Correspondance de Voltaire/1718/Lettre 36

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Correspondance : année 1718
Garnier (Œuvres complètes de Voltaire, tome 33p. 49).
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36. — À M. LE COMTE DE MAUREPAS[1].

Châtenay, 4 juillet 1718.

Monseigneur, les obligations que je vous ai m’encouragent à vous demander de nouvelles grâces. Vous concevez bien ce que c’est que le supplice d’un homme qui voit Paris de sa maison de campagne et qui n’a pas la liberté d’y aller. Je vous supplie de me permettre d’y passer trois jours pour des affaires qui sont très-importantes pour moi, et parmi lesquelles une des plus intéressantes est de vous faire ma cour et de vous remercier de toutes vos bontés. Un petit voyage à Paris, dans la situation où je suis, ressemble assez à la goutte d’eau que demande le mauvais riche[2] ! Serais-je assez malheureux pour être refusé comme lui ? M. le baron de Breteuil[3], qui doit vous rendre cette lettre, vous dira peut-être que je ne suis point indigne de la clémence de monseigneur le Régent ; mais il ne vous dira jamais combien je vous suis dévoué et avec quelle sincère vénération je suis, etc.[4].

    n° 725 ; il contient quatre-vingt-cinq pièces de Voltaire ou relatives à Voltaire ; mais, parmi ces pièces, il en est qui sont de 1755. Ce portefeuille est donc un dossier concernant Voltaire. ( B.)

  1. Revue rétrospective, 1834, Détentions de Voltaire.
  2. Saint Luc, xvi, 24.
  3. Père de Mme du Châtelet.
  4. Voltaire obtint, le 11 juillet 1718, permission de venir à Paris pour huit jours ; le 23 juillet, permission de rester à Paris encore un mois ; le 8 août, permission de rester pendant un mois seulement ; enfin le 12 octobre, permission de venir à Paris quand bon lui semblerait.