Charles Baudelaire intime

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Charles Baudelaire intime : le poète vierge
A. Blaizot, éditeur.






Charles Baudelaire

INTIME







DÉTAIL DU TIRAGE


1 exemplaire unique sur papier de Chine.
20 exemplaires sur papier du Japon, numérotés de 2 à 21.
250 exemplaires sur papier vélin d’Arches, numérotés
de 22 à 271.


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NADAR
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Charles Baudelaire


INTIME


LE POÈTE VIERGE
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Déposition — Documents — Notes — Anecdotes
Correspondances — Autographes et Dessins
Le Cénacle — La Fin



PARIS
A. BLAIZOT, ÉDITEUR
26, rue Le Peletier, 26

1911




À Jacques CRÉPET


Poursuivant l’œuvre paternelle, vous témoignez vaillamment que votre génération ne garde pas fidélité moins pieuse à la grande mémoire du poète dont je fus l’ami.

Et votre zèle est même venu relancer le tardif hommage de ces pages dès longtemps jaunies que tout à l’heure, sans l’encouragement de votre coopération offerte, mes quatre-vingt-huit ans laissaient derrière eux, feuilles mortes…

Acceptez-en la dédicace qui vous est due.


NADAR


« Cherchez la femme ! » a-t-on dit. L’adage s’impose ici premier.


Voici donc tout d’abord celle qui prit telle place dans la vie du poète, celle que l’œuvre étreint à tant de pages, surtout par les colères et imprécations, la Voici telle que le hasard nous la fit connaître avant de rencontrer Baudelaire lui-même.


Assez mal commode nous sera de retrouver aujourd’hui, par ce Paris bousculé où Gomboust avec son plan ne se repérerait plus, la place de notre première vision de Jeanne Duval. — Essayons.


*

Vers 1839-40, sauf erreur, pas loin en tout cas, Rive Gauche. Les grands boulevards Saint-Michel, Saint-Germain n’existent pas encore. Par les boues d’un inextricable lacis d’artérioles, Cluny étouffe, emmuré. Des tronçons de colonnes, des gargouilles en débris jonchent son jardin. Dans un foisonnement de lierres et de mousses un petit garni borgne, l’ « Hôtel des Thermes de Jules César », — rien que cela ! — a poussé en parasite sur l’un de ses flancs. Du quai de l’Hôtel-Dieu, vers son « Petit Pont », partent en jets de fusées sur le montant de Sainte-Geneviève les deux rues étroites et visqueuses à l’envi de Saint-Jacques et de La Harpe (viâ dictâ Cytharæ, dit la première page de tous nos manuels classiques, édités par la veuve Maire Nyon — apud viduam Maire Nyon, Quai Conti). — Saint-Jacques grimpe, rue d’abord, faubourg ensuite, allant toujours ; La Harpe s’est arrêtée, essoufflée, en route.

Au tiers à peine de la montée jumelle, à une manière de repos en intersection sur la droite, une petite place à pans asymétriques qui a nom le Cloître Saint-Benoist. Devant nous, une antique bâtisse dont la stature noircie se détache des masures voisines à un ou deux étages en plâtras : — l’ancienne église des Cordeliers, depuis longtemps désaffectée », c’est le cas de le dire. Son club fut célèbre à l’heure des Jacobins.

Pour aujourd’hui la vieille basilique est devenue théâtre : le Théâtre du Panthéon. Le chœur défoncé, planché té, avec « praticables», est la scène ; le rideau s’agriffe, la herse s’allume entre les ogives. Au-devant de l’abside coupée par des cloison nages, le vaisseau appartient à la salle et aux contrôles. Aux bas-côtés du chœur, qui sont de très hauts côtés, le long des épais piliers en points d’attache se dressent les montants et portants de sapin où s’appuie, assisté de la toile de fond, un décor peinturluré par un pinceau ingénu : Ciceri ni Rubé ne travaillent pour les croquants de tel endroit. — Ce décor surmené, écaillé, éraillé qui nous fut déjà tant de fois servi, représente un salon bourgeois, et tout est en place pour la première d’un nouveau lever de rideau, le Système de mon Oncle, vaudeville en un acte mêlé de couplets, qui précédera ce soir, tout à l’heure, la quatre-vingt-huitième de L’Avocat Loubet — Loubet déjà II ! —) drame en cinq actes par MM. Eugène Labiche, Marc Michel et Auguste Lefranc, grand succès de quartier, succès inouï : depuis trois mois, L’Avocat Loubet tient l’affiche, et ça n’a pas l’air de vouloir finir. Le futur auteur de La Cagnotte, du Chapeau de paille d’Italie, de L’Affaire de la rue de Lourcine, etc., fait verser à torrents les pleurs.


Mais si nous sommes ce soir plus qu’exact à notre place d’orchestre accoutumée, ce n’est pas pour L’Avocat que nous savons par cœur, c’est en coup double pour la petite première et un « début » annoncé. Nous ne saurions, en effet, plus longtemps celer que, malgré notre âge d’innocence, nous avons été agréé à la Revue et Gazette des théâtres de Lireux pour rendre compte — s’entend quand il y a place de reste — des trois petits théâtres de la rive gauche. Panthéon, Luxembourg, ce « Bobino » des étudiants, et Saint-Marcel, cher aux tanneurs, rendez-vous de la mégisserie du quartier.-Et, modeste en notre gloire, nous nous acquittons de la tâche avec toute la scrupuleuse conscience, le sérieux du néophyte. Ne sommes-nous pas à l’heure de la romantique formule en mot d’ordre sacramentel : L’Art est un sacerdoce ! »

C’est pourquoi sincèrement je souffre quand mon confrère et habituel voisin, par trop insuffisamment sacerdotal, n’est pas encore à son poste pour échanger et corroborer nos impressions, car son expérience a sur moi autorité. Il est mon ancien : — vingt-quatre ans au moins, lui ! — et il fait en bouche-trou au Siècle pour M. Matharel de Fiennes ! — Mais il à vraiment trop l’habitude de se faire attendre…

Enfin, le voici ! Et justement, les trois coups frappés, le rideau se lève…


Une houle, un hourvari subit d’ébahissements, d’effarements dans la salle : quelques-uns, au fond, se dressent debout sur les banquettes… Il y a de quoi !

En tenue consacrée de soubrette, le petit tablier et le bonnet à rubans flottants, une grande, trop grande fille qui dépasse d’une bonne tête les proportions ordinaires, surtout dans l’emploi, c’est déjà quelque chose pour surprendre. Ce n’est rien : cette soubrette d’extra dimension est une négresse, une négresse pour de vrai, une mulâtresse tout au moins, incontestable : le blanc écrase à paquets n’arrive pas à pâlir le cuivre du visage, du cou, des mains.

La créature est belle d’ailleurs, d’une beauté spéciale qui ne s’enquiert de Phidias, spécial ragoût pour raffinés. Sous le foisonnement endiablé des crespelures de sa crinière au noir d’encre semblent plus noirs encore ses yeux grands comme des soupières ; le nez petit, délicat, aux ailes et narines incisées avec finesse exquise ; la bouche comme Egyptiaque, quoique des Antilles, — bouche de « l’Isis » de Pompéi, - admirablement meublée entre les fortes lèvres de beau dessin. Tout cela sérieux, fier, un peu dédaigneux même. — La taille est longue en buste, bien prise, ondulante comme couleuvre, et particulièrement remarquable par l’exubérant, invraisemblable développement des pectoraux, et cette exorbitante donne non sans grâce à l’ensemble l’allure penchée d’une branche trop chargée de fruits. Rien de gauche, nulle trace de ces dénonciations simiesques qui trahissent et poursuivent le sang de Cham jusqu’à l’épuisement des générations. — Enfin la voix est sympathique, bien timbrée, mais dans les notes graves inusitées chez les Dorine.

L’inaccoutumée personne se meut en toute résolution sur les planches comme si elle n’avait jamais fait qu’évoluer devant une lucarne de souffleur. Mais quel que soit l’évident, imperturbable vouloir d’entrer dans la « peau du rôle », comme prononcera Bignon pour le lexique des Coquelinières futures, le sérieux, le hautain de la physionomie et ce timbre en contralto se refusent net à l’emploi. — Mon siège de critique est tôt fait : il y en a là pour les trois débuts, et tout juste.

Je demande l’avis du confrère. Mais le confrère est pour l’heure moins que jamais à son « Sacerdoce » non plus qu’à la pièce


Ch. BAUDELAIRE



ni à l’artiste : il n’a vu, il ne voit que la femme qu’il a du premier coup d’œil déclarée « fort intéressante », et avec celui-là on sait ce que parler veut dire : « La bête » est partie…


*


J’ai hésité longtemps… Le très cher est pour moi là, — toujours — en sa chaste, tressaillant réserve de sensitive, sa répugnance native, son horreur de tout stupre, comme tenant par delà la mort son rideau baissé…


Et pourtant il nous faut dès l’abord remuer les impuretés, toucher à des cendres, puisque c’est de là que doit se révéler un Baudelaire inattendu, insoupçonné, pour nous avéré : — le Poète Vierge.


À nous donc — (telle l’inscription prémonitoire du fabliau : « Ce que Vierge ne doit lire »), — à nous d’aviser la délicatesse du lecteur, de le prémunir devant tels détails scabreux que Viendra nous imposer la sanction de notre thèse, et d’excuser d’abord notre présentation forcée de l’incongru mais essentiel personnage qui fut notre initial et déterminatif indicateur. Pas de recul ! le dossier réclame toutes ses fiches et, plus amoncelées au creuset les scories, mieux au précipité s’aggravera la somme de nos déductions.


Ce confrère était alors un long garçon sans fin, maigre en diable et dégingandé, — quelque chose comme une ficelle avec des nœuds, — émerillonné, toujours en quête d’aventure, le plus grand chasseur de filles devant l’Éternel qu’on pût rencontrer. Ce n’est pas le gibier, c’est lui qui était toujours de passage et, bien que myope comme sangsue, sans égal, l’escogriffe, pour tomber juste à tout arrêt. Indiscutablement laid, de tenue suffisamment modeste sinon parfois délabrée pour de prime abord éliminer Virtuellement toute Visée de compensation rémunérative, pourtant cet agité pour qui la monogamie était le Vrai cas pendable, cet in stagiaire haletant et perpétuel enquêteur, ce débraillé, ce râpé, ce pelé Vivait jours et nuits en telle ferveur constamment une, telle curiosité à jamais inassouvie, que son inlassable zèle se trouvait d’aventure, quantité ou qualité, récompensé à chaque carrefour, passant de droit acquis devant les plus avenants et les mieux huppés.

Quelle explication à ce phénomène courant de certaines laideurs préférées jusque devant les détresses, la disgrâce, le repoussoir de la misère ? La femme est-elle donc à tel point reconnaissante, malgré tout, contre tout, avant tout, à qui avant tout et avant tous l’aime, la cherche, la Veut ? Pour employer le langage du temps où, de par notre aimable Banville, on achevait de parler encore un peu Dieux et Déesses, les Divinités de toutes les paroisses n’ont-elles pas toujours réservé leur meilleur aux fidèles même les moins accomplis mais les plus assidus ? Beyle en avait su quelque chose. Ce qui pour notre homme reste acquis, c’est que ses indénombrables sacrifices de colombes à Vénus, ses couronnes de myrte, distançant bien en arrière tous les « mille e tre » de don Giovanni, l’avaient auréolé d’une sorte de halo légendaire qui laissa sa traînée de lueur dans l’histoire galante du temps au Pays Latin. Enfin, — mais puis-je le dire ?- à tel point que certain soir de causes grasses, sur confessions accumulées de ce maître-queux en fricassées de museaux et désespérant de modérer les bouillonnements de pareille effervescence, un trop facétieux compagnon proposa sans autres façons, pour l’enseignement et l’émulation des races futures, de tout au moins les enregistrer par l’application d’un compteur…

Cette fois, à la Vérité, la fille était de port bien altier, n’avait rien moins que l’air d’une « garçonnière », comme dit le Canut, et celle-là devait tenir les galants à toute longueur d’ombrelle. Mais plus la citadelle se présentait haute, plus l’assaut sifflait notre homme, et rien encore et toujours ne réussissant mieux que le succès, comme toute pièce par tel tireur Visée comptait neuf fois sur dix pour abattue » on pouvait dès lors entrevoir la belle mulâtresse, au tableau.


La personne n’avait au reste fait que se montrer sur. la scène pour disparaître, s’en tenant à son très demi-succès. Je me demandai plus tard, mis au courant des choses, par quelle fantaisie de caprice cet essai et surtout à quelles conditions, par quels maléfices, sortilèges, l’octroi en avait pu être arraché de celui qui tenait en telle répulsion le théâtre comme toutes les promiscuités.

Je ne fus d’ailleurs pas longtemps sans nouvelles : — le lendemain même de cette première pour nous mémorable, le confrère était dans la place.


*

C’était rue Saint-Georges, 15 ou 17, presque en face du petit hôtel du « père Auber » le compositeur. Au second étage, sur la cour, un appartement modeste mais que le tapissier Venait de meubler à neuf élégamment : la perse, en sa première faveur d’alors, n’avait pas été ménagée. Une jeune femme de chambre, jolie, — « quoique blonde », comme disait le confrère, — composait tout le service. Pas de cuisinière : les deux femmes allaient prendre leurs repas au restaurant, ensemble.

Le confrère était au-dessus de la discrétion en ses Victoires et conquêtes : incontinent il me narra avec abondance tous les détails de la rencontre, — Au préalable, il faisait immédiate justice des ignorants ou nigauds autres qui ne méritaient de comprendre et goûter le charme de la Vénus noire, laquelle, pour qui tient en estime les brunes, n’est en somme qu’une brune exaspérée. Il s’indignait surtout contre le stupide préjugé olfactif, propos de sycophante, à l’endroit des femmes de couleur, et c’est de toute l’altitude de ses compétences qu’il retournait l’accusation précisément contre les blondes par lui réprouvées, jurait-il, bien qu’en son chantier le faux éclectique fît pièce de tout bois. Encore une fois de plus venait-il de confirmer son enthousiasme pour la pré excellence du grain de peau si merveilleusement fin chez la noire, à laisser rugueux les satins de tous les autres dermes féminins, de la Suédoise à l’Irlandaise. Il ne faisait d’ailleurs difficulté d’avouer que la belle, bien faite qu’elle fût, s’établissait de hanches un peu étroites peut-être, — mais il est assez rare, exposait-il en maquignon supérieur, de rencontrer chez ces mammifères les deux irains de parfait ensemble, la nature ayant généralement réglé de reprendre sur la part de l’un les bénéfices de l’autre ; je n’avais rien à objecter.

Passant aux détails, notre émérite praticien, sa Vie entière étant là, se complaisait à consigner et développer chaque spécification avec précision de procès-Verbal en un état de lieux : tel le chirurgien professeur didactiquement stipule les divers états d’un cas. Et comme chez nous dès lors le terme parlé devançait net et ferme la littérature dite naturaliste, je fus crûment mis au courant de tout et du reste, comme à une exhibition anatomique, d’autant que le physiologiste ayant d’abord passé par quelques mois d’études à l’École de Médecine, sa clinique entendait ne nous faire grâce de rien. Il fut donc consigné que, selon la gamme de la race, la coloration du corps était sensiblement moins montée qu’au visage et aux mains, la poudre de riz aidant d’ailleurs ; mais il demeura d’autre part acquis qu’aux régions palmaire et plantaire, — ces extrémités confessées un peu longues et osseuses chez le sujet, — se révélait dés obligeamment le blêmissement générique, blafard repoussoir, quasi bestial et quelque peu déconcertant. Pour édification plus que complète, il me découvrit, comme si je les voyais, les deux fameuses « médailles du bronze » dans leur frisson comme figées à la coulée et flottant sur les masses molles, profondes, soyeuses à filtrer entre les doigts : « — une mer en foulard », — insistait-il. Et n’en arriva-t-il pas jusqu’à me colorier au vif les plus secrètes intimités du pigment, l’intensité sanglante des carmins poussant au violacé pour se crêter au noir bleu… — Enfin l’exorbitante à pleines mains de la chevelure d’Erèbe, bien qu’écourte en raison de sa surabondance sur une nuque pleine de pro messes, achevait accomplissement de la belle sauvage. Seulement le confrère ne me celait qu’il eût préféré toute autre senteur à la dominante qui se dégageait, surtout aux instants décisifs, de cette toison trop serrée pour qu’y pût pénétrer l’air et rétive aux tranchées du démêloir : quelque chose d’atroce, abominable, comme un relent de colle de pâte sûrie… — Mais à part cela !… Par quelle spéciale perversion des sens le poète des Fleurs du Mal en arrivait-il à flairer précisément là pour nous les chanter les aromatiques effluves du cinname et de la myrrhe ?…


On s’était expliqué et entendu quant aux conditions réciproques dans le nouveau petit ménage. Premièrement la dame, en effet altière, avait signifié qu’elle n’entendait accepter rien, sous quelque forme que ce fût ; « Monsieur » d’ailleurs subvenant à tout. — En se donnant, elle donnait, mais elle ne


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recevait pas. Au restaurant même, si on y allait, chacun son écot. Pour raisons établies, cet article premier avait été voté sans discussion.

En second lieu, non seulement l’élu pouvait en toute liberté se présenter, mais encore il serait toujours le bienvenu à toute heure, — sauf de deux à quatre exclusivement réservées : — l’heure de « Monsieur », — « Monsieur » ne survenant jamais — jamais ! — en deçà ni au delà de ces deux uniques heures par lui fixées… Enfin, dernier article et expressément, notre préféré devrait, sans jamais exception, toutes les nuits.


Le mot « Monsieur » était proféré par la maîtresse et la suivante avec un même accent de déférente et mystérieuse réserve…


Malgré ses accoutumances qui n’avaient plus à s’étonner de rien, l’excès des facilités présentes ne laissait pas que d’embrouiller quelque peu notre homme. D’autre part, le batteur de rues et ruelles avait lui-même son genre de fierté et, comme on insistait à le convier le plus fréquemment possible, il n’hésita pas à déclarer que, n’étant de caractère ni de taille à se laisser celer dans les placards, la place une fois par lui occupée, il la garderait contre quiconque survenant. Sa délicatesse lui faisait du même coup le devoir de dénoncer — aveu de luxe, mais en parfait escient — qu’il se trouvait énergiquement dénué de toutes les vertus, compris la première, qui constituent l’entre teneur.


Sur quoi, exclamation des deux voix, maîtresse et suivante à l’unisson, mais quel cri ! — « Pas ombre de danger !… S’il connaissait « Monsieur » ! ! !…


*


Qui donc était « Monsieur », enfin ?… — « Monsieur était un personnage étrange, " abstrus, fantasque au possible ; avant tout il était celui dont un rival n’aurait jamais à concevoir jalousie : — dont, à deux voix, ratifications et corroborations sans fin.

Le confrère ne broncha point. Le cas était élémentaire et, pour pratiquant de telle envergure, la déclaration n’avait rien de neuf. Il avait passé nombre de fois sous le même discours : de toujours il fut entendu, pour peu qu’elles aient la moindre délicatesse, que toute femme mariée, toute maîtresse par un autre entretenue n’eut jamais contact qu’avec le préféré.


Mais alors, pour bouder à telle cuisine, que pouvait être l’autre, le particulier suffisamment passif, en dehors de toute essence humaine, assez dénué de sentiments, désirs, nerfs, jalousie, simple flair de conservation, pour avoir ainsi réglé sur son chronomètre, lui-même et constitutivement, sa propre vie et la vie de celle qui existait par lui, s’interdisant de jamais frapper à cette porte, sa porte, — avant deux heures, — après quatre, laissant en toute sécurité, sans jamais le tressaut d’un soupçon, l’intangible et scabreuse liberté de toutes les nuits ?

Évidemment quelque barbon bourgeois de facultés plus que limitées, quelque ancien rond de cuir en retraite ou apothicaire cacochyme n’ayant que tout juste la permission de l’après-midi pour sa petite promenade de santé pendant que sa bourgeoise le remplace à la caisse.

À la question : « — Fait-il quelque chose ? » on répondit : « — Des vers » — des vers qu’il venait lire frais éclos à la personne, sans qu’elle y entendît goutte, — et on alla dans la chambre voisine se mettre en quête de la dernière pièce apportée.

— « Un maniaque, pensa le confrère, et plus qu’assurément un idiot ! »

Le morceau enfin retrouvé sous un fauteuil était — de ferme et haute plume sur un quart de grand papier de fil que je vois encore légèrement gris dans la pâte — :

À UNE MENDIANTE ROUSSE
Ma Blanchette aux cheveux roux
Dont la robe, par ses trous,
Laisse voir la pauvreté
Et la beauté[1]


Monsieur » était « quelqu’un »… — Mais l’ébahissement ne suffisait pas : le confrère allait être abasourdi :


— Le personnage d’importance, le solennel, essentiel quidam, l’homme chauve et désagrégé qu’il se trouvait présentement supplanter, — « Monsieur » — était presque de deux ans plus jeune que lui… Alors ?…


*

On connaît de reste la légende de la rencontre du bon derviche Persan, lequel en sa double besace portait depuis leur naissance ses trois filles et qui disait : « Des deux par devant, moi, je crois pouvoir à peu près répondre ; pour celle de mon dos, je ne garantis rien. »

En matière tant subtile, assertion comme négation sont délicates en diable. Pour étreindre l’insaisissable, nous ne tenons, nous, que l’inexpliqué d’un premier indice. Ici, l’esprit dominait-il de si haut le corps à ce point de le réduire anaphrodite, de l’annihiler, et telle quiétude était-elle bien authentique ? À défaut de qui jure là, téméraire qui parierait. Le plus sage apparaît de n’accepPage:Nadar - Charles Baudelaire intime, 1911.djvu/43 Page:Nadar - Charles Baudelaire intime, 1911.djvu/44 Page:Nadar - Charles Baudelaire intime, 1911.djvu/45 brûla, l’ingrat, dans l’universel et correct autodafé de toutes ses Sévignés, la veille du jour inouï où comme tout le monde, conclusivement et pour un instant souffler de sa personne, — il se maria !…

Quelques deux ou trois mois après dénouement de l’aventure, je parle de l’aventure noire, nous étions, de Banville, un que j’oublie — n’était-ce pas Deroy, le peintre ?- le tant menteur Privat d’Anglemont et moi, jacassant, pépiant comme volée de moineaux sur notre banc habituel du Luxembourg à l’esplanade ombreuse généralement déserte, au-dessus de la pépinière d’alors, aujourd’hui pleurée. Avec les galeries du péripatétisme Odéon, — si pertinemment destiné à la Tragédie qu’en retournant comme peau de lapin le monument, le décor du temple grec est déjà en place, — nous avions fait de ce Page:Nadar - Charles Baudelaire intime, 1911.djvu/47 Page:Nadar - Charles Baudelaire intime, 1911.djvu/48 Page:Nadar - Charles Baudelaire intime, 1911.djvu/49 Page:Nadar - Charles Baudelaire intime, 1911.djvu/50 Page:Nadar - Charles Baudelaire intime, 1911.djvu/51 Privat qui connaissait l’entier univers et qui, pour une fois, disait vrai.

Le banc a tressailli : nous allions donc enfin le connaître, celui-là tant désiré, attraction suprême ! Privat nous avait transportés, nous en récitant quelques pièces, dont par exception fortuite le légendaire craqueur avait négligé de s’attribuer paternité.


L’aspiré tirait bien à nous maintenant sur l’appel entendu, procédant dans sa marche par saccades des articulations ainsi que les petits acteurs en bois du sieur Séraphin, semblant choisir pour chacun de ses pas la place, comme s’il marchait entre des œufs ou qu’il craignît par ce sable innocent de compromettre le luisant de sa chaussure.

Le noir du costume aidant, le geste retenu, méticuleux, concassé rappelait les silhouettes successives du télégraphe optique qui se démantibulaient alors sur les tours de Saint-Sulpice ou, mieux, la gymnastique anguleuse de l’araignée par temps humide au bout de son fil.

L’entente était déjà complète avec notre nouveau malgré sa réserve, car alors ainsi se passaient les choses et bien avant les électricités de M. Edison : un quart d’heure à peine, et tout le « banc » accompagnait en essaim Baudelaire à son logis, quai d’Anjou en l’Isle, grimpant quatre à quatre et bruyamment le dernier étage du vieil hôtel Pimodan, envahissait l’appartement un peu mansardé mais Vaste et confortablement meublé. Un tapis couvrait entièrement le parquet, luxe pour nous inusité. D’un grand fauteuil tout moderne et très accueillant où je me carrai de suite je regardais quelques tableaux, dont la miniature de Mme Aupick au long col et une inoubliable tête de femme, école italienne. Un peu plus tard, la cimaise devait s’enrichir du portrait de Baudelaire par Deroy, presque aussitôt mort sur son œuvre : qu’est devenue cette toile Page:Nadar - Charles Baudelaire intime, 1911.djvu/54 Page:Nadar - Charles Baudelaire intime, 1911.djvu/55 Page:Nadar - Charles Baudelaire intime, 1911.djvu/56 Page:Nadar - Charles Baudelaire intime, 1911.djvu/57 Page:Nadar - Charles Baudelaire intime, 1911.djvu/58 Page:Nadar - Charles Baudelaire intime, 1911.djvu/59 Page:Nadar - Charles Baudelaire intime, 1911.djvu/60 Page:Nadar - Charles Baudelaire intime, 1911.djvu/61 Page:Nadar - Charles Baudelaire intime, 1911.djvu/62 Page:Nadar - Charles Baudelaire intime, 1911.djvu/63 Page:Nadar - Charles Baudelaire intime, 1911.djvu/64 Page:Nadar - Charles Baudelaire intime, 1911.djvu/65 Page:Nadar - Charles Baudelaire intime, 1911.djvu/66 Page:Nadar - Charles Baudelaire intime, 1911.djvu/67 Page:Nadar - Charles Baudelaire intime, 1911.djvu/68 Page:Nadar - Charles Baudelaire intime, 1911.djvu/69 Page:Nadar - 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Symptômes de ruines. Bâtiments immenses, Pélasgiens, l’un sur l’autre. Des appartements, des chambres, des temples, des galeries, des escaliers, des cæcums, des belvédères, des lanternes, des fontaines, des statues. — Fissures, lézardas. Humidité provenant d’un réservoir situé près du ciel. — Comment avertir les gens, les nations ? — Avertissons à l’oreille les plus intelligents.

Tout en haut une colonne craque et ses deux extrémités se déplacent. Rien n’a encore croulé. Je ne peux retrouver l’issue. Je descends, puis je remonte. Une tour. — Labyrinthe. Je n’ai jamais pu sortir. J’habite pour toujours un bâtiment qui va crouler, un bâtiment travaillé par une maladie secrète. — Je calcule en moi-même, pour m’amuser, si une si prodigieuse masse de pierres, de marbres, de statues, de murs qui vont se choquer réciproquement, seront très souillés par cette multitude de cervelles, de chairs humaines et d’ossements concassés. Je vois de si terribles choses en rêve, que je voudrais quelquefois ne plus dormir, si j’étais sûr de n’avoir pas trop de fatigue. »

Pauvre cher ! c’est lui-même qui est l’habitant du bâtiment qui va crouler, du bâtiment travaillé par un mal mystérieux ; bientôt, impuissant à les relever, il va contempler, jonchant le sol et brisées, les statues et les colonnes de tant de beaux poèmes qu’il portait encore en lui.

Je le revois aphasique et amaigri, mais toujours conscient et fidèle à son personnage. Tous les lundis, quand le docteur Duval ne s’y opposait pas, nous allions le chercher, Asselineau ou moi, à la maison de santé de la rue du Dôme, et nous le gardions à dîner. La Voiture prenait au plus long et par les plus belles Voies, tandis que nous tâchions à lui parler de ce ou de ceux qu’il aimait le mieux… Il avait toujours eu le culte de son corps ; à peine arrivé chez moi, il me montrait ses mains et il fallait que, manches retroussées, avec le savon, la brosse, la lime, je les fisse plus nettes et plus polies encore que ne les avaient obtenues, une demi-heure auparavant, les soins de l’infirmière.

— Oh ! crénom ! crénom ! s’exclamait-il, joyeux » en les faisant jouer dans la lumière.

Un soir, il réclama avec tant d’insistance d’entendre un morceau de Tannhauser dont je n’avais pas la partition, qu’on alla réveiller l’éditeur.

— Crénom ! Crénom ! répétait-il avec extase.

Et, la dernière fois que je le vis, à la maison Duval, nous disputions de l’immortalité de l’âme. Je dis nous, parce que je lisais dans ses yeux aussi nettement, moi, que s’il eût pu parler :

« Voyons, comment peux-tu croire en Dieu ? » répétais-je.

Baudelaire s’écarta de la barre d’appui où nous étions accoudés, et me montra le ciel. Devant nous, au-dessus de nous, c’était, embrasant toute la nue, cernant d’or et de feu la silhouette puissante de l’Arc de Triomphe, la pompe splendide du soleil couchant.

— Crénom ! oh ! crénom ! protestait-il encore, me reprochait-il, indigné, à grands coups de poing vers le ciel.

Les deux seuls mots qui pussent sortir des lèvres d’où avaient jailli des plaintes immortelles ! Oh ! l’horreur de cette fin lamentable, la cruauté effroyable de Celui qui a frappé Baudelaire dans le verbe, Baudelaire, ce sertisseur de gemmes, de rubis, de chrysoprases, comme il avait frappé Beethoven dans l’ouïe et Michel-Ange dans la vue !




――――――







ANNEXE


――


J’ai retrouvé encore, parmi mes papiers, la reproduction photographique de trois listes autographes où Baudelaire avait consigné les titres d’une soixantaine de poèmes en prose qui devaient faire suite aux cinquante qu’a recueillis l’édition définitive de ses œuvres. Ces listes ne font pas double emploi avec celles qu’ont données Eugène et Jacques Crepet. Il est donc intéressant de les publier. D’autant qu’on retrouvera sans doute un jour, ci ou là, quelques fragments des poèmes projetés. Cependant, comme elles se répètent souvent, je les fonds ici en une liste unique.


POÈMES À FAIRE

Choses parisiennes.

Le vieux petit athée. La cour des messageries

L’élégie des chapeaux-La poule noire. La fin du monde.. Du haut des Buttes

Chaumont

Un mercredi des Cendres

Le poète et l’historien. Oreste et Pylade... Les deux ivrognes Les aliénistes (une mauvaise communion, Chancellerie Universelle)

Aux philosophes du bal masqué ou le Philosophe en Carnaval.

Les reproches du Portrait (portrait de mon père)

Le poisson rouge..

Vol de cavaliers (collectionneurs, mania- ques, cleptomanes, portraits à lunettes).


Chants d’église (In exitû Israël-., ponam inimjcos tuos)...

En l’honneur de mon patron (Le billard) (4 novembre)..

L’autel de Moloch

Pour cinq sols.

Le séduisant croque mort

La salle des martyrs

L’homme aux dia mants

Le vieil entre teneur

Avant d’être mûr.

L’orgue de Barbarie

La sourde-muette.

Distribution de vivres

Un lazzarone pari sien

La statistique et le théâtre (l’enfer au théâtre) 28

La douce visiteuse.. 29

Le choléra à l’Opéra ou « au bal masqué » 3o

Melencholia 3i

L’auberge du Bocage (souvenir de jeunesse par l’odeur, la couleur et le vent frais). 32 Nuits de noces (les épreuves, les bottes neuves, la prière) 33

Autococu ou incestueux 34

Oneirocritée.

Symptômes de ruine. Mes débuts (consultation) 36

Retour au collège.. Appartements inconnus

Paysages sans arbres-Condamnation à mort (Faute oubliée par moi, mais subitement retrouvée depuis la condamnation) 40

La mort 41

La souricière 42

Fête dans une ville déserte (Paris la nuit, à l’époque de la guerre d’Italie)

Le palais sur la mer.

Les escaliers (vertiges, grandes courbes, hommes accrochés.

Une sphère brouillard en haut et en bas) 45

Prisonnier dans un phare 46

Un désir 47

Symboles et moralités.

L’ingratitude filiale (les oiseaux, expérience) 48

Une parole de Jean

Huss 49

L’illusion sacrée. 5o

Ni remords, ni regrets. ?

Le sphinx rococo 51

La grande prière 52

Les derniers chants de Lucain 53

La prière du Pharisien. 54

Le Chapelet ?

N’offensons pas les mânes ?

Le rêve de Socrate ?



ÉVREUX, IMPRIMERIE CH. HÉRISSEY, P. HÉRISSEY, SUCCr



  1. Pièce CXII des Fleurs du Mal. édition définitive.