Chansons de Béranger publiées en 1847/Ma gaieté

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MA GAIETÉ


Air nouveau de Frédéric Bérat. (Air noté )


Ma gaieté s’en est allée.
Sage ou fou, qui la rendra
À ma pauvre âme isolée,
Dieu l’en récompensera.
Tout vient aggraver ma perte
L’infidèle, en s’évadant,
Au chagrin toujours rôdant
A laissé ma porte ouverte.

Au logis ramenez-la,
Vous tous qu’elle consola.

bis.


Ma gaieté, bonne égrillarde
D’un garçon malingre et vieux,
Devait me servir de garde,
Devait me fermer les yeux.
De ses traits qui n’a mémoire ?
Pour me la voir ramener,
Si j’en avais à donner,
Je donnerais de la gloire.
Au logis ramenez-la,
Vous tous qu’elle consola.

Je lui dus, vaille que vaille,
Ces chants que le prisonnier
A tant redits sur sa paille
Et le pauvre en son grenier.
La folle, franchissant l’onde,
Brave et railleuse à Paris,
Allait rendre à nos proscrits
L’espérance au bout du monde.
Au logis ramenez-la,
Vous tous qu’elle consola.

« Cessez à de folles têtes
« D’inspirer vos désespoirs,
« Disait-elle aux grands poëtes ;
« Le génie a ses devoirs.
« Qu’il brille au vaisseau qui sombre,
« Comme un phare bienfaisant.
« Je ne suis qu’un ver luisant,
« Mais je rends la nuit moins sombre. »
Au logis ramenez-la,
Vous tous qu’elle consola.

Du luxe elle avait la haine,
Philosophait même un peu ;
En petit cercle et sans gêne
S’ébattait au coin du feu.
Que son rire avait de charmes !
J’en pleurais épanoui.
Le rire est évanoui ;
Il n’est resté que les larmes.
Au logis ramenez-la,
Vous tous qu’elle consola.

Elle exaltait la jeunesse,
Les cœurs chauds, les doux penchants,
Ne comptait dans notre espèce
Que des fous, point de méchants.
En dépit des sots rigides,
Qu’elle dépouilla de fois
La raison de ses airs froids,
La sagesse de ses rides !
Au logis ramenez-la,
Vous tous qu’elle consola.

Mais nous désertons la gloire,
Mais l’or seul nous fait des dieux ;
Aux méchants si j’allais croire !
Gaieté, reviens au bon vieux.
Tout sans toi me rend à plaindre.
Las ! mon cerveau se transit ;
Ma voix meurt, mon feu noircit.
Et ma lampe va s’éteindre.
Au logis ramenez-la,
Vous tous qu’elle consola.



Air noté dans Musique des chansons de Béranger :


MA GAÎTÉ.

Air nouveau de Frédéric Bérat.
No 324.



\relative c'' {
  \time 6/8
  \key e \major
  \tempo "Andantino."
  \autoBeamOff
  \set Score.tempoHideNote = ##t
  \set Staff.midiInstrument = #"piccolo"
\partial 4. b4 cis8
  b4. gis8 gis a
  gis4 gis16 r gis4 f8 
gis4. fis8 gis fis
  e4. b'8 b cis
  b4. gis4 a8 
gis4 gis8 r4 b8
  fis gis a gis4 fis8
  e4. r4 b'8 
cis dis^\> cis\! ais4 fis8
  fis4. b8 r b
  ais b cis gis4 ais8 
b4. r8 cis^\> b\!
  a!4. a8 b cis
  b4. r8 b^\markup { \italic "Poco rit." } b 
ais4. cis8 ais fis
  b4 b16 r\fermata b4^\markup { \italic "Tempo dolce." } cis8
  b4. gis8 gis a 
gis4.~ gis8 r b
  gis4 gis8 \acciaccatura { fis16[ gis]} fis8 e fis
  \acciaccatura fis8 b4 r8 b4 e8 
b4. \acciaccatura { cis16[ dis]} cis8 b a
  gis4.~ gis8 r gis 
b4 gis8 \acciaccatura { a16[ b]} a8^\> gis\! fis
  e4. r4 r8 \bar "||"
}

\addlyrics {
Ma gaî -- té s’en est al -- lé -- e,
Sage ou fou, qui la ren -- dra
À ma pauvre âme i -- so -- lé -- e,
Dieu l’en ré -- com -- pen -- se -- ra.
Tout vient ag -- gra -- ver ma per -- te
L’in -- fi -- dèle, en s’é -- va -- dant,
Au cha -- grin tou -- jours rô -- dant
A lais -- sé ma porte ou -- ver -- te.
Au lo -- gis ra -- me -- nez- la,
Vous tous qu’el -- le co -- nso -- "la ;"
Au lo -- gis ra -- me -- nez- la,
Vous tous qu’el -- le co -- nso -- la.
}

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