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Correspondance 1812-1876, 1/1834/CXIII

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CXIII

À M. GUSTAVE PAPET, À PARIS


Venise, mai 1834.


Fais-moi le plaisir de voir le proviseur ou le censeur, et de demander à voir les notes de Maurice. Je l’ai demandé quarante fois à Boucoiran. Pas de réponse. Il y a des instants où ce silence m’effraye tellement, que je m’imagine que mon fils est mort et qu’on n’ose pas me le dire.

Peut-être le printemps t’aura-t-il attiré en Berri. En ce cas, renvoie la lettre à Maurice, directement au collège. Tu me rendras le service de le voir et de l’observer, quand tu retourneras à Paris. En attendant tu verras ma fille à Nohant. Tu me parleras beaucoup d’elle, de toi et du pays.

Conçois-tu que ni Laure ni Alphonse[1] ne m’écrivent ! M’ont-ils oubliée aussi, ceux-là ? Il me semble que je suis morte et que je frappe en vain à la porte des vivants. — Il est vrai que je leur avais annoncé mon prochain retour, et que me voilà encore à Venise pour quelque temps. Donne-moi au moins de leurs nouvelles.

Adieu, mon ami ; tu vois que, si je repousse les épanchements de l’amitié dans certains cas, je reviens lui demander secours dans les affections plus profondes et plus réelles de la vie. Donne-moi aussi moyen de te faire du bien.

Je t’embrasse de tout mon cœur. Rappelle-moi à l’amitié de ton père.

Tout à toi.

GEORGE S.
  1. M. et madame Fleury.