Cours d’agriculture (Rozier)/CAYEUX (supplément)

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CAYEUX. Les cayeux sont de petits ognons produits par les gros, et qui en ont la forme et l’organisation. Le moment le plus favorable à la séparation de ces enfans d’avec leurs mères est celui de l’état de repos des plantes, c’est-à-dire celui où les fanes sont desséchées, et où ils ne végètent point.

Pour écailleuter les ognons, il ne faut pas se servir d’instrumens de métal, mais simplement des doigts, qui, pour l’ordinaire, suffisent à cette opération. S’il en étoit besoin pour quelques espèces de crinum, de pancratium, d’amaryllis, et autres gros ognons, on se sert d’un couteau de bois dur, ou d’ivoire. En général, on ne sépare des ognons que les cayeux bien formés qui ont le corps charnu, sur lequel reposent les tuniques concentriques qui forment la jeune bulbe, et lorsqu’il a des racines particulières.

Il est un très-grand nombre de liliacées qui ne se multiplient dans nos climats que par les cayeux, et beaucoup d’autres qui se propagent plus promptement par cette voie que par les graines. Le temps le plus convenable à la séparation des cayeux des ognons-mères, c’est quelques jours auparavant celui de la plantation. Il est quelques cultivateurs qui écailleutent leurs bulbes, lorsqu’ils les lèvent de terre. Mais souvent ces cayeux sont très-adhérens ; on ne peut les séparer qu’avec effort ; et, pendant le temps qu’ils sont dans les cases, ils tirent encore de leurs mères les alimens nécessaires au parachèvement de leur organisation ; ainsi, il est plus sûr et plus profitable de les laisser sur leurs ognons jusqu’au moment de la plantation.

Ces cayeux se plantent moins éloignés et moins profondément que les ognons qui leur ont donné naissance ; mais leur culture est entièrement la même, puisque ce sont des parties des mêmes espèces.