Coups d’ailes/Les yeux de nos mamans

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Bibliothèque de l’Action française (p. 29-32).

Les yeux de nos mamans


Bleus ou noirs, tous aimés, tous beaux.
(Sully Prudhomme)


Quand la mort voile les prunelles
Des yeux charmeurs de nos mamans,
Quand les anges tendent leurs ailes
Pour couvrir ces regards mourants,

Gardons dans l’âme l’espérance
Qu’ils ne sont pas morts à jamais
Ces yeux qui parlaient de vaillance
Et ne pouvaient pas être laids.


Doux yeux d’amour et de jeunesse
Qui brillaient tout près d’un berceau ;
Grands yeux songeurs, pleins de tendresse
Pour l’enfant, pour l’homme nouveau !

Eux si purs au soir de la vie
Et si beaux sous les cheveux blancs
Qu’on les aimait à la folie,
Sans compter le nombre des ans !

Hélas ! les paupières sont closes,
Les pauvres yeux ne nous voient pas.
Sont-ils, comme les vieilles choses,
Perdus dans l’infini, là-bas ?

Oh non ! les doux yeux de nos mères
Ne sont pas fermés pour toujours :
Ils ont connu trop cfe misères !
Ils ont pleuré sur trop d’amours !


Là-haut disparaissent les voiles
Qui leur cachaient la vérité.
Les yeux deviennent des étoiles
Et brillent pour l’éternité.