Correspondance 1812-1876, 3/1853/CCCLXV

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CCCLXV

À M. SULLY-LÉVY, À PARIS


Nohant, juin 1853.


Merci, merci, mon cher enfant ! Vous êtes la providence du théâtre de Nohant, qui vous donne plus de peine qu’il ne vaut, mais qui vaudra grâce à vous. Encouragez bien notre ingénue et dites-lui qu’il n’y a pas de beaux esprits ici, mais de très bonnes gens, sans en excepter les romanciers.

Dans deux ou trois jours, je vous écrirai pour vous dire le jour et l’heure où ma voiture pourra se trouver à Châteauroux ; car les diligences ne correspondent plus avec l’arrivée des convois, et je ne peux pas disposer de mes moyens de transport pour une seule personne. Priez donc mademoiselle Bérengère d’être bien gentille et bien exacte au rendez-vous que nous lui donnerons ; car j’ai à cœur de ne pas la laisser attendre et s’ennuyer à Châteauroux ou s’embarquer pour Nohant dans une guimbarde berrichonne par le joli temps qu’il fait.

Ce sera pour le 30 juin, le 1er ou le 2 juillet, et il faudra partir de Paris par le convoi de neuf ou dix heures du matin. Je vous dirai cela d’une manière plus précise ; mais prévenez-la. Si elle a quelques chiffons à l’usage d’une gentille villageoise très simple, faites-les-lui apporter ; sinon, nous la costumerons ici. Dites-lui d’avance toutes mes amitiés. Qu’elle sache aussi que je suis liée d’amitié avec M. Vaez, que j’attends lui-même un de ces jours.

Remerciez pour moi les jeunes gens qui ont bien voulu répondre à l’appel de Maurice ; nous comptons sur eux. Quand pouvez-vous être de la partie ? ce sera pour une autre année, j’espère.

À vous de cœur.
G. SAND.