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Cours d’agriculture (Rozier)/AMBROISIE

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Hôtel Serpente (Tome premierp. 472-473).


AMBROISIE, ou Thé du Mexique. (Voyez Pl. 12, p. 405). M. Tournefort la place dans la seconde section de la quinzième classe des fleurs à pétales, à étamines, dont le pistil devient une semence enveloppée par le calice, & il la nomme chenopodium ambrosioïdes. M. le chevalier Von Linné la classe dans la pentandrie digynie, & l’appelle chenopodium ambrosioïdes.

Fleur, apétale, c’est-à-dire, sans corolle ni pétales, composée de cinq étamines, & d’un calice concave découpé en cinq folioles concaves, ovales, membraneuses à leurs bords. Ce calice B tient lieu de la corolle. En C, il est vu par-dessous. Les étamines font l’alternative avec les divisions du calice. Leurs filets sont longs, & les anthères arrondies & alongées par les deux bouts. Le pistil D est placé au centre ; il est composé de l’ovaire, & de deux stigmates disposés en cornes.

Fruit E, semence orbiculaire, en forme de lentille, placée sur le réceptacle, dans le calice qui s’est refermé en devenant pentagone, F.

Feuilles, angulaires, lancéolées, dentées, attachées par leur base à la tige, & légérement découpées sur leurs bords.

Racine A, pivotante, oblongue, brune, avec des fibres capillaires, blanche en dedans.

Port. Tige haute, communément de deux pieds, rougeâtre, cylindrique, un peu velue. Les fleurs sont disposées en grappes feuillées sur les rameaux qui s’élèvent des aisselles des feuilles. Les fleurs sont portées par des péduncules courts & cylindriques, & les folioles florales sont entières, oblongues, pointues & unies.

Lieu ; originaire du Mexique, naturalisée en Portugal, & elle se sème d’elle-même dans nos jardins, quand on en a une seule fois cultivé un pied. Cette plante est annuelle, & fleurit en Juillet & Août.

Propriétés. Toute la plante est aromatique, d’une odeur très-agréable, quoiqu’un peu forte, d’une saveur médiocrement âcre & amère. Elle est regardée comme stomachique, apéritive, antiasthmatique.

Usages. On emploie l’herbe en décoction, & les sommités fleuries en infusion théïforme. Quelques auteurs lui attribuent la vertu de pousser les écoulemens périodiques & les vidanges, soit qu’on l’applique extérieurement sur la région de la matrice, en forme de cataplasme, après l’avoir fait bouillir dans du vin, soit qu’on la prenne en infusion. Mathiole dit avoir guéri des personnes qui crachoient du pus, par l’usage de la plante réduite en poudre, & incorporée avec du miel. N’est-ce pas au miel qu’il faut attribuer ces guérisons ? On s’en sert extérieurement en cataplasme, pour nettoyer les anciens ulcères des jambes.