Catholicon (Lagadec)/1867

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Catholicon (1499)
(p. 7-26).
DOCUMENTS

POUR

SERVIR A L’ÉTUDE DE l’HISTOIRE

et de la

LANGUE BRETONNES

LE CATHOLICON

De Iehan LAGADEUC



LORIENT. — IMP. D’ÉD. CORFMAT, RUE DU PORT, 68.
LE CATHOLICON

DE Iehan LAGADEUC

DICTIONNAIRE

BRETON, FRANÇAIS ET LATIN

Publie par R. F. LE MEN

d'après

L'édition de Mr Auffret de Quoetqueceran 1

Imprimée a Tréguier

Chez lEHAH GALDEZ

EN

M.CCCC.XCIX

Tiré a 300 exemptaires.

LORIENT

Éd. Corfmat, Libraire, rue du Port, 68.

SAINT-BRIEUC

Guyon, Libraire,

rue Saint-Gilles.

QUIMPER

J. Salaün, libraire,

rue Kereon, 1

La marque de Jehan Calvez.

La targe qui se voit dans la marque de cette imprimeur, porte la lettre J, initiale du mot Jehan, suivie d’une équerre et d’une hache. Ces outils de charpentier sont des armes parlantes. En effet le mot breton, Calvez signifie en français Charpentier.

Jean Balbi, dominicain génois, qui vivait au xiiie siècle, et qui est plus connu sous le nom de Jean de Janua ou Januensis, est l’auteur d’une sorte d’Encyclopédie classique ayant pour titre Catholicon, seu Summa Grammaticalis, et contenant une Grammaire, une Rhétorique et un Dictionnaire. Cet ouvrage, qui parait avoir joui d’une grande vogue au Moyen-Age, fut imprimé a Mayence en 1460. par Jean Faust et Schœffer, et servit, quatre ans plus tard, de modèle à Me J. Lagadeuc, prêtre, à Plougonven, près Morlaix, pour composer un Dictionnaire breton, français et latin[1], à l’usage des pauvres clercs de son pays. Les motifs qui le portèrent a entreprendre ce travail sont exposés dans sa préface,

que je reproduis ici :

« Principio dominum rogo primum semper et unum
Ut Britonum librum ualeam complere nouellum.
Si quid in hoc opere uidearis non bene dictum,
Non mox arguere studeas tanquam male peractum ;
Primo consulere placeat tibi sepe peritum
Qui sciat instruere nec non discernere scriptum.

« Quum quidem multi scolares adhuc in limine gimnasii, non habentes periciam latinitatis, trahuntuocabula latina ad sensum extraneum et extortum, squamas auibus et plumas piscibus apponentes, alii quippe de nouo latinum fingunt et alii barbarizant, eciam quia quamplures britonesmultum indigent gallico, ideirco, ego Iohannes Lagadeuc, parrochie de Ploegonuen, diocesis, trecorensis, in artibus et decretis bachalarius,quamuis indignus, ad utilitatem pauperum clericulorum britannie, uel rudium in pericia latinitatis, hoc opusculum composui, primo ponenset ordinans britonicum secundum ordinem quem frater Iohannes Ianuensis tenet in suo Catholicon : sibi addiiciens gallicum, deinde latinumciusdem significationis, ut per illud britonicum,poterint ad gallici et latini peruenire cognicionem. Hic enim supplebitur quidquid ex huius deffectu hactenus pretermissum est. Queso autem mente deuota, super huius operis imperfectione,ueniam a scolaribus et magistris, postulansut non bene dicta corrigant, defectus suppleant et in melius reforment, ac britonicum secundum eorum prolacionem hic interserant, ut melius uterque convalescat. Datum die xvie mensis augusti, anno domini millesimo quadringentesimo sexagesimo quarto. »

Quoique rien ne prouve qu’il y ait eu des maitres-imprimeurs établis en Bretagne des 1464[2], tout porte à croire que Lagadeuc en composant son travail le destinait à l’impression : c’était le seul moyen de le mettre à la portée des pauvres clercs pour l’utilité desquels il l’avait entrepris. Quoi qu’il en soit, la première édition connue du Catholicon breton est celle qui fut imprimée à Tréguier, par Jean Calvez, en 1499, et dont il n’existe peut-être que deux exemplaires : celui de la Bibliothèque Impériale[3] et celui de la bibliothèque de Quimper. C’est a tort que l’on a attribué cette édition a trois auteurs : Me Lagadeuc, pour le latin ; Auffret de Quoetqueveran, chanoine de Treguier, pour le français, et Yves Roperz, pour le breton. Elle n’est en effet que la reproduction à peu près exacte de l’œuvre de Lagadeuc, dont la préface a été remplacée par une introduction bien inutile que l’on peut attribuer a Auffret de Oupetqueveran. Ce dernier ne peut avoir droit qu’au titre d’éditeur de cette édition, ou peut-être même d’une édition antérieure, car il est utile de faire remarquer que celle de 1499 n’a été imprimée qu’après la mort d’Auffret. Quant à Yves Roperz, les trois vers bretons qui terminent l’ouvrage font savoir qu’il en a été l’ouvrier compositeur.

Les autres éditions connues du travail de Lagadeuc sont celles de Jean Cozre[4], sans date, et celle qui fut imprimée a Paris par Yves Quillivere, en 1501[5]. Elles paraissent être l’une et l’autre des abrégés de la précédente, et ne sont pas moins rares qu’elle.

Davies a eu a sa disposition un exemplaire du Catholicon, comme on le voit par les nombreuses citations qui se trouvent dans son précieux Dictionnaire, et que Dom Le Pelletier a reproduites en partie. Le Gonidec ne parait pas avoir connu cet ouvrage, du moins avant la publication de son Dictionnaire. Il était du reste déjà d’une rareté extrême au dernier siècle.

M. de la Villemarque, dans l’édition qu’il a publiee du Dictionnaire breton-français de ce savant et honnête lexicographe, déclare avoir profité de l’œuvre de Lagadeuc pour enrichir son travail. On trouve, en effet, de la lettre A à la lettre D, 48 citations du Catholicon, mais il parait qu’arrivé là le zèle de l’éditeur s’est refroidi, car le reste du volume n’en contient guère plus de cinq à six. Je reproduis ici quelques-unes de ces citations, en mettant en regard le texte de Lagadeuc. Cette comparaison pourra donner une idée de la méthode employée par M. de la Villemarqué pour enrichir ses éditions.

M. de la Villemarqué. Jean Lagadeuc.

Abevlec’h, — abreuvoir.
Abezet, — part, passe du verbe abeziy, non usité. Stapide.
Aktor, — comedien, acteur.
Amal, — email.
Anden, — Lagadek le traduit
aussi par nonne, religieuse.
Aprek, − contrition, détestation de ses péchés.
Apreka, − souffler, être essoufflé, être contrit.
Arguz, — dispute.
Archantiek, — banquier.
Belc’hloreour, — bachelier.
Biblian, — bibliothèque.
Biblianour, — bibliothecaire.

Abeuffrlech, g. abeuuroer, l. uadum.
Abaisset, g, esbahi, l. stupidus.
Actor, g. acteur, l. actor.
Amaill, g. esmail rond, l. scutula.
Andeu, g. nedoncques, l. nonne ? aduerbium.
Azrec, g, compunction, tristeur des pechiez, l. compunctio.
Azrecat, 9. avoir compunotion des pechiez, l. compungere.
Deest.
Argantier, g. argentier, l. argentarius.
Bacheler, g, bachelyer, l. bachalarius.
Biblian, g. biblien, l. bibliotecarius.
Deest.

BfiATELLA, — trahir, Iromper. Biatellat, y. brateller, /. Ura- tantJzare. Item eest tromper ’ (soufQer dans une trompe)« bratelier. BoLzuN, — navel, legume. Bulsun an guiadcr, j^. navet de (exier, I, rad.us, navieala, panucula. Kaloor ou Kealodr, ^missaire, Calu)uch, g, greer (sie), I emis- p1. ien. (de heal, nouvelle, et sarius (equus. g. iXalon). dc our, homme, pour gour . Dasson, — echo ; Lagadek ecrit Daczon, /• echo. mal dakson. LouER, — bailli. Alouer, item belly ; ibi uide.

Il est inutile de pousser plus loin cette comparaison. Ceux qui voudront la continuer pourront s’assurer que les autres citations de M. de la Villemarqué sont presque toutes inexactes sous le rapport de l’orthographe ou même de la signification des mots[6].

La présente édition, tirée à 300 exemplaires seulement, est faite d’après celle d’Auffret de Quoetqueveran, imprimée à Triguier, en 1499. Mais comme je l’ai entreprise au point de vue de l’étude du breton et non de l’étude du latin, j’ai du supprimer ce qui était étranger au but que je me suis proposé, en conservant toutefois les expressions latines et françaises offrant quelque intérêt sous le rapport de la langue ou des mœurs du Moyen-Age. J’ai reproduit tous les mots bretons de l’original, en plaçant à leur rang alphabétique ceux qui se trouvent confondus avec le texte des articles. Quant aux mots que j’ai cru devoir ajouter pour faciliter l’intelligence de quelues expressions, ils sont toujours entre crochets.

Une liste d’additions et de corrections qu’il importe de consulter termine le volume.

Dans l’ouvrage de Lagadeuc, le mot breton qui

commence chaque article est suivi du mot français et du mot latin correspondants. Viennent ensuite les verbes, les adjectifs, etc., qui en dérivent, puis les expressions qui ont un rapport plus ou moins direct avec le mot initial, de sorte qu’un seul mot breton est souvent suivi d’une ou plusieurs colonnes de mots latins. Les deux articles suivants, pris au hasard dans le Catholicon, donneront une ’ id^e de cette méthode, et feront comprendre pourquoi j’ai cru pouvoir me dispenser de la suivre. Bras, gal. grand, /. hie et hec grandis et hoc grande, et comparatur. //emgrandeo, grandes, n. ge ; g, estre grand ; inde grandesco, scis, inchoatiuum, g, ie deuiens grand. Item grandeuus, a um, g. de grand aage, b. hir- huazlns. Item grandilogus, ga, gum, g, grand parleur gni dit grandes choses. Item grandisonus, a, urn, g. de grand json. Item hec granditas, tis, g, grandeur, bre. brasder. Item grandlculus, la, lum, g. ung pou grand, 6. ung nebeut bras. Item grosseo, ses, n. ge ; g. devepir gros. Item grossulus, li, g, uog petit gros. Hem heo grossitas, tis, g. grosseur. Item hec grossicies, ei, idem. Item grosso, as, aui, ac. ge ; g. faire gros. Item hie gros- sus, si, g, gros, ou cest figue’ non meure qui chiet de ligier ou uent. Item gros&us, sa, sum, g, gros et com- paratur grossior, sissimus. Item grosse, sius, sissime. Item grossesco, scis, inchoatiuum. Item uide in musu- raff. Item magnus, a, um, g, grand et comparatur, ma*- gnus, maior, ximus. Item hie et hec magnalis et hoc, le, g, grand chose, b, tra bras. Item magnanimus, a, um, g. homme ou beste de grand courage, b. acourag bras. Item-Yiic et hec magnanimis, et hoc, me, et comparatur. Item hec magnanimitas, tis, g grand courage, hardiesse. Item hie et hec magnas, tis, g. grand ou puissant, b. autrou bras. Item magnatus, a, um. Item hec magnas, tis, cest propre nom de dyament. Item magnifice, a(i- uerbium, g. grandement. Item hec magnificencia, cie, g, grandesse. Item magnificus, ca, cum, g, grand ou puissant. Item hie et hec et hoc magniflcens, tis. Item magnifico, as, ac. ge ; g, magnifier, louer Item- hec ma- gnitudo, inis, g. grandesse. item hoc magniloquium, ii, g grandesse de parole. Item magniloquus, a, um, g. par- leur de grandes choses. Item maguopere, aduerbium qua- litatis, i, secundum magnum opus, g, curieusement, soi- gneusement . Item maioro, as, ac. ge ; g. faire plus grant, b . brassat. Item magnificulu«, a^ um, g. ung pou plus grant. VjOOQ IC JVUp, g. filz, /. hie filius. ii. Item hie natus, ii. Item hie gnatus, ti. Item pedos, gr^e. Item hie puer, ri. Item hie puerulus, Ii, g. petit enffant. /^ewi hee puericia, e, g. enfanee, b. mibiliez. Item hie et hee puerilis, et hoc puerile, g, appertenant a enfant. Item pueriliter, ad. enfentieblement. Item hee puerpera, re, g. gisant den- fant. Item hoe puerperium, rii. Item puero, as, g. estre faict enfant ; inde pueraseo, scis, inehoatiuum. Item repuero, ras, g. reuenir a enfant. Item hie pusio, onis, g. petit enfant. Item hoe uerbum, bi, g, le filz de dieu. Item hie et heefilialis et hoe, le, g. de filz et de fille. Item hee filialitas, tis, ga. filiation ou afiinitd de eomperaige, b, fizyoldet. Item hee filialitas, tis. Item filialiter aduer- bium. Item hie et hee infans, infantis, g. enfant. Item hee infaneia, infaneie, g. enfanee. Item hie et hee in- fantilis et hoe infantile, gallice, partenant ^ enfant. Item infantuosus, a, um, g, plain deufanee. Item hie infan- tulus, Ii, uel hie infantulinus, ni, uel hie infantilus, Ii, diminutiuum, g, petit enfant. Item hie manzor, oris, g. filz de putain. Item hie protulus, Ii, g. le filz ne le pere absent. Item hie filifamilarius, rii, gall, filz fami- lier. Item filio, as, g. faire enfantz ou engendrer.

Quant à l’opportunité de la publication du plus ancien document breton à date certaine[7] que nous possédions, je pense qu’elle ne sera contestée par personne, au moment ou les études celtiques semblent reprendre une faveur toute particulière.

R. F. LE MEN,

Archiviste du Finistère,

Correspondant du Ministère de l’Instruction publique pour les Travaux Historiques. Cy est le Catholicon en troys langaiges scavoir est breton franczois et latin l’ordre de l a. b. c. d. etc. « QVI lingua loquitur oret utinterpretetur, » sicut dicit apostolus, Corintiorum xiiii. Loqui lingua ignota non prodest auditoribus sine expositione. Vnde predicantes laycis quod loquuta lingua latina statim exponunt lingua gallicana aut britanica. Sic in isto libro primo loquitur nobili lingua britanica, decenti gallicana, decentissima latina. Sic auctor hujus libri intendens prodesse tribus statibus ho- minum latinis omnibus, significata grammatice scripture positiue transtulit in britanico primo, gallicano secundo, dignissimo latino tercio, orans ut eodem spiritu quo scripti fuerant libri, posset eos in latinum transferre sermonem, adimplens docu- mentum apostolicum in hiis uerbis : « Qui lingua loquitur etc. » Vnde commendatur ex tribus : ex locutione ueraci, ibi « qui loquitur lingua ; » ora- tione humili, ibi « oret ; » expositione fictili, ibi « ut interpretetur. » Hec enim decent predicatorem et magistros scolarum : ueritas in loquendo, humi- litas in orando, utilitas in exponendo, ut sit utilis, proximo humilis, deo (dein) ueraxin se ipso. « Sine fictione didisci sapienciam, et sine inuidia communico, et honestatem illius non abscondo. » Sapientie uii. Ad unum quodque opus exiguntur tria ex parte agentis : scire, uelle et posse ; sic ad pro- ficiendum in doctrina requiruntur tria : nitor cog- nitionis,.quo :«doctiinpopulisdocebuntplurimos.» Danxii amor communicationis, unde psalmista : « justiciam tuam non abscondi in corde ; » decor operationis, quo peccatori dixit Deus : « quare tu — 2 — cnerras. )► luscognicionisinipeditlgnominia, com- municationem inuidia, opus bonum infamia. Ab hiis tribus commendabilis estista sciencia ut uere possit dice^e cum sapiente : « sine fictione didisci etc. , » secundo ex magisterio doctrine, quod : « sine inuidia etc. » et exeniplo bone uite, quod : « hones- tatem etc. » et in qualibet parte implicat tria com- mendabilia : actum, modum et objectum. « Ponam in lucem scienciam illius, et non preteribo, nee cum inuidia tabescente iter habebo. » Sapiencie sexto. Commendatur translator sine doctor quando trans- fert scripturam, sine docet, faciliter, integraliter et libenter. Faciliter, unde Proverbiorum xiiii : « doc- trina prudentum facilis. » Integraliter, unde lo- hannis xvi : « cum autem uenerit ille, spiritus ueri- tatis docebit uos omneni ueritatem. » Libenter, unde in Thymot. iiii ; « actende tibi et doctrine juste in illis. » Vnde ista sciencia inuehebatur contra quosdam qui uel docebant obscure, uel transferre- bant imperfecte uel dimitebant ex liuore, innuens quod debet doctor transferre euidenter, sufficienter et libenter, quod et ipsa facit. Vnde potest dicere cum sapiente : « ponam in lucem etc. » ubi descri- bit modum sue translationis commendabilem, sci- licet ex tribus : quod transtulit euidenter sine inuo- lutione ; ideo dicit : « ponam in lucem ; » scilicet integraliter, sine diminutione ; ideo subdit : « et non prcteribit ueritatem ; » libenter, sine liuore ; ideo addit : « nee cum inuidia tabescente etc. y> In prime implicantur tria commendabilia : actor ordi- ^ GoOgle^ nans, unde dicit : « ponam ; » modum euidens, unde subdit : « in luceni ; » materia ediiieans, ideo addit : « scienciam illius » scilicet Dei, et significata granimatice positiue in tribus ydiomatibus, britannica, gallicana et latina (sic). Ideo humilime supplico omnibus audientibus (et) legentibus non mordere canino dente si aliquid inrorrede inueniant. INCIPIT dictionarius britonum- continens tria ydiomata, uidelicet : britannicum, secundum ordinem litterarum alphabeti, gallicum et latinum, superaddita, a M. I. Lagadec, diocesis Trecorensis, compositus ad utilitatem clericorum nouellorum britanie.

A.

A, cest la primiere lettre.

Abades, g. abesse, /. abbatissa.

Abaff, uide in diec et in courag, {et in couart.)

Abaisset (Abaffet ?), g. esbahi, /. stupidus.

Abarz, g, dedans, /. introneus, intro. — g, dedans mettre, b. lacat abarz ; uide in emellaff.

Abat, g. abbe, /. abbas. Abaty, g. abbaye, /. abbacia, monasterium ; uide m manachty. Abec, g, cause, / causa. Item pragma ; inde pragma- ticus, id est causidicus, g. aduocat, b, idem ; uide in caus.

Abece, g. idem ou lettre, /. alphabetum ; inde alphabista, g, qui est a sa lettre, ft. abeceer.

Abel, cest propre nom, /. abel, et interpretatur luctus.

Abeuffret, g. abeuure, /. adaquatus.

Abeuffriff,-^’. abeuurer, /. adaquare. Abeuffrlech, g, abeuuroer, L uadum ; uide in roudoez.

Abhominabl, g, abhominable, /. abhominabilis.

Abhominabldet, g, abhomination, /. abhominatio.

Abil, g, abile, /. habilis. — Cest gallice convenable, bretonnice convenabl. Gallice habile, plus habile, tres-habile. 6. abil, abiloch, pur abilafF. Gallice, habilement, plus habilement, tres-habilement, b. ent abil, ent abiloch, ent pur abilaff.

Abih, g. abisme, /. abissus.

  1. Le manuscrit de Lagadeuc, ou une copie, car rien ne prouve qu’on ait l’œuvre originale, se trouve à la bibliothèque impériale. Il forme un volume in-folio, et porte écrit au dos : Vocabularium aremorico latinum, Lat. 7656 ; et au folio 3 : Codex Lancelloti 160 ; regius 7366 — 5. Ce manuscrit est incomplet. Il présente au folio 105, une lacune de 5 feuillets au mot instruction. Il reprend au folio 110, et se continue jusqu’au folio 130, dont le mot final est pres, g, presse, l, frequentatio.
  2. Les plus anciens monuments des presses bretonnes sont de 1484-1485, Jean Crez et Robin Foucquet, imprimeurs à Brehand-Loudéac ; Pierre Bellesculée et Josses, à Rennes ; Io. P. a Treguier.
  3. Un vol. in-folio goth. de 210 pages d’impression, X. 1429, a.
  4. Un vol. in-4o goth. de 100 ff. Bibliothèque imp. X, no 1429, aa. Cette édition est-elle bien de Jean Cozre ? Le Manuel du Libraire mentionne un exemplaire du Catholicon, in-4o goth. de 100 ff. a magistro Johanne Trecorrensi correctus et revisus.
  5. Un vol. in-80 de 160 ff. — Bibliothèque imp., X, 1429 ab.
  6. Les citations Galloises et Corniques qui enrichissent cette édition ne sont pas plus exactes que les citations empruntées au dictionnaire de Lagadeuc. Il s’y trouve en outre bon nombre de mots bretons dont M. de la Villemarqué serait bien en peine de justifier l’accueil et l’emploi, et de donner des exemples tirés de l’usage ou d’auteurs bretons. Mais l’on regrette surtout d’y rencontrer des exemples tirés du Barzaz-Breiz, l’écueil dont le succès fait le plus grand honneur à l’imagination de son auteur, mais qui n’a pas la moindre authenticité au point de vue littéraire ou historique. Des pieces qui le composent, en effet, celles qui sont rela- tives k Gwenc’hlan, k la ville d’ls, au Vin des Gaulois, k Arthur, i Lez-Breiz, k Nomenoe, etc , etc., ne peuvent Hre regard^es que comme le produit du g^nie inventif de M. de la Villemarque. On en cherclierait vainement des traces en Bretagne. Quant k celles qui existent r^el- lement dans hos campagnes, elles ont ^te si habile- ment tralnsforraees par I’editeur dans le but de leur don- ner un cachet d’antiquite (la grande preoccupation de M. de la Villemarque), qu’elles sont devenues presque mecon- naissables. C*est ainsi que la ballade de SylvestHky simple episode d’embauchage militaire au 8® siecle est devenue, sous rinspiration poetique de Fing^nieux 6crivain, le Retour d’Angleterre, qui a obtenu a Paris un si beau succes, au debut de la carriere litteraire de notre auteuri De mtoe la piece du Barzaz-Breiz, intitul^e lieloise et AbeUard , n’est autre chose que la complainte tres populaire de Jannedik-ar-Zorseres (Jeannette la sorcifere). Ailleurs on retrouve sous les traits du fier Vassal de Duguesclin le petit marchand lannik ar Bon garcon prosaiquement devalise dans une auberge. Quant k la pi^ce qui, sous le titre de Ar-Rannou (les Series), ouvre le recueil de M. de la Villemarqu6, et a la pretention d’en ^tre la plus importante, nous en avons recueilli plus de dix versions dans les diverses r^ionsde la Bretagne bretonnante, etfaflirme : 4® Que le veritable titre de cette piece est Gousperou-ar-Raned (V^pres des Grenouilles) ; 2° Qu’il n’y est question ni des Druides, ni de leur doctrine , ni de la ville de Vannes ; 3® Que loin d’avoir une importance historique ou une port^ philosophique quelconque, elle n’est qu*une reunion de phrases banales et sans liaison. Au reste le texte de ces versions sera public prochainement, car il importe d’^tablir la valeur veritable d’un document auquel M. de la Villemarqu^ a su donner une importance trop facilement accueillie par.quelques 6crivains. II Qst d£s limites que Fimagination ne doit pas franchir. ^Evoquez les Bardes, ^voquez m6me les Druides, si cela vous amuse, mais ne transportez pas vos fantaisies dans le domaine de l’Histoire.
  7. La date de 1464 se trouve reproduite à la fin de l’art. Contaff ; voir ce mot.