Correspondance de Voltaire/1758/Lettre 3569

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Correspondance : année 1758
Garnier (Œuvres complètes de Voltaire, tome 39p. 412-413).
3569. — À MADAME DU BOCCAGE.

Nouvelle Muse, aimable Grâce,
Allez au Capitole ; allez, rapportez-nous
Les myrtes de Pétrarque et les lauriers du Tasse.
Si tous deux revivaient, ils chanteraient pour vous ;
Et, voyant vos beaux yeux et votre poésie,
Tous deux mourraient à vos genoux
Ou d’amour ou de jalousie.


Dunque, o signora, dopo ch’ella avrà veduto il cornuto sposo del mare Adriatico, vedrà il padre della Chiesa, sarà coronata nel Campidoglio dalle mani del buon Benedetto[1]. Ella dovrebbe ritornare per la via di Ginevra, e trionfare tra gli eretici, quando avrà ricevuto la corona poetica dei santi cattolici. Ma il suo viaggio è tutto per la gloria, e, nel suo gran volo, ella trascurerà i nostri lieti benchè umili tetti. Il zio e la nipote baciano affettuosamente la mano che ha scritto tante belle cose, e si raccomandano alla sua benignità con ogni ossequio.

Good journey, Milton’s daughter, Camoens’s sister[2].

Comptez, madame, que nous ne vous pardonnerons pas de n’avoir point pris la route de Genève ; mille tendres respects.

  1. Benoît XIV, qui avait agréé la dédicace de Mahomet, en 1745, mourut le 3 mai 1758.
  2. Traduction : Donc, madame, quand vous aurez vu l’époux cornu de l’Adriatique, vous verrez le père de l’Église, vous serez couronnée au Capitole par les mains du bon Benoît. Vous devriez retourner par la route de Genève et triompher chez les hérétiques après avoir reçu la couronne poétique des saints catholiques. Mais votre voyage est tout pour la gloire, et dans son grand vol, vous franchirez nos gais mais humbles toits. L’oncle et la nièce baisent affectueusement la main qui a écrit tant de belles choses, etc. Bon voyage, fille de Milton, sœur de Camoëns.