Cours d’agriculture (Rozier)/PÉDICULAIRE

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Hôtel Serpente (Tome septièmep. 543).


PÉDICULAIRE. Médecine rurale. Maladie familière aux enfans ; les adultes n’en sont pas à l’abri, encore moins les vieillards.

On la reconnoît à la grande quantité de poux qui sortent des différentes parties du corps, qui font des piqûres, excitent une démangeaison vive & cruelle, & souvent même occasionnent des ulcères sur la peau. Chez les enfans, c’est presque toujours la tête qui est attaquée : dans les vieillards, ce sont au contraire les aisselles, les aines, le dos & la poitrine, qui se trouvent affectés. Cette maladie vient souvent du défaut de propreté, de la négligence à peigner les enfans, de l’opiniâtreté de les laisser dans des linges mal lessivés & gardés trop long-temps sur le corps. Quand elle reconnoît une cause interne, telle que l’altération des humeurs, elle prend alors le nom de vermine interne. Ceux qui en sont atteints, ressentent intérieurement des douleurs aiguës, rendent des poux avec les crachats, les urines & les matières fécales, tombent dans le desséchement & succombent : on en a vu sortir du nez, des yeux & de la bouche. On en trouve un exemple rapporté par M. le Febvre, dans les Mémoires de l’académie des sciences. Le malade qui fait le sujet de cette observation en mourut.

Comme les poux naissent des lentes ou œufs, lorsqu’ils se trouvent exposés à la chaleur, on doit prévenir au plutôt cette multiplication. Pour cet effet, on doit tenir le corps dans une grande propreté, se peigner souvent, & peigner aussi les enfans. Si malgré ces soins, les poux n’abandonnent pas la tête, on doit alors se décider à se faire couper ou même raser les cheveux, & laver ensuite la tête avec de l’eau mercurielle, ou la frotter avec de l’huile d’olive, & répéter, plusieurs fois dans le jour, ce liniment, préférable à tout autre par sa simplicité, & parce qu’il n’a rien de dangereux dans son application.

Etmuller conseille de se laver la tête avec la décoction de la semence de staphisaigre, & de l’oindre ensuite avec le liniment suivant. Prenez deux gros huile d’aspic, demi-once huile d’amande douce-amère, & six gros d’onguent nicotine.

On combattra la maladie pédiculaire interne, en donnant intérieurement les huileux, les bains & les frictions mercurielles extérieurement, & en prescrivant l’usage des eaux thermales : enfin on pourra laver la peau & appliquer sur la tête des linges imbibés de vinaigre scillitique dans lequel on aura fait dissoudre un peu d’aloès, en y ajoutant L’huile d’aspic. M. AMI.