Considérations sur les mœurs de ce siècle/Chapitre 10

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Œuvres complètesChez Colnet et FainTome I (p. 182-196).


CHAPITRE X.

Sur les gens de fortune.


Il y a deux sortes de conditions qui ont plus de relation avec la société, et sur-tout avec les gens du monde, qu’elles n’en avoient autrefois. Ce sont les gens de lettres et les gens de fortune ; ce qui ne doit s’entendre que des plus distingués d’entr’eux ; les uns par leur réputation ou leurs agrémens personnels, les autres par une opulence fastueuse : car dans tous les états il y a des chefs, un ordre mitoyen et du peuple.

Il n’y a pas encore long-temps que les financiers ne voyoient que des protecteurs dans les gens de condition, dont ils sont aujourd’hui les rivaux. La plupart des fortunes de finance du dernier siècle n’étoient pas assez honnêtes pour en faire gloire, et dès là elles en devenoient plus considérables. Les premiers gains faisoient naître l’avarice, l’avarice augmentoit l’avidité, et ces passions sont ennemies du faste. Une habitude d’économie ne se relâche guère, et suffit seule, sans génie ni bonheur marqué, pour tirer des richesses immenses d’une médiocre fortune, et d’un travail continuel.

S’il se trouvoit alors des gens d’affaires assez sensés pour vouloir jouir, ils l’étoient assez pour se borner aux commodités, aux plaisirs, à tous les avantages d’une opulence sourde ; ils évitoient un éclat qui ne pouvoit qu’exciter l’envie des grands et la haine des petits. Si l’on se contentoit de ce qui fait réellement plaisir, on passeroit pour modeste.

Ceux à qui les richesses ne donnent que de l’orgueil, parce qu’ils n’ont pas à se glorifier d’autre chose, ont toujours aimé à faire parade de leur fortune ; trop enivrés de la jouissance pour rougir des moyens, leur faste étoit jadis le comble de la folie, du mauvais goût et de l’indécence.

Cette ostentation d’opulence est plus communément la manie de ces hommes nouveaux qu’un coup du sort a subitement enrichis, que de ceux qui sont parvenus par degrés. Il est assez singulier que les hommes tirent plus de vanité de leur bonheur que de leurs travaux. Ceux qui doivent tout à leur industrie, savent combien ils ont évité, fait et réparé de fautes ; ils jouissent avec précaution, parce qu’ils ne peuvent pas s’exagérer les principes de leur fortune ; au lieu que ceux qui se trouvent tout à coup des êtres si différens d’eux-mêmes, se regardent comme des objets dignes de l’attention particulière du sort. Ils ne savent à quoi l’attribuer ; et cette obscurité de causes, on l’interprète toujours à son avantage.

Telles sont les fortunes qu’on peut appeler ridicules, et qui l’étoient encore plus autrefois qu’aujourd’hui, par le contraste de la personne et du faste déplacé.

D’ailleurs, la fortune de finance n’étoit guère alors qu’une loterie ; au lieu qu’elle est devenue un art, ou tout au moins un jeu mêlé d’adresse et de hasard.

Les financiers prétendent que leur administration est une belle machine. Je ne doute pas qu’elle n’ait beaucoup de ressorts dont la multiplicité en cache le jeu au public ; mais elle est encore bien loin d’être une science. Il faut que dans tous les temps elle ait été une énigme ; car les historiens ne parlent guère de cette partie du gouvernement si importante dans tous les états. La raison n’en seroit pas impossible à trouver ; mais je ne veux pas trop m’écarter de mon sujet.

Quoi qu’il en soit, si la finance prenoit jamais la forme qu’elle pourroit avoir, pourquoi seroit-elle méprisée ? L’état doit avoir des revenus ; il faut qu’il y ait des citoyens chargés de la perception, et qu’ils y trouvent des avantages, pourvu que ces avantages soient limités, comme ceux des autres professions, suivant le degré de travail et d’utilité ; sans quoi ils deviennent scandaleux.

On ne doit s’élever que contre la vexation ou l’insolence de ceux qui abusent, et les punir avec éclat et sévérité. C’est ainsi que dans toutes les conditions, quelqu’élevées qu’elles fussent, on devroit immoler à la vengeance publique ceux qui font haïr l’autorité par l’abus qu’ils en font, et qui, en rendant les hommes malheureux par leurs excès, les corrompent par leurs exemples.

Il faut convenir que c’est moins à leurs vexations qu’à l’insolence de quelques-uns d’entre eux, que les financiers doivent rapporter le décri où ils sont. Croit-on que cela dépende des injustices qui seront tombées sur des gens obscurs dont les plaintes sont étouffées, les malheurs ignorés, et qui ne seroient pas protégés par ceux qui crient vaguement à l’injustice, quand ils en seroient connus ? Dans les déclamations contre la finance, ce n’est ni la générosité ni la justice qui réclament, quoiqu’elles en eussent souvent le droit et l’occasion ; c’est l’envie qui poursuit le faste.

Voilà ce qui devroit inspirer aux gens riches, et qui n’étoient pas nés pour l’être, une modestie raisonnée. Ils ne sentent pas assez combien ceux qui pourroient avoir mérité leur fortune ont encore besoin d’art, pour se la faire pardonner.

Malheureusement les hommes veulent afficher leur bonheur ; ils devroient pourtant sentir qu’il est fort différent de la gloire, dont la publicité fait et augmente l’existence. Les malheureux sont déjà assez humiliés par l’éclat seul de la prospérité ; faut-il les outrager par l’ostentation qu’on en fait ? Il est, pour le moins, imprudent de fortifier un préjugé peut-être trop légitime contre les fortunes immenses et rapides. Les eaux qui croissent subitement sont toujours un peu bourbeuses ; celles qui sortent d’une source pure conservent leur limpidité. Les débordemens peuvent féconder les terres qu’ils ont couvertes ; mais c’est après avoir épuisé les sucs de celles qu’ils ont ravagées : les ruisseaux fertilisent celles qu’ils arrosent. Telle est la double image des fortunes rapides et des fortunes légitimes ; celles-ci sont presque toujours bornées.

Je ne suis pas étonné que le peuple voie avec chagrin et murmure des fortunes dont il fournit la substance, sans jamais les partager. Mais les gens de condition doivent les regarder comme des biens qui leur sont substitués, et destinés à remplacer un patrimoine qu’ils ont dissipé, souvent sans avantage pour l’état. Il y a peu de fortunes qui ne tombent dans quelques maisons distinguées. Un homme de qualité vend un nom qu’il n’a pas eu la peine d’illustrer ; et, sans le commerce qui s’est établi entre l’orgueil et la nécessité, la plupart des maisons nobles tomberoient dans la misère, et par conséquent dans l’obscurité ; les exemples n’en sont pas rares dans les provinces. La mésalliance a commencé par les hommes qui conservent toujours leur nom ; celle des filles de qualité est plus moderne, mais elle prend faveur. La cour et les finances portent souvent les mêmes deuils. Si les gens riches ne s’allioient qu’entr’eux, il faudroit nécessairement que, par la seule puissance des richesses, ils parvinssent eux-mêmes aux dignités qu’ils conservent dans des familles étrangères : peutêtre s’aviseront-ils un jour de ce secret-là, à moins que les gens de la cour ne s’avisent eux-mêmes d’entrer dans les affaires. Les premiers qui heurteroient le préjugé pourroient d’abord avoir des scrupules ; mais quand ils en ont, quelques plaisanteries les soulagent, et beaucoup d’argent les dissipe. Cette révolution n’est peut-être pas fort éloignée. Ne voit-on pas déjà des hommes assez vils pour abandonner des professions respectables, et embrasser, en se dégradant eux-mêmes, le métier de la finance ? au lieu que les financiers d’autrefois ou leurs enfans n’aspiroient qu’à sortir de leur état, et s’élever par des professions que l’on quitte aujourd’hui pour la leur.

Cependant les gens de condition ont déjà perdu le droit de mépriser la finance, puisqu’il y en a peu qui n’y tiennent par le sang.

C’étoit autrefois une espèce de bonté que de ne pas humilier les financiers. Aujourd’hui qu’ils tiennent à tout, le mépris pour eux seroit, de la part des gens de condition, injustice et sottise. Il y en a tels qui ne se sont pas mésalliés, parce que les gens de fortune n’en ont pas fait assez de cas pour les rechercher.

Tous ceux qui tirent vanité de leur naissance, ne sont pas toujours dignes de se mésallier. Il n’appartient pas à tout le monde de vendre son nom.

Si les raisons de décence ne répriment pas la hauteur des gens de condition à l’égard de la finance, celles d’intérêt les contiennent.

Les plaisanteries sur les financiers, en leur absence, marquent plus d’envie contre leur opulence, que de mépris pour leurs personnes, puisqu’on leur prodigue en face les égards, les prévenances et les éloges. Les gens de condition se flattent que cette conduite peut être regardée comme la marque d’une supériorité si décidée, qu’elle peut s’humaniser sans risque ; mais personne ne se trompe sur les véritables motifs. Quelquefois ils se permettent avec les financiers ces petits accès d’une humeur modérée, d’autant plus flatteuse pour l’inférieur, qu’elle ressemble au procédé naïf de l’égalité. Ceux qui jouent ce rôle désireroient que les spectateurs désintéressés le prissent pour de la hauteur ; mais il n’y a pas moyen, parce que, si ce manège paroît produire un effet opposé à celui qu’ils en espéroient, on les voit s’adoucir par degrés, et aller jusqu’à la fadeur pour ramener un homme prêt à s’effaroucher. Ils se tirent d’embarras par une sorte de plaisanterie qui sert à couvrir bien des bassesses.

Si les gens riches viennent enfin à se croire supérieurs aux autres hommes, ont-ils si grand tort ? N’a-t-on pas pour eux les mêmes égards, je dirai les mêmes respects que pour ceux qui sont dans les places auxquelles on les rend par devoir ? Les hommes ne peuvent juger que sur l’extérieur. Sont-ils donc ridiculement dupes, parce que ceux qui les trompent sont bassement et adroitement perfides ?

Il y a peu de gens riches qui dans des momens ne se sentent humiliés de n’être que riches, ou de n’être regardés que comme tels.

Cette réflexion les mortifie, et leur donne du dépit. Alors, pour s’en distraire, et en imposer aux autres et à eux-mêmes, ils cèdent à des accès d’une humeur impérieuse qui ne leur réussit pas toujours. En effet l’orgueil des richesses ne ressemble point à celui de la naissance. L’un a quelque chose de libre, d’aisé qui semble exiger des égards légitimes. L’autre a un air de grossièreté révoltante qui avertit de l’usurpation. On s’avise quelquefois de comparer l’insolent avec l’insolence, et l’un ne paroissant pas fait pour l’autre, on le fait rentrer dans l’ordre. J’en ai vu des exemples. J’ai rencontré aussi des gens de fortune dignes de leurs richesses, par l’usage qu’ils en faisoient. La bienfaisance leur donne une supériorité réelle sur ceux à qui ils rendent service. Les vrais inférieurs sont ceux qui reçoivent, et l’humiliation s’y joint quand les services sont pécuniaires. C’est ce qui a fait mettre avec justice les mendians au-dessous des esclaves : ceux-ci ne sont que dans l’abaissement, les autres sont dans la bassesse. Ainsi ceux qui font la cour aux financiers sont bas ; plus bas encore s’ils en reçoivent ; et, s’ils les paient d’ingratitude, la bassesse n’a plus de nom ; elle augmente à proportion de la naissance et de l’élévation des ingrats.

Pourquoi s’étonner de la considération que donnent les richesses ? Il est sûr qu’elles ne font pas un mérite réel ; mais elles sont le moyen de toutes les commodités, de tous les plaisirs, et quelquefois du mérite même. Tout ce qui contribue, ou passe pour contribuer au bonheur, sera chéri des hommes. Il est difficile de ne pas identifier les riches et les richesses. Les décorations extérieures ne font-elles pas la même illusion ?

Si l’on veut, par un examen philosophique, dépouiller un homme de tout l’éclat qui lui est étranger, la raison en a le droit ; mais je vois que l’humeur l’exerce plus que la philosophie.

D’ailleurs, pourquoi ne considéreroit-on pas ce qui est représentatif de tout ce que l’on considère ? Voilà précisément ce que les richesses sont parmi nous ; il n’y a de différence que de la cause à l’effet. La seule chose respectée que les richesses ne peuvent donner, c’est une naissance illustre ; mais si elle n’est pas soutenue par les places, les dignités ou la puissance ; si elle est seule enfin, elle est éclipsée par tout ce que l’or peut procurer. Voulons-nous avoir le droit de mépriser les riches ? Commençons par mépriser les richesses ; changeons nos mœurs.

Il y a eu des lieux et des temps où l’or étoit méprisé, et le mérite seul honoré. Sparte et Rome naissante nous en fournissent des exemples. Mais, pour peu qu’on fasse attention à la constitution et à l’esprit de ces républiques, on sentira qu’on n’y devoit faire aucun cas de l’or, puisqu’il n’y étoit représentatif de rien. On ignoroit les commodités ; les vrais besoins ne donnent pas l’idée de celles que nous connoissons. L’imagination ne s’étoit pas encore exercée sur les plaisirs ; ceux de la nature suffisoient, et les plus grands ne coûtent pas cher ; le luxe étoit honteux, ainsi l’or étoit inutile et méprisé. Ce mépris étoit à la fois le principe et l’effet de la modération et de l’austérité. La vie la plus pénible cesse de gêner les hommes, dès qu’elle est glorieuse ; et, dans les âmes hautes, les grands sacrifices ne sont pas toujours aussi cruels qu’ils le paroissent aux âmes vulgaires. Un certain sentiment de fierté et d’estime pour soi-même élève l’âme et la rend capable de tout. L’orgueil est le premier des tyrans ou des consolateurs.

Telle fut Lacédémone, telle fut Rome dans son berceau ; mais aussitôt que le vice et les plaisirs y eurent pénétré, tout, jusqu’aux choses qui doivent être le prix de la vertu, tout, dis-je, y fut vénal ; l’or y fut donc recherché, nécessaire, estimé et honoré. Voilà précisément l’état où nous nous trouvons par nos connoissances, nos goûts, nos besoins nouveaux, nos plaisirs et nos commodités recherchées. Qu’on fasse revivre les anciennes mœurs de Rome ou de Sparte, peut-être n’en serons-nous ni plus, ni moins heureux ; mais l’or sera inutile.

Les hommes n’ont qu’un penchant décide, c’est leur intérêt ; s’il est attaché à la vertu, ils sont vertueux sans effort ; que l’objet change, le disciple de la vertu devient l’esclave du vice, sans avoir changé de caractère : c’est avec les mêmes couleurs qu’on peint la beauté et les monstres.

Les mœurs d’un peuple font le principe actif de sa conduite, les lois n’en sont que le frein ; celles-ci n’ont donc pas sur lui le même empire que les mœurs. On suit les mœurs de son siècle, on obéit aux lois ; c’est l’autorité qui les fait et qui les abroge. Les mœurs d’une nation lui sont plus sacrées et plus chères que ses lois. Comme elle n’en connoît pas l’auteur, elle les regarde comme son ouvrage, et les prend toujours pour la raison.

Cependant on ne sauroit croire avec quelle facilité un prince changeroint chez certains peuples les mœurs les plus dépravées, et les dirigeroit vers la vertu, pourvu que ce ne fût pas un projet annoncé, et que ses ordres à cet égard ne fussent que son exemple. Une telle révolution paroîtroit le chef-d’œuvre des entreprises ; mais elle le seroit plus par son effet que par ses difficultés. En attendant qu’elle arrive, et les choses étant sur le pied où elles sont, ne soyons pas étonnés que les richesses procurent de la considération. Cela sera honteux, si l’on veut ; mais cela doit être, parce que les hommes sont plus conséquens dans leurs mœurs que dans leurs jugemens.

On comprend ordinairement dans le monde parmi les financiers, une autre classe de gens riches, qui prétendent avec raison devoir en être distingués. Ce sont les commerçans, hommes estimables, nécessaires à l’état, qui ne s’enrichissent qu’en procurant l’abondance, en excitant une industrie honorable, et dont les richesses prouvent les services. On ne les rencontre pas dans la société aussi communément que les financiers, parce que les affaires les occupent, et ne leur permettent pas de perdre un temps dont ils connoissent le prix, pour des amusemens frivoles, dont le goût vient autant de l’habitude que de l’oisiveté, et qui, sous le nom de plaisirs, causent l’ennui aussi souvent qu’ils le dissipent.

Les commerçans sont donc plus occupés que les financiers. Quoique le commerce ait sa méthode comme la finance, celle-ci se simplifie en s’éclaircissant, et tout l’art des fripons est de l’embrouiller. La science du commerce est moins compliquée et mieux ordonnée, moins obscure, mais plus étendue, et s’étend encore plus en se perfectionnant. L’application de ses principes exige une attention suivie, de nouveaux accidens demandent de nouvelles mesures, le travail est presque continuel ; au lieu que la finance, plus bornée en elle-même, ressemble assez à une machine qui n’a pas souvent besoin de la main de l’ouvrier pour agir, quand le mouvement est une fois imprimé ; c’est une pendule qu’on ne remonte que rarement, mais qui auroit besoin d’être totalement refaite sur une meilleure théorie.

Tous les préjugés d’état ne sont pas également faux, et l’estime que les commerçans font du leur est d’accord avec la raison. Ils ne font aucune entreprise, il ne leur arrive aucun avantage que le public ne le partage avec eux ; tout les autorise à estimer leur profession. Les commerçans sont le premier ressort de l’abondance. Les financiers ne sont que des canaux propres à la circulation de l’argent, et qui trop souvent s’engorgent. Que ces canaux soient de bronze où d’argile, la matière en est indifférente, l’usage est le même.

On ne doit pas confondre les commerçans dont je parle, avec ces hommes qui, sans avoir l’esprit du commerce, n’ont que le caractère marchand, n’envisagent que leur intérêt particulier, et y sacrifieroient celui de l’état, s’il se trouvoit en opposition avec le leur. Tel commerce peut enrichir une société marchande, qui est ruineux pour un état ; et tel autre seroit avantageux à l’état, qui ne donneroit à des marchands que des gains médiocres, mais légitimes, ou quelquefois leur occasionneroit des pertes. Le commerçant, digne de ce nom, est celui dont les spéculations et les entreprises n’ont pour objet que le bien public, et dont les effets rejaillissent sur la nation[1].

Les commerçans s’honorent par la voie même qui les enrichit ; les financiers s’imaginent tendre au même but par le faste et l’étalage de leurs richesses : c’est ce qui les a engagés à se produire dans le monde où ils auroient été les seuls étrangers, si l’on n’y eût à peu près dans le même temps recherché les gens de lettres.



  1. Les commerçans ont créé et rendu militaire la marine marchande qui a été le berceau de Barth, Duguay-Trouin, Cassart, Miniac, Ducasse, Gardin, Porée, Villetreux et de quelques autres que je nommerois, s’ils ne vivoient pas. Mais je me suis également interdit l’éloge et le blâme directs. Ils n’appartiennent qu’à l’histoire dont c’est le devoir, et qui doit, ainsi que la justice, ne faire acception de personne.

    Combien d’armemens ont été faits par les Le Gendre, Fontaine-des-Montées, Bruni, Eon de la Baronie, Granville-Loquet, Masson, Le Couteulx, Magon, Montaudouin, La Rue, Castanier, Casaubon, Mouchard, les Vincent, et tant d’autres que leur fortune ne doit pas faire placer parmi les financiers qui ruinoient l’état par des usures, dans le temps que les commerçans le soutenoient par leur crédit !