Chants et Chansons (Pierre Dupont)/Notes du premier volume

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Chants et ChansonsAlexandre HoussiauxTome I (p. 187-190).
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NOTES

DU TOME PREMIER.



1 NOTICE SUR PIERRE DUPONT.

Charles Baudelaire, qui est un poëte, a bien voulu consacrer à l’auteur de ces chansons quelques pages de sa prose judicieuse. L’auteur, faisant ses réserves pour les compliments immérités et d’usage, a été touché au cœur de ce témoignage d’amitié. Baudelaire, au moins, n’a pas affecté la pruderie à l’endroit des chants qu’on appelle politiques. Ce qu’il en dit est une récompense pour l’artiste et une réponse suffisante à des attaques peu réfléchies.

P. D.


LES BŒUFS.

2 Si le fils de notre régent.

On s’est demandé quel était le sens précis de ce mot régent. La date de la chanson l’explique. La chambre des députés venait de voter la loi sur la régence ; et le paysan est censé ne pas voir plus haut ni plus loin que le futur régent.


3 LE CHANT DES OUVRIERS.

Ce chant est venu le premier après les études rustiques ; c’est en peignant d’après nature, et sans dessein préconçu, que l’auteur a rencontré la fibre populaire ; la date en fait foi.


4 LES LOUIS D’OR.

La popularité de cette légende prouve une fois de plus, que, dans la lutte du bien et du mal, si le mal l’emporte souvent dans la réalité, au moins se complaît-on en esprit à voir le mal vaincu ; ce thème, qui est là dans sa simplicité rustique, reparaît en d’autres poésies de l’auteur avec des développements plus imagés ; dans Belzébut par exemple.


5 MON ÂNE.

Ce fabliau, dont la moralité est transparente, reproduit à la fin une vieille coutume populaire de la France. Je l’ai vue en usage des portes de Lyon aux faubourgs de Paris.P. D.


LE VIN DE LA PLANÈTE.

On sait que la récolte du vin fut excellente en 1846.

6 Les savants l’ont bien prouvé.

Allusion à la planète Le Verrier, nommée depuis Neptune, découverte par Le Verrier en 1846.


LE CHANT DES ÉTUDIANTS.

7 Comme a fait Robert Blum, le glorieux martyr.

Robert Blum, ancien étudiant allemand, libraire et membre du parlement de Francfort, combattit en 1848 à la tête de la légion académique composée d’étudiants autrichiens ; il fut fusillé à Vienne.


MA VIGNE.

Quelques critiques attribuent inconsidérément à l’auteur le sentiment exprimé dans ce refrain :

8 Je songe en remerciant Dieu
xQu’ils n’en ont pas dans l’Angleterre.

Ce refrain, comme celui de la chanson des bœufs, n’est que l’expression d’un type rustique, dont l’auteur n’est que le peintre et le traducteur.


9 LE CUIRASSIER DE WATERLOO.

Fait à la vue du cuirassier de Géricault, racheté depuis par le gouvernement.


LA CHANSON DU BLÉ.

10 Le lion rugit solitaire.

Il s’agit du signe du zodiaque : Le Lion


KOSSUTH.

11 Ô Georgey, dit-il, c’est en toi
xxMon brillant compagnon de guerre,
xxQue j’avais mis toute ma foi.

Kossuth avait cédé à Georgey le commandement des troupes hongroises avec ses pleins pouvoirs ; Georgey se rendit aux Russes le 19 août 1849.


12 L’ÉMIGRÉE DE FRANCE.

Il y eut après février 1848 une sorte d’émigration momentanée en Angleterre.


13 LE CHANT DES NATIONS.

Ce chant est venu à la suite d’un petit poëme de l’auteur intitulé : Fin de la Pologne, inspiré à l’occasion du démembrement de cette nation, par le traité conclu entre l’Autriche, la Russie et la Prusse.


14 LA FÊTE.

On voit figurer dans cette ronde les cinq premiers types de paysans qui ont commencé à faire connaître l’auteur.


15 À UN BERCEAU.

Cette romance a été mise en musique par M. E. Reyer. Il y a quelques autres chants ou chansons avec la musique de compositeurs divers, mais c’est par exception ; et les lecteurs n’auront pas à le regretter, c’est toujours à la demande de l’auteur que la musique a été confiée à d’autres compositeurs, dont les noms seront toujours indiqués ; toute la musique sans indication de noms est de Pierre Dupont.


16 LES TAUREAUX.

Chanson faite dans un rhythme méridional, et dans le goût des mélodies languedociennes.


LE CHANT DU PAIN.

La famine de 1846-47 a inspiré ce chant ; le pain se vendait à Paris vingt-sept sous les quatre livres ; cette strophe :

17 Arrêtez dans la populace,
xxCeux qui portent fusils et faulx


rappelle les condamnations à mort des paysans de Busançais.