Commission du Vieux Paris/7 avril 1898

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Procès-verbal de la Commission du Vieux Paris, 7 avril 1898
Commission du Vieux Paris

procès-verbal



La séance est ouverte à quatre heures, sous la présidence de M. Alfred Lamouroux, vice-président.

Assistent à la séance : MM. Louis Lucipia, Sauton, Froment-Meurice, Brumau, Augé de Lassus, Jules Claretie, Édouard Detaille, Formigé, Gosselin-Lenôtre, Jules Guiffrey, Laugier, Longnon, Charles Lucas, Edgar Mareuse, Georges Montorgueil, Jules Périn, Victorien Sardou, Defrance, Brown, Le Vayer.

MM. Lucien Lambeau, Charles Sellier, Tesson, secrétaires.

Excusés : MM. le Préfet de la Seine, Pierre Baudin, Quentin-Bauchart, Arsène Alexandre, Ch. Normand, Tourneux, Bouvard, Le Roux, Georges Cain.

M. le Président annonce à la Commission la perte douloureuse que vient d’éprouver M. Georges Cain dans la personne de sa mère ; il pense être l’interprète de la Commission tout entière en envoyant à M. Georges Cain et à sa famille l’assurance de ses sentiments de condoléance à l’occasion de ce deuil cruel. (Assentiment.)

M. le Président donne lecture de la correspondance :


Lettre de M. Charles Normand.

« Paris, le 6 avril 1898.

Monsieur le Président,

Je dois m’excuser, encore aujourd’hui, de ne pouvoir prendre part aux travaux de la Commission du Vieux Paris. L’état de ma jambe, depuis que j’ai failli être brûlé vif dans mon lit, m’oblige à garder la chambre. Je regrette très vivement ce contre-temps.

Dans sa dernière séance, la Société des amis des monuments parisiens a témoigné du vif intérêt qu’elle porte à la sauvegarde de l’hôtel de Lauzun, le magnifique logis de l’Ile Saint-Louis. J’aurais voulu plaider sa cause devant la Commission, bien que, j’en suis sûr, elle soit gagnée d’avance. J’ai prié mon ami, M. Auge de Lassus, d’être mon interprète à ce sujet.

Je lis, dans le compte rendu de la séance du 3 mars, que la Commission a proposé l’établissement d’un modèle uniforme de fiches devant servir à former l’inventaire général. Dès le jour de la fondation de la Société des amis des monuments parisiens, j’avais conçu pareille pensée. Une Commission spéciale étudia longuement cette question, un rapport fut rédigé, des fiches-modèles furent imprimées et mises à la disposition de nos collègues désirant les remplir. Je tiens ces travaux à la disposition de la Commission.

Dans la séance du 3 mars, M. Louis Lucipia a estimé avec beaucoup de raison qu’on pourrait échanger les documents publiés par les municipalités sur les villes étrangères qu’elles représentent. Je me souviens avoir vu à Vienne, en Autriche, dans l’Hôtel de Ville, un musée public où on avait exposé un ensemble de publications relatives aux transformations de Vienne à travers les âges.

Un des correspondants de l’Ami des monuments et des arts me fait savoir qu’on projette à Lyon la formation d’une Commission du Vieux Lyon. Décidément, les bons exemples sont rapidement contagieux.

Agréez, Monsieur le Président, l’expression de mes sentiments de haute considération.

Charles Normand. »

M. le Président envoie à M. Charles Normand les vœux de la Commission pour son prompt rétablissement et applaudit à la bonne nouvelle que renferme sa lettre, relativement à la création de la Commission du « Vieux Lyon ».


Lettre de M. Coyecque, archiviste-paléographe, sous-archiviste de la Seine.


« Paris, le 21 mars 1898.

À Monsieur le Préfet de la Seine, président de la Commission du Vieux Paris.

Monsieur le Président,

J’ai l’honneur de signaler à votre bienveillante attention et à celle de la Commission du Vieux Paris quelques faits qui vous paraîtront, sans doute, rentrer dans le programme d’études que la Commission s’est tracé.

Il y a huit ans, j’ai publié, dans le Bulletin de la Société de l’histoire de Paris et de l’Ile-de-France, une étude sur les inscriptions de l’hôpital de la Charité ; dans ce travail, j’exprimais le vœu que les monuments, jusqu’alors relégués au fond de l’une des caves de l’hôpital, fussent remontés à la lumière et encastrés dans les murs de la cour principale de l’établissement ; j’ignore si, depuis mon dernier passage à la Charité, il a été fait quelque chose touchant à ces inscriptions.

Il existait, d’autre part, il y a quelques années, dans l’un des bureaux de l’hôpital Laënnec, un plan ancien de l’hospice des Incurables, que le voisinage d’un poêle avait déjà sensiblement altéré; je ne sais si ce plan a été depuis restauré et mis à l’abri de toute détérioration.

J’ai signalé à la Société de l’histoire de Paris et de l’Ile-de-France, les 17 février 1891 et 14 mars 1893, deux inscriptions relatives à la célèbre inondation de 1740, encastrées, l’une dans le mur extérieur de l’hospice des Quinze-Vingts, à 0 m. 83 c. du sol, l’autre dans le mur extérieur de l’hôpital Trousseau, à 1 m. 175 du trottoir.

Ces deux inscriptions perdraient presque tout intérêt à être déplacées ; mais il est à

craindre, d’autre part, qu’elles soient plus ou moins lentement détériorées et rendues frustes, la circulation dans la rue de Charenton étant sensiblement pins intense aujourd’hui qu’à l’époque des Mousquetaires noirs. Ne pourrait-on, par suite, recouvrir ces deux inscriptions d’une dalle de verre, maintenue dans un châssis de fer ?

La Commission s’est aussi préoccupée de conserver, parle dessin, la photographie, etc., certaines vues condamnées à disparaître ; sa sollicitude s’étendra sans peine, je crois, au cours de la Bièvre dans Paris, et tout particulièrement à la portion du cours de la rivière visible dans l’impasse de la Photographie.

Je rappellerai, en terminant, que lors de la construction, récente encore, de l’asile de la rue des Couronnes, on mit à jour la partie inférieure d’une petite construction, que, prévenu par l’architecte, je n’eus ni peine ni mérite à reconnaître pour le « regard de la prise des eaux », dont un plan et une coupe ont été publiés dans les Anciennes eaux, de Belgrand (page 138).

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’hommage de mon respectueux dévouement.

Coyecque,

Archiviste-paléographe, sous-archiviste de la Seine. »

La Commission décide de renvoyer à la 1re Sous-commission la lettre de M. Coyecque et de lui transmettre tous ses remerciements pour sa communication.

M. le Président, à l’occasion de la lettre de M. Coyecque, propose de demander à l’administration de l’Assistance publique si elle possède un récolement des objets d’art et des souvenirs historiques et archéologiques existant dans ses services et dans ses propriétés. Car il est nécessaire de faire pour cette administration un travail analogue à celui qui a été dressé par la Préfecture de la Seine et qui contient l’inventaire complet de tous les objets d’art existant dans les immeubles du Département.

M. Louis Lucipia dit qu’en sa qualité de président de la Commission de l’Assistance publique, il peut donner l’assurance que ces objets sont conservés avec soin ; il estime que le récolement demandé devra donner le caractère historique ou artistique des objets inventoriés. Il cite par exemple le bureau actuel de M. le Directeur de l’Assistance publique, qui servait à Fouquier-Tinville au et qui pourrait n’être inventorié que comme un simple bureau en bois avec applications de cuivre.

M. Auge de Lassus cite une très belle table Louis XV à l’hôpital de la Pitié.

M. le Président ajoute que ces observations justifient l’utilité d’un inventaire et démontrent la nécessité de prescrire des moyens de préservation et de conservation des objets d’art et des souvenirs historiques de l’administration de l’Assistance publique.

Cette proposition est renvoyée à la 1re Sous-commission, qui devra présenter un rapport à ce sujet.

M. le Président, au sujet des substructions d’un ancien regard des eaux du Pré-Saint-Gervais qui auraient été trouvées dans les fouilles de la rue des-Couronnes, informe la Commission qu’un petit regard de la même nature, situé rue de Belleville, a été détruit récemment. Il propose de charger la lre Sous-commission de rechercher et de reconnaître les anciens regards des eaux de Belleville, dont plusieurs, enclavés dans des propriétés particulières, pourraient se trouver en danger de disparition.

M. Ch. Lucas dit qu’il en connaît un dans ces conditions, qui est situé rue de Palestine.

La 1re Sous-commission est chargée de rechercher les anciens regards et de proposer toutes les mesures de conservation qu’elle estimera utiles.

M. le Président informe la Commission qu’il vient de recevoir de M. le Directeur administratif des services d’Architecture le tableau indicatif des opérations de voirie devant être exécutées prochainement avec un plan repéré à l’appui.

Ce tableau contient soixante-douze opérations intéressant les vingt arrondissements.

La lre Sous-commission devra rechercher les souvenirs historiques et les vestiges que ces’ travaux pourraient faire disparaître.

Il signale particulièrement les opérations suivantes : ;

Le prolongement de la rue Mondétour ;

Le prolongement et l’élargissement de la rue Beaubourg ;

L’élargissement de la rue du Renard ;

L’élargissement de la rue Saint-Jacques ;

Le prolongement de là rue Dante.

M. le Président donne communication d’une lettre de M. Carot, peintre verrier, en réponse à une demande de M. Brown, inspecteur des Beaux-arts de la Ville, et de lui- même le priant de visiter les vitraux de plusieurs églises de Paris :

« Paris, 6 avril 1898.

Monsieur Lamouroux.

Suivant le désir que vous m’avez exprimé, ainsi que M. R. Brown, dans notre dernière entrevue, j’ai visité plusieurs églises du vieux Paris. Mon attention s’est portée tout particulièrement sur les vitraux anciens qu’elles contenaient, les considérant tant au point de vue de leur caractère artistique que de leur état actuel de solidité (comme remise en plomb et installation dans leur emplacement), afin d’aviser s’il était nécessaire d’en proposer la restauration ou tout au moins d’en assurer la conservation.

Les vitraux anciens de nos églises de Paris sont une des richesses et des hautes curiosités artistiques de la capitale, et leur conservation ne saurait laisser indifférents les pouvoirs publics et les gens de goût.

Église Saint-Germain-l’Auxerrois.

L’église Saint-Germain-l’Auxerrois possède plusieurs grandes verrières du 16e siècle d’un incontestable intérêt ; elles sont situées dans les transepts et le portail.

Transept de gauche :

Premier vitrail, quatre travées : différentes scènes de la vie de saint Pierre ; deuxième vitrail, cinq travées : différentes scènes dé la vie de notre Seigneur ; paroi du fond : grande rosace ; côté droit, premier vitrail, quatre travées : différentes scènes de la Passion de notre Seigneur ; deuxième vitrail, cinq travées : différentes scènes de la Passion et faisant suite aux scènes de la fenêtre précédente.

Transept de droite :

Paroi du fond : grande rose ; à droite, premier : vitrail, quatre travées, sujet : assomption de la sainte Vierge ; deuxième vitrail, cinq travées : incrédulité de saint Thomas.

Portail :

Une rose du 16e siècle également située au portail.

Observations :

La plupart de ces verrières paraissent être dans un état convenable de solidité et entretien, sauf la deuxième verrière de droite représentant l’incrédulité de saint Thomas. Dans chacune des travées le panneau du bas est formé de pièces juxtaposées sans raison, toute la partie inférieure du vitrail est dégarnie de pièces et demande une restauration sérieuse, un panneau manque complètement dans le haut à gauche, enfin la verrière entière demanderait une remise en plomb, les panneaux étant fatigués, usés et prêts à tomber dans l’église, ainsi qu’il sera facile de s’en convaincre en se rendant sur l’endroit.

Les rosaces sont en assez mauvais état, mais pourraient encore attendre quelques années la remise en plomb. Il serait utile, si l’on travaillait à cette église, de prévoir un nettoyage de tous les vitraux à l’extérieur, ce qui ne serait pas un grand travail et permettrait d’en apprécier convenablement leur haut intérêt artistique et archéologique.


Église Saint-Séverin.

L’église Saint-Séverin possède de grandes verrières 15e siècle très belles. Elles sont situées dans la nef au nombre de cinq à droite et cinq à gauche, chacune de ces verrières comporte trois travées. Cinq autres grandes verrières à deux travées ornent également le chœur,

Chacune de ces travées se compose d’une figure en pied dans une architecture blanche et or. Plusieurs donataires sont agenouillés au bas d’un certain nombre de ces figures.

Observations :

L’état de solidité de ces vitraux est assez satisfaisant tant au point de leur remise en plomb que de leur ferrure, leur installation est convenable. Les peintures des personnages sont en bon état, pourtant il convient de signaler dans la deuxième fenêtre de droite, en entrant, les panneaux manquants au bas de chacune des travées et, dans la troisième fenêtre de gauche, le personnage de la travée du milieu refait grossièrement avec des morceaux de verre d’une tonalité détestable et criarde, et qui ne peut que nuire à l’ensemble des verrières. Cette verrière représente dans une travée : saint Sébastien, et dans les deux autres : l’incrédulité de saint Thomas.

Ici encore il serait bon de recommander à qui de droit l’entretien des ferrures qui soutiennent ces verrières, rapporter les feuillards qui maintiennent les vitraux et remplacer les clavettes manquantes et qui doivent assujettir ces derniers.


Église Saint-Mêdard.

L’église Saint-Médard possède plusieurs vitraux du 16e siècle. Dans une petite chapelle à droite, une petite fenêtre à trois travées avec tympan où l’on remarque quelques fragments intéressants, des sommets d’architecture et dans le centre un motif : le Christ descendant chercher Adam et Ève après sa résurrection. Dans une autre chapelle, à gauche, saint Michel, figure du 16e siècle que l’on a encadrée dans une architecture renaissance moderne. Dans une chapelle à coté de la précédente, un antre vitrail du l0e siècle très effacé, mais d’un beau caractère de dessin, représentant la sainte Vierge et sainte Élisabeth soutenant l’enfant Jésus et saint Jean-Baptiste enfant lui offrant un fruit.

Dans le haut du chœur, au-dessus du maître-autel, une grande verrière 16e siècle à trois travées. Cette verrière représente dans la partie supérieure le Crucifiement. Immédiatement au-dessous, plusieurs groupes de donateurs ; enfin, dans partie du bas, deux saints évêques et d’autres figures qui semblent représenter en trois sujets la vie de saint Médard.

Observations :

Cette verrière est en très mauvais état, de nombreuses pièces sont brisées ou manquantes, la mauvaise ordonnance des panneaux rend presque illisibles les sujets représentés, la mise en plomb ainsi que la pose dans les ferrures nécessitent une réfection complète. Il est grandement temps de remédier à l’état actuel, si l’on ne veut pas laisser s’effondrer cette verrière qui ferait le plus beau décor artistique à cette église, étant donné son emplacement, si l’on procédait actuellement à sa restauration.


Église Saint-Merry.

L’église Saint-Merry est décorée de nombreuses verrières datant du milieu et d’autres de la fin du 16e siècle. Le chœur retrace en six grande verrières, trois à gauche et trois à droite, l’histoire de Joseph.

Ces verrières ont été restaurées vers la fin du second Empire et sont en assez bon état de solidité. Les deux transepts comportent également plusieurs verrières, quelques-unes incomplètes et terminées par de la vitrerie. Dans les deux côtés de la nef, on remarque dans toutes les fenêtres des scènes diverses garnissant complètement les tympans et seulement une partie de chacune des quatre travées qu’elles comportent. Le complément de ces fenêtres est formé de vitrerie très simple, mais de bon goût. Le tout est en bon état de solidité.

Observation :

« Il paraît, au dire de M. le Curé de cette paroisse, que les vitraux anciens garnissaient, autrefois, complètement de leurs sujets toutes les fenêtres de l’église, l’on aurait enlevé une partie de ces vitraux, il y a cent vingt ans environ, pour les transporter dans un musée de l’État. M. le Curé demande si l’on ne pourrait pas retrouver les vitraux disparus pour les remettre ensuite en leur ancien lieu et place.

Tous les différents fragments de vitraux existant actuellement dans cette église sont en bon état de conservation et d’une solidité convenable dans leur emplacement.


Église Saint-Gervais..

L’église Saint-Gervais est ornée de très belles verrières du commencement, d’autres du milieu du 16e siècle. Les grandes verrières de la nef à droite et à gauche, attribuées à Pinaigrier, ont été restaurées peu après la guerre par M. Lafaye. Les verrières du haut dans le chœur, représentant l’une le martyre de saint Laurent et l’autre le Christ guérissant le paralytique, ont été restaurées, la première par M. Lafaye et la seconde par M. Gsell-Laurent, vers la même époque que les précédentes. Ces vitraux sont en bon état de conservation et de solidité. Il subsiste dans une fenêtre située au haut du chœur également et dans deux fenêtres de transept à gauche et à droite des fragments importants de verrières qui sont dans un état de délabrement épouvantable ; malheureusement, le placement actuel des panneaux et le grand nombre de panneaux manquants ou n’appartenant pas à ces verrières en rend la lecture des sujets très difficile et leur restauration à peu près impossible, ainsi que l’a constaté il y a quelques années à peine M. Auburtin, architecte de l’arrondissement de cette église.

Sur les bas-côtés à gauche en entrant on voit encore plusieurs verrières 17e siècle, le baptême du Christ, saint Jean-Baptiste et un autre saint en costume d’évêque ; ces verrières ont été restaurées tout récemment et sont dans un bon état de solidité. Enfin, l’on doit signaler dans le fond à gauche deux verrières du 16e siècle, l’une, représentant saint Gervais et saint Protais devant le gouverneur et l’autre le Jugement de Salomon (cette dernière verrière très remarquable est attribuée à Jean Cousin). Elles ont été restaurées, la première par M. Lafaye, et la seconde par M. Joseph Félon, peu après la guerre, et sont dans un bon état de solidité. Pour terminer, nous devons citer les superbes verrières situées derrière le chœur de l’église et décorant le fond de la chapelle de la sainte Vierge. Ces verrières, du commencement du 16e siècle et retraçant en nombreux sujets l’histoire de la sainte Vierge, ont été restaurées en 1842 par la manufacture de Choisy-le-Roi, et leur état actuel de solidité serait assez bon si les fers avaient été choisis plus longs et pouvant s’engager plus avant dans la pierre des meneaux, ce qui eût ajouté considérablement de solidité à la pose et à la durée des vitraux.

Nous reparlerons prochainement des verrières anciennes existantes dans les vieilles églises de Paris, savoir : Saint-Étienne-du-Mont, Saint-Eustache, Saint-Nicolas-du-Chardonnet, Notre-Dame de Paris, la Sainte- Chapelle, etc., etc.

J’ai l’honneur d’être, Monsieur, votre tout dévoué serviteur.


Henri Carot,


Peintre-verrier,


16, rue Boissonnade, à Paris. »

M. le Président propose à la Commission de témoigner tous ses sentiments de gratitude à M. Carot pour son obligeance et rend hommage à sa compétence et à son érudition. (Assentiment.)

Le renvoi à la 1re Sous-commission est prononcé.

M. Brown fait savoir que M. Carot a déjà établi un travail semblable pour la Commission des monuments historiques, et que l’on pourrait arriver à sauver les admirables verrières de nos églises, si le Conseil municipal, intéressé par un vœu de la Commission du Vieux Paris, consentait à attribuer des fonds à ces réparations.

Une combinaison, partageant la dépense de restauration en trois parts égales : l’État, la Ville et la Fabrique, aurait bien des chances de réussir.

Renvoyé pour étude et rapport aux 1re et 3e Sous-commissions.

M. le Président signale le prochain déménagement de l’Académie de médecine, fondée en 1820, dont le premier siège fut établi rue de Poitiers et qui, de la rue des Saints-Pères, va être transportée rue Bonaparte, dans l’ancien bâtiment du Mont-de-piété.

Il pense qu’il serait utile de conserver le souvenir de son installation actuelle.

M. Louis Lucipia fait remarquer qu’il serait surtout intéressant de reproduire la salle de délibérations dans l’état présent et avant le déménagement.

Cette proposition est renvoyée à la 3e Sous-commission.

La Commission renvoie également à l’examen de la 3e Sous-commission des propositions semblables relatives à la pompe à feu de Chaillot, au marché du Cours-la-Reine, au marché Saint-Germain, à l’ancien collège Rollin, tous ces établissements étant sur le point de disparaître.

M. le Président donne lecture d’une lettre adressée par M. Noviant, conservateur adjoint des cartes et plans au Comité technique de l’artillerie, à M. Breuillé, conseiller municipal, membre de la Commission, et relative à un fragment de mur de l’enceinte de Philippe-Auguste, situé rue d’Arras, n° 9 :

Cette lettre indique que « la portion de muraille dont il s’agit est enclavée dans la cour de l’immeuble portant le n° 9 de la rue d’Arras ; elle sert de base au mur du fond de cette cour. Sa direction est parallèle à celle de la rue ; la face qui s’offre aux regards de l’observateur est la face interne de l’enceinte. Ce fragment existe sur une longueur de 16 mètres ; sa hauteur, au-dessus du sol de la cour, est d’environ 3 mètres. Sur une longueur de 10 mètres, l’épaisseur apparente est de 1 m. 80 c. environ, le reste étant recouvert par les murs des maisons voisines (nos 40 et 42 de la.rue du Cardinal-Lemoine), auxquels il a servi d’assise. La hauteur des assises varie entre 0 m. 22 c. et 0 m. 35 c ; l’intérieur de la muraille est formé d’une sorte de blocage. Il ne paraît pas douteux qu’on se trouve réellement en présence d’un fragment de l’enceinte de Philippe-Auguste, si, d’une part, on considère les matériaux employés, qui sont de même nature et de même appareil que ceux du mur existant encore, non loin de là, rue Clovis, et si, d’autre part, on considère la direction que devait prendre ladite enceinte pour, de la porte Saint-Victor, aller rejoindre le mur de la rue Clovis. »

La Commission décide que des remerciements seront adressés.à M. Noviant et que le plan joint,à sa lettre sera conservé dans les archives de la Commission.

M. le Président annonce que M. Jules Périn, président de la Montagne Sainte-Geneviève, soumet, au nom de M. Ch. Magne, secrétaire général, les publications suivantes :

Répertoire archéologique (disposé par rues) des objets antiques (époque gauloise, gallo-romaine, mérovingienne et carlovingienne), recueillis dans les fouilles du 5e arrondissement, avec plan indiquant les emplacements des fouilles explorées et reproduction de statuette de Vénus ;

La céramique parisienne du 13e siècle : Poteries funéraires et poteries à l’usage domestique, avec fac-similé ;

Fouilles et découvertes au pied du mur d’enceinte de Philippe-Auguste : Mur, bas-rempart, fossés.

Ces brochures sont offertes par l’auteur pour être déposées dans la bibliothèque municipale de Carnavalet.

La Commission décide que des remerciements seront adressés à M. Magne pour ses intéressantes publications, dont une courte analyse sera communiquée à la Commission à la prochaine séance par M. Jules Périn.

M. Jules Périn dépose un album intitulé : Fortifications de Paris : patrie comprise entre le Point-du-Jour et la porte de Pantin (dont la démolition est projetée), album formé d’une cinquantaine de vues et aussi de dessins de l’auteur, publiés dans le Monde illustré et le Magasin pittoresque, d’après ses photographies.

Cet album a été composé par M. Maurice Martin, artiste peintre illustrateur, qui avait eu l’excellente idée de prendre ces aspects de l’enceinte fortifiée de Paris, en commençant par le Point-du-Jour (en passant par Billancourt, les portes de Billancourt, de Saint-Cloud, d’Auteuil, de Passy, de la Muette, des portes Dauphine, Maillot, des Ternes, de Courcelles, collecteur de Clichy, portes de Clichy, Montmartre, Clignancourt, La Chapelle, canal Saint-Denis, portes de Flandre, de La Villette, canal de l’Ourcq), pour arriver à la porte de Pantin, etc. Et M. Maurice Martin l’a prié d’offrir cet album à la Commission du Vieux Paris pour être déposé au musée Carnavalet.

M. Périn propose de voter des remerciements à M. Maurice Martin.

Une lettre de remerciements sera adressée au donateur.

Il ajoute que l’initiative qu’a prise M. Maurice Martin doit être encouragée, parce qu’elle faciliterait la tâche de la 3e Sous-commission.

La proposition de M. Périn est adoptée.

M. Jules Périn offre, de la part de M. Maurice Martin, artiste peintre, des photographies — prises par lui de son appartement — des immeubles de la place Saint-André-des-Arts, n° 11 (encadrement de fenêtres Renaissance), rue des Poitevins, n° 6 (tour et tourelle) — qui doivent être démolis prochainement pour la rue Danton.

Ces photographies avaient été promises par M. Martin aux membres de la 1re Sous-commission lors de leur visite au quartier Saint-André-des-Arts.

Le même membre offre de la part de M. Gaston Rapin, élève de l’École nationale des beaux-arts, une photographie prise sur un relevé de la Fontaine du square Monge, fait par lui et exposé au Salon de 1897.

La Commission décide que des remerciements seront adressés à MM. Martin et Rapin.

M. Brown annonce à la Commission que, lors de l’Exposition universelle de 1889, M. Hochereau, alors conservateur du Plan de Paris, avait commandé à M. Bourgeois, artiste peintre, une série d’aquarelles des vues de la périphérie de Paris. Ces aquarelles, qui sont du plus grand intérêt pour l’histoire de Paris, pourraient être rassemblées au musée Carnavalet.

Il demande à la Commission d’émettre un vœu dans ce sens.

Ce vœu est adopté.

M. Edgar Mareuse demande où sont placées les grandes vues de l’ancienne seigneurie de Clichy et des 8e et 17e arrondissements actuels.

M. Brown répond qu’elles sont à la mairie de Clichy.

M. Charles Lucas donne lecture de son rapport sur l’ouvrage de M. Laffitte relatif au 16e arrondissement :

M. J. Laffite, adjoint au maire du 15e arrondissement, a offert aux archives de notre Commission, par l’intermédiaire de M. Alfred Lamouroux, un précis historique et anecdotique sur Auteuil, Passy, Chaillot et le bois de Boulogne, précis intitulé : Un coin de Paris, le 16e arrondissement dans le passé (Paris, 1898, in-12, X+173 pages, Hachette).

De curieux souvenirs, en partie biographiques, sont rappelés par M. Laffite dans cette étude, d’une lecture facile, et qui obtient aujourd’hui en volume le même succès qu’elle a valu l’an dernier à son auteur sous la forme plus concise d’une conférence faite à la section de Passy-Auteuil de l’Association polytechnique.

De semblables recherches, élucidées dans un but de vulgarisation de l’histoire d’un arrondissement, d’un quartier, ou même d’un monument de Paris, ne sauraient être trop encouragées par notre Commission, qui doit trouver, dans les auditeurs de telles conférences et dans les lecteurs de tels livres, de précieux collaborateurs épris des vestiges du passé, aptes à en apprécier l’intérêt et ardents à nous les signaler ainsi qu’à les préserver de toute destruction.

26 mars 1898.

Charles Lucas. »

M. Jules Périn donne lecture de son rapport sur l’ouvrage déposé par M. Millet et relatif au quartier Saint-André-des-Arts.

M. P. Millet, ancien membre du Tribunal de commerce de la Seine, président de la Chambre des entrepreneurs de couverture, de plomberie, d’assainissement et d’hygiène, vient de publier un recueil de documents professionnels et historiques, destiné surtout à être mis aux mains de ses confrères, mais qui sortira de ce cadre restreint et sera lu par toutes les personnes qui s’intéressent au vieux Paris.

C’est presque une œuvre pieuse de la part de M. Millet de n’avoir pas voulu laisser disparaître le berceau de l’école professionnelle de la corporation, sans donner « un mot de regret et d’adieu » à la vieille maison qui l’abritait en ces dernières années.

Et, très ingénieusement, M. Miilet — qui aime les choses de l’esprit, les investigations dans le passé, a cédé au désir de montrer dans quel milieu était situé le n° 18 de la rue des Poitevins, siège de cette école professionnelle. Il a donc joint à ses documents professionnels une « histoire d’un vieux quartier de, Paris ». Il conduit son lecteur, de Lutèce, avec ses Thermes, à travers lé moyen âge avec ses Châtelets, ses vieux ponts, au Palais et au Tribunal de commerce, et s’engage dans un dédale de vieilles rues du quartier Saint-André-des-Arts, si riche en vieux hôtels des 17e et 18e siècles.

M. le Président communique à la Commission les documents relatifs à la suite donnée par les différents services de la Ville de Paris et du Département de la Seine aux délibérations prises dans la dernière séance :

« Paris, le 26 mars 1898.

Monsieur le Président,

Le secrétaire de la Commission du Vieux Paris m’a transmis copie des vœux émis par cette Commission dans sa séance du 3 mars en me demandant de faire connaître les mesures que j’aurais prises pour leur exécution.

Je vous adresse, en conséquence, les réponses que comportent, quant à présent, les vœux dont il s’agit, en ce qui concerne les services sous mes ordres :

1° Surveillance des fouilles. — Ci-inclus copie de l’instruction envoyée le 12 février 1898 à MM. les chefs des services techniques d’ingénieurs;

2° Insertion dans les cahiers des charges d’une clause réservant à la Ville la propriété des objets trouvés dans les fouilles. — Une clause de cette nature existe dans les cahiers des charges généraux qui régissent les travaux d’ingénieurs, savoir :

Cahier des charges imposées aux entrepreneurs du Service municipal du 4 août 1879, art. 33 ;

Clauses et conditions générales imposées aux entrepreneurs des travaux des Ponts et chaussées du 16 février, art. 25.

Je me réserve toutefois d’appeler l’attention de la Commission, lors de sa prochaine séance, sur les termes de ces deux articles.

3° et 4° Communication à la Commission des projets d’opérations nouvelles susceptibles de détruire ou modifier les aspects des monuments.

Il appartient à M. le Directeur administratif des services d’Architecture de répondre à ces vœux.

5° Négociations à entamer avec les grandes administrations et les grandes compagnies au sujet des objets qui pourraient être trouvés dans les travaux entrepris par elles.

Ci-joint copies des lettres adressées aux directeurs des compagnies d’Orléans et de l’Ouest à l’occasion des travaux du prolongement de la ligne d’Orléans jusqu’au quai d’Orsay et l’exécution de la ligne Courcelles-Champ-de-Mars.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’assurance de mes sentiments dévoués.

Le Directeur administratif de la Voie publique, des Eaux et des Égouts,

Signé : Defrance. »

Circulaire adressée à MM. les chefs des services techniques d’ingénieurs :

« Paris, le 12 février 1898.

Par un arrêté du 18 décembre 1897, pris en exécution d’une délibération du Conseil municipal, en date du 15 novembre précédent, M. le Préfet a formé une Commission « chargée de rechercher les vestiges du vieux Paris, de constater leur état actuel, de veiller dans la mesure du possible à leur conservation, de suivre au jour le jour les fouilles qui pourront être entreprises et les transformations jugées indispensables, et d’en conserver des preuves authentiques ».

Cette Commission s’est constituée dans sa séance du 28 janvier 1898 (voir « Bulletin municipal » du 12 février), et a notamment chargé une Sous-commission de la surveillance des fouilles et des démolitions, de l’étude des nivellements et alignements pouvant modifier la topographie de Paris et menacer les monuments, etc.

Pour permettre à cette Sous-commission d’intervenir en temps utile, MM. les chefs de service sont priés de donner des ordres pour que, dans toutes les circonstances où, au cours de fouilles, seraient mis à découvert des vestiges d’anciennes constructions, murailles, sépultures, etc., avis en soit immédiatement donné, par les voies les plus rapides, au conservateur du musée Carnavalet, 23. rue de Sévigné, et pour que, dans le cas où les travaux ne pourraient pas être suspendus, toutes les mesures soient prises pour sauvegarder les vestiges mis à découvert.

Le Directeur administratif de la Voie publique, des Eaux et des Égouts,

Signé : Defrance. »

Paris, le 21 mars 1898.

À Monsieur le Directeur de la Compagnie des chemins de fer de l’Ouest.

Par un arrêté du 18 décembre dernier, M. le Préfet de la Seine, à la demande du Conseil municipal de Paris, a formé une Commission chargée de rechercher les vestiges du vieux Paris, de constater leur état actuel, de veiller dans la mesure du possible à leur conservation et d’en recueillir les preuves authentiques.

Cette Commission a déjà tenu plusieurs séances et, dans l’une d’elles, les chefs de service ont été priés d’entamer des négociations avec les grandes administrations au sujet des objets intéressants qui pourraient être trouvés dans les fouilles entreprises par elles.

Comme, à l’occasion des grands travaux que vous venez de commencer, pour le prolongement de la ligne de Courcelles jusqu’au Champ-de-Mars, il est possible que des découvertes soient faites, je vous serai reconnaissant, Monsieur le Directeur, de vouloir bien donner des ordres pour que, si des vestiges d’anciennes constructions, sépultures et en général des objets présentant un intérêt historique ou artistique étaient mis à.jour, avis en soit immédiatement donné à M. le Conservateur du musée Carnavalet, 23, rue de Se vigne, qui ferait toute diligence pour en opérer la reconnaissance et en assurerait l’enlèvement aux frais de la Ville.

J’ose espérer, Monsieur le Directeur, que vous voudrez bien, dans la circonstance, seconder les efforts que fait la Ville de Paris pour recueillir et conserver les souvenirs de son passé.

Veuillez agréer, Monsieur le Directeur, l’assurance de ma haute considération.

Le Directeur administratif de la Voie publique, des Eaux et des Égouts,

Signé : Defrance. »

Paris, le 21 mars 1898.

À Monsieur le Directeur de la Compagnie des chemins de fer d’Orléans.

Par un arrêté de 18 décembre dernier, M. le Préfet de la Seine, à la demande du Conseil municipal de Paris, a formé une Commission chargée de rechercher les vestiges du vieux Paris, de constater leur état actuel, de veiller dans la mesure du possible à leur conservation et d’en recueillir les preuves authentiques.

Cette Commission a déjà tenu plusieurs séances et, dans l’une d’elles, les chefs de service ont été priés d’entamer des négociations avec les grandes administrations au sujet des objets intéressants qui pourraient être trouvés dans les fouilles entreprises par elles.

Comme, à l’occasion des grands travaux que vous venez de commencer pour le prolongement de vos lignes jusqu’au quai d’Orsay, il est probable que des découvertes seront faites, je vous serai reconnaissant, Monsieur le Directeur, de vouloir bien donner des ordres pour que, si des vestiges d’anciennes constructions, sépultures et en général des objets présentant un intérêt historique ou artistique étaient mis à jour, avis en soit immédiatement donné à M. le Conservateur du musée Carnavalet, 23, rue de Sévigné, qui ferait toute diligence pour en opérer la reconnaissance et en assurerait l’enlèvement aux frais de la Ville.

J’ose espérer, Monsieur le Directeur, que vous voudrez bien, dans la circonstance, seconder les efforts que fait la Ville de Paris pour recueillir et conserver les souvenirs de de son passé.

Veuillez agréer, Monsieur le Directeur, l’assurance de ma haute considération.

Le Directeur administratif de la Voie publique, des Eaux et des Égouts,

« Signé : Defrance. »

M. Defrance, directeur administratif des Travaux, pour compléter les documents qui viennent d’être communiqués, donne lecture des clauses du cahier des charges relatives à la propriété des objets trouvés dans les fouilles :

« Clauses et conditions générales imposées aux entrepreneurs des travaux des Ponts et chaussées (Arrêté ministériel du 18 février 1892).

Art. 25. — Objets trouvés dans les fouilles. -

L’Administration se réserve la propriété des matériaux qui se trouvent dans les fouilles et démolitions faites dans les terrains appartenant à l’État, sauf à indemniser l’entrepreneur de ses soins particuliers.

Elle se réserve également les objets d’art et de toute nature qui pourraient s’y trouver, sauf indemnité à qui de droit. »

« Cahier des charges imposées aux entrepreneurs du Service municipal en ce qui concerne le mode d’exécution des travaux. (Approuvé le 4 août 1879.)

Art. 33. — Objets d’art trouvés dans les fouilles.

Les objets d’art ou les monnaies ou médailles que l’on pourrait trouver dans les fouilles appartiennent à l’Administration, moyennant le paiement aux ouvriers qui les auront trouvés de la moitié de la valeur intrinsèque desdits objets et de la moitié d’une plus-value fixée par le Conservateur des médailles de la Bibliothèque nationale, au cas où ils auraient du prix comme antiquités ; quant aux monnaies ayant cours, la valeur qu’elles représentent sera partagée entre les ouvriers et l’Administration, conformément aux dispositions du Code civil. »

M. le Président dit qu’il est bien entendu que la Ville n’entend nullement frustrer les ouvriers des trouvailles qu’ils pourraient faire. Il affirme, au contraire, qu’elle est toute disposée à les indemniser largement. Il rappelle que, lors des fouilles du Pont-Neuf, beaucoup d’objets trouvés dans la Seine ont été détournés et vendus ; des dagues, des épées, des coffrets et même des lingots provenant d’un vol fait à la Monnaie ont ainsi été vendus à des particuliers par les ouvriers travaillant à ces fouilles.

M. Victorien Sardou dit qu’il a acheté, vers 1852, une quantité d’objets précieux et curieux provenant de fouilles opérées dans le lit de la Seine. Il est clair, en effet, que l’écroulement des anciens ponts et l’incendie des maisons qui les garnissaient autrefois ont eu le résultat de faire tomber dans le fleuve une quantité considérable d’objets de toutes sortes. Il faut aussi noter que les changeurs de monnaie s’étaient établis sur les ponts, de préférence, et qu’il leur arrivait souvent de jeter dans la Seine des monnaies frappées en métaux précieux, mais dont la fabrication était illicite et qu’ils préféraient perdre plutôt que de s’exposer aux peines extrêmes dont l’on punissait lès faux-monnayeurs.

M. le Président communique la, lettre suivante que lui transmet M. Defrance, directeur des Travaux, relative à la disparition prochaine du réservoir du parc Mouceau :

« Note à, M. l’Inspecteur général chargé de la direction des Eaux au sujet de la disparition prochaine du réservoir Monceau.

Paris, le 5 avril 1898.

Le réservoir Monceau, qui se trouve en plein Paris, devant être démoli prochainement, le soussigné estime qu’il y aurait intérêt à en conserver trace par des dessins, aquarelles ou photographies.

Àcet effet, il a l’honneur de proposer à,

M. l’Inspecteur général d’en prévenir la Commission du Vieux Paris et le service archéologique du musée Carnavalet (Instruction du 21 mars 1898 de M. le Directeur administratif).

Les renseignements qui pourraient être nécessaires à la Commission seront donnés soit par le soussigné, soit par M. Louis, conducteur principal, 13, rue de Courcelles.

L’inspecteur des Eaux,
Illisible. »

Cette lettre est renvoyée à la 3e Sous-commission.

M. Defrance, directeur des Travaux, donne connaissance à la Commission des deux lettres ci-après qui lui ont été adressées par MM. les directeurs des Compagnies de chemins de fer de l’Ouest et d’Orléans, au sujet de la surveillance des fouilles :

« Paris, le 4 avril 1898.

Monsieur le Directeur,

Par lettre du il mars dernier, vous avez bien voulu nous faire connaître que, sur la demande du Conseil municipal de Paris, M. le Préfet de la Seine avait formé une Commission chargée de rechercher les vestiges du vieux Paris, de constater leur état actuel, de veiller dans la mesure du possible à leur conservation et d’en recueillir les preuves authentiques. À cette occasion, vous nous demandez de vouloir bien aviser M. le Conservateur du musée Carnavalet de toutes découvertes de vestiges d’anciennes constructions, sépultures et en général des objets présentant un intérêt historique ou artistique, qui pourraient être faites au cours des travaux exécutés dans Paris par notre Compagnie pour l’établissement de la ligne de Courcelles au Champ de Mars.

J’ai l’honneur de vous informer que toutes instructions utiles sont données à ce sujet à nos services intéressés.

Veuillez agréer, Monsieur le Directeur, l’assurance de ma haute considération.

Le directeur de la Compagnie de l’Ouest,

Marin. »

« Paris, le 5 avril 1898.

Monsieur le Directeur,

En réponse à votre lettre du 21 mars dernier, j’ai l’honneur d,e vous. fa.ire savoir que des instructions ont été données à tous les chefs de section des travaux du prolongement de la ligne d’Orléans au quai d’Orsay pour que M. le Conservateur du musée Carnavalet soit avisé lorsque des découvertes intéressantes relatives au vieux Paris, ou présentant un caractère historique, seront faites dans nos fouilles.

Agréez, Monsieur le Directeur, l’assurance de ma haute considération.

Le directeur de la Compagnie d’Orléans,
Heurteau. »

La Commission décide que des remerciements seront adressés à MM. les directeurs des compagnies de chemins de fer de l’Ouest et d’Orléans.

M. le Président donne lecture du rapport suivant que lui transmet M. Le Roux, directeur des Affaires départementales, et qui émane du service de la Navigation de la Seine :

« Rapport du conducteur subdivisionnaire.

Paris, le 11 mars 1898.

Par une note en date du 2 mars 1898, adressée à M. l’Ingénieur en chef de la Navigation de la Seine (2e section), M. le directeur des Affaires départementales demande si l’on ne pourrait pas introduire, dans les cahiers des charges des travaux de dragage, une clause aux termes de laquelle les objets intéressant l’histoire et trouvés dans le lit de la Seine, au cours des dragages effectués dans la traversée de Paris, seraient acquis au musée Carnavalet. En outre, M. le directeur des Affaires départementales fait connaître que la Commission du Vieux Paris, instituée par arrêté préfetoral du 18 décembre 1897, a demandé que les membres désignés par elle fussent autorisés à surveiller les fouilles.

En réponse à la communication qui nous est faite de cette note, nous ferons observer que l’art. 25 des clauses et conditions générales imposées aux entrepreneurs des travaux publics stipule explicitement qu’en ce qui concerne les fouilles et démolitions, l’Administration «se réserve les objets d’art et de « toute nature qui pourraient s’y trouver, sauf indemnité à qui de droit ».

Quant à l’autorisation de surveiller les chantiers, qui est réclamée au profit des membres désignés par la Commission du Vieux Paris, elle ne saurait, selon nous, être admise d’une manière générale ; nous, ajouterons d’ailleurs que jusqu’ici aucune autorisation de visiter les chantiers n’a été refusée aux personnes qui en ont fait la demande lorsque cette autorisation était compatible avec la bonne marche du travail et la sécurité des personnes. Nous estimons d’ailleurs que c’est aux ingénieurs chargés de la direction des travaux qu’il appartient d’autoriser lesdites visités.

Le conducteur subdivisionnaire,
Illisible. »

M. Defrance fait remarquer que l’État se réserve la propriété de tous les objets trouvés dans le lit de la Seine.

M. le Président pense qu’en insistant l’on pourrait obtenir les objets ayant un caractère exclusivement parisien.

Il communique ensuite une lettre de M. Le Roux, directeur des Affaires départementales, relative à la carte géologique de Paris,

Cette lettre est ainsi conçue :

« Paris, le 18 mars 1898.

Monsieur le Président,

Vous m’avez signalé l’intérêt que présenterait, pour la Commission du Vieux Paris, la possession d’une carte géologique de Paris et de ses environs.

J’ai l’honneur de vous faire connaître que la carte qui me semble devoir convenir le mieux à la Commission du Vieux Paris est la carte au 40,000e, en quatre feuilles, éditée par la maison Baudry et Cie, 15, rue des Saints-Pères.

Aucune carte géologique de la région parisienne, à plus large échelle, n’a été publiée jusqu’ici.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de mes sentiments les plus distingués,

Le directeur des Affaires départementales,

Émile Le Roux. »

La Commission décide que quelques exemplaires de cette carte seront demandés pour être mis à la disposition des membres des trois sous-commissions.

M. le Président annonce qu’il a reçu de M. Bouvard, directeur des services d’Architecture, une collection des vues photographiques prises sur les emplacements-destinés au prolongement ou à l’élargissement des voies ci-dessous désignées :

Rue Herr, 19 clichés.

Avenue Ledru-Rollin (11e arrondissement), 15 clichés.

Rue Custine, 11 clichés.

Rues Wurtz et Vergniaud, 7 clichés.

Rue Danton, 7 clichés.

Rue du Dessous-des-Berges, 5 clichés.

Rue Stephenson, 5 clichés.

Rue Piat, 4 clichés.

Rue Godefroy-Cavaignac, 2 clichés.

Rue du Buisson-Saint-Louis, 1 cliché.

Rue du Mont-Cenis, 72, 1 cliché.

Rue de Cléry, 15, 1 cliché.

Il propose à la Commission d’adresser des remerciements à M. Bouvard en lui faisant toutefois remarquer que les photographies transmises manquent, pour la plupart, du point de repère capable de donner l’indication et le caractère de l’endroit reproduit.

M. le Président' annonce qu’il a reçu, en réponse aux lettres envoyées au nom de la Commission du Vieux Paris, des communications d’un certain nombre de grandes villes relatives aux dispositions prises par elles pour la conservation de leurs monuments et souvenirs historiques.

Ces communications émanent des villes suivantes : Lille, Berne, Genève, Bruges, Bordeaux, Birmingham, Bradford, Nîmes, Dijon, Turin, Leipzig, Manchester et Anvers.

La Commission prie M. J. Périn de vouloir bien présenter un rapport sommaire sur ces communications pour la prochaine séance.

Vu l’importance et l’intérêt des documents envoyés par la ville d’Anvers, la Commission décide leur impression.

Suit la teneur de ces documents :

« Anvers, le 16 mars 1898.

« Le Collège des Bourgmestre et Echevins

à Monsieur le Préfet de la Seine.

« Monsieur le Préfet,

Nous avons l’honneur de répondre à votre lettre du 14 de ce mois.

Un arrêté royal du 7 janvier 1835 a institué une commission à l’effet de donner son avis sur la demande du Ministre de l’Intérieur : 1° sur les réparations qu’exigent les monuments du pays remarquables par leur antiquité, par les souvenirs qu’ils rappellent ou par leur importance sous le rapport de l’art ; 2° sur les plans relatifs aux constructions et réparations des édifices mentionnés dans l’art. 2 de l’arrêté royal du 2 août 1824 et d’autres édifices publics.

Un autre arrêté royal du 31 mai 1860 institue, dans chaque province, des membres correspondants de la Commission royale, chargés de recueillir les renseignements et de donner les avis qui leur sont demandés par la Commission, et de surveiller, s’il y a lieu, l’exécution des travaux qu’elle a approuvés. Ils peuvent aussi, d’office, appeler l’attention du Gouvernement ou de la Commission sur les mesures qu’ils jugent utiles pour la conservation des monuments ou des objets d’art.

Les comités provinciaux de la Commission des monuments exercent en fait une surveillance qui s’applique non seulement aux bâtiments publics, mais également aux constructions particulières ayant un caractère historique ou artistique.

La loi communale, art. 171, stipule que la publicité des séances des Conseils communaux est obligatoire lorsque les délibérations ont pour objet la démolition d’édifices publics ou de monuments anciens.

Lorsque nous avons à exécuter des travaux de réparation ou de démolition à des édifices séculaires, nous nous attachons à faire exactement observer les conseils donnés par la Société nationale pour la protection des sites et monuments de Belgique. Inclus le résumé imprimé de ces conseils.

Les propriétaires de constructions particulières remarquables peuvent s’adresser à notre Administration pour demander l’intervention pécuniaire de la Ville au profit de la restauration des façades dans leur style primitif.

Agréez, nous vous prions, Monsieur le Préfet, l’assurance de notre haute considération.

« Par ordonnance :
« Le Secrétaire, « Le Collège,
« Illisible, « Illisible. »

Société nationale pour la protection des sites et monuments de Belgique. — Conseils aux artisans employés à la restauration ou à la réparation des monuments anciens.

Terrassier. — 1° En exécutant des fouilles dans un bâtiment ancien ou aux environs, ayez soin de préserver tout fragment de pierre ouvragée, de tuile ou tout autre objet ancien que vous pourriez rencontrer.

Si vous rencontrez de vieilles fondations, bases de piliers, tombes anciennes, cercueils de pierre, pavements, ou autres ouvrages paraissant se trouver dans leur position primitive, ne les bouges pas, mais dégagez-les soigneusement, de façon que l’on puisse en faire toutes les constatations utiles et que, si c’est possible, l’ouvrage soit maintenu dans son emplacement.

2° En exécutant des drainages ou des excavations autour des anciens bâtiments, ayez soin de ne couper aucune des fondations, si grossières qu’elles soient, et veillez à la façon dont vous les exposez à l’air, à moins qu’elles n’aient été examinées et étayées par un maçon. N’exposez pas au jour ni à la vue ce qui n’a pas été fait pour cela. Veillez à ce que vos rigoles soient creusées de façon qu’elles éloignent les eaux des fondations au lieu de les diriger sur elles.

Maçon. — Si vous êtes appelé pour enlever le badigeon ou la peinture d’une maçonnerie, rappelez-vous que votre ouvrage a pour but de mettre à nu la surface primitive et non pas de la détruire. Vous devez donc éviter avec soin l’usage d’un outil trop dur et étudier la meilleure manière d’enlever le badigeon sans détruire ni dégrader cette surface primitive. Souvenez-vous que la façon de travailler la pierre dans l’ancien temps est elle-même un sujet d’intérêt et de curiosité, et que les traces des vieux outils ne doivent donc pas être détruites.

Cette observation s’applique surtout aux ouvrages de style roman, pour lesquels la grossièreté même de la pierre et la rudesse des ornements sont des preuves évidentes d’authenticité.

Si des traces d’anciennes peintures existent sur la pierre, il faut les préserver avec soin.

La manière d’enlever le badigeon dépend beaucoup de la nature des matériaux à nettoyer.

Avec certains matériaux, rien n’est meilleur que le Manchester Cément.

Pourtant il est préférable de faire dans chaque cas un essai pour s’assurer du meilleur procédé à suivre.

Il est préférable de laisser le badigeon tout à fait ou en partie sur la pierre que de se servird’un outil qui dégraderait la surface de cette pierre, car mieux vaut posséder cette surface avec le badigeon que dé ne plus la posséder du tout.

Quand l’enlèvement du plâtre laisse apercevoir des traces de filets, moulures, cordons, embrasures de fenêtres, etc., ne les cachez pas de nouveau et ne les arrachez pas. De même, en règle générale, ne vous servez d’aucune pince-outil quand vous touchez à un ancien ouvrage en pierre.

En déplaçant un ouvrage brisé ou délabré, ne détruisez que ce qui a tout à fait perdu sa forme primitive. Il est préférable d’avoir l’ouvrage original, fût-il brisé ou délabré, que l’œuvre neuve la plus parfaite et la plus habilement exécutée.

Évitez spécialement l’usage d’une brosse à couleur pour harmoniser les teintes du vieux et du neuf. Le vieux doit être conservé dans sa teinte caractéristique et nulle tentative ne doit être faite pour uniformiser cette teinte avec d’autres.

Ne déplacez et ne nettoyez jamais les vieilles surfaces moussues.

La plus scrupuleuse exactitude doit être apportée à la constatation des détails des moulures ou ornements en vue des parties nouvelles à y ajouter, les morceaux les plus délicats étant d’ordinaire les moins bien conservés.

En abattant les pans de murailles, soyez particulièrement soigneux de toutes les vieilles moulures ou de tout autre morceau de pierre ouvragée qui y seraient encastrés, ces fragments étant le plus souvent déposés près de leur emplacement primitif.

Si vous rencontrez des fenêtres ou autres ornements cachés par des travaux ultérieurs, n’y touchez pas avant qu’ils aient été examinés par un architecte.

Les carreaux à l’encaustique ou tout autre pavement ancien doivent être autant que possible maintenus à leur premier emplacement, et leurs dessins doivent servir de guide pour le dessin des parties nouvelles.

Dans tous les cas, il faut conserver leur position originale à ces pavements et ne jamais enlever ces vieux vestiges pour y substituer des pavements nouveaux.

Sculpteur. — Les recommandations faites au maçon s’appliquent au sculpteur et d’une façon plus pressante, les anciennes œuvres de sculpture ayant bien plus de valeur que les maçonneries anciennes.

Quand il travaille dans un bâtiment antique, le sculpteur doit assujettir son talent, et son imagination à l’œuvre à laquelle il est occupé, et chercher seulement à préserver et à perpétuer cette œuvre.

Jamais il ne doit essayer d’embellir ou de restaurer une vieille sculpture.

Plafonneur. — Si vous êtes appelé pour enlever un plâtrage, examinez d’abord ce plâtrage avec soin en enlevant le badigeon par places, et, si vous constatez que celui-ci recouvre des vieilles peintures, ne continuez pas avant d’avoir appelé un architecte ou une personne capable d’apprécier le travail.

S’il est absolument nécessaire de démolir le mur ainsi orné de vieilles peintures, on peut préserver ces peintures de la manière suivante : le fond de la maçonnerie doit être démoli avec soin et l’on doit en laisser subsister une légère épaisseur derrière la peinture ; Celle-ci sera ensuite doublée de ciment placé dans un cadre en bois, et le tout, bien séché, sera finalement enlevé d’une seule pièce pour être déposé dans un musée.

En règle générale, les anciens plâtrages ne doivent pas être enlevés, mais réparés avec soin aux endroits endommagés.

Les nouveaux plâtrages posés sur des vieux murs doivent être fort minces et amincis surtout auprès des appareils de pierre, ainsi qu’on le faisait dans l’ancien temps.

Tous les plâtrages devraient être faits de façon à recevoir une décoration peinte.

Charpentier. — Ne soyez pas trop prompt à condamner les anciennes toitures ou tout autre ouvrage de charpente. Rappelez-vous, au contraire, que ces ouvrages ont une valeur tout à fait supérieure au coût de leur réparation. Une vieille charpente soigneusement maintenue par un épissoir ou d’autres moyens a cent fois plus de valeur que sa copie en bois neuf.

Les dégradations très sérieuses peuvent être réparées, il faut appliquer tous vos soins à rechercher le moyen de conserver l’ouvrage ancien.

Si vous ne vous efforciez pas d’y parvenir, on se servirait des plus futiles prétextes pour détruire cet ouvrage, qui peut être d’un mérite tout à fait rare.

En règle générale, ne déplacez pas une vieille charpente pour la réparer. Travaillez de préférence sur place, travée par travée, et seulement durant les mois de printemps et d’été. Par un bon système de prélarts, ou tout

autre moyen efficace, gardez l’ouvrage bien sec durant l’opération. L’action de l’humidité sur les vieilles pièces de bois est fatale.

Ne changez pas l’aspect des anciens ouvrages de charpente et surtout ne les recouvrez pas d’huile ou de vernis. :

En général (comme on l’a recommandé au maçon), rappelez-vous toujours que votre but doit être de conserver et non pas de renouveler.

Conservez avec un soin particulier tous les restes de décoration peinte que vous découvririez sur les vieux ouvrages en bois.

Menuisier. — Tout ce qui a été dit au charpentier s’applique également au menuisier.

Qu’il conserve autant que possible dans leur ancienne place les ouvrages antiques qui lui sont confiés et qu’il se garde de déplacer ces ouvrages pour les réparer, à moins que ce ne soit sous les ordres d’un homme spécialement compétent.

Tout vestige de menuiserie ancienne, quels que soient sa forme et son objet, doit être soigneusement conservé dans son emplacement primitif, et, s’il en a été enlevé, doit y être rapporté au plus tôt, autant que faire se pourra.

Vitrier. — Soyez particulièrement soigneux pour conserver les anciens vitraux. Ne les détachez jamais des fenêtres dans lesquelles ils sont placés, — sauf sous la direction spéciale d’un architecte, quelque grossiers, imparfaits ou petits qu’en soient les fragments.

Peintre. — Préservez tous les vestiges d’anciennes peintures, sans jamais essayer de les restaurer, sauf sous la direction d’un homme compétent.

Forgeron. — Conservez dans leurs places primitives tous les spécimens de fer forgé ancien que vous rencontrerez, notamment les barreaux et étançons, qu’il ne faut déplacer que sur les ordres directs d’un architecte.

Aux patrons et ouvriers en général. — N’oubliez jamais que la réparation d’un vestige d’ancienne architecture, si peu important qu’il soit, est une œuvre à exécuter d’une façon tout à fait différente de la confection d’un travail nouveau ou de la modification d’une construction nouvelle.

Le but n’est pas. simplement de remettre l’ouvrage en bon état, mais de préserver ou de conserver un spécimen authentique des anciens arts du pays.

Tout bâtiment ancien a sa valeur historique, et même si vous croyez, à première vue, que son état exige sa réédification, ou que vous pourriez le reconstruire plus facilement en entier, n’oubliez jamais que toute sa valeur disparaît quand son authenticité n’est plus évidente. Votre devoir est non pas la réédification, mais la conservation.

Prenez donc garde de ne point condamner à la légère un spécimen de l’art ancien, sous prétexte qu’il est hors d’état d’être maintenu. La destruction de toute œuvre ancienne constitue une perte nationale.

M. le Président donne lecture du rapport ci-après, demandé à M. Ch. Sellier, secrétaire, au cours de la dernière séance de la Commission de permanence :

« Rapport présenté par M. Charles Sellier sur l’enquête ordonnée par Colbert en 1678, relativement à la provenance et à la qualité des pierres employées dans les constructions.

Messieurs,

Après l’établissement de l’inventaire des monuments de Paris, les membres de la Commission de permanence ont jugé qu’il y aurait aussi un important intérêt à examiner ces monuments sous le rapport de la nature et de la qualité des matériaux qui les composent.

L’idée n’est pas neuve assurément, car on la voit déjà manifestée en 1678 par Colbert qui, à ses fonctions de premier ministre, joignait, comme on sait, celle dé surintendant des bâtiments. Il est probable que les édifices construits sous son administration, et qui n’avaient que douze ou quinze ans de date, s’étaient déjà altérés au point de provoquer son attention et sa sollicitude. Aussi dut-il songer, dans l’intérêt de la bonne gestion des travaux publics, à s’enquérir des causes de cette altération, et à s’assurer de la qualité des pierres employées, afin-de se former une opinion sur les matériaux qu’il serait sage de mettre en œuvre dans les constructions nouvelles.

Il s’adressa donc dans ce but à l’Académie d’architecture qu’il avait créée depuis peu d’années et où figuraient les hommes de l’art les plus compétents de ce temps : François Blondel, Le Vau, Libéral Brunand, Daniel Gittard, Antoine Lepaultre, Pierre Mignard, André Félibien, d’Orbay, Claude Perrault, Jules Hardouin-Mansart et La Motte-Coquart.

L’enquête, ainsi requise, commença le 6 juillet 1678 et fut continuée jusqu’au 23 septembre suivant. Le procès-verbal qui la relate fut rédigé jour par jour, puis transcrit dans les registres des procès-verbaux de l’Académie d’architecture. Ce document, resté longtemps inédit, a été publié pour la première fois par M. le comte Léon de Laborde dans un volume intitulé : Mémoires et Dissertations (Paris, A. Leleux, 1852, in-8°, p. 145 à 290). Avant cet auteur, Héricart de Thury avait eu connaissance du procès-verbal de 1678, et il en avait déjà tiré parti dans le second chapitre de sa Description des Catacombes de Paris (Paris, 1815, 1 vol. in-8°, p. 137 et suivantes).

Suivant Héricart de Thury, il est presque impossible de déterminer d’une façon précise à quelle époque les carrières des environs de Paris ont commencé à être mises en exploitation. Les premières extractions furent infailliblement faites dans les flancs des collines qui entouraient la Lutetia Parisiorum. On retrouvait encore, il y a trois quarts de siècle, des vestiges de ces premières exploitations au bas de la montagne Sainte-Geneviève, et on en suivait les traces sur les rives de l’ancien lit de la Bièvre, dans l’emplacement de l’abbaye de Saint-Victor, celui du Jardin-des-Plantes et le faubourg Saint-Marcel.

Jusqu’au 12e siècle, les palais, les temples et les autres monuments publics de cette ville furent construits en pierre des carrières de ce faubourg et de celles qui furent ensuite ouvertes au midi des remparts de Paris, vers les places Saint-Michel, de l’Odéon, du Panthéon, des Chartreux, et les barrières d’Enfer et Saint-Jacques.

À partir de cette époque, il faut enfin s’en rapporter au procès-verbal de 1678, et, si l’on ne s’en tient qu’aux anciens monuments encore existants à Paris, on remarque que les experts de Colbert y ont fait les constatations suivantes :

1° À l’église Saint-Séverin, les premières pierres employées sont des pierres dures de Paris ; sur la façade méridionale, on trouve de la pierre dure de Saint-Leu. La pierre dure est fort endommagée par le temps et les intempéries, tandis que la pierre tendre qui est de Trossy, de haut appareil, est restée saine et intacte jusqu’aux moindres moulures. Les contreforts, les petits arcs-boutants de l’abside sont de Trossy et couverts de haut banc; les pignons du côté du cimetière sont aussi de Trossy, et les grands arcs-boutants de la net sont de haut banc. La tour est toute de pierre dure, et, par l’inscription qui est marquée en bas, on voit qu’elle a été bâtie en 1347. Toutes les pierres, tant dures que tendres, sont en général de très bonne qualité, celles qui sont endommagées le sont par suite du mauvais choix qu’on en a fait en carrière, ou du mauvais appareil.

2° L’église et la maison des Bernardins, commencées en 1336, ont la plupart de leurs murs en pierre dure ; tout le haut est de pierre dure de Saint-Leu fort bien conservée et intacte.

3° Les premières assises de la sépulture des Valois, à Saint-Denis, construite sous le régne de Henri III, sont de pierre dure ; les bases et les fûts des colonnes sont aussi de pierre dure, mais d’un ’ grain fin comme le liais ; le reste est en Saint-Leu. Les colonnes de ce monument depuis longtemps disparu ont servi à composer la colonnade de la naumachie du parc Monceau.

4° La fontaine des Innocents est bâtie en pierre de liais dur jusqu’au premier étage, et le reste en liais doux bien conservé.

5° Au bâtiment neuf du Louvre, on remarque de la pierre de Saint-Leu employée au socle attenant au portail, laquelle se détériore et devient farineuse. Ce qui a été bâti sous Henri II et Charles IX est de cliquart et de liais dans les premières assises ; les colonnes et les parties supérieures des murs sont de Saint-Leu.

6° À l’église Notre-Dame, les deux premières assises de la porte dans le cloître du côté du nord sont en cliquart dur de petit appareil ; au dessus les assises sont de haut banc ; les grandes figures qui sont tout autour de l’église sont la plupart en Saint-Leu, tandis que les petites figures et les bas-reliefs qui sont au-dessous et à portée de la main sont de cliquart ; le tout bien conservé. Pour les bas- côtés, les pierres, tant du côté du midi que du côté du nord, sont fort endommagées depuis les tours jusqu’à la croisée et paraissent plus vieilles que le reste. La porte du côté du midi, commencée en 1257, est de cliquart et de haut banc dans ses premières assises. Le grand portail de l’église du côté du couchant est de pierre de cliquart de même que les premières grandes figures. Les tours, comme le reste de l’église, sont en pierre dure de cliquart et de haut banc de petit appareil bien conservée.

7° Les premières assises de l’hôtel de Cluny sont en pierre dure et le reste en Saint-Leu.

8° Aux Thermes-de-Julien, la construction est, en parements, de quatre rangs de briques par bandes, et six rangs de moellons entre les briques ; lesdits moellons taillés de liais très dur, de quatre pouces sur six de face et de huit de queue environ.

9° Les assises basses de l’église Saint-Martin-des-Champs sont de liais, et le reste en haut banc. Le réfectoire, transformé de nos jours en bibliothèque, est en cliquart, et ses colonnes sont de liais.

10° L’ancien portail de Saint-Julien-le-Pauvre ainsi qu’une partie des bas-côtés et de l’abside sont en cliquart.

11° Le portail de l’église Saint-Étienne-du-Mont, commencé en 1610, est en Saint-Leu.

12° À l’Institution de l’Oratoire, bâtie vers 1648 et devenue l’hospice des Enfants-Trouvés depuis 1800, les premières assises de l’église sont de haut banc très beau, et tout le reste de liais doux. Toutes les pierres ont été tirées d’une carrière située dans l’enclos de la maison.

13° Le portail de l’église Saint-Germain-des-Prés est de cliquart dur et fin.

14° Le portail de l’église Saint-Gervais, bâti en 1616, par Salomon de Brosse, a ses premières assises en cliquart et pierre dure, comme les premiers tambours des colonnes; le reste est en Saint-Leu.

15° À l’église des Jésuites de la rue Saint- Antoine (aujourd’hui l’église paroissiale Saint- Paul-Saint-Louis), les premières assises du portail sont en pierre dure d’Arcueil, en haut banc et en liais ; le reste est en Trossy. Le frère Martel-Ange fit les dessins de cet édifice et l’éleva jusqu’à trois pieds du rez-de-chaussée ; le père Derrand acheva le reste.

16° La tour Saint-Jacques-la-Boucherie, construite du temps de Louis XII et de François Ier, est partie en cliquart et partie en haut banc par le bas ; tout le reste est en Trossy fort bien conservé, sauf les appuis et les animaux du sommet, qui sont en pierre tendre.

17° Au palais du Luxembourg, bâti par Salomon de Brosse de 1615 à 1620, toutes les pierres sont mises assez communément et sans choix, les dures à côté des tendres, celles de bonne qualité à côté des défectueuses.

D’où il paraît que ce n’est que vers le milieu du 13e siècle que l’on commença à amener à Paris les pierres des carrières de Saint-Leu, Trossy, l’Isle-Adam, Vergelé, etc., et qu’elles n’y furent employées que dans les parties supérieures des édifices, les carrières de Paris leur fournissant les matériaux des premières assises.

Enfin, il est à remarquer que le procès-verbal de 1678 est resté assez incomplet ; de plus, aucunes conclusions ne le terminent. Il n’en contient pas moins de très curieuses observations dont le temps n’a fait que confirmer la justesse. À l’aide de sa savante et si précieuse expérience, Viollet-le-Duc en a déduit des remarques fort intéressantes que M. Léon de Laborde a comprises dans sa publication relative à l’enquête de Colbert, et que nous allons rapporter ici résumées en partie :

En général, toutes les pierres reconnues défectueuses par les experts de Colbert se sont, depuis lors, altérées de plus en plus ; celles qui avaient résisté aux injures de l’atmosphère sont encore intactes aujourd’hui. Ce qui prouve que les pierres, en général, ne tardent guère, en place, à montrer leurs qualités. Cependant telle nature de pierre, qui résiste aux intempéries dans de certaines positions, se dégradera promptement dans d’autres cas. Ainsi, pour ce qui concerne la pierre des bassins de Paris et de l’Oise, voici quelques observations résultant de l’étude des plus anciens édifices de Paris.

Le liais ancien, qu’on extrayait autrefois des carrières de la butte Saint-Jacques, des Chartreux, des alentours d’Arcueil et de Créteil, portait jusqu’à 0 m. 50 c. de hauteur, sans bousin. Soit qu’il ait été employé en soubassements, soit qu’il ait servi à faire des couronnements, des chêneaux, des balustrades, des colonnettes, ou des meneaux de croisées, ce liais s’est toujours bien comporté, sauf à l’exposition du nord où il se délite quand il a été pénétré d’humidité. La Sainte-Chapelle du Palais, entièrement construite en liais ou en cliquart, ne présente de dégradation que là où l’oxyde de fer a causé des fêlures aux assises ou aux meneaux.

Le cliquart se comporte à peu près de la même manière ; plus gras que le liais cependant, il gèle plus facilement. Les anciennes terrasses de la cathédrale de Paris, recouvertes en grandes dalles de liais ou de cliquart, présentent rarement des traces de décomposition par la face exposée à l’air, tandis que les faces intérieures, qui ne sont pas en contact avec l’air, sont très effeuillées et finissent même par se trouer, bien que le parement extérieur soit devenu aussi dur que le marbre le plus ferme. Cet effet peut s’expliquer par la finesse des pores de la pierre ; l’eau qui la pénètre s’évapore facilement par suite de l’action de l’air et du soleil, mais, retenue près du parement intérieur qui sèche plus difficilement, elle le fait éclater lorsque surviennent de fortes gelées. Il est donc indispensable d’aérer les dessous des dallages et chéneaux, ou d’employer pour cet usage des pierres d’une qualité moins grasse ou moins compacte que le liais ou le cliquart, telles que la Ravières, le Courtanoux, la Mouasse, le Saint-Nom bas, quelques bancs de pierre de Soissons, la roche de Saint-Maximin, etc. Mais quand on emploie, pour les corniches ou chéneaux, des qualités de pierres dures assez poreuses pour sécher rapidement, elles communiquent leur humidité par l’effet de la capillarité et la propension de l’eau à descendre aux assises inférieures formant les parements qui portent ces chéneaux ou corniches ; alors, si ces pare- ments ne sont pas élevés en pierre d’une na- ture âpre, poreuse et sèche, comme le vergelé par exemple, s’ils sont composés de pierres quelque peu argileuses, comme le Banc royal, ou la pierre franche, ou même le Saint-Leu, il se manifeste bientôt à leur surface une efflorescence de salpêtre, puis la décomposition se produit avec une effrayante rapidité ; il se forme des souflures, des copeaux de pierre, derrière lesquels le calcaire est réduit à l’état de sable ou dépoussière. L’interposition d’une couche de bitume ou de lame de plomb serait donc utile dans ce cas.

Quant aux roches de Paris, dites roches de Bagneux ou roches du Moulin, il faut autant que possible se garder de les employer dans les couronnements des édifices ; ces roches contiennent toutes des lits argileux, et les chéneaux ou corniches de pierre dure de Bagneux se creusent en perdant à chaque hiver une croûte de quelques millimètres d’épaisseur, surtout si l’écoulement des eaux à leur surface ne se fait pas très rapidement. En général, les roches de Paris ne sont.bonnes qu’en soubassement, mais encore faut-il les avoir parfaitement ébousinées.

La détérioration des pierres en parement est encore due au rejaillissement des gouttes d’eau. C’est le cas des pierres placées au-dessus des chéneaux à fond plat. En effet, l’eau qui tombe directement lave et s’écoule rapidement par son abondance même, tandis que l’espèce, de brouillard occasionné par le rejaillissement demeure sur la pierre; une gelée survient, le chêneau est sec, et les pierres placées au-dessus. sont encore humides.

On a encore remarqué que pour les couronnements extrêmes, complètement isolés, tels que pinacles, fleurons, les pierres qui résistent le mieux à Paris sont le banc royal de l’Oise (Saint-Maximin), le vergelé, et en général toutes les pierres poreuses et âpres. La pluie finit, à la longue, par user légèrement ces pierres tendres, mais elle ne les décompose pas, tandis que des roches compactes ou coquilleuses s’altèrent, s’effeuillent et finissent par se percer et tomber en plaquettes. Les pierres de l’Oise qui ne sont pas grasses rendent l’eau avec autant de facilité et aussi rapidement qu’elles l’absorbent ; tandis que les pierres dures la conservent, et par cela même, lorsqu’elles sont exposées à des coups d’air vif au sommet des édifices, la gelée les fait éclater.

Les pierres tendres du bassin de l’Oise ont encore une autre qualité : lorsqu’on les taille au sortir de la carrière, elles jettent leur eau : cette eau contient en dissolution une forte quantité de silicate de chaux qui se cristallise au contact de l’air et il se forme à la surface des parements fraîchement taillés une croûte dure qui, sans boucher les pores de la pierre, durcit singulièrement ses parois. Tandis que si l’on n’a pas pris cette précaution on remarque, au contraire, que les cellules de la même pierre deviennent farineuses en vieillissant et s’emplissent de poussière jaunâtre. Il est donc très important de tailler les pierres tendres de l’Oise aussitôt après leur extraction ; si l’on tarde trop, on perd l’effet conservateur de cette cristallisation, qui ne se fait qu’à la surface et qu’autant que la pierre n’a pas perdu toute son eau de carrière.

Il est encore plus important de ne pas ravaler les édifices qui sont bâtis depuis longtemps en vergelé, en Saint-Leu, en banc royal de Méry, de Saint-Maximin, de l’abbaye du Val, de Trossy, etc. Ce ravalement tardif hâtera, la décomposition de ces pierres qui sont mortes à l’intérieur, comme disent les tailleurs de pierre picards. De même quelques pierres dures se décomposent aussi plus facilement lorsqu’on les retaille longtemps après leur emploi : le liais, le cliquart ne retrouvent jamais la croûte métallique de leur premier parement. On peut donc affirmer en principe général que c’est hâter la décomposition des vieux parements que de les retailler.

Ainsi, la Commission du Vieux Paris ne pouvait mieux faire que de s’inspirer du souci de Colbert quant à la conservation de nos monuments ; il résulte, en effet, un enseignement vraiment précieux du procès-verbal de l’enquête qu’il ordonna à cet égard. Indiquer le sort des édifices, l’état présent des uns, le lieu où se sont réfugiés les débris des autres, nous parait un complément d’inventaire suffisant, aujourd’hui que les compilations et les redites ont fait leur temps.

Signé : Charles Sellier. »

M. le Président remercie, au nom de la Commission, M. Ch. Sellier de l’analyse si complète et si intéressante dont il a bien voulu se charger, puis il rend compte des travaux et des projets de vœux élaborés par les sous-commissions :

1re Sous-commission.

Communication de la liste des monuments historiques classés du département de la Seine.

Arcueil, maison de la Renaissance.

Bagneux, église.

Boulogne, église.

Charenton, pavillon d’Antoine de Navarre (aujourd’hui hôtel de ville).

Nogent-sur-Marne, clocher de l’église.

Paris :

Arc de triomphe du Carrousel (P. E.).

Cathédrale Notre-Dame.

Chapelle de l’ancien collège de Beauvais.

Cloître des Carmes-Billettes.

Colonne de l’ancien hôtel de Soissons.

Église Saint-Étienne-du-Mont.

Église Saint-Eustache.

Église Saint-Germain-l’Auxerrois.

Église Saint-Germain-des-Prés.

Église Saint-Germain-de-Charonne.

Église Saint-Gervais.

Église Saint Julien-le-Pauvre.

Église Saint-Merry.

Église Saint-Nicolas-du-Chardonnet.

Église Saint-Nicolas-des-Champs.

Église Saint-Paul-Saint-Louis.

Église Saint-Pierre-de-Montmartre.

Église Saint-Séverin et ancien charnier.

Église de la Sorbonne.

Église de la Visitation.

Église, réfectoire et restes de l’enceinte de l’ancien prieuré de Saint-Martin-des-Champs (au Conservatoire des arts et métiers) (P. E.).

Façade du château d’Anet à l’École des beaux-arts (P. E.).

Façades du ministère

Façades du ministère de la Justice et de l’hôtel du gouverneur militaire de Paris, place Vendôme (P. E.).

Fontaine de la rue de Grenelle.

Fontaine de Médicis (P. E.).

Fontaine des Innocents.

Galerie Mazarine à la Bibliothèque nationale (P. E.).

Hôtel de Beauvais, rue François-Miron, 68 (P. p.).

Hôtel de Béthune-Sully, rue Saint-Antoine (P. p.).

Hôtel de Cluny (P. E.).

Hôtel de Furstemberg, ancien palais abbatial de Saint-Germain-des-Prés, rue de l’Abbaye, 3 (P. p.).

Hôtel des Invalides (P. p.).

Hôtel de Soubise (palais des Archives nationales) (P. E.).

Hôtel Carnavalet, rue de Se vigne (aujourd’hui Musée municipal).

Hôtel Lambert, rue Saint-Louis-en-l’Ile (P.E.).

Hôtel, rue de Braque, 4 et 6 (P. p).

Hôtel, rue des Francs-Bourgeois, 30 (P. p. ).

Hôtel, rue des Francs-Bourgeois, 31 (P. p.).

Maison, place Royale, 14 (P. p.).

Ministère de la Marine et ancien Garde- meuble (P. E.).

Palais de l’Institut (P. E.).

Palais de Justice (P. E.).

Palais du Louvre (P. E.).

Palais du Luxembourg (P. E,).

Pont-Marie.

Pont-Neuf.

Porte Saint-Denis (P. E.).

Porte Saint-Martin (P. E.).

Porte de l’ancien hôtel de Clisson, rue du Chaume (P. E.).

Portique du château de Gaillon à l’École des beaux-arts (P. E.).

Restes de l’enceinte de Philippe-Auguste.

Restes de l’hôtel de La Trémoille, à Paris, à l’École des beaux-arts (P. E.).

Restes du collège des Bernardins, rue de Poissy (aujourd’hui caserne de sapeurs-pompiers).

Sainte-Chapelle (P. E.).

Tour de l’ancien hôtel des ducs de Bourgogne, dite de Jean-sans-Peur, rue Étienne-Marcel.

Tour et réfectoire de l’ancienne abbaye de Sainte-Geneviève (au lycée Henri IV) (P. E).

Tour Saint-Jacques-la-Boucherie.

Tourelle d’une maison rue Vieille-du-Temple, 54, à l’angle de la rue des Francs-Bourgeois (P. p.).

Val-de-Grâce.

Puteaux, vitraux de l’église.

Saint-Denis, église abbatiale.

Vincennes, Château et Sainte-Chapelle.

Vitry, église.


M. le Président fait remarquer combien cette liste est incomplète : il compte sur le zèle des membres de la 1re Sous-commission pour signaler à la vigilance des pouvoirs publics les lacunes si nombreuses qu’elle présente.


Établissement d’un modèle uniforme d’une fiche d’inventaire.


La lre Sous-commission avait préparé un modèle de fiche, mais, en raison de la communication de M. Ch. Normand offrant de soumettre le modèle de la Société des amis des monuments, il est décidé de surseoir au choix définitif.


Confection des fiches.


La Commission adopte le vœu présenté par la 1re Sous-commission de faire opérer le dépouillement des auteurs, sur les fiches, par une personne qualifiée pour ce travail, prise en dehors de la Commission, et rémunérée spécialement ; cette personne dépendra de la Commission.


Inventaire du musée Carnavalet, pour l’année 1900. — Fusion des inventaires des musées.


Il est demandé de faire presser l’établissement de l’inventaire complet du musée Carnavalet, de manière à en avoir l’impression pour 1900.

Adopté.

La Commission adopte ensuite le principe de la réunion dans un même document de la nomenclature des objets intéressant l’histoire de la ville de Paris, et qui se trouvent disséminés dans des musées différents appartenant à l’État.

Ce travail serait fait par un auxiliaire choisi par la Commission.

M. Montorgueil dit qu’il serait bon de faire un appel aux habitants de la ville de Paris pour signaler les curiosités encore inconnues.

M. Victorien Sardou ajoute qu’il existe certainement des maisons possédant des vestiges importants et intéressants du temps passé, et qu’il serait nécessaire de stimuler les propriétaires indifférents.

Ces propositions sont adoptées et la Commission fait appel au concours de la presse, qui s’est montrée si favorable à ses travaux, pour en hâter la réalisation.


Sculptures de la cour de l’École des beaux-arts.


M. le Président donne lecture de la nomenclature ci-dessous transmise par M. Jules Guiffrey et relative aux sculptures de l’École des beaux-arts qui présentent un intérêt parisien :

« Monuments ayant fait partie du Musée des monuments français provenant d’anciens édifices parisiens qui se trouvaient encore à l’École des beaux-arts en 1890.

Deux pilastres corinthiens entourant la mosaïque provenant du tombeau de de Thou à Saint-André-des-Arts.

Cuve baptismale de 1542, provenant de Saint-Victor.

Fragments de la chapelle des Commines aux Grands-Augustins.

Fragments de la grande chapelle de Saint-Germain-des-Prés.

Vierge entourée de priants, petit bas-relief dans un cadre, avec inscription provenant du cimetière des Innocents.

Amende honorable, bas-relief provenant des Grands-Augustins (publié par Guilhermy).

15 ou 20 chapiteaux de Saint-Côme, de Sainte-Geneviève-des-Célestins.

Lions provenant du tombeau de Souvré à Saint-Jean-de-Latran.

Trois tombes venant de l’abbaye de Sainte-Geneviève.

Colonnette gothique, avec chapiteau de feuillage, provenant de Saint-Germain-des-Prés.

Petites figures, fronton, écu soutenu par deux écureuils, provenant du cimetière des Innocents.

Dans le jardin :

Une des cariatides de la chaire des Grands-Augustins, par G. Pison (à peine reconnaissable).

Aigle en marbre turquin, du tombeau des Boullenois aux Grands-Carmes.

Tête d’aigle du pont ’d'Iéna brisée à l’entrée des alliés en 1814.

Branches de cyprès du tombeau de la princesse de Conti, à Saint-André-des-Arts.

Tête de moine, cul-de-lampe venant de Saint-Côme.

Plusieurs mascarons en pierre, clefs de voûte des anciennes maisons du Pont-au-Change.

Deux grandes figures du tombeau de Pomponne de Bellièvre à Saint-Germain-l’Auxerrois.

Grand bas-relief de Vincennes en marbre, à l’occasion de la paix sous Louis XIV, par Auguier.

Deux figures adossées de la chapelle de de Thou, à Saint-André-des-Arts.

Grande couronne ovale avec tête de Méduse, provenant d’une cheminée de l’hôtel d’O.

Quatre têtes de lion, des Blancs-Manteaux.

Fragment de la balustrade de la chapelle de la Vierge, à Saint-Germain-des-Prés.

Deux génies en pleurs, de l’église Saint-Paul.

Écusson soutenu par deux génies et autres fragments provenant de la chapelle des Commines, aux Grands-Augustins.

Etc., etc. ».

M. le Président adresse à M. Guiffrey les remerciements de la Commission pour son intéressante communication.

M. Edgar Mareuse dit que l’École des beaux-arts pourrait au moins mettre à l’abri celles de ces sculptures qui sont exposées à l’intempérie des saisons.

M. Victorien Sardou signale, dans ce sens, la célèbre Amende honorable qui, exposée à la pluie, commencé à se détériorer notablement.

M. Formigé propose qu’une lettre, signalant cet état de choses, soit écrite par M. le Préfet de la Seine à M. le Directeur des Beaux-arts.

Cette proposition est adoptée, et M. Brown, inspecteur des Beaux-arts de la Ville de Paris, est prié de faire le nécessaire.


Visite des pierres sculptées provenant des restaurations de l’église Notre-Dame.


M. le Président dit qu’à la suite d’une visite faite par la lre Sous-commission dans le jardin situé derrière l’abside de Notre-Dame et contenant des fragments de sculpture intéressants ainsi que des vestiges très parisiens, M. Charles Lucas a rédigé le rapport suivant:

« Le mercredi 30 mars 1898, une Commission spéciale, composée de MM. Alfred Lamouroux, vice-président de la Commission plénière; Jules périn et Charles Lucas, vice-présidents des lre et 2e Sous-commissions ; Georges Cain, secrétaire de la 3e Sous-commission, conservateur des collections historiques de la Ville de Paris; Lambeau, Ch. Sellier et Tesson, secrétaires de la Commission plénière, a examiné, sous la conduite de M. Selmersheim, inspecteur général des Monuments historiques, architecte de la cathédrale Notre-Dame de Paris, les nombreux fragments d’architecture et de sculpture conservés dans le jardin entourant l’abside de cette église.

Ces fragments proviennent tous de différentes parties de l’ancienne basilique et n’ont pu, à cause de leur état de mutilation ou de dégradation partielle, être conservés ou remis en leur place primitive lors du grand travail de complète restauration qu’a dirigé, notamment de 1850 à 1875, l’éminent architecte Viollet-le-Duc.

En revanche, ce maître es œuvres a tenu à garder ces fragments au pied même de l’abside de la basilique afin de les faire servir de témoins irréfutables de la scrupuleuse conscience qui l’a guidé dans les travaux de restauration de Notre-Dame, et c’est pourquoi, jusqu’à présent, quinze seulement de ces fragments ont été, sur la demande de la direction des Beaux-arts, distraits de l’ensemble pour entrer dans les salles du moyen âge du département de la Sculpture française au musée national du Louvre.

Cependant, malgré leur état de détérioration, tous ces morceaux d’architecture et de sculpture, dont quelques-uns datent du 11e siècle et proviennent de l’ancienne église Saint-Étienne, tandis que la plupart, datant seulement des 12e et 13e siècles, proviennent de la basilique actuelle, présentent, outre leur grand intérêt au point de vue du développement de l’art en France pendant la plus belle période du moyen âge, un intérêt non moins considérable, primordial même, au point de vue de l’histoire de Paris.

C’est ainsi que des inscriptions, des bas-reliefs et des ornements de corniche s’y rencontrent avec de puissants motifs d’architecture, gargouilles et couronnements de pinacles ou de dais ; mais un certain nombre de ces fragments d’architecture et de sculpture semblent, par leur analogie, offrir ce que l’on peut appeler des doubles et, comme tels, ne paraissent pas tous indispensables à la justification des admirables travaux de restauration qui font la gloire de Viollet-le-Duc.

Dans ces circonstances, la Commission spéciale a pensé qu’il appartenait à M. le Préfet de la Seine, président de la Commission plénière du Vieux Paris qu’il a créée, d’adresser une demande à M. le Ministre compétent[1] pour obtenir de la direction des Cultes qu’un certain nombre de ces fragments d’architecture et de sculpture, choisis autant que possible de façon à représenter toutes les époques différentes de transformation de Notre Dame, et provenant surtout des motifs en plusieurs exemplaires, soient — après un nouvel examen fait de concert entre MM. Selmersheim et Georges Cain — distraits de leur place actuelle et transportés au musée Carnavalet, sous les portiques encadrant le jardin de ce musée.

Là, ces témoins de l’école d’art vraiment nationale de l’Ile-de-France et ces inscriptions essentiellement parisiennes prendraient place à côté d’œuvres de même genre, entre des monuments de l’époque romaine et des monuments de la Renaissance, tous provenant également d’anciens édifices ayant fait la splendeur de Paris aux diverses époques de son histoire.

La Commission a pensé de plus que si, comme elle n’en veut pas douter, M. le Préfet peut obtenir du Gouvernement la cession d’un certain nombre de ces précieux morceaux artistiques, les remarquables parties d’ornementation architecturale qui s’y rencontrent pourraient être signalées au service de l’enseignement du dessin dans les écoles de la Ville et du Département afin que des moulages en soient pris et viennent augmenter la collection encore peu nombreuse des modèles d’ornementation du moyen âge mis sous les yeux des élèves de ces écoles.

Paris, 3 avril 1898.

Signé : Charles Lucas. »

M. le Président propose à la Commission de prendre une délibération conforme aux considérations émises dans ce rapport et d’inviter M. le Préfet à faire les démarches nécessaires auprès de M. le Ministre de la Justice et des Cultes pour obtenir la cession, pour le musée Carnavalet, d’un certain nombre des morceaux artistiques déposés au pied même de l’abside de Notre-Dame, dont le rôle a été si considérable dans l’histoire de notre capitale.

Il ajoute que ces fragments seraient choisis d’un commun accord entre le conservateur du musée Carnavalet, assisté de notre collègue M. Formigé, et l’éminent architecte M. Selmersheim.

Des moulages exécutés par les soins de la Ville de Paris seraient mis à la disposition des écoles de dessin de la Ville.

Ces propositions sont adoptées.

M. le Président rend compte des excursions faites par la 1re Sous-commission pendant le mois dernier :

Le 19 mars : Visite de l’hôtel dit de Lebrun, 59, rue du Cardinal-Lemoine.

Une vue de cet hôtel sera demandée à la 3e Sous-commission.

Rue d’Arras, 9. — Mur de l’enceinte de Philippe-Auguste, d’une belle conservation. La lettre de M. Noviant, dont il a été donné connaissance à la lecture de la correspondance, contient des données intéressantes sur ce vestige.

Rue des Chantiers, 7 (Cercle des ouvriers maçons et tailleurs de pierre). — Une plaque de marbre très intéressante est signalée à la 3e Sous-commission pour la reproduction. Elle contient l’indication d’une portion de l’enceinte de Philippe-Auguste, avec deux tourelles, et, de ce fait, constitue un document utile.

L’on voit encore deux corbeaux en pierre soutenant un auvent, qui proviennent des tourelles.

Ce 30 mars, après la visite des pierres provenant des réparations de Notre-Dame, la 1re Sous-commission a visité le bâtiment encore existant de l’ancien Hôtel-Dieu. Tout d’abord l’ancienne salle des morts, voûtée, d’un aspect des plus lugubres, avec ses murs noirs, maintenant qu’elle sert de magasin de cercueils. Cette salle était au rez-de-chaussée avant l’exhaussement du sol de la rue de la Bûcherie, causé par la construction du quai.

L’on voit encore les grilles en fer qui y donnaient accès. Aujourd’hui elle surmonte un sous-sol, muré complètement, qui ne prend air que par un très curieux soupirail pris dans une marche séparant cette salle des morts en deux, dans le sens de la largeur.

Une légende, qui ne s’appuie sur aucun fait historique, dit que ce sous-sol recevait dans leur dernier voyage les condamnés que l’on conduisait à la place de Grève, pour y entendre la messe. Autrefois, au fond de cette salle des morts, il existait un vieil autel en bois, orné de flambeaux également en bois. Il ne reste plus qu’un cadre avec un christ en bois sculpté que la Commission signale afin d’en obtenir, de l’Administration de l’Assistance publique, le don à l’hôtel Carnavalet.

Au-dessus de la vieille salle des morts se trouve la salle dite des bienfaiteurs, contenant les statues en plâtre de saint Landry, saint Louis et Henri IV.

De grands cadres menacés de destruction contiennent les noms des généreux bienfaiteurs de l’Hôtel-Dieu et les ordonnances ayant attribué des droits à cet hôpital.

Un tableau contient la poésie célèbre que Gilbert aurait écrite sur son lit de souffrance à l’Hôtel-Dieu huit jours avant sa mort.

Saint-Julien-le-Pauvre. — Ce monument est en bon état d’entretien. Dans la cour du 14 de la rue Saint-Julien-le-Pauvre, et appartenant à l’Administration de l’Assistance publique, se trouvent la margelle et la grille curieuse d’un vieux puits comblé. La Commission décide de solliciter le don de ces curieux vestiges au musée Carnavalet.

Rue Galande, 50 et 46. — Curieuses cages d’escalier triangulaires, signalées à la 3e Sous-commission pour reproduction.

Rue Galande, 42. — Maison de reconstruction récente, sur la façade de laquelle se voit la vieille enseigne en ronde bosse dite « de Saint-Julien-le-Pauvre ».

Rue Galande, 57. — Dans la première cour, bâtiment à droite, très curieuses fenêtres biaises d’un bel ouvrage de menuiserie. L’escalier en fer forgé est remarquable.

Au 2e étage subsiste un appartement Louis XIV, caractérisé par une cheminée de marbre et une alcôve et les plaques de cheminée fin Louis XIII.

D’une fenêtre de cet appartement l’on aperçoit le derrière d’une intéressante maison Louis XVI, située rue Saint-Jacques, 21, avec bandeaux de fenêtres de belle allure.

Au fond de la cour, à droite, très curieux escalier en fer forgé d’une pureté et d’une légèreté de lignes très remarquables.

À l’étage supérieur, les balustres en bois de l’escalier d’origine subsistent encore.

Enfin, le bâtiment du milieu est occupé au rez-de-chaussée par le « Château Rouge », cabaret qui a hérité de la renommée de certains débits de boissons de l’ancienne Cité.

Rue Saint-Julien-le-Pauvre, 14. — Ancien hôtel de la première moitié du 17e siècle, que Tondit avoir été la résidence du lieutenant de police du petit Châtelet.

L’on remarque d’abord la porte monumentale surmontée d’un fronton dans lequel est représentée la Justice. L’escalier en fer forgé est intéressant par le départ et l’enclosure de la rampe.

Les volets à petits compartiments, le profil des moulures ainsi que la saillie très prononcée du soubassement des fenêtres, marquent bien l’époque de la construction de cet hôtel, qui possède aussi quelques fenêtres anciennes.

M. Charles Lucas dit que les balustres qui existent rue Galande, et qui vont disparaître par la démolition, datent de Louis XIII et de la minorité de Louis XIV ; ce sont des spécimens intéressants du travail du bois. Si l’on pouvait s’en procurer quelques-uns, l’on formerait le noyau d’une collection des types de balustres sur laquelle l’on pourrait attirer l’attention des personnes qui enseignent le dessin. Les écoles professionnelles spéciales trouveraient aussi là de précieux documents de l’art purement français de l’habitation au 17e siècle, supérieurs à tous égards aux médiocres types italiens que répètent, depuis deux siècles, les ouvrages dits le Vignole des constructeurs.

Ces modèles ont répondu aux sentiments et à l’âme de nos pères, lorsqu’ils construisaient leurs demeures ; ils sont d’un art exclusivement français, qui les rend plus précieux.

Il en est de même de la rampe en fer du 57 de la rue Galande, inutilisable après son démontage, mais dont le dessin serait profitable à l’enseignement.

Ces divers objets n’auront aucune valeur dans la démolition ; il serait facile d’en faire l’acquisition.

M. Bruman dit que cette communication sera adressée à la Commission des écoles, qui pourra s’intéresser à la suite à donner.

M. le Président donne connaissance de l’extrait du procès-verbal de la réunion tenue le 8 mars 1898 par la Société des amis des monuments parisiens et relatif à la conservation de l’hôtel de Lauzun.

Ce procès-verbal est ainsi conçu :

« Extrait du procès-verbal de la réunion du 8 mars 1898. Société des amis des monuments parisiens.

Cet hôtel élevé entre 1650 et 1660, habité successivement par Lauzun, la famille Pimadan, Roger de Beauvoir et en dernier lieu par le baron Pichon, présente à l’intérieur un ensemble admirable d’ornementation telle qu’elle était en faveur au commencement du règne de Louis XIV. C’est un spécimen unique en ce genre de la décoration des appartements de grand luxe vers cette époque ; donc l’intérêt est considérable de cet hôtel et la Société des amis des monuments parisiens se devait d’appeler, sur un édifice aussi remarquable, les sympathies effectives et la sauvegarde que pleinement il mérite.

Signé : Juglar, membre de l’Institut, président ; Normand, membre de l’Institut ; Hoffbauer, Auge de Lassus, Ch. Sellier, Le Baron, Arthur Rhône, André Laugier. »

M. Auge de Lassus pense que la Ville de Paris ne peut pas se désintéresser de la question de l’hôtel de Lauzun, aussi bien en raison de son caractère artistique que des souvenirs littéraires qu’il invoque. Il a en effet été habité par Théophile Gautier, Baudelaire, Roger de Beauvoir.

Il représente une valeur architectonique bien définie. L’extérieur, il est vrai, n’est pas d’un intérêt de beaucoup supérieur à ceux des autres hôtels du 17e siècle, mais l’intérieur, qui date de 1650 à 1660, offre un ensemble de décoration artistique absolument, beau et complet et d’une magnificence extraordinaire.

Il est bien supérieur à l’hôtel Lambert, dont les peintures ont été dispersées.

Au point de vue artistique cet hôtel, ajoute M. Auge de Lassus, représente une valeur d’art considérable, il renferme un ensemble fastueux de décorations dans le style de Louis XIII et de Louis XIV qui est absolument unique et que l’on chercherait vainement ailleurs.

Il ne craint pas d’affirmer qu’il n’y a rien de pareil en France.

Il croit savoir que la famille de M. le baron Pichon serait heureuse de trouver un acquéreur qui pourrait en même temps être le conservateur et le sauveteur de cet immeuble, et il affirme qu’elle serait toute disposée à traiter avec la Ville de Paris au moyen d’annuités dont le taux serait à débattre.

Il signale que plusieurs demandes ont déjà été faites tendant à l’acquisition des boiseries et des peintures, qui seraient enlevées et revendues aux collectionneurs.

L’éparpillement de ces richesses serait, ajoute M. Auge de Lassus, un véritable acte de vandalisme, car l’on ne saurait rien enlever ni déplacer sans dévaster ; il faut remarquer que les peintures des plafonds sont faites à même le plâtre ; l’intérêt et la valeur d’art de cet hôtel résident dans son ensemble extraordinairement intact.

Il y a donc un véritable intérêt national et parisien à sauver de la destruction ce monument incomparable.

La Ville, d’ailleurs, ne serait pas en peine pour lui trouver une affectation, ne serait-ce qu’en le louant, et en imposant des servitudes très sévères en ce qui concerne l’aménagement intérieur.

D’importantes propositions de location ont déjà été faites à la famille pour la partie riche de cet hôtel.

Les vieux logis parisiens, ajoute le même orateur, tombent et disparaissent les uns après les autres, hier encore c’était un hôtel de la rue des Archives, puis une maison galante du plus grand intérêt située boulevard Montparnasse, et aussi l’hôtel Beauvau. Ce sont des désastres, mais ce n’est pas notre faute ; nous n’étions pas là ; nous n’y pouvions rien. Aujourd’hui, nous demandons instamment que l’on conserve cet hôtel qui est célèbre, qui ne se trouve sur le tracé d’aucun percement — en un mot, qui ne demande qu’à vivre. Il estime que pour une trentaine de mille francs par an, pendant plusieurs années, la Ville pourrait, se rendre acquéreur de ce précieux spécimen des grands hôtels du xviie siècle. Ce serait, ajoute t-il en terminant, un don de joyeux avènement pour la Commission du Vieux Paris.

M. Charles Lucas appuie les conclusions de M. Auge de Lassus pour ce qui est de l’acquisition de l’hôtel ; il estime que le terrain seul peut représenter, pour la Ville de Paris, une valeur d’environ 200,000 francs, d’autant plus que ce terrain peut être nécessaire un jour pour l’agrandissement de l’école communale qui est mitoyenne à l’hôtel Lauzun. Dans ce cas, les peintures et les boiseries de cet hôtel pourraient servira la décoration des nouvelles salles à créer rue de Se vigne, 25, pour l’achèvement du musée Carnavalet, ou rue de Sévigné, 29, pour le complément de la Bibliothèque historique.

Après un échange d’observations sur l’affectation que l’on pourrait donner à cet hôtel, au cas où il deviendrait propriété municipale, la Commission émet, à l’unanimité, le vœu que son acquisition en soit faite par la Ville de Paris.

La Commission vote également que l’hôtel, s’il est acquis, sera conservé dans son état actuel.

La Commission décide, en outre, d’inviter l’Administration préfectorale à présenter un mémoire dans ce sens au Conseil municipal.

M. le Président reprend la suite du compte rendu des travaux et des projets de vœux élaborés par les Sous-commissions :

2e sous-commission.
Dérivation des égouts des quais.

M. le Président propose à la Commission, en ce qui concerne la dérivation des égouts des quais, pour le prolongement de la ligne d’Orléans, de ne faire le rapport d’ensemble sur cette opération que lorsque les travaux seront plus avancés.

Adopté.

Pierres provenant du mur découvert à la pointe de la Cité.

Les inscriptions provenant des pierres du mur de la Cité ont été déposées au musée Carnavalet.

Cercueils découverts rue des Prêtres-Saint-Germain-l’Auxerrois.

Les parties intéressantes de ces cercueils ont été également transportées au musée Carnavalet.

Suit la teneur du procès-verbal des fouilles supplémentaires faites rue des Prêtres-Saint-Germain-l’Auxerrois :

« L’an mil huit cent quatre-vingt-dix-huit, le 7 mars,

Nous, soussigné, conducteur principal des travaux du Service municipal, chef du service de la 1re circonscription (1er, 3e et 4e quartiers) du 1er arrondissement,

En exécution d’une demande faite par M. le docteur Lamouroux, conseiller municipal, vice-président de la Commission du Vieux Paris, et par MM. les membres de cette Commission, nous avons élargi du côté de l’entrée latérale de l’église Saint-Germain-l’Auxerrois la fouille qui avait été ouverte précédemment pour construire un égout public dans la partie de la rue des Prêtres-Saint-Germain-l’Auxerrois comprise entre la place de l’École et la rue du Louvre.

Nous avons mis à découvert un certain nombre de sarcophages anciens en plâtre, dont le fonds reposait à une profondeur de 1 m. 70 c. environ au-dessous du niveau supérieur du pavage de la rue (voir le plan ci-joint).

D’après la demande qui nous a été faite par M. le vice-président de la Commission du Vieux Paris, nous avons détaché des sarcophages les têtes A, B-B, D, E, F et G indiquées sur notre plan, et présentant divers dessins qui permettront à la Commission d’attribuer à ces sépultures une antiquité incontestable. Soit huit parties que nous envoyons au musée Carnavalet.

En fouillant dans le tombeau (A), nous avons trouvé un fragment certain de poterie mérovingienne, et dans d’autres nous avons trouvé deux vases funéraires munis d’une anse, percés de trous et décorés de flammules rouges, que nous envoyons à ce même musée.

L’extraction de toutes ces pièces et leur envoi au musée Carnavalet ont été faits en présence du soussigné, et de MM. Soulat et Lambert, piqueurs adjoints au conducteur principal chef de service, et de MM. Dufour et Guillaume, surveillants des travaux de la Ville de Paris, lesquels ont signé avec nous le présent procès-verbal après que lecture leur en a été faite.

Signé : Masson, conducteur principal chargé de la 1re circonscription, Soulat, Lambert, Dufour, Guillaume. »


Ancien cimetière Saint-Nicolas.


Les fouilles opérées rue Chapon, 27, au coin de la rue Beaubourg, ont fait découvrir une quantité d’ossements humains, déposés en fosse commune. On a reconnu immédiatement qu’il s’agissait de l’ancien cimetière Saint-Nicolas-des-Çhamps.


Travaux de l’église Saint-Pierre de Montmartre.


Les travaux exécutés sous la direction de MM. Sauvageot et Vaudremer ont donné lieu aux rapports suivants de ces architectes :


« Rapport de M. Varchitecte Vaudremer.


Conformément aux instructions de l’Administration, nous avons procédé à l’examen des travaux de fouilles et sondages exécutés à Saint-Pierre de Montmartre par M. l’architecte Sauvageot.

Il s’agissait d’étudier les diverses parties de l’édifice au point de vue solidité et aussi de rechercher les dispositions primitives disparues ou modifiées à certaines époques.

Ce travail préliminaire, qui doit servir de base à un projet de conservation de l’ancien édifice, a été conduit par M. Sauvageot avec le soin scrupuleux et la compétence que nous lui connaissons.

À l’extérieur, les fouilles ont permis de reconnaître les anciennes fondations de l’angle des pignons des transepts nord et sud, la trace de l’escalier en tourelle, aujourd’hui disparu, donnant accès au clocher et les fondations de plusieurs des contreforts épaulant l’abside et les deux petites chapelles absidales.

En outre, une ancienne fenêtre située dans l’axe de la première travée du bas-côté nord a été débouchée. Cette baie plein cintre fixe la disposition primitive des baies des autres travées.

À l’extérieur, des sondages permettant de fixer la naissance des anciennes voûtes d’arête des bas-côtés, celle de l’ancienne voûte romane de la croisée et des voûtes primitives de la nef.

Pour le chœur, on possède tous les éléments nécessaires à sa restauration.

Relativement à la nef, dont les dispositions anciennes lui sont connues, M, Sauvageot se réserve d’en faire l’objet d’un rapport spécial qu’il soumettra à l’Administration,

Les explications données sur place par M. Sauvageot nous ont paru absolument concluantes ; aussi, l’avons-nous prié de les résumer dans une note que nous nous proposions de transmettre à l’Administration.

M. Sauvageot a fait mieux ; il nous a remis l’exposé très complet et très circonstancié de ses recherches et des conclusions qu’il en tire.

Nous ne pouvons faire mieux que de transmettre à, l’Administration cette intéressante communication.

Paris, le 28 mars 1898.

Signé : Vaudremer. »


« Rapport de M. l’architecte Sauvageot.


Les fouilles et sondages qui viennent d’être opérés à l’église Saint-Pierre, à Montmartre, avaient pour but : 1° de reconnaître l’état actuel de plusieurs parties de l’édifice, au point de vue de leur solidité ; 2° de rechercher les traces ou indications des anciennes dispositions du monument qui ont disparu ou ont été modifiées à diverses époques.

La fouille n° 1 du plan ci-annexé a mis à nu les fondations du chevet du chœur et de l’un des contreforts de l’abside principale.

Au-dessus de deux assises portant glacis, actuellement enterrées, ces fondations se composent de trois assises de pierre dure bien appareillée, reposant, avec de forts empattements, sur une bonne maçonnerie de moellons hourdés en plâtre, laquelle descend à 3 m. 50 c. au-dessous du sol actuel. Le fond sur lequel ces fondations sont construites est un excellent sable jaune.

De l’examen de cette partie de l’édifice, il résulte que le chevet du chœur est établi sur des substructions très puissantes, luxueuses même et en parfait état de conservation. La disposition des glacis en pierre et des divers empattements tournant, dès le pied, autour du chevet et des éperons de l’abside montre que ces contreforts datent évidemment de l’origine de la construction de l’abside, et avec toute leur saillie actuelle. L’enterrement de plusieurs des glacis de soubassement du chevet indique d’une manière certaine que le sol a été exhaussé d’environ 0 m. 70 c. à cet endroit.

Les fouillés n-os 2 et 3 ont mis à découvert les fondations des deux petites chapelles absidales. Le pied des substructions de ces absidales se trouve à 1 m. 40 c. au-dessus du fond des fondations du, chevet.

Au-dessous du soubassement des chapelles les fondations se composent d’une seule assise en pierre d’appareil, reposant sur une maçonnerie de moellons hourdis en mortier de chaux. Ces fondations, établies également sur fond de sable jaune, sont aussi en parfait état de conservation ; elles sont, du reste, plus que suffisantes pour la charge minime qu’elles ont à supporter. — L’emploi du mortier dans la maçonnerie des substructions des deux chapelles indique l’existence de celles-ci antérieurement aux fondations de l’abside principale. Cependant, dans les contreforts des deux chapelles, on remarque que la maçonnerie de moellons est hourdée en plâtre, ce qui montre bien que la saillie des petits contreforts primitifs a été augmentée postérieurement à la construction des absidales.

Le caractère de ces contreforts, en élévation, semblait d’ailleurs suffisamment l’indiquer.

La fouille n° 4 montre la fondation en moellons de l’ancien pignon du transept sud, et aussi le soubassement en pierre d’un des éperons d’angle dudit transept, dont la saillie sur les bas-côtés se trouve ainsi exactement déterminée. Le pignon du transept actuel, refait en 1894, est placé à 0 m. 90 c. en arrière du parement du pignon ancien.

Les fondations du pignon primitif et de l’éperon découverts sont en très bon état de solidité; elles sont hourdées en plâtre, ce qui semble indiquer qu’elles sont contemporaines du chevet circulaire du chœur.

La fouille n° 5 a mis à découvert les fondations du pignon du transept nord, d’un éperon d’angle de ce , transept, et aussi le soubassement en pierre de la tourelle d’escalier du clocher du 12e siècle, lequel était placé à gauche du chœur comme le sont, à cette époque, la plupart des clochers des églises de l’Ile de France, surtout dans les églises abbatiales. La position du pignon du transept nord et de l’escalier du clocher est ainsi fixée d’une manière absolue. Il est à remarquer que les fondations de ce transept et de la tourelle d’escalier sont hourdées en mortier de chaux ; ce qui paraît indiquer leur construction à la même époque que les deux chapelles absidales.

Le transept nord serait antérieur au transept sud.

L’ensemble de ces cinq fouilles a permis de constater que les fondations de tout le chœur de l’église Saint-Pierre sont établies dans les meilleures conditions et qu’elles sont encore en excellent état de conservation et de solidité.

En outre de ces fouilles, de nombreux sondages faits dans la nef et les bas-côtés ont mis à jour d’importants éléments cachés, d’après lesquels les dispositions de cette partie du monument se trouvent clairement déterminées aujourd’hui.

Tout d’abord j’ai fait déboucher une ancienne fenêtre du bas-côté nord (en A du plan), située dans l’axe de la première travée de la nef. Cette fenêtre, en plein cintre, existe à l’état complet au dedans et au dehors. Comme dans les fenêtres des chapelles absidales, son ébrasement est dépourvu de feuillures ; le profil du bandeau d’archivolte est identique à celui des fenêtres des chapelles du chœur. À l’extérieur, la fenêtre du bas-côté est, du reste, encore surmontée de plusieurs des corbeaux de la corniche primitive.

Sauf la tablette de cette corniche, qui manque ici, toute l’ordonnance ancienne de la façade latérale des bas-cotés est donc complète dans cette travée. La position de cette fenêtre, placée dans l’axe de la grande arcade de la nef, exclut, naturellement, toute possibilité de la subdivision supposée des arcades de cette nef par des petites piles intermédiaires.

Les sondages faits en B et en C, au-dessus des arcs de la nef, montrent l’amorce des anciennes voûtes d’arête, sur plan barlong, qui couvraient autrefois les bas-côtés, et qui ont été remplacées par le plafond actuel.

Un autre sondage fait en D, au-dessus du former et supérieur, montre également l’amorce de l’ancienne grande voûte romane de la croisée placée plus bas que la voûte actuelle, construite en cet endroit au 16e siècle.

Dans toutes les travées de la nef on remarque que les chapiteaux anciens portant les arcs doubleaux et les arcs diagonaux de la voûte romane ont été bûches sur une des colonnes en E du plan, la sculpture du Chapiteau de l’arc diagonal est encore très apparente.

Au dehors, la corniche romane supérieure de la nef se continue au droit des transepts nord et sud. Le comble des deux transepts avait donc nécessairement son sommet au-dessous de cette corniche. Sur la façade nord, en E, on voit encore, du reste, le salin en plâtre suivant la pente du comble du transept, dont le pied arrive au niveau du dessus de la corniche du chœur. La hauteur des transepts se trouve ainsi fixée d’une manière certaine.

Quant à l’ancienne façade occidentale de l’église Saint-Pierre, il n’en reste plus que le parement intérieur, avec ses formerets et une grande baie ogivale, placée dans l’axe du pignon. Tout l’extérieur a disparu-et a été remplacé, au 18e siècle, par le placage actuel.

En dernier lieu, j’ai constaté l’existence d’un grand caniveau en pierre, allant de G en H, destiné évidemment à recueillir les eaux du versant du comble de la chapelle sud le long du mur du chœur. Le peu d’épaisseur de la voûte d’arête en moellons de cette chapelle (0 m. 18 c. à 0 m. 20 c. d’épaisseur seulement) ne permet guère,, de supposer que cette voûte ait été recouverte par un lourd dallage en pierre. J’ai oublié dé dire, plus haut, que plusieurs des corbeaux mutilés de la corniche de la chapelle sud sont encore en place, et que j’ai trouvé,, déposé à terre, un morceau-de la tablette de corniche que supportaient ces corbeaux.

En résumé, pour le chœur, tous les éléments anciens de la construction existent, sauf pour l’élévation du clocher, au-dessus de l’étage inférieur encore en place, mais très malade. Peut-être trouvera-t-on des fragments de l’élévation du clocher et des pignons des transepts lors des démolitions à faire en de nombreux endroits? Quant à la nef, il me semble bien qu’on est fixé à présent sur la disposition ancienne de toutes ses parties, ce que je me réserve de développer ultérieurement dans un rapport spécial.

Signé : Sauvageot. »

La Commission décide que des remerciements seront envoyés à MM. Vaudremer et Sauvageot pour leurs, très intéressants rapports.

3e Sous-commission.

M. Édouard Detaille, au nom de la 3e Sous-commission, présente les reproductions suivantes d’aspects et de monuments de Paris votées dans les précédentes séances et dont l’exécution a été assurée par les soins de M. G. Cain, conservateur du musée Carnavalet :

Prison de Mazas, 14 épreuves photographiques.

Caserne d’Orsay, 7 épreuves photographiques.

Le couvent des Carmes, 23 épreuves photographiques.

Appartement de M. Pailleron, quai d’Orsay, 4 épreuves photographiques.

Cimetière israélite, rue de Flandre, 1 épreuve photographique.

Quai Saint-Bernard, 1 épreuve photographique.

Place Valhubert, 4 épreuves photographiques.

Rue des Poitevins, 4 épreuves photographiques.

Ancien cimetière Saint-André-des-Arts, 1 épreuve photographique.

Prison de Saint-Lazare, 1 épreuve photographique.

Hôtel de Lauzun, 18 épreuves photographiques.

Cour de Rohan, 5 épreuves photographiques.

Gare d’Orléans, 1 épreuve photographique.

Cloître Saint-Étienne-du-Mont, 1 épreuve photographique.

Sacristie de Saint-Sulpice, 1 épreuve photographique.

Escalier du collège Henri IV, 1 épreuve photographique.

Puits de la rue des Poitevins, 1 aquarelle de M. Delafontaine.

Porte de l’hôtel de Thou, 1 aquarelle de M. Delafontaine.

Place Saint-André-des-Arts, 1 aquarelle de M. Delafontaine.

Le même membre ajoute qu’il reste à livrer une aquarelle commandée à M. Marec et représentant la cour du Cheval-Blanc, rue Mazet ; une aquarelle de la cour du Compas d’Or à exécuter par le même artiste, et enfin un tableau représentant la Grande-Roquette et l’emplacement des bois de justice, de M. Schaan.

La Commission décide que toutes ces reproductions prendront place au musée Carnavalet.

M. Édouard Détaille soumet ensuite à la ratification de la Commission les propositions suivantes de reproductions demandées par la 3e Sous-commission :

1° Cour de Saint-Julien-le-Pauvre, par l’aquarelle ;

2° Hôtel dit lieutenant du petit Châtelet, rue Saint-Julien-le-Pauvre, par l’aquarelle ;

3° Rue Galande, 57, cour du Château-Rouge, escalier monumental à baie rampante ;

4° Petite maison Louis XVI située dans la cour de la rue Saint-Jacques, 21, vue à prendre de la fenêtre d’un fabricant d’optique de la rue Galande, 57 ;

5° La chancellerie d’Orléans, rue des Bons-Enfants ;

6° Reproduction des abattoirs des Fourneaux, de Villejuif, de l’avenue de Breteuil, dont la disparition est prochaine ;

7° Mur de l’enceinte de Philippe-Auguste dans la cour d’une maison située rue d’Arras, 9.

8° Reproduction de l’hôtel Lebrun, rue du Cardinal-Lemoine, 49, vue à prendre dans la cour.

Ces propositions sont adoptées.

M. Laugier propose de faire une reproduction de la cour du Heaume, rue Pirouette, et aussi d’un hôtel Louis XIV situé 25, rue du Jour.

M. le Président propose la reproduction de la cour d’une maison située au coin de la rue Mondétour et de la rue Pirouette.

M. Brown signale la prochaine disparition du réservoir situé au coin de la rue de Constantinople et du boulevard des Batignolles ; il demande qu’une vue en soit prise.

Les propositions de MM. Laugier, Alfred Lamouroux et Brown sont renvoyées à la 3e Sous-commission.

M. Edgar Mareuse dit que le Comité des inscriptions parisiennes a demandé la restauration du monument les Sources de la Seine, situé à Saint-Seine. Il serait reconnaissant à M. Bruman, secrétaire général de la Préfecture de la Seine, s’il pouvait lui dire où en sont ces travaux de restauration.

M. Bruman répond que M. Defrance pourra à la prochaine séance lui apporter le renseignement qu’il sollicite,

La séance est levée à six heures trente

minutes.
HOTEL DE LAUZUN
façade extérieure
HOTEL DE LAUZUN
chambre à coucher
FOUILLES DE ST-GERMAIN-L’AUXERROIS
découverte des tombeaux
CMVP 1898 3 p35 Plan St Germain Auxerrois Sépultures Mérovingiennes.jpg
  1. M. le Ministre de la Justice et des Cultes (Direction des Cultes), 66, rue de Bellechasse.