Catéchisme du diocèse de Sens/Suite de la contrition

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Brown & Gilmore, imprimeurs de la Province (p. 65-66).

XXXIV. Suite de la Contrition.

D. QUelles conditions doit avoir une bonne Contrition ?
R. Il faut qu’elle ſoit, 1. Surnaturelle. 2. Intérieure. 3. Univerſelle. 4. Souveraine.
D. Ces conditions ſont-elles communes à la Contrition parfaite et à l’Attrition ?
R. Oüi, ſans ces conditions ni l’une ni l’autre ne ſeroit ſuffiſante.
D. Qu’entendez-vous par une Contrition ſurnaturelle ?
R. C’eſt-à-dire, que la Contrition doit être excitée en nous par un mouvement du Saint-éſprit, et non pas ſeulement par un mouvement de la nature.
D. Celui qui auroit regret de ſes péchés, à cauſe qu’ils lui auroient fait perdre ſon bien, ou ſa ſanté, ou ſon honneur, auroit-il une bonne Contrition.
R. Non, parce que ſa Contrition ne ſeroit qu’une douleur naturelle.
D. Qu’entendez-vous par une Contrition intérieure ?
R. J’entens qu’il faut avoir la Contrition dans le coeur, et ne ſe pas contenter d’en faire un Acte du bout des lévres.
D. Celui qui récite un Acte de Contrition, a-t’il toujours une bonne Contrition ?
R. Non parce que ſi ſon coeur n’eſt pas affligé d’avoir offenſé dieu, la Contrition n’eſt pas intérieure.
D. Qu'entendez-vous par une Contrition univerſelle ?

R. J’entens qu’elle doit s’étendre ſur tous les péchez qu’on a commis, et particuliérement ſur les mortels.
D. Si on avoit regret de tous ſes péchez, hors d’un ſeul péché mortel, auroit-on une bonne Contrition ?
R. Non, parce que la Contrition ne ſeroit pas univerſelle.
D. Qu’entendez-vous par une Contrition ſouveraine ?
R. J’entens qu’il faut être plus fâché d’avoir offenſé dieu, que de tous les maux qui pourroient nous arriver.
D. Doit-on être plus fâché d’avoir offenſé dieu, que d’avoir perdu ſon bien, ſes parens, ou ce qu’on a de plus cher au monde ?
R. Oüi, parce que le péché eſt le plus grand de tous les maux.

Fauſſe pénitence d’Antiochus, et ſa réprobation. Liv. 1. des Machab. ch. 6. Liv. ii. ch. 9.
PRATIQUES. 1. Eprouver la ſincérité de ſa contrition par la ſéparation et la privation des choſes qui nous peuvent être occaſion de péché.
2. L’éprouver encore par la privation des plaiſirs et des commoditez légitime et permiſes, et en eſprit de pénitence.
3. Faire quelques aumônes au tems de ſa confeſſion, pour obtenir de Dieu une bonne contrition.
4. Avant que de ſe préſenter à confeſſe, réparer ſes fautes, ſi on le peut ; par exemple, ſi on y eſt obligé, et ſe réconciliant avec ſes ennemis, ſi on en a.