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Correspondance 1812-1876, 1/1832/XCII

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XCII

AU MÊME


Nohant, septembre 1832.


Je t’ai écrit une longue lettre adressée à la Société des jeunes gens (au portier). J’étais inquiète de ta santé, vieux. Pourquoi n’ai-je pas encore de réponse ? Je crains vraiment que tu ne sois malade.

Ma mère est partie le 13 ; je ne l’ai pas reconduite à Châteauroux comme je t’annonçais devoir le faire. Je te dirai mes raisons ; peut-être m’attends-tu ? Écris-moi donc au moins comment se porte ton vieux et triste individu. Mon squelette centenaire dort, fume, prend du tabac, griffonne du papier, et pleure comme un veau. Si tu te portes mieux, si tu peux supporter la compagnie d’un galérien ou d’un pendu, reviens. Si ma tristesse t’ennuie et te fait mal, ne reviens pas ; mais écris-moi, ne sois plus malade et aime ton vieux George.

Je t’ai demandé pour Maurice des instruments aratoires, qu’il attend avec grande impatience. Il me prie de te tourmenter de sa part. Je te tourmente, sois tourmenté.

Amen !