Contes d’Italie/Avant-Propos

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Contes d’ItalieLibrairie Payot et Cie (p. 5-6).


AVANT-PROPOS


Maxime Gorki s’était surtout fait connaître jusqu’ici comme l’incomparable évocateur de la steppe, de la vie des vagabonds et de cette trouble époque que fut la révolution russe.

Après quelques années passées à Capri, il nous donne aujourd’hui des pages uniquement inspirées de cette terre italienne où le proscrit a trouvé un asile et l’écrivain le repos.

Les Contes d’Italie portent comme épigraphe ces mots d’Andersen : « Il n’y a pas de contes plus beaux que ceux que la vie elle-même a composés. »

Pénétré de cette pensée, Gorki nous apporte le fruit d’observations prises sur le vif, de confidences notées au jour le jour, de colloques entendus, voire de légendes antiques évoquées par un événement quelconque et qui, sous sa plume vigoureuse, revivent avec autant de puissance que d’originalité.

Les qualités qui ont consacré la réputation universelle de Maxime Gorki se retrouvent dans ces notations directes, volontairement simples et que n’alourdit aucune trame banale ou compliquée.

Parfois, — dans quelques-uns de ces contes, — transparaissent les tendances fondamentales du romancier, son amour de la justice et de la liberté, son inébranlable foi en une régénération sociale. Mais ces pages sont, pour ainsi dire, noyées dans l’ensemble du livre, qui est avant tout un poème du soleil, de la lumière et de la couleur.

Et c’est ainsi que l’artiste ajoute à une œuvre, aussi variée que forte, des fresques inattendues où rayonnent dans la transparente atmosphère du pays latin, la beauté de la mer et la gloire des jardins en fleurs.


S. P.