                        TER l’oiseau
B                                                        E
EL OISEAU RAPAC