Correspondance (Diderot)/84

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LXXXIV

AU PRINCE GALITZIN [1].
Le jour de Sainte-Catherine.
Mon prince,

Après avoir souffert pendant dix jours de suite, j’avais quelque espérance que mon mal finirait, et que je pourrais profiter de l’honneur que vous me faites ; mais j’ai compté sans mon hôte, et cet hôte est une colique, qui me serre les entrailles, et qui ne me paraît pas encore disposée à déloger. Je voudrais bien qu’elle fût aussi lasse de moi que je le suis d’elle, car elle s’oppose à tout ce qui m’aurait été agréable. Sa Majesté Impériale avait eu la bonté de me proposer une niche à Tsarskoé-Célo, et la niche est restée sans le saint.

J’ai manqué trois ou quatre fois à M. le général Betzky : Je m’étais proposé d’aller hier au soir lui faire ma cour un moment. La colique maudite ne me l’a pas accordé.

Je m’étais engagé d’aller célébrer aujourd’hui chez M. le vice-chancelier la naissance d’une grande souveraine, et la colique opiniâtre ne me le permet pas davantage. Je supplie Votre Excellence de me plaindre et de me pardonner.

Je suis avec dévouement et respect, etc.



  1. Cette lettre et la suivante ont été récemment retrouvées aux Archives de l’État, à Moscou. Destinées à figurer dans le Recueil de la Société historique russe, elles sont jusqu’à ce jour inédites.