Cours d’agriculture (Rozier)/GRÈS

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Hôtel Serpente (Tome cinquièmep. 382).
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GRÈS, ou, mal-à-propos, GRAIS. Pierre aussi rare dans plusieurs de nos provinces, qu’elle est commune dans beaucoup d’autres, composée de grains de sable plus ou moins gros, & unis ensemble par un gluten qui n’est pas bien connu. On trouve cette pierre souvent en masses informes, souvent par couches, & dans quelques endroits on en rencontre qui est cristallisée. Dans la Flandre Françoise, en fouillant la terre, on trouve de gros blocs isolés, & sans doute chariés par les eaux lors des révolutions, puisqu’ils sont très-éloignés de toutes espèces de masses ou de couches. Sa couleur varie non-seulement en raison de celle du grain de sable, mais encore par celle du gluten qui le lie. On voit des grès blancs, gris, rouges, bruns, herborisés, &c. Si le gluten est détruit, il n’offre plus qu’un sable pur, sec, ne laissant aucune poussière sur la main qui le touche. Ce sable contient parfois du fer, du cuivre, de l’étain, & même de l’or.

Le Japon, les Isles des Canaries, &c. fournissent les grès à filtrer l’eau ; les grès ordinaires de France fournissent les pavés des rues, des grands chemins, & pour les bâtimens. Le sable du grès uni & broyé avec la chaux, fait un mauvais mortier, parce qu’il est trop sec, trop arrondi. Le grès lui-même, employé dans la maçonnerie, ne se lie point, à moins qu’il ne soit employé en gros quartiers. Si les circonstances contraignent à employer ce sable, il sera prudent de l’unir avec un peu d’argile.