Correspondance de Voltaire/1757/Lettre 3477

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Correspondance : année 1757
Garnier (Œuvres complètes de Voltaire, tome 39p. 321-322).

3477. — À M. TRONCHIN, DE LYON[1].
8 décembre.

Je soupçonne que la lettre de madame la margrave[2] est déjà en chemin ; mais cette première ne sera qu’une lettre de compliment. Si vous voulez me faire tenir la réponse, je la ferai passer avec sûreté et promptitude par la Franconie, et je vous adresserai celles qui pourront venir de ce pays-là, en cas que cette voie convienne à la personne sage et respectable à qui je vous prie de présenter mon respect.

Je sais historiquement que Versailles est tout à la maison d’Autriche, et qu’il est bien délicat d’entamer quelque négociation qui donnerait de l’ombrage à ceux qui ont l’intérêt le plus puissant de seconder aveuglément la cour de Vienne. Je ne crois pas d’ailleurs qu’on puisse traiter sans elle. Comment se soutiendrait-on dans le pays de Hanovre, si on offensait un allié si nouveau, et qui va devenir si considérable ? Tout cela est entouré d’épines. Je ne fais de vœux que pour le bonheur public. Pourquoi faut-il que le roi de Prusse ne se soit pas résolu à faire des sacrifices ! Mais… j’aurais bien des choses à dire qu’on ne peut guère confier au papier… cependant… adieu.

  1. Éditeurs, de Cayrol et François.
  2. Au cardinal de Bernis.