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Chansons populaires enfantines/Monsieur de la Palisse

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Amand Girard, éditeur (p. 34-36).

Monsieur de la Palisse


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  \key f \major
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\addlyrics{
  Mes -- sieurs, vous plaît- il d’ou -- ïr
  L’air du fa -- meux La Pa -- lis -- se_? 
  Il pour -- ra vous ré -- jou -- ir, 
  Pour -- vu qu’il vous di -- ver -- tis -- se.
  
  La Pa -- lisse eut peu de bien
  Pour sou -- te -- nir sa nais -- san -- ce_;
  Mais il ne man -- qua de rien,
  Dès qu’il fut dans l’a -- bon -- dan -- ce.
}
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  }
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Messieurs, vous plaît-il d’ouïr
L’air du fameux La Palisse ?
Il pourra vous réjouir,
Pourvu qu’il vous divertisse.


La Palisse eut peu de bien
Pour soutenir sa naissance ;
Mais il ne manqua de rien,
Dès qu’il fut dans l’abondance.

Bien instruit dès le berceau,
Jamais, tant il fut honnête,
Il ne mettait son chapeau,
Qu’il ne se couvrît la tête.

Il était affable et doux,
De l’humeur de feu son père,
Et n’entrait guère en courroux
Si ce n’est dans la colère.

Il brillait comme un soleil ;
Sa chevelure était blonde ;
Il n’eût pas eu son pareil,
S’il eût été seul au monde.

Il eut des talents divers :
Même on assure une chose ;
Quand il écrivait en vers,
Il n’écrivait pas en prose.

Il épousa, ce dit-on,
Une vertueuse dame ;
S’il avait vécu garçon,
Il n’aurait pas eu de femme.


Il en fut toujours chéri ;
Elle n’était point jalouse ;
Sitôt qu’il fut son mari,
Elle devint son épouse.

On ne le vit jamais las,
Ni sujet à la paresse :
Tandis qu’il ne dormait pas,
On tient qu’il veillait sans cesse.

Or il mourut, ce héros,
Personne aujourd’hui n’en doute ;
Sitôt qu’il eut les yeux clos,
Aussitôt il ne vit goutte.

Regretté de ses soldats,
Il mourut digne d’envie ;
Et le jour de son trépas
Fut le dernier de sa vie.

Il mourut le vendredi,
Le dernier jour de son âge ;
S’il fût mort le samedi,
Il eût vécu davantage.