Cours d’agriculture (Rozier)/BRIDE, BRIDON

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Hôtel Serpente (Tome secondp. 462).


BRIDE, BRIDON. On appelle ainsi la partie du harnois de la tête d’un cheval qui sert à le conduire. Elle est composée de la têtière, du mors & des rênes.

On dit qu’un cheval boît la bride ou le mors, quand le mors remonte trop haut, & se déplace de dessus ses barres où est son appui.

Un cheval hoche avec la bride, lorsqu’il joue avec elle en secouant le mors, par un petit mouvement de tête, surtout lorsqu’il est arrêté.

On se sert au manège de beaucoup d’autres expressions étrangères & notre objet, & que pour cette raison nous passerons sous silence. Mais il est un point essentiel sur lequel il convient de s’arrêter.

Je desirerois que l’on supprimât de toute espèce de bride, ou plutôt de toute espèce de mors, les bossettes en cuivre qui sont un simple ornement pour cacher le bouquet & le fonceau du mors. Cette inutilité de pure fantaisie, est souvent la cause de maladies graves. L’humidité, la bave, la salive des chevaux attaque ce cuivre, il s’y forme du vert de gris qui, dissous, s’étend & gagne jusque dans la bouche de l’animal, & se mêle avec sa salive. Je rapporte ce fait parce que j’en ai été témoin.

Un autre objet aussi important que celui-ci, est de ne jamais ôter la bride à un cheval sans passer dans l’eau le mors & le bien sécher. Comme il est en fer, je conviens qu’on n’a rien à craindre de sa rouille ; mais la matière gluante que forme l’écume du cheval, retient dans le mors, & surtout au coin de ses deux extrémités, des débris d’herbes, de foin, &c. qui ont resté dans la bouche de l’animal au moment qu’il a été bridé. Ces ordures fermentent, se corrompent & fatiguent le cheval. Il en coûte si peu pour être propre dans tout ce que l’on fait, que je ne conçois pas comment on néglige ces petites choses,