Correspondance de Voltaire/1761/Lettre 4433

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Correspondance : année 1761
Garnier (Œuvres complètes de Voltaire, tome 41p. 172).

4433. — À M. THIERIOT[1].
Au château de Tournay, 25 janvier.

Mille tendres remerciements à M. Damilaville et à M. Thieriot. Point de roman de Jean-Jacques, s’il vous plaît ; je l’ai lu pour mon malheur, et c’eût été pour le sien si j’avais le temps de dire ce que je pense de cet impertinent ouvrage ; mais un cultivateur, un maçon, et le précepteur de Mlle Corneille, et le vengeur d’une famille accablée par des prêtres, na pas le temps parler de romans.

Voici pourtant, mes amis, une petite réponse que j’ai eu le temps de faire à M. Deodati ; vous me rendrez un important service en la faisant imprimer, en la donnant à tous les journaux. Ni M. de Richelieu, ni le prince de Soubise, ni le maréchal de Broglie, ni M. Diderot, n’en seront fâchés. J’estime qu’il conviendrait assez que M. Daquin[2] imprimât dans son Hebdomadaire cette petite réponse, et qu’il en envoyât des exemplaires à tous les intéressés. En voici deux exemplaires, l’un pour M. Deodati, l’autre pour M. Daquin.

Mille remerciements ! Encore une fois, joue-t-on Tancrède ? joue-t-on le Père de famille ? Ô mon cher frère Diderot ! je vous cède la place de tout mon cœur, et je voudrais vous couronner de lauriers.

Mon ancien ami Thieriot saura que Daumart, mon parent n’a point la maladie qu’on supposait. J’ai de l’admiration pour M. Bagieu ; il a deviné tout ce que Tronchin a vu et tout ce qu’il a dit.

N’aurai-je point la feuille[3] contre M. Le Brun, contre Mlle Corneille et contre moi ?

J’ai renvoyé à M. Jannel la Pallade[4] du roi pour M. Capperonnier, bibliothécaire ; j’ai écrit à l’un et à l’autre.

Ainsi M. Thieriot peut m’envoyer le roman[5] Pouplinière, qui me fera sans doute plus de plaisir que celui de Jean-Jacques.

  1. Éditeurs, de Cayrol et François. Voyez la note 1 de la page 163.
  2. Rédacteur, avec de Caux, de la Semaine littéraire.
  3. De Fréron.
  4. Poëme de Frédéric.
  5. Daura, par La Popelinière.